On pourrait intituler Amants "Chronique d'une dramaturgie annoncée". Le dealer qui fait vivre sa copine grâce à l'héroïne : on sait que ça va mal finir. Ca arrive très vite : mort par overdose d'un de ses bons clients ! Le dealer s'enfuit, abandonne la copine qui épouse un richissime Suisse, lequel a le double de son âge. Elle et son mari vont à l'Ile Maurice pour adopter un enfant. On sait qu'elle va un jour retrouver le dealer.. Ca ne tarde pas, il est précisément là, devenu homme dans tout faire dans l'hôtel où elle est descendue avec son mari ! Ô surprise, elle se prétend trop fatiguée pour accompagner son mari à Madagascar. Nouvelle surprise, elle demande au dealer de l'accompagner en promenade. Encore plus surprenant, elle couche avec lui ! On sent que le mari va revenir plus tôt que prévu : ça ne loupe pas, il rentre au petit matin ! On reste médusé devant tant d'originalité dans le scénario. Elle décide de rentrer en Suisse. Mais elle fait venir son dealer d'amant avec elle et l'installe dans un hôtel miteux. On se dit que le mari va bientôt tout découvrir. La chose, évidemment, se produit dans les plus brefs délais : le monde de Nicole Garcia étant décidément très petit, le richissime mari suisse commence à travailler avec une des anciennes relations du dealer et de sa maîtresse au temps où ils vivaient à Paris de la vente d'héroïne et de cocaïne. Cette jeune femme, qui oeuvre dans les assurances, avait pourtant, au début du film, annoncé son départ pour Dubaï. Elle se retrouve miraculeusement à l'aéroport de Genève, en grande tractation avec le richissime Suisse. Pourquoi ? Le destin sans doute ! Elle va révéler au mari trompé que sa femme et son amant ont jadis provoqué la mort par overdose d'un de ses amis. Au jeu de l'amour et du hasard, Nicole Garcia ne craint personne et ne recule devant aucune invraisemblance. La fin du film est tout aussi farfelue. Reste le jeu des acteurs : Niney, toujours fiévreux (on a d'ailleurs l'impression que c'est chez lui un état permanent), Magimel touchant et la jeune actrice perverse à souhait : en fait, elle veut le beurre et l'argent du beurre, Niney dans son lit et son mari pour le compte en banque. Il semble cependant que la fin la rachète quelque peu. Quant à la réalisation, froide, distanciée, elle ne permet à aucun moment de croire à cette invraisemblable histoire.