Astérix & Obélix : L’Empire du Milieu avait tout pour devenir un succès populaire : un budget colossal, un casting cinq étoiles, des décors exotiques, et l’aura indémodable des irréductibles Gaulois. Mais à l’arrivée, le film s’écrase comme un menhir mal lancé. Entre humour poussif, mise en scène mollassonne et dialogues dignes d’un sketch de fin d’année au collège, ce cinquième opus en live-action semble avoir été conçu pour flatter les algorithmes plus que les spectateurs.
Le choix d’un voyage en Chine n’est pas une mauvaise idée en soi, mais ici, il sonne creux, comme un prétexte mal ficelé pour capter le marché asiatique. Le scénario, sans saveur, avance en roue libre, sans la moindre tension dramatique ni la malice des albums d’Uderzo et Goscinny. On cherche en vain la satire sociale qui faisait le sel des aventures d’Astérix ; à la place, on a droit à une suite de scènes artificielles, où chaque moment "comique" est téléphoné, lourd, voire gênant.
Le film aligne les célébrités comme une vitrine d’influenceurs sur Instagram : Vincent Cassel en César caricatural, Marion Cotillard en Cléopâtre inutile, et surtout une ribambelle de caméos (McFly et Carlito, Zlatan, etc.) dont la présence ne sert jamais l’intrigue. Guillaume Canet, en plus d’avoir réalisé le film, incarne un Astérix étonnamment terne, presque transparent, tandis que Gilles Lellouche, bien que plus crédible en Obélix que Depardieu version 2020, ne peut pas sauver l’ensemble du naufrage.
Le vrai problème ? L’humour.
Ce qui se veut être une comédie familiale vire au sketch gênant, à coups de références pop épuisées (TikTok, foot, politique française…), dialogues plats, et jeux de mots sans panache. Là où l’absurde subtil et la parodie historique faisaient mouche dans Mission Cléopâtre, ici, tout tombe à plat. Les enfants s’ennuient, les adultes soupirent.
Avec un budget de près de 65 millions d’euros, on était en droit d’attendre un minimum de panache visuel. Pourtant, la mise en scène est fade, les scènes d’action sont mal découpées et parfois illisibles. On ne ressent ni l’épique, ni le comique. Le film tente tout, mais ne réussit rien. Même la musique semble noyée dans un montage sans rythme.
Plus qu’un raté, L’Empire du Milieu donne l’impression d’un produit calibré, conçu à la va-vite pour cocher toutes les cases du marketing moderne : diversité, caméos, humour d’Internet, et clin d’œil à tout ce qui fait "jeune". Le problème ? C’est creux, sans amour pour le matériau d’origine, et ça trahit l’esprit irrévérencieux d’Astérix. Le résultat, c’est un film sans identité, qui prend son public pour un algorithme de streaming.
Bref, une farce coûteuse mais sans esprit, qui rate tout ce qui faisait la magie d’Astérix. Ni hommage, ni relecture moderne, L’Empire du Milieu est un produit vide, opportuniste, et surtout très, très long à regarder.