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Le Journal d'une femme de chambre
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Marc Taton (Belgique)
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4,0
Publiée le 5 juin 2026
À la fois une satire sociale mordante et un drame psychologique fascinant, “Le Journal d’une femme de chambre” de Luis Buñuel est une véritable petite pépite. Jeanne Moreau y livre une performance magistrale dans le rôle d’une femme de chambre à la fois froide, lucide et habilement manipulatrice. Elle utilise son charme tantôt comme une arme, tantôt comme un bouclier.
Le film dresse un tableau sans concessions de la bourgeoisie, qui en prend pour son grade. L’ambiance y est pesante et sèche, renforçant la tension qui règne tout au long de l’histoire. Les relations entre les différents personnages sont marquées par des rapports de force, une domination sociale évidente et une manipulation incessante. Ce film se révèle être un portrait sombre et réaliste de la nature humaine, invitant à la réflexion sur les dynamiques de pouvoir qui nous entourent. Un incontournable à découvrir ou redécouvrir ! 8/10
Un film sous forme d'enquête policière qui met bien en exergue la vie de ses personnages. Jeanne Moreau y est fraîche et directe. Le jeu des acteurs y est plutôt bon et le tout se suit avec grand plaisir.
Ce film frôle le huis clos, tant l’action se déroule dans un espace confiné. Il offre une plongée dans la vie rurale de l’époque, mais cette représentation reste quelque peu caricaturale. D’un côté, les riches : une femme bigote et frustrée, un mari un peu pervers pour combler les manques de sa femme, et un père fétichiste. De l’autre, les employés, réduits à leur condition. Un meurtre survient, mais l’enquête n’est pas le cœur du récit : c’est le cynisme ambiant, presque étouffant, qui domine. Au final, le film manque de profondeur et peine à marquer les esprits.
Une bonne adaptation, une tranche de vie, sur des personnages glauques, sinistres curieux. Enfin les gens et leurs tares. Manque peut-etre, une réelle chute.
Le Journal d'une femme de chambre - le sujet est excellent vis à vis de l’époque mais parfois, ça tourne en rond dans les calvaires que subit cette parisienne de caractère. Vaut un coup d'œil pour le sujet 3,1/5
Le journal d'une femme de chambre, le roman reste déjà un chef d'oeuvre. La belle lettre d'Octave Mirbeau, un style de litérature qui vient tout droit de Jean-Jacques Rousseau. Cette adaptation est réalisée par un autre grand réalisateur, Luis Bunuel, un réalisateur espagnol qui fait une partie de sa carrière à Paris. Un film en noir et blanc sorti en 1964. Jeanne Moreau joue cette fameuse femme de chambre qui s'installe dans une famille de nobles. Elle découvre cette vie de labeur à l'intérieur d'une famille aisée et bourgeoise. Le monde vue par le trou de la serrure. Un roman social. Le roman sort en 1900, mais l'histoire là se déroule en 1920, et tournée en 1963. Concernant le nationalisme exprimé dans le film, ce n'est pas le même en 1900 qu'en 1920. Vue que la grande guerre a passé par là. Mais bon. Le film tient un bon file et un bon rythme.
Le film est adapté d’un roman d’Octave Mirbeau, auteur anarchiste, dreyfusard et un peu misanthrope qui est publié en 1900. Dans le film, l’action se déroule à la fin des années 1920 ou au début des années 30. La peinture de la bourgeoisie provinciale de cette époque est sans concession. Célestine est le révélateur des mesquineries, des petitesses, de la vulgarité profonde de ses patrons (de ce point de vue, le roman est encore plus féroce que le film). La domesticité dont elle fait partie ne vaut guère mieux : elle est soumise ou criminelle. Moreau, Piccoli, Géret et tous les seconds rôles sont très bons (j’aime bien Bernard Musson qui interprète le sacristain fasciste). Film à voir, mais il faut lire le livre.
Une peinture au vitriol d’un certain milieu, la vieille bourgeoisie provinciale et son entourage, à une époque bien trouble, l’entre-deux guerres. C’est une panoplie de mesquineries, d’ignominies et de perversions, où la cupidité et les frustrations (en premier lieu sexuelles) guident les comportements. Tout cela dans un contexte imprégné de racisme, d’antisémitisme, de haine et d’intolérance. Le film est prenant et puissant, mais limité quand même par le caractère unidimensionnel de la plupart des personnages, et le manque de nuances psychologiques. Seule Célestine, la femme de chambre par laquelle nous découvrons ce monde malsain, présente une ambivalence assez mystérieuse. Venant après deux chefs d’œuvre du cinéaste, ce film n’offre que quelques touches du génie de Buñuel, comme le plan sur les escargots ou celui de la dernière scène, qui fait ressentir l’accélération de l’Histoire vers l’horreur.
