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Un visiteur
5,0
Publiée le 11 février 2020
On ressort bouleversé par ce magnifique film: il y a de la délicatesse, de la pudeur. une question autour de l''équilibre: comment l'harmonie glisse vers la violence de façon aberrante. Des images et musique somptueuses, qui nous accompagnent vers une tension de plus en plus sensible. Merci
Démarrage beaucoup trop lent, je me suis ennuyée. La fin du film est top. Certains critiques ont été gênés par le mauvais jeu d'acteur des jeunes filles. Pas moi... C'était juste trop mou... Déçue.
Un histoire profonde qui montre simplement les choses de manière à la fois réaliste et poétique. Je ne suis pas déçue et je salue le fait d'avoir pris des actrices peu (voir pas du tout) connues, une prise de risque qui fait que le film en ressort d'autant plus vrai !
Je dois avouer que ce n'est pas du tout mon style de film donc j'y suis allée avec un peu d'appréhension... Et quelle belle surprise ! Le film a un véritable charme. Le réalisateur a un regard très juste sur la situation ! Je conseille !
Atiq Rahimi a bien du talent. Nous le savons depuis la parution de "Syngué sabour", évocation sobre et douloureuse d'un Afghanistan en proie à la folie des hommes et à l'obscurantisme religieux, que l'écrivain a adaptée à l'écran quelques années plus tard avec la complicité de Jean-Claude Carrière. Cette fois, c'est à nouveau de l'adaptation d'un roman qu'il s'agit, celui de la Rwandaise Scholastique Mukasonga, "Notre-Dame du Nil", qui a obtenu le prix Renaudot en 2012. Atiq Rahimi l'Afghan a installé sa caméra en plein cœur d'une Afrique meurtrie par le génocide de 1994. Preuve que cet écrivain-cinéaste en parfait humaniste sait être sensible aux misères de peuples certes profondément différents, mais ayant en commun d'appartenir à la race la plus perverse qui soit, la race humaine. Nous voici donc plongés dans un Rwanda d'avant le génocide, celui du début des années 70, lorsque les prémices du conflit entre Hutus et Tutsis se font sentir. Scholastique Mukasonga avait ému ses lecteurs en évoquant le quotidien d'un pensionnat catholique situé au cœur des montagnes du Rwanda, un institut s'étant donné pour mission de former de bonnes citoyennes doublées de chrétiennes exemplaires et qui sauront devenir des mères modèles. C'est bien sûr une élite sociale à qui s'adresse cette formation comme en témoigne le ballet des voitures de grand luxe sillonnant les routes de terre battue lorsque vient le temps des vacances et que ces jeunes demoiselles doivent réintégrer leurs demeures familiales. Tout semble au début évoluer dans une parfaite harmonie : la nature est luxuriante à souhait ; on y entretient un culte qui tient autant du paganisme - la vénération des sources du Nil - que d'une présence mariale aussi artificielle que le noir de la statue de la Vierge qui est ainsi honorée et dont la couleur et les traits relèvent de la falsification la plus maladroite. C'est précisément ce dernier point qui va attiser la curiosité et la témérité de deux jeunes filles dont les mensonges auront des effets désastreux. Le film est incontestablement une réussite d'un point de vue formel. Les images témoignent d'une indéniable poésie et d'une lumière admirablement distribuée. On y reconnaît la patte d'un des plus grands chefs opérateurs du moment, Thierry Arbogast, qui avait déjà signé la photo dans la version filmique de "Syngué sabour". Par ailleurs, le rythme infiniment lent concourt à cette belle harmonie d'un monde où les hommes et les femmes ont tout (ou presque) pour vivre comme dans un éden. Mais la fin du film rompt avec cette vision idyllique : le paradis est désormais perdu par la faute des humains. On pourra sans doute reprocher à Atiq Rahimi d'être peu à l'aise dans l'évocation de la violence et même de se montrer confus sur la fin dans les enjeux en présence. La faute à un scénario quelque peu déséquilibré ? Sans doute. Ce qui est certain, c'est que l'on préfère Atiq Rahimi dans son art de l'évocation poétique - et cependant dénonciatrice - plutôt que dans celui de la description réaliste. Il n'en demeure pas moins que le film mérite d'être vu et salué, ne serait-ce que pour l'interprétation des jeunes actrices noires qui évoluent avec une belle élégance et une grande subtilité.
