Thomas est amoureux
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Artriste
Artriste

185 abonnés 2 368 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 juin 2025
Film de science-fiction minimaliste réalisé par Pierre-Paul Renders, Thomas Est Amoureux est une œuvre aussi atypique que réussie. L'histoire nous fait suivre Thomas, un trentenaire vivant des rentes de la société qu'il a montée. Devenu agoraphobe, il n'est plus sorti et personne n'est rentré chez-lui depuis huit ans. Ses seules interactions sociales se font par visiophonie. Par ce biais, il communique essentiellement avec sa mère et son psychologue. Ce dernier estime que, pour guérir de sa maladie, Thomas devrait rencontrer plus de personnes. C'est ainsi qu'il l'inscrit à son insu à une agence matrimoniale et à un réseau de prostitution légal. Sur ces sites, Thomas va faire la rencontre de Mélodie, une jeune femme que la maladie ne rebute pas, et Eva, une prostituée médicale. Ce scénario s'avère prenant à visionner pendant toute sa durée d'une heure et demie. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue originale se déroulant dans un futur proche peu développé mais qui se fait ressentir. Le récit nous embarque dans un dédale de relations humaines via un écran d'ordinateur fixe. Et c'est la toute la particularité du métrage puisque toute l'action se déroule via une vue suggestive, nous mettant ainsi à la place de Thomas dont on ne voit jamais le visage mais qui nous porte par sa voix emplie d'émotions. Ce procédé fonctionne très bien et se montre particulièrement intéressant. On se demande assez rapidement comment se conclura tout cela. Le ton est lui amusant à la faveur des remarques du principal intéressé qui passe d'une conversation à l'autre. Mais il sait également se montrer plus intimiste et sérieux. L'ensemble est porté par des personnages appréciables, interprétés par une distribution convaincante comprenant Benoît Verhaert, auquel on s'identifie uniquement par sa voix, Aylin Yay, Magali Pinglaut, Micheline Hardy, Frédéric Topart, Alexandre von Sivers, Serge Larivière, Jacqueline Bollen, Véronique Dumont et enfin Cathy Boquet. Tous ces individus entretiennent des liens véhiculant de nombreux sentiments. Des échanges soutenus par des dialogues naturels d'une grande authenticité. Sur la forme, la réalisation du cinéaste belge s'avère forcément limitée mais judicieuse. Cette mise en scène en vue à la première personne fait tout le sel du métrage et est bien utilisée, navigant ainsi d'un interlocuteur à un autre à travers les appels entrants et sortants. Quelques séquences en images de synthèse sont elles assez marquantes par leur teneur érotique. À noter que ce visuel aussi simple que redoutable n'est accompagné par aucune . Ce chat virtuel s'achève sur une fin hélas un peu décevante. En effet, le métrage avait plein de possibilités de conclusion et celle choisi n'est pas la plus inspirée. Elle n'entache cependant en rien l'œuvre. En conclusion, Thomas Est Amoureux est un long-métrage méritant grandement d'être découvert.
Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

163 abonnés 2 040 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 janvier 2023
Voilà un film dont je dois parler sans savoir si j’en suis capable, car il me touche personnellement, et de près. En parler, c’est me mettre à nu car, comme Thomas, je m’isole du monde, à moitié par choix et à moitié par phobies, trouvant dans les écrans tout ce dont j'ai besoin. J'avais deux ans quand il est sorti et ça fait bizarre de pouvoir parler d'expérience d'un film qui se voulait quasiment une œuvre de science-fiction…

Le constat principal est néanmoins que le film de Renders est désespérément pessimiste. La visiophonie futuriste imaginée par le film pour Thomas, que l’agoraphobie a transformé en hikikomori forcé à vivre sa vie par les écrans, nous avertit sombrement sur les dangers d'Internet, n'imaginant pas que cela puisse apporter le moindre bien de "vivre par procuration". En cela, le film témoigne bien du scepticisme et de la crainte qu’inspirait (et inspire toujours) une technocratie en plein essor. Depuis, on a appris que la "virtual life", si crainte des "boomers" et qui semblait garantir l’abrutissement par les écrans de toute une génération à venir, n’est pas nécessairement l’impasse névrotique que rencontre le personnage, mais recèle aussi ses formes d’épanouissement.

