Le film est adapté d’un roman d’Octave Mirbeau, auteur anarchiste, dreyfusard et un peu misanthrope qui est publié en 1900. Dans le film, l’action se déroule à la fin des années 1920 ou au début des années 30. La peinture de la bourgeoisie provinciale de cette époque est sans concession. Célestine est le révélateur des mesquineries, des petitesses, de la vulgarité profonde de ses patrons (de ce point de vue, le roman est encore plus féroce que le film). La domesticité dont elle fait partie ne vaut guère mieux : elle est soumise ou criminelle. Moreau, Piccoli, Géret et tous les seconds rôles sont très bons (j’aime bien Bernard Musson qui interprète le sacristain fasciste). Film à voir, mais il faut lire le livre.
Jeanne Moreau, quelle actrice ! Quelle femme charismatique. Un rôle sur mesure, celui d'une femme de chambre un peu rebelle pleine de convictions embauchée par un couple de nobles tristes et monotones. Le jour ou une petite fille est retrouvée morte, violée dans un bois voisin. Elle décide d'en faire une affaire personnelle. Excellent film. Belles images en monochrome.
Premier film que je visionne de ce réalisateur mythique et j’avoue que j’ai apprécié mai que cela n’a pas été non plus la folie. La première partie du film est vraiment bien foutu, l’arrivée en train la découverte du monde de la bourgeoisie. Cette satire faite par Luis est réussie avec ce maitre de maison obsédé sexuel, sa femme complètement maniaque et folle, son père fétichiste des pieds... on a le droit à une belle brochette. En revanche le scénario qui suit spoiler: avec le meurtre de la petite fille par le Joseph est assez peu intéressant, et ne cherche en fin de compte à montrer une seule chose, son extrémisme et son racisme. La fin en revanche est très bien trouvée avec Célestine qui finit par asservir elle-même ses domestiques. La boucle est bouclée. Passons aux acteurs et là on a du beau monde avec Jeanne Moreau et Michel Piccoli très bon. Les autres acteurs s’en sortent bien également mais bon rien d’exceptionnel!
Ce film frôle le huis clos, tant l’action se déroule dans un espace confiné. Il offre une plongée dans la vie rurale de l’époque, mais cette représentation reste quelque peu caricaturale. D’un côté, les riches : une femme bigote et frustrée, un mari un peu pervers pour combler les manques de sa femme, et un père fétichiste. De l’autre, les employés, réduits à leur condition. Un meurtre survient, mais l’enquête n’est pas le cœur du récit : c’est le cynisme ambiant, presque étouffant, qui domine. Au final, le film manque de profondeur et peine à marquer les esprits.
très intéressant et tellement moderne, féministe aussi malgré le constat sans appel... et puis Jeanne Moreau, Michel Piccoli et cet acteur moins connu mais excellent Georges Géret qui joue le s**** à merveille
On ne peut pas vraiment en retenir grand chose. C'est un film platement contemplatif comme sait, certes, si bien le dépeindre Bunuel. Un théâtre un peu écoeurant au milieu duquel Jeanne Moreau rayonne comme d'habitude. Une grande actrice que toutes les générations doivent connaître et reconnaître !
J’imagine que tout ou presque a été dit sur ce chef d’œuvre, véritable réquisitoire contre la bourgeoisie, l’armée et la religion (Bunuel a mal vécu le franquisme, on le sent et on le comprend !), sur fond de montée de l’extrême-droite dans la France de l’entre-deux guerre… où l’on conclut que les meilleurs alliés des oppresseurs sont souvent les oppressés, et que l’extrême droite est la meilleure protection des classes les plus riches… La grâce de Jeanne Moreau ne fait que sublimer cette charge virulente contre l’hypocrisie d’une caste que l’auteur fait apparaître tour à tour mesquine, oisive et perverse. Un film très politique et qui n’a rien perdu de son actualité.
Buñuel et son scénariste se servent dans le roman d´Octave Mirbeau pour dresser une brillante caricature de la bourgeoisie provinciale. Ils sont bêtes, affreux et méchants et tout est fait pour grossir les traits. On est en période pré-soixante huitarde et cela se voit. On est en droit de trouver pénibles les constantes leçons de morale que certains bourgeois adressent à d´autres bourgeois, ce qui définit une bonne part du cinéma français depuis 50 ans, mais force est de reconnaître que contrairement à nombre de cinéastes actuels, si l´on passe sur les travers idéologique d'un tel cinéma, il y a ici un véritable génie dans l'art du portrait qui semble s´être complètement perdu depuis et qui est tout simplement jubilatoire.
bunuel commence sa période francaise et signe déjà un très grand film, quel extraordinaire portrait de cette famille, de ses personnages ou la noirceur des personnalités l'emportent largement, Jeanne Moreau possède pour sa part le beau role, celle d'une femme décidée, ne pas céder aux affreux et faire éclater la verité sur le meurtre de la petite Claire.
Bunuel signe là un grand film, très pessimiste. La mise en scène, constituée de plans parfaitement dosés, est impressionnante de fluidité et donne l'impression d'une seule respiration, qui ne s'arrêtera qu'au mot "fin". L'histoire de Célestine, superbement incarnée par Jeanne Moreau, n'en est pas vraiment une. Comme le titre l'indique, nous avons plus à faire à une suite de scènes, la chronique d'une femme découvrant l'état particulièrement délabré de la société française des années 20. Et malgré tout, une cohérence se dégage, une unité s'installe, regroupant les protagonistes dans un même élan. L'aristocrate comme le paysan , sans oublier la femme de chambre, qui n'est pas toute blanche non plus, se trouvent ici réunis sous le même regard rageur du cinéaste espagnol. C'est un film sans pitié, sans concession, et indémodable, à voir absolument.
Les critiques ont beau dire que c'est un magnifique film qui dépeint une société en voie de pourrissement et tout.. et tout... Mais à la fin, on a quoi ? Quasiment rien ! L'intrigue se résume juste au titre à savoir le quotidien d'une femme de chambre. Après, on s'ennuie ferme ! Bon, les images sont très belles. C'est toujours un réel plaisir de voir ces peintures de l'époque. On comprend l'implicite du réalisateur, à dénoncer ceux qu'il déplore en présentant de façon satirique les choses (racisme, antisémitisme, extrême droit, etc) mais ça ne remplit pas un film... Jeanne Moreau est très bien mais dans son rôle, pas de doute. En plus l'intrigue est quasi inexistante mais en plus on reste sur notre faim... Bunuel use d'ellipse narrative au moment "le plus intéressant". Ainsi, un film critique implicite où on s'ennuie beaucoup. A passer
Un film sous forme d'enquête policière qui met bien en exergue la vie de ses personnages. Jeanne Moreau y est fraîche et directe. Le jeu des acteurs y est plutôt bon et le tout se suit avec grand plaisir.
Ce Luis Buñuel me plaît bien dans sa façon de concevoir la richesse d'une famille ainsi que l'impuissance totale du maître et le père de la maîtresse de maison envers la femme roublarde (la petite Célestine). L'ambiance reste froide du début à la fin, avec des dialogues tournicotant dans les avances glaciales du mâle. Que dire des voisins, plus énervés que jamais (le capitaine ne reste pas insensible à la beauté de la femme de chambre lui aussi). Et au milieu de ce duel, cette dernière va calmer la cohue générale. Le jeu de regard dévoile aussi beaucoup sur chaque personnalité et pèse littéralement sur l'histoire d'un quotidien tout compte fait bien triste, bien terne.