Une étude de caractères humains très actuelle, bien que se passant au début des années 30, avec une Jeanne Moreau particulièrement sémillante, entourée d’acteurs très bien choisis. Amusant le côté fétichiste du père, intéressant le mari , interprété par Michel Piccoli, archi dominé par sa femme frigide et autoritaire. Certes le N&B est dommage, surtout avec de superbes paysages des Yvelines où le film a été tourné, mais le réalisateur démontre son savoir faire dans cette chronique champêtre où on ne s’ennuie pas. Seule la fin m’a parue un poil bâclée, mais bon. Rappelons que le récit est tiré d’une œuvre d’Octave Mirbeau qui était aussi un journaliste anarchiste.
très intéressant et tellement moderne, féministe aussi malgré le constat sans appel... et puis Jeanne Moreau, Michel Piccoli et cet acteur moins connu mais excellent Georges Géret qui joue le s**** à merveille
Le fimm est une peinture sans fard du monde bourgeois et des domestiques, mais aussi des organisations humaines dans leur ensemble. Dans une campagne sans eclats, tout le monde en a pour Jeanne Moreau, belle domestique qui fait tourner les tetes de ces messieurs. Le sexe féminin est la source des désirs et convoitises. Jeanne Moreau est tres a l'aise au milieu de tout ca sachant jouer a sa guise des demandes pressantes. Elle est froide et sensuelle, manipulatrice et généreuse. Les seconds rôles dont aussi tres bons, tel Michel Piccoli qui n'avait pas son pareil pour donner de l'humanité a des hommes sans qualités. Le film s'amuse de ces situations mais est surtout tres dur avec le genre humain. Pas de héros ici, et ce n'est surtout pas la guerre ,proche, qui va en donner dans une société rempli de haine.
Luis Bunuel a regroupé dans le même lieu le contenu le plus significatif du roman d'Octave Mirbeau. Il a élagué, nécessairement, mais modifié aussi, notamment le dénouement. On imagine bien, qu'au-delà des rapports entre maitres et domesticité, le visage obscène et grotesque de la bourgeoisie que peint Mirbeau rejoint l'oeuvre et les préoccupations de Bunuel. Le metteur en scène reprend à son compte, avec plus d'ironie que de véhémence, le cynisme social et la perversité sexuelle de ceux qui incarnent une classe dirigeante pas aussi convenable qu'elle voudrait l'être. Pourtant, indépendamment des incidents croustillants que produit le sujet, le lecteur de Mirbeau, bien qu'admirateur de Bunuel, regrettera peut-être de ne pas retrouver dans le film la complexité morale et psychologique de Célestine la femme de chambre, ni la noirceur et le dégoût de l'écrivain relativement à une société où maitres et serviteurs partagent la même indignité. Bunuel s'approprie le roman et épargne la fonction domestique, comme sa condition d'ailleurs, et montre des bourgeois plus amusants que sinistres dans leurs turpitudes et leurs travers. Aussi, sans aller jusqu'à parler de trahison, c'est une lecture plutôt convenue et sage que propose Bunuel, rendue inévitable sans doute par l'abandon du "je" dans la narration cinématographique.
Je vais vous dire une chose : regarder un film qui ne parvient jamais à vous intéresser est frustrant, mais, il y a encore plus frustrant : regarder un film et vous désintéresser au fur et à mesure qu'il progresse. C'est exactement ce qu'il m'est arrivé avec "Le journal d'une femme de chambre". Il y aurait bien d'autres raisons à cela mais, la principale, c'est que passée la première demie heure, le personnage de Célestine ne m'intéressait plus du tout. Et, par ricochet, toutes ses relations avec les autres personnages non plus. A mes yeux, et même s'il reprend des thèmes fétiches, c'est un Bunuel assez faible que nous avons là, ça arrive. Et j'aime autant vous dire (même si vous vous en doutez) que Jeanne Moreau, Piccoli, Georges Géret et Ivernel ont aisément su être nettement meilleurs.