Non seulement la science-fiction était rare à l'écran avant 1950, mais en plus "Things to Come" est une oeuvre ultra-ambitieuse. Imaginant la civilisation humaine sur un siècle, jusqu'en 2036. Il est par ailleurs écrit par le célébrissime . Wells, élément affiché en grande pompe par la promotion.
Sur le papier cela aurait pu donner lieu à un grand classique du cinéma des années 30, un "Metropolis" version britannique. Enfin en terme d'influence, car sur la forme . Wells a toujours craché sur le film de Fritz Lang... Quoi qu'il en soit, en pratique, "Things to Come" fut difficile à rentabiliser, et est semble-t-il tombé dans un relatif oubli.
Il faut dire que tout ceci demeure très froid. Il n'y a pas vraiment de protagoniste, on suivra plusieurs personnages çà et là (ou leurs descendants) au fur et à mesure des décennies. Avec une volonté de pondre une fresque de civilisation plutôt que de vrais récits. Et surtout, les dialogues sont monstrueusement pompeux. Les personnages passant leur temps à justifier leurs choix ou leurs idées, au lieu d'avoir des interactions humaines réalistes.
Tandis que si vous espériez une oeuvre de SF qui propose un univers renversant, il faudra malheureusement attendre la dernière demi-heure, la première heure étant focalisée sur les affres d'une guerre mondiale.
Pour autant, cette dernière demi-heure est assez impressionnante visuellement, imaginant une civilisation ultra évoluée et son désir de conquête spatiale, décors grandiloquents à la clé. Il y a également de bonnes idées distillées tout au long du film : l'importance de l'aviation et des bombardements dans les conflits, l'imminence d'une guerre mondiale, l'aspect post-apocalyptique d'un pays dévasté, le pouvoir de l'information dans un futur connecté...
On y trouve aussi un propos très affirmé sur le progrès : vouloir le freiner, c'est devenir un seigneur de guerre, ou faire preuve d'un obscurantisme nostalgique sans limite !
A l'arrivée, le résultat est donc mitigé en ce qui me concerne. Je ne peux que souligner l'ambition saine, tant sur le fond que la forme. Mais clairement, . Wells n'aurait peut-être pas du être seul scénariste...