Amours chiennes me fait penser à Collision, un film dans un autre style visuel mais comportant la même thématique. Amour chiennes est un film poignant qui fait prendre conscience que des destins tragiques (plus ou moins) peuvent être liés. Les histoires individuelles de chaque protagoniste sont bien racontées, quoique de façon un peu molle par moment, d’où les longueurs (en même temps 2h et demi de film) ; ça n'en reste pas moins une bonne réalisation dans l'ensemble. Gaël Garcia Bernal que je découvris avec La mauvaise éducation (film de 2003 où il excellait déjà), ce fut un plaisir de le retrouver avec Amours chiennes, où une fois de plus il est excellent.
En 2000, la sortie du film avait été un petit évènement marquant la découverte d'un réalisateur. Que reste-t-il de ce premier film après la carrière que l'on connaît d'Inarritu ? Un film qui a pris un sacré coup de vieux. D'abord ce style punchy, sombre et cruel. Soit. Mais le scénario éclaté en plusieurs personnages liés malgré aux par un accident paraît clairement daté. Mais ce qui frappe avant tout c'est que le film est tristement vide de substance. Qu'a t-il à raconter ? Pas grand chose. Un des grands défauts d'Inarritu c'est cette incapacité de donner du corps à son scénario. Un scénario qui brille par sa complexité et ses multiples personnages mais se complait dans une artificialité pesante. Les héros n'existent que pour le plaisir démiurgique de son auteur. Tout ce qui arrive s'enfonce dans une intensité dramatique vaine, sans réelles justifications. On a l'impression d'assister à une pièce dramatique qui se prend au sérieux, mais qui n'a rien à dire. Un peu comme ces séries interminables, avec toutes sortes de personnages, toutes sortes de catastrophes, et c'est tout. Une histoire bien menée, bien réalisée, ne fait pas forcément un bon film. D'ailleurs il reproduira les mêmes erreurs avec "Babel" et ses tourments tragiques tout aussi vains.
Bon, on va y aller franco, je ne suis pas un fan de A.G. Iñarritu. Son talent formel est indiscutable, le mec sait visiblement tenir une caméra et filmer quelque chose potable, c'est indéniable. Sauf que le bonhomme est aussi un adepte de la métaphore trop lourde de sens, trop explicitée à la fois par l'image et le son. Ce qui en fait de facto un aspirateur à récompenses, qui a la cote auprès d'une critique bien-pensante et qui n'a jamais à trop se fatiguer pour saisir le sens de ses films. Là, il nous trousse donc le 1er volet de sa trilogie sur l'amour et la mort, avec une bonne vieille narration éclatée chapitrée. Sauf que dès le départ, il ne se cantonne pas au parcours des personnages annoncés. Ainsi, après le carton signalant le chapitre "Octavio et Susana", on suit un personnage qui n'est pas Octavio. Et ce chapitre inaugural nous verra suivre les autres personnages qui interviendront, par petits bouts. Le film est long, bien que raccourci par son ami G. Del Toro (et il a de la chance d'avoir des potes aussi talentueux). La partie du milieu est un peu plus faible, presque déconnectée du reste, même si c'est sans doute celle qui présentait le meilleur potentiel pour une fable sur le monde moderne. Mais non, Iñarritu a tout misé sur la bluette entre le frangin et sa belle-soeur et le parcours d'un homme énigmatique qui erre dans les rues, tueurs à gage occasionnel. Bref, c'est superbe au niveau de l'image parfois riche au niveau du sens, mais ça ne m'a jamais complètement embarqué. D'autres critiques sur thisismymovies.over-blog.com
Premier long métrage d’Iñárritu, Amours chiennes est déjà un film choral où des destins s’entrecroisent selon des lignes ici relativement simples… Trois histoires donc qui vont se rencontrer dans un accident de voiture qui signifiera la fin de la première, un point d’inflexion dramatique pour la deuxième et un nouveau départ de la troisième. Dans ces trois « segments », un point commun : l’amour porté à la race canine par les trois protagonistes, source d’espoir puis de trouble pour le premier, cause de tous les malheurs pour la deuxième, signe d’un changement profond pour le dernier. Les chiens indiquent en fait à leur propriétaire la voie à suivre, la plus métaphorique étant le « trou » de la deuxième où le couple va symboliquement s’enliser et rester bloqué. Les trois acteurs principaux, dans l’ordre Gabriel Garcia Bernal, Goya Toledo et Alvaro Guerrero, traduisent chacun à sa manière l’humanisme de leur personnage à travers des parcours torturés, initiatiques ou sacrificiels. L’humanisme est d’ailleurs la caractéristique principale d’Iñárritu, cinéaste curieux, adulé par les uns, voué aux gémonies par les autres, parfois crispant (Babel), parfois génial (21 grammes), un peu roublard mais toujours passionnant et débordant d’amour pour l’humanité, ce qui me fait lui pardonner la majeure partie de ses excès et de ses fautes de goût.
