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Eowyn Cwper
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3,5
Publiée le 4 avril 2021
Michèle Morgan en ingénue, Bourvil en gentilhomme plus galant que jamais : une rencontre. On s'attend presque à un crime qui viendra briser le tout et à ce que surgisse, dans un local de police, la vitre sans tain à laquelle on se dit que le titre doit faire référence. Mais non : le miroir sera tout autre et le sujet n'a longtemps rien du polar. Au contraire, son intérêt pour les fondements de la séduction et du couple bourgeois ne décevra pas notre espoir d'une fine étude des mœurs.
Car les voilà en couple. Puis dix ans passent et les mondanités s'effacent. L'intimité, peu à peu, engendre sous notre regard ses travers familiers : l'honnêteté se transforme en agression, la complicité en indélicatesse. Bourvil trop gentil devient un monstre intense et terrifiant, l'humour du film servant à lui faire dire ses piques les plus cinglantes.
Alors on commence de questionner les apparences. Les faux-semblants de l'amour socialement normé sont-ils pires que l'outrecuidance qu'on se permet dans un mariage, sous couvert du plein engagement qu'on lui prête à l'époque ? Où est le respect de soi si l'on perd celui de l'autre ? Poussée à bout, Morgan (ou plutôt son personnage) opte pour une solution bien plus moderne afin de se respecter enfin : la chirurgie esthétique.
Le tumulte s'ensuit. Qui a le plus raison ? La femme qui saisit sa liberté dans un élan de progressisme en reprenant les droits qu'elle a sur elle-même, ou bien l'homme pragmatique qui a le sentiment qu'on lui a pris sa femme ?
Un peu de mensonge et la problématique n'est plus seulement une histoire de mœurs qui évoluent, mais de moralité dans l'absolu, même si on a la curieuse impression que le film est tellement en avance sur son temps qu'il manque de recul pour vraiment savoir quelles questions poser. Mais nous qui l'avons, nous voudrions les lui souffler, dans cette arrogance qui nous est conférée par le temps passé. Par exemple, le geste de Morgan tient-il de la prise de position féministe ou figure-t-il la résignation vis-à-vis des étroits critères de beauté d'alors ? Reprend-elle vraiment son bonheur en main ou s'objectifie-t-elle pour s'en donner l'illusion ?
Le miroir à deux faces, c'est donc son visage. Ses facettes, ce sont l'acceptation de soi (personnelle) et l'image qu'on donne au monde (sociale). J'ai l'impression en l'écrivant que je fais preuve d'une anachronie navrante, et peut-être est-ce en partie le cas. Mais 1958, c'est tôt pour questionner de cette façon les apparences et l'agonie de l'amour courtois.
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2,5
Publiée le 15 novembre 2017
A partir d'un fait divers, Andrè Cayatte tente de dècrire les consèquences morales et le danger, pour la solidaritè du couple, de cette transformation physique ètonnante! Dans "Le miroir a deux faces", il y a bien sûr le grand Bourvil en personnage mèdiocre et très ordinaire mais aussi une Michèle Morgan qui rèvèle sa beautè en mettant son couple en danger! Rendue mèconnaissable durant la première partie du film, le maquillage de cette femme au visage disgracieux laisse pourtant perplexe! Fort heureusement il y a une bonne composition de Morgan qui sait prêter au jeu pour ce « dispositif laideur » avec une prothèse, un faux nez et des sourcils èpais! Rien que ça [...] Gèrard Oury, lui, joue le rôle du chirurgien à une èpoque où ce dernier n'avait pas encore rèussi à se dèfaire de son emprunte de comèdien avant de devenir le rèalisateur comique que l'on connait et le compagnon discret de l'actrice du "Quai des brumes". Sylvie, Carette et Pierre Brice complètent la distribution de ce classique du cinèma français...
Un superbe film du début à la fin ! J'ai été captivée par les jeux de Michèle Morgan et Bourvil. J'avais d'ailleurs oublié à quel point l'acteur était bon dans des films dramatiques ! Pendant une bonne partie du film, on se demande bien vers quoi il souhaite aller. On est pas déçu du voyage ! Un très beau film que je vous recommande.