Les deux premiers longs-métrages de fiction d'Atiq Rahimi étaient des adaptations de ses propres romans, lui l'écrivain qui a obtenu le Prix Goncourt en 2008 avec Syngué Sabour. Pour la première fois, avec Notre-Dame du Nil, il tire son argument du livre d'une autre, Scholastique Mukasonga, Prix Renaudot 2012. Ce changement, augmenté par un tournage dans un pays dont le contexte lui est moins familier, explique-r-il le sentiment d'inachevé que l'on est en droit de ressentir à l'issue de la projection ? Peut-être. De manière assez claire, le film se veut une démonstration que le futur génocide au Rwanda détient des racines bien antérieures à 1994 et même avant l'indépendance, avec la colonisation. Une argumentation qui n'est sans doute pas contestable mais que Notre-Dame du Nil étaye d'une manière assez maladroite en forçant sur l'esthétisme (aïe, les ralentis) et le lyrisme (ouille, la voix off) avec un scénario qui oublie d'approfondir ses portraits de jeunes femmes, préférant miser sur le collectif. Oui, c'est sûr, ce poison nommé Rwanda entre les deux communautés existait déjà 20 ans avant les exactions que l'on sait mais pourquoi alors ne pas avoir focalisé davantage sur les deux jeunes tutsis qui sont de plus en plus ostracisées par leurs petites camarades dans cette école destinée à former la future élite du pays ? Le problème est que le film ne peut pas vraiment s'attarder sur telle ou telle protagoniste vu le caractère très inégal de l'interprétation, et c'est un euphémisme. Pascal Greggory, pour sa part, incarne un personnage plutôt ambigu dont on se demande qui il est réellement, ce qui n'est pas trop gênant, mais aussi quel est son rôle et son utilité véritable dans le film, ce qui est plus embarrassant.
Film intéressant qui parle des conflits Hutus Tutsis dans une école de jeunes filles, enfants de l'élite Rwandaise de l'epoque, bien avant l'évènement tragique de 1994. Si le film est très beau, le jeu des jeunes actrices peut parfois laisser à désirer.
Très beau film avec de belles images ! Une adaptation réussie qui nous parle de jeunes filles rwandaises formées à l'institut Notre Dame du Nil pour devenir l’élite du pays. Bien écrit et bien réalisé. Ma fille et moi avons passées un bon moment devant ce film !
De l'écrivain et réalisateur franco-afghan Atiq Rahimi, j'avais énormément aimé "Terre et Cendres", présenté dans la sélection Un Certain Regard de Cannes 2004 et sorti dans les salles françaises début 2005, ainsi que "Syngué Sabour - Pierre de patience", sorti en 2013. Deux adaptations de romans qu'il avait écrits, le second ayant obtenu le Prix Goncourt en 2008. Tout ce qu'il faut pour aller voir en confiance "Notre-Dame du Nil", même si, cette fois ci, le roman adapté au cinéma n'est pas de lui, mais de l'écrivaine franco-rwandaise Scholastique Mukasonga, roman ayant obtenu le Prix Renaudot en 2012. Sauf que l'interprétation des comédiennes non professionnelles de ce film est d'une telle médiocrité qu'il est impossible, du moins pour moi, de donner un avis serein sur cette réalisation. Toutefois, le film, dont l'action se déroule en 1973, présente l'intérêt non négligeable de nous rappeler ou de nous apprendre (cela va dépendre de l'âge et du degré de connaissance de la géopolitique africaine des spectateurs) qu'au Rwanda, les "problèmes" entre les tutsis et les hutus existaient bien avant les événements de 1994. A mettre aussi au crédit du film, l'excellente musique du trio Aldo Romano, Louis Sclavis, Henri Texier.