Ceci dit, c’est justement la représentation de cette impasse qui fait du film une expérience poignante et un reflet saisissant de notre rapport à la technologie au tournant du millénaire. Thomas est captivant, qu'il s'agisse de sa voix, de ses choix, de sa confiance en lui ou de la façade qu'il a construite pour échapper au monde. Mon expérience du film est personnelle jusqu'à l’intime et m'a sûrement rendu·e très sensible à cette ambiance surréelle et pourtant familière mais, à voir comment il mêle une conscience psychologique aiguë à une immersivité sans failles, je ne m’étonne pas que le mystère de cet homme incapable de sortir de chez lui en fascine d’autres. Le film a sûrement épouvanté la génération de mes parents, qui avaient toutes les raisons d’y voir la fin probable de la société telle qu’ils la connaissaient. Or, tout sensationnalisme et tout catastrophisme mis à part, il voit juste, et c'est là que ça donne le tournis. Si l’on prend bien en compte que l’histoire est née d’une paranoïa sans nuances qui participe d’ailleurs à rendre l’expérience filmique incroyable, le film est absolument visionnaire, que ce soit technologiquement ou sociologiquement (il a senti venir la libération identitaire qui explose sur les réseaux ces dernières années, notamment), et ce n’était pas gagné d’avance vue la vitesse à laquelle le monde a changé en 23 ans.

Qu’auraient pensé mes parents si on leur avait dit en 2000 que l’histoire de Thomas allait faire écho à la mienne ? C’est en tout cas un gros coup de cœur, malaisant mais nécessaire, et j’éprouve de la gratitude : merci d’avoir réussi un film avec des acteurs si confiants et un scénario si visionnaire sur un sujet de niche qui me concerne. Cela faisait bien longtemps qu'une expérience cinéma n'avait pas été aussi intense pour moi.
selenie

7 445 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 octobre 2020
Le parti pris du réalisateur est radical, et nous immerge dans le quotidien de ce Thomas de façon directe. Ainsi, le spectateur se retrouve en lieu et place de Thomas pour ne voir le monde que par le biais d'un écran d'ordinateur, style internet et skype (qui n'existait pas en 1999 rappelons-le !). D'emblée, en quelques 5-10mn on comprend que la vie de Thomas est pauvre, sans grande intérêt, qui tourne avant tout autour d'une pratique onaniste du plaisir sexuel, si possible avec des femmes pixelisées. Thomas est donc un agoraphobe à un degré très grave, une sorte d'ermite qui semble finalement se complaire dans sa solitude malgré son ton emphatique, voir hautain. Ensuite il n'y a pas franchement de recherche de mise en scène, un plan fixe, mai surtout jamais Pierre-Paul Renders ne met à profit l'espace et le second plan d'où l'ennui qui s'installe.
Site : Selenie
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 21 mars 2017
Mon opinion

"Thomas est amoureux" est pour le moins que l'on puisse dire un film... bizarre, et le choix de ne jamais montrer le fameux Thomas est intéressant en soi, nous ne l'entendrons qu'en voix off. Encore un film aux faux rythmes qui nuit aussi au film, sinon l'idée est quant à elle originale, mais pour moi cela reste beaucoup trop pauvre pour en faire un bon film.
Gody G.
Gody G.

23 abonnés 326 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 août 2016
Cette dystopie m'a particulièrement séduit par l'histoire qu'elle raconte. Le film illustre la société actuelle et de demain. changement de mentalité et de mœurs. une société dont l'individualisme entraîne les humains à s'isoler au risque de devenir des sociophobes et privilégier des contacts virtuels avec des êtres virtuels. Une société qui encourage toutes sortes de pratiques sexuelles au nom de la liberté...sexuelle (il faut être soi-même).
Ce film est une vision critique du monde d'aujourd'hui. il n'est pas à regarder comme une simple distraction à la Star war ou d'autres films du même genre.
Quant à l'aspect artistico-technique, c'est loin d'être une référence. Cependant cela ne m'as pas dérangé.
DaeHanMinGuk
DaeHanMinGuk