Film cruel et profondément triste. Le bonheur à quel prix? le bonheur sacrifié? Un homme pourtant anéanti, certes peu élégant dans ses manières, mais peut-on le comprendre? C'est une autre femme qui est devant lui. Rôle froid et tragique pour Bourvil.
Excellent ce film même si il date,il était quand meme un film très avant gardiste et très original pour l'époque,fin des années 50..Pierre tardivet professeur petit,étriqué vivant chez sa mère et seul,cherche une femme et la trouve par les petites il est si mesquin quil spoiler: ne veut pas qu'elle soit belle et un jour accepte des parents de Marie josé de jouer la comédie pour épouser cette dernière,raffinée,aimant la musique classique,élégante même si disgracieuse..en fait ils sont mal assortis dès le début cest flagrant et Marie Josée est si effacée et résignée quelle se plie a son sort meme le fameux soir de la nuit de noces a Venise en italie spoiler: ou Pierre monstrueux lui dit la vérité.S'ensuit dix ans de vie ou Marie josée plus résignée qu'autre chose survit tant bien que mal a son sort,élevant ses enfants"elle avait tout pour etre heureuse,tout une machine a laver..la télé,le confort,meme si elle n,alllait plus aux concerts..Elle avait tout quoi!"spoiler: ca c'est la version du Mari ,de PIerre Tardivet a la police mais c'est que sa version ..et on devine que Marie josée nest pas du tout heureuse jusqu'au jour ou ...par hasard PIerre a un accident de voiture,heureux hasard qui va radicalement changer la vie de Marie josée et lui donner enfin un nouveau visage et le bonheurspoiler: que ne supportera pas Pierre .Dailleurs a ce moment la , Marie josée prend forme et vie et on a sa version a elle,elle se met a exister enfin et a vivre..Elle qui avant ne vivait pas ou juste dans le regard et les attentes de son mari..Bref un film dramatique,qui parait simple mais très subtil..plus subtil quil ny parait et parle du couple,des attentes des hommes ou maris de l'époque,des PIerre il devait y en avoir un paquet spoiler: et il y en a peut être encore ..Pierre est buté,marie josée aussi mais elle a raison,elle prend sa revanche..Il parle aussi des apparences ,par le biais de la soeur Véronique fort belle mais superficielle et égocentrique et de l'amour raté de Gérard pour Marie josé..spoiler: il na pas vu que la plus belle c'était Marie josée et il la découvre dix ans spoiler: plus tard ..bref un grand film pour cinéphiles..seule la fin est triste spoiler: meme si je comprends Marie josé ou morgan elle ne veut pas qu'on salisse Gérard mais elle se gache la spoiler: vie.. finalement elle qui na jamais été heureuse n a pas droit au morale!
Si l'on devait résumer brièvement «Le Miroir à deux faces», on dirait qu'il s'agit ni plus ni moins de l'histoire d'un couple formé par un homme professeur de collège et d'une femme au physique ingrat qui se sont rencontrés par le biais des petites annonces. Pendant dix ans, ce couple vit une histoire saine, jusqu'à ce que la femme décide de subir une transformation du visage, ce que le mari ne lui pardonnera jamais. Et à partir de ce moment là, Cayatte se focalise (presque uniquement) sur deux individus en désaccord, restant campés sur leur positions et qui tour à tour évoquent leurs arguments pour justifier leur point de vue. Ce couple tranquille, se disloque violemment et connaît même une véritable descente aux enfers. Ce film, c'est aussi l'occasion d'avoir la preuve que Bourvil n'était pas seulement un acteur de comédie. Observez son personnage dans ce film, il fait preuve de beaucoup de polyvalence: au début, on retrouve le Bourvil que l'on connaît, un personnage neuneu. Mais il évolue, arrive à se faire sérieux quand il faut l'être, arrive à se faire attendrissant et arrive à devenir un personnage incroyablement détestable ! Et tout cela avec une facilité déconcertante ! Dans les rôles ambigus, Bourvil assurait ! Cependant, «Le Miroir à deux faces» a considérablement vieilli car il est (très ou trop) ancré dans son époque. Une restauration et une colorisation seraient peut-être les bienvenues.
