Certes le film est en tous points supérieur au décevant "Jour de fête", les images sont belles, la bande son très travaillée, mais la plupart des gags sont lourds quand ils ne tombent pas carrément à plat.
Lente mais sympathique comédie sur les vacanciers. Hélas, l'ensemble sombre gentiment dans une folle désuétude. A tel point que de nombreux gags, amusants par le passé, ne réussissent même plus à épater la galerie tant ils semblent éculés. Demeure un agréable divertissement sans prétention...
Ayant connu l'univers de Jacques Tati avec "Mon Oncle", je retrouve dans ce film à la fois le personnage de Monsieur Hulot (qui apparait ici pour la première fois) mais aussi l'humour du cinéaste français. Je bloque justement sur ce dernier point puisque je suis complètement hermétique à ce genre d'humour facile, potache et "tarte à la crème". On dirait presque du Mr.Bean avant l'heure mais du Mr. Bean bas de gamme. Rares sont les gags qui ont réussi à m'arracher un sourire et, malgré une atmosphère bon enfant, je me suis ennuyé la plupart du temps.
Après deux déceptions sur la découverte de l'univers Tati., la troisième est enfin la bonne. Les vacances de Monsieur Hulot me permet au moins de rire, les gags sont bien nombreux et plus efficaces. La parti de tennis, de ping-pong dans le salon de l'hôtel et j'en passe. Tati joue ici entre Sellers et Chaplin, bien sûr sans être à la hauteur des deux, Tati maniérismes parfois de trop, sinon la party à sa sauce avec comme décor la plage et les vacances sans repos est pas loin d'être une excellente réussite. Allez, bravo mister Tati et du soleil pour le spectateur.
Film ou il ne se passe que des évènements insignifiant, des gags sans envergures et à l'humour désuet mais ennuyeux. Pas trop mal mis en scène (mais rien d'extra), le scénario est d'une banalité apparente. Il y a du mouvements mais toujours sans intérêt car ce film ne raconte pas grand chose. Je ne connaissais pas le cinéma de Tati et franchement je vois pas ou est le génie la-dedans malgré tout il n'y à rien de désagréable cela se laisse regarder.
Chef d'oeuvre incontestable de Jacques Tati, "Les vacances de monsieur Hulot" est une oeuvre qui, sans prétention, tient ses promesses d'une manière remarquable. Cette oeuvre constitue une réelle définition de la vie : découverte, innocence, amitié, amour puis mort : un vrai chef d'oeuvre ...
Monsieur Hulot, qui semble tout droit sorti du cinéma muet, est un gaffeur incapable de rentrer dans le moule de la société. Il débarque à la plage pour prendre ses vacances, au grand dam des autres estivaliers… Jacques Tati signe là une moquerie très gentillette des vacanciers français, taclant leurs petites habitudes et leur manque de fantaisie. Le film n’est jamais vraiment drôle, mais on sourit souvent grâce à la bonhommie très visuelle du protagoniste, le regard tendre qu’il porte sur son sujet, et la poésie de l’ensemble. Et au-delà du comique gestuel, on soulignera le montage sonore étonnant, à mi-chemin entre le muet et le parlant, certains sons étant mis en valeur, et beaucoup de dialogues étant volontairement inaudibles. Le personnage de Hulot est par ailleurs connu pour être l’une des sources d’inspiration du Mr Bean de Rowan Atkinson, ce qui est criant ici !
Comédie et mécanique. Avant d’atteindre cette maxime dès «Playtime», Jacques Tati prend les sentiers de la poésie dans «Les vacances de M. Hulot» (France, 1953). Réalisé l’année même où les congés payés passent de deux à trois semaines, le film se fait le pendant soigné du plus prosaïque «Les Bronzés» de Patrice Leconte. L’analogie est recherchée puisqu’entre Leconte et Tati réside un monde entier qui tient lieu de gouffre. Deuxième long-métrage de Tati, ce M. Hulot, qu’adoptera le cinéaste tout au long de sa carrière, est un être graphique, truculent dans le tempo de sa démarche. Long sur patte, à y bien voir il en fallut de peu pour qu’Hulot ne se nomme héron. Outre cela, au-dessus de la simple réussite de l’interprétation de Hulot, Tati réussit par la création d’un monde dont la fracture est tangible. Tant que c’est d’elle que nous rions. Dans ces vacances de M. Hulot, la petite bourgeoisie qui domicilie au bord de mer rouspètent contre la candeur d’Hulot, sa joie de vivre contenue. Les portes qui vacillent, les cloisons qui parsèment chacun des plans dont Hulot profite maintes fois pour se cacher sont les indices d’un monde scindé entre la froide aigreur de la solennité et la couleur joyeuse des amusements. Le célèbre final où Hulot, rejeté par les convives de la maison, préfère s’asseoir une dernière fois sur le sable aux côtés des gamins incline le film aux côtés de la sphère candide. Tati est candide mais certes pas crédule. Enfant trop grand, d’où la difficulté avec laquelle il manie ses jambes, Hulot/Tati manie ses jeux et son monde avec une grande dextérité. Le cinéma de Tati, «Les vacances…» au même titre que tous les autres, défend l’innocence décalé d’un univers au dépens de la gravité générale du monde. Entre les deux, certains se permettent des allers-retours, comme cette Britannique un peu frivole qui s’éprend pour Hulot. La plus belle fantaisie de ce monde fracturé, c’est la texture du son, son incroyable présence, unificatrice.