Premier brûlot d'Inarritu à mon sens un peu surestimé. Ces histoires et ces personnages qui s'entrecroisent, et dont le point commun est un rapport avec le règne canin, sentent plus l'esbrouffe que la technique, et frisent même le déjà-vu. La première partie est nerveuse mais sans surprise, la troisième est faible, reste la seconde, la meilleure, la plus originale, sur ce couple qui voit disparaître son animal de compagnie sous le plancher... On sent là un réél talent de cinéaste, qu'il exploitera mieux dans ses films suivants : 21 grammes est plus prenant, Babel plus subtil et abouti.
1er film 1er coup de maitre. Film mosaïque où divers personnages auront leur vie changé à jamais suite à un drame commun. Le film se divise en 4 parties, les 3 premières concernant des protagonistes différents et la 4ème étant l'épilogue tout en sachant que le personnage d'une des partie sert aussi de fil conducteur à l'ensemble... Vous avez compris ?!... Le scénario est la force du film, superbement écrit avec une construction pas banale. L'autre bon point sont les acteurs, tous parfaits. Ils interprètent à eux tous toutes les couches sociales des habitants de Mexico. Un chef d'oeuvre qui donne un avant-goût de "Babel".
Coup d'essai prometteur du mexicain et ancien publicitaire Alejandro González Iñárritu, Amorres perros est un film choral sans la moindre concession quant à l'obscurité de la nature humaine. Il dénoue l'écheveau qu'il venait de tisser avec maîtrise et inventivité, tant au niveau narratif que technique. Le sens du montage qu'il affiche est impressionnant et sa mise en scène, trop variée pour qu'on puisse en dégager facilement une réelle tendance générale, saisit à merveille la pluralité humaine. La précision technique amène à se demander comment Amorres perros peut-être un premier long-métrage, bien qu'on puisse quand même regretter la photographie, et son aspect un peu bêtement glauque, qui rend peut-être l'univers sombre et sans espoir, mais de façon un peu facile et trop superficielle. Ce que j'ai adoré, cependant, en plus d'une première partie qui laissait presque présager d'un chef-d'oeuvre, c'est la justesse avec laquelle Iñárritu dévoile comment un événement peut bouleverser plusieurs existences (thème du triptyque formé par Amorres perros avec 21 Grams et Babel) et surtout, en abolissant l'éventuelle présence de ponts entre les histoires des différents protagonistes, nous rappelle combien nous fermons si facilement les yeux aux répercussions des interactions que nous partageons avec d'autres, dans un égocentrisme forcené. Désespérant. On peut toutefois s'agacer (et ça a été mon cas) d'une vision des choses qui manque de finesse, trop définitive, trop appuyée, et cela m'étonne que le film m'ait amené à dire une telle chose car je suis en général très friand des drames noirs et sans demi-mesure. Mais nuancer, sans forcément vouloir atténuer, signifie aussi gagner en complexité d'analyse, et s'y refuser c'est générer un produit qui manque d'humanité. On peut également s'irriter de l'absence d'explication de certains choix des personnages, qui, explicités, auraient éventuellement pu encore faire gagner au film en épaisseur, même si cela renforce la vision individualiste que dégage le récit. Mais surtout, je tiens à souligner les carences en terme de jeu d'une grosse partie du casting, qui sapent considérablement l'impact du film. Souvent poignant, très maîtrisé mais pas forcément à mon goût, Amorres perros reste marquant et porte réellement le sceau d'un cinéma de qualité. D'autant que je ne pourrai le juger totalement qu'après avoir pu voir 21 Grams et Babel, ses deux pendants américains qui poursuivent et clôturent le triptyque inaugural d'une carrière prometteuse. Mitigé, mais je conseille.
Je trouve le travail de ce mec assez classique dans le fond. Cette façon de filmer les acteurs en les tenants à distance, cette façon « documentaire », il ne s’intéresse qu’à la mise en scène, et tout le reste il le met sur le même plan, combats de chiens, combats humains. Le récit, c’est pas son truc apparemment, ses histoires sont sans ressort dramatique réel, on a juste un chassé croisé entre trois histoires qui se recoupent par moments, en un flash-back ; un truc qui va finir par devenir usé à force de le resservir tout le temps comme ça. En plus les dialogues ne sont pas estomaquant, je m’attendais à un uppercut dans la gueule, c’est juste banal. Le moment où le chien se perd dans les fondations de la maison, on se dit qu’il va enfin se passer quelque chose d’autre que le classique mélodrame déguisé en chronique urbaine, un truc original, un truc inattendu, et bien non.
Premier épisode de la trilogie, Amours chiennes est un bon film où les multiples personnages se croisent dans des scènes ne suivant pas forcément un ordre chronologique, une sorte de puzzle typique de la saga. On est au Mexique avec des combats de chien, une mannequin devenant infirme, un clochard tueur à gages... Peu d'ennuis et des tranches de vies intéressantes qui font réfléchir à nos vies qui s'entrecroisent, s'entrechoquent, et dont les conséquences bonnes ou mauvaises ne sont pas toujours évidentes.