Très bon film dramatique avec Bourvil. On a pas l'habitude de le voir souvent dans ce genre de rôle et pourtant cela lui va très bien. Une histoire intelligente, sombre et triste au scénario très bien écrit. Quand on compare ce genre de films avec les nouveaux films français d'aujourd'hui, on se dit que bien des scénaristes devraient en prendre de la graine. Des dialogues et répliques superbes au service de deux grands acteurs: Bourvil et Michèle Morgan. La descente aux enfers du couple devient inévitable surtout à cause du comportement jaloux et impardonnable du personnage joué par Bourvil. En même temps, aucun des protagonistes n'a ni tort, ni raison. Ils sont obstinés chacun de leur côté au risque de voir leur couple se briser. Cette tension est parfaitement retranscrite à l'écran et c'est un vrai régal pour le téléspectateur. Ce métrage n'a pas pris une ride. A voir et revoir.
Un très grand film dramatique. Un très grand BOURVIL. Un homme qui voit sa vie changée lorsque sa femme change de visage... Bourvil tout aussi bon dans ce drame que dans un comique. A conseiller aux cinéphiles.
Cayatte signe encore un excellent drame aidé d'un Bourvil saisissant perdu face à la ravissante Michele Morgan. Simple d'apparence, le film se révèle subtil dans les émotions et le thème moderne de la chirurgie intelligent.
Un Bourvil grave et sérieux comme on l'aime aussi parfois, Une Michelle Morgan qui s'est enlaidie pour le rôle. Un sujet qui est finalement plus que jamais d'actualité avec la chirurgie esthétique qui transforme les gens et bouleverse leur entourage. Un film noir mais très agréable à regarder et à la réflexion profonde.
A lire le sujet et en connaissant Cayatte,je m'attendais à un infâme mélo. Grâce aux acteur le film est sauvé et le thème est beaucoup plus profond que les résumés le présentent;Bourvil est vraiment exceptionnel , Morgan y tient sans doute son plus beau rôle ou mieux ses deux plus beaux rôles, Sylvie est odieuse à souhait et Oury dont le meurtre est malheureusement escamoté y fait preuve d'un beau caractère. Bien sur ,il y a quelques outrances mais pas tant que cela. De toutes manières,il est indispensable de se remettre en France dans le quotidien populaire des années 50 avant de critiquer. C'est très étonnant aussi de voir a quel point ce film était en avance par rapport à la chirurgie esthétique et à la libération de la femme. La fin est loin d'être aussi moralisatrice qu'on veut le croire. D'abord parce que l'héroïne s'accorde et accorde 7 heures de bonheur amoureux(ce que trop de femmes ne connaissent pas et ne connaîtront jamais),ensuite parce que privilégier les enfants n'est pas chose rare,heureusement. C'est un fort beau film bien daté 1958 à coté duquel les mélodrames modernes font pales figures et ce n'est pas en ricanant du mari qu'on se dédouane du jugement porté sur lui. C'est un personnage hautement vraisemblable qui n'a pas su grandir et encore moins, fait l'effort nécessaire pour comprendre son épouse...Des comme lui,aujourd'hui sous des formes bien différentes ,il y en a beaucoup mais les femmes qui ont eu la chance de faire des études savent exactement ce qu'il faut faire et ont les moyens que nos mères ou nos grands mères n'avaient pas,
Un charmant inédit en noir & blanc teinté de SF des 60's: hélas malgré les effets assez réussis les acteurs semblants eux-mêmes hésiter entre comédie et drame, le passage du virtuel au réel ne s'opère pas, et de +, en raison d'un moralisme un peu rouillé le film paraît obsolète.
Un film intéressant, Bourvil joue avec un grand naturel un personnage mesquin et au final infecte. La place faite à la chirurgie esthétique est notable pour l'époque, surtout que le sujet était encore tabou il y a peu. Cependant sortie de là c'est un peu faible, ça manque de tension.