231 abonnés 2 457 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 4 juillet 2016
Ce film est un O.V.N.I. (un objet visuel non identifié) car il est vraiment très original dans sa conception en vision subjective... Mais, sur une conception similaire, je préfère "La Femme Défendue" avec Isabelle Carré.
Car "Thomas est Amoureux" contient quelques bonnes idées (les images de synthèse de la partenaire de "jeu" virtuelle du héros sont souvent surprenantes) mais manque sérieusement de rythme et peut même avoir, sur la fin, une fonction de somnifère : c'est vraiment dramatique pour un film d'une durée de 1h37.
Legid
Legid

43 abonnés 716 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 février 2016
Quelle bonne surprise que ce film belge !
Grand prix du festival de Gerardmer (c'est déjà par ce titre que j'ai découvert ce film), Thomas est amoureux est une oeuvre originale par bien des aspects. Filmé intégralement par l'intermédiaire d'un visiophone, le métrage raconte l'histoire d'un agoraphobe enfermé chez lui depuis 8 ans, qui n'a de contact avec les gens que par l'intermédiaire d'un écran.
Bien interprété et prenant de bout en bout, le film étonne par sa justesse sur les rapports humains et touche par son personnage principal (dont on n'entend que la voix) mais qui devient au fur et à mesure attachant.
Film atypique et confidentiel, Thomas est amoureux est la preuve que le cinéma belge est à l'origine de bien jolies découvertes. Et tant mieux !
Marian88
Marian88

2 abonnés 190 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 1 juin 2015
Le film a un rythme lent, peu convaincant et les acteurs ne sont pas faramineux. Même pour un long métrage datant de 2001, le concept est étriqué et superficiel.

Dommage, l'idée est bonne mais la réalisation beaucoup trop fastidieuse.
Jahro
Jahro

67 abonnés 684 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 avril 2015
Dans un avenir trop proche, les prouesses de la technologie ont bâti une société hyper-sécurisée, où les uns sont rangés par classes d’handicapés par les autres, assureurs, avocats, psychiatres et tout ce que la communauté a produit pour piller son voisin. Dans un tel contexte, le virtuel vit ses heures de gloire, tandis que l’homme, désincarné, étoffe sa gamme de maladies des moins aux plus imaginaires. Parmi elles, il y a l’agoraphobie dont souffre Thomas, Thomas Thomas de son vrai nom, ce qui lui fait au moins une bonne raison pour ne pas mettre un pied dehors. Ca fait huit ans que ce grand solitaire redéfinit les contours du sédentarisme. Huit ans qu’il n’est pas sorti de sa piaule, qu’il ne voit le monde que sur un écran ; huit ans qu’il s’adonne au sexe par ordinateur, et se sert d’un sas pour faire entrer ses visiteurs. Jusqu’à ce que. Premier film en solo de Pierre-Paul Renders, cette petite production belge s’est payé le luxe de ravir le premier Gérardmer du nouveau millénaire. Tournée entièrement en caméra subjective, elle dresse le puzzle pathétique d’une vie au parfum renfermé, qui s’accroche à l’espoir flou de l’amour pour parvenir enfin à se révolter. D’ici là, c’est une succession de scénettes plus ou moins numériques, qui laisse entrevoir dans la verve des infographistes la seule étincelle épanouie de ce marasme tristement visionnaire. Hauts les cœurs.
lorenzo fly
lorenzo fly

32 abonnés 818 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 août 2012
"Thomas est amoureux" est un film original qui nous emballe dès les premières minutes et ceux jusqu'au final. Le scénario et la mise en scène se démarquent nettement des autres films. Un film très bien exploité et réussi qui aurait néanmoins gagné à être un peu plus abouti!!
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 8 avril 2012
Film qui m'avait très positivement marqué à sa sortie en DVD, Thomas est amoureux n'a pas pris une ride pour son 11ème anniversaire que ce soit par son aspect visuel comme par sa narration.
C'est le genre de film qu'on aime ou qu'on déteste, connaitre précisément ce qu'est l'agoraphobie est certainement un plus pour comprendre à sa juste valeur le comportement de Thomas.