A peine quatre ans après le succès de "Jour de fête", Tati met en chantier "Les vacances de Monsieur Hulot". Alors que tout le monde attendait la suite des aventures de François le facteur juché sur son vélo Peugeot 1911, Tati introduit Hulot, grand échalas vêtu tantôt d'un imper tantôt d'un complet blanc et d'un pantalon trop court. Silhouette typique de l'homme discret voulant se fondre dans le décor mais que son attitude maladroite et encombrée livre immanquablement à tous les regards. Toujours observateur affûté de la société qui l'entoure, le réalisateur pose sa caméra dans la petite station balnéaire de Saint-Marc-sur-Mer où se retrouve le temps des congés payés estivaux, conquête encore récente apportée par le Front Populaire en 1936, une faune bigarrée observée avec acuité mais aussi avec une véritable tendresse. Après avoir planté le décor grâce à la scène désopilante des vacanciers perdus à la gare par le jeu des correspondances, Tati laisse Monsieur Hulot faire son entrée avec sa vieille guimbarde (une Voiturette d'André Lombard de type 3 et de marque Salmson). Au gré des déambulations anachroniques de Hulot dont jamais Tati ne nous livre une parcelle d'intimité, prend vie une communauté qui nous ressemble avec sa soif de liberté retrouvée butant sur la persistance tenace des habitudes du quotidien. Hulot encore un pied dans l'enfance, n'est pas soumis à ces contingences, curieux de tout, toujours là où on ne l'attend pas et n'adoptant presque jamais l'attitude convenue. Moins gaguesque que "Jour de fête", "Les vacances de Monsieur Hulot" est l'affirmation d'un style qui tout en ralentissant son tempo et en s'épurant, se détache de ses influences. Ainsi les borborygmes de François le facteur s'effacent devant le mutisme poli de Hulot dont la fonction n'est pas tant d'exister comme personnage que de s'insérer furtivement dans les scènes vécues par d'autres pour leur donner la connotation nonsensique voulue par son créateur, faisant ainsi de l'ordinaire un exquis extraordinaire. Portrait d'une France en vacances qui perdurera dans ses mœurs jusqu'à la fin des années 1970, "Les vacances de Monsieur Hulot" est peut-être le film le plus chaleureux et plus poétique de Tati.
Dans les années 50,Jacques Tati se posait en héritier des Chaplin et Keaton avec son sens du timing comique,son oscillation entre burlesque et nostalgie,et la quasi-absence de paroles au profit de l'image et surtout de l'audition.En sus,"Les vacances de Monsieur Hulot"(1952)introduisait l'intemporel personnage de Mr Hulot.Un être déguinguandé,ne se séparant que rarement de sa pipe,son chapeau et son imperméable,aussi maladroit et naïf qu'enthousiaste et serviable.Tourné dans la petite commune littérale de Saint Marc sur Mer(où j'ai vécu dans mon enfance!),le film s'ancre dans une évidente nostalgie du temps passé et épingle les travers de touristes,qui conservent leurs attitudes citadines au lieu de se détendre.Certains gags visuels témoignent de la dextérité de leur auteur(le seau qui va et vient au rythme des vagues,le feu d'artifice final,ou le portage de valises).En revanche,il est clair qu'il s'agit d'une époque si révolue que le message n'a plus court,et plus inquiétant:il y a une irrégularité du rythme qui menace de nous laisser sur le quai.Enfin,un mot sur la remarquable composition musicale,agréablement légère.