Malheureusement je ne sais pas si on peut rêver un jour d'une sortie en Bluray...
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 1 octobre 2010
Près de 10 ans après sa sortie, il était bon de revenir sur Thomas est amoureux, un film d’anticipation qui tentait, à sa son époque, d’imaginer ce que nous réserverait le futur via Internet. Véritable succès auprès de la critique et dans les festivals, et qui plus est un film culte, il est une véritable réussite du genre. De plus il est quand même ironique qu’une petite production Belge réussisse dans la science-fiction alors que rien que d’imaginer la sci-fi à la française fait loler (hormis, bien-évidemment, celle surréaliste Made in Godard ou Laloux).
Thomas (Benoît Verhaert) est un agoraphobe qui n’est pas sorti de chez lui depuis 8 ans, et n’y a pas non plus laissé entrer qui que ce soit. Ancien ingénieur ayant fait fortune, et vivant de ses rentes, il passe son temps à discuter par webcam, et n’a recours qu’au cybersex. Ayant cédé tout son argent à une société qui prend en charge les tâches qu’il ne peut accomplir, de même qu’une assistance — encore par visio — d’un psychiatre (Frédéric Topart), il se retrouvera piégé par une clause de son contrat qui l’oblige à progresser pour se débarrasser de ses troubles psychologiques. Forcé de s’inscrire à un club de rencontre, il tombera amoureux de deux femmes en même temps, une du club (Magali Pinglaut) ainsi que d’une autre, une prostituée pour handicapés (Aylin Yay). Voulant vivre son amour, étant las du cybersex, il se retrouvera face à ses démons et devra choisir entre sortir, ou pas.
Particulièrement bien imaginé, le film nous place dans la tête de Thomas, tout n’étant vu qu’à travers ses yeux, nous rendant témoins impuissants, incapables d’influer sur son comportement, tout comme lui.
L’écriture, particulièrement prenante, nous passionne et nous fait suivre les conversations de Thomas avec un réel intérêt, très souvent cynique par rapport à sa maladie, et envoyant chier tous ceux qui l’emmerdent, tranquillement protégé devant son moniteur. Jouant sur plusieurs plans, le film marie habillement drame, romance et anticipation, sans oublier une touche d’humour sagement dosée. Le film ne se veut pas non plus alarmiste, ne condamnant pas Internet, la seule personne en étant esclave étant Thomas, et personne d’autre. D’ailleurs, même s’il fait mouche en dénonçant une pratique un peu abusive des rencontres par Internet, il se projette beaucoup trop loin dans le futur pour que l’on puisse en juger certains aspects, comme le cybersex que l’on peut y voir, nécessitant le port d’une combinaison permettant l’interaction des corps à distance.
Bref, au-delà de la critique à laquelle on aurait pu s’attendre, le film s’avère plutôt être une romance surréaliste d’un homme pris dans un piège en porte-feuille.
Pour conclure, Thomas est amoureux est indubitablement un des films les plus visionnaires des années 2000, et malgré ses quelques fantaisies, s’avère être une approche inédite de la love-story, et a fortiori un film de chevet pour tous les agoraphobes (en plus de Les Associés de Ridley Scott).
A noter également que le film est quasi introuvable en DVD Z2 et qu’il vous faudra le commander en Z1 (import US).
Mention spéciale pour Benoît Verhaert, qui incarne Thomas, et qui malgré son absence totale à l’écran, sait se rendre crédible, et nous porter grâce à sa superbe voix, grave et apaisante.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 19 août 2009
Un film étonnant. Une alchimie étonnante mais qui donne un charme certain à ce film. Une excellente surprise.
GlaireWitch
GlaireWitch

48 abonnés 586 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 mai 2010
Je sais même pas comment j'ai réussi à me lancer pour le regarder mais une chose est sur je ne regrette rien, c'était magnifique !très très beau film belge indépendant, l'histoire est émouvante et génial et la mise en scène excellente!
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 7 avril 2009
Original, mais prévisible.
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