Ce que nous retiendrons des Vacances de M. Hulot, c’est la créativité manifestée par un artiste pour peindre un temps de vacances comme une bulle burlesque située hors du temps, entre les départs en train ou en voiture vers un ailleurs et les retours diffusant une lourde charge mélancolique, en témoignent les plans sur la plage désertée. Jacques Tati met en place une routine satirique : les vacances semblent vouées à suivre une mécanique similaire à celle qui gouverne les ouvriers dans les usines ; ce faisant, il conçoit les congés comme le prolongement direct du travail, le cadre estival constituant un vecteur de déplacement depuis les villes vers des espaces rêvés, qui s’avèrent décevants parce que désincarnés, telles des cartes postales.
Le personnage de M. Hulot vient perturber les habitudes des vacanciers, il est ce grain de sable dans l’engrenage qui dérègle le mécanisme : ceux qui l’entourent sortent, un moment, de leur léthargie pour être balayés, secoués, déstabilisés, à l’image du coup de vent qui inaugure l’entrée du maladroit dans l’hôtel. Les trois versions du long métrage, qui correspondent à la volonté de Tati de parfaire son œuvre, dévoilent alors une attention portée à l’évolution de la sensibilité des différentes époques – avec, notamment, l’ajout du bateau-requin qui rend hommage à Jaws (Steven Spielberg, 1975) – et se raccordent plus fortement encore au cinéma muet, par la conversion des dialogues en bruit de fond. Une œuvre drolatique, à défaut d’être drôle.
La Douceur de vivre (titre français de La Dolce vita de Fellini) : tel aurait put être le titre des Vacances de Monsieur Hulot. En effet, Jacques Tati laisse son personnage vivre tranquillement sa vie sans réelle trame. Le film est plus un ensemble de sketchs qu'un réel récit : Monsieur Hulot joue au tennis, Monsieur Hulot fait du bateau, Monsieur Hulot fait une balade en voiture... Ces sketchs, plus ou moins drôles, pourraient se regarder dans le désordre (excepté bien sûr l'arrivée et le départ) que cela n'affecterait pas le film : on pourrait même le regarder par bribes, un sketch par jour. Cinématographiquement parlant, le film est intéressant essentiellement par son traitement du son, chose courante chez Tati. Ce dernier ne cherche pas à cacher que son film est entièrement post-synchronisé. Ainsi, les dialogues semblent parfois plaqués sur l'image mais cela ne dérange pas Tati car son but est de choisir les sons qui l'intéresse en les truquant pour les rendre comiques. Même si le film fait plus sourire que rire, il dégage une joie de vivre telle qu'on prend en le regardant un plaisir non négligeable.
Bien avant Mr Bean, le cinéma avait accouché d'un personnage gaffeur comme c'est pas permis et dont le mode de vie va à l'encontre des convenances. Voiture qui ne paie pas de mine, égocentrisme, parfois impoli mais aussi gentleman et naïf touchant. Autour de lui, gravitent quantité de personnages qui sont bien souvent victimes des facéties de ce monsieur qui les fait tourner en bourrique. Les gags sont nombreux et font mouche, certains sont d'une poésie touchante (comme le pot de peinture et les vagues), d'autres témoignent d'un burlesque assumé et d'une imagination débordante. Bourré de détails sonores ou visuels (comme le bruit de la porte battante du restaurant de l'hôtel), le fil conducteur de cette succession de saynètes irrésistibles est un running gag qui voit toutes les lumières de l'hôtel s'allumées la nuit venue, bien souvent à cause de M. Hulot. Mais ce film, c'est aussi une critique que l'on sent grinçante (je ne peux pas vraiment témoigner car c'est une époque que je n'ai pas connu) et qui brocarde la société française, divisée entre bourgeois et classes inférieures et bizarrement, cette critique n'a guère vieillie et reste incroyablement moderne. Le film est quasi muet, les personnages bien campés et c'est drôle de bout en bout. Un petit bijou. D'autres critiques sur
Film léger à sketches, tendre, poétique et pratiquement sans paroles, Les Vacances de Monsieur Hulot est une comédie qui oscille entre le burlesque et le pantomime, mais sans tomber dans l’exagération. Le héros, Mr Hulot, est toujours en décalage avec ses contemporains, décalage venant aussi de la bande-son, enregistrée a posteriori. Les vacances d’été se généralisent à cette époque et en plus d’être un régal pour chacun, c’est un vrai témoignage de son époque. Un classique !