La Mule
Note moyenne
4,0
12774 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

824 critiques spectateurs

5
98 critiques
4
312 critiques
3
246 critiques
2
107 critiques
1
42 critiques
0
19 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
RedArrow

1 871 abonnés 1 676 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 1 février 2019
Bien sûr, il y a l'oeuvre crépusculaire indissociable de l'homme et c'est sans doute la plus grande force de l'âme qui habite "La Mule". N'hésitant pas à faire à nouveau de son physique vieillissant une composante essentielle du film, Clint Eastwood semble se mettre à nu une ultime fois devant sa propre caméra, conscient que les faiblesses et les rides dues à son grand âge sont peut-être le moyen le plus direct d'incarner les cicatrices existentielles de son personnage Earl, un retraité fauché devenu une mule pour le compte de narcotrafiquants mexicains. À travers lui, il y a bien entendu cette idée d'une génération rendue obsolète par une société moderne avec laquelle elle ne peut plus être en phase, Earl en est d'ailleurs mis à la marge par sa faillite financière face aux avancées technologiques et prend une revanche sur elle en lui retournant ce statut d'invisibilité sociale avec son nouveau "métier", mais il y a aussi et surtout la destinée d'un homme qui a préféré la liberté que lui offrait sa renommée professionnelle au détriment de sa vie familiale.
Présentée d'emblée par une rupture définitive avec sa fille (Alison Eastwood) dont il rate volontairement le mariage, cette fuite perpétuelle vis-à-vis de l'intimité de ses proches en arriverait dangereusement à son point de non-retour s'il n'y avait pas la remise en cause d'un personnage désormais conscient du peu de temps qu'il lui reste à vivre pour réparer les dégâts. Au contraire d'un "Gran Torino" où Eastwood mêlait la question de l'âge à un dernier tour de rodéo de l'éternel redresseur de torts inséparable de son oeuvre, "La Mule", lui, se centre sur l'homme se voyant arriver aux portes de la mort avec un bilan dont il ne peut se satisfaire et qui décide d'embrasser une extrémité invraisemblable dans le simple but de se rapprocher de la part la plus importante -mais ignorée jusqu'alors- de sa vie. "La famille avant tout", ce simple mantra sera maintes fois répété comme une boussole vers la rédemption obligatoire des derniers instants d'un long-métrage peut-être encore un peu plus personnel que les autres à cause de la confusion sciemment entretenue entre la figure vieillissante devant et derrière la caméra. L'aversion pour les nouvelles technologies, un indécrottable regard bourré de clichés racistes, une langue bien pendue, la volonté de réparer le lien père/fille (une thématique redondante de la filmographie d'Eastwood), utiliser les rouages d'un monde qui ne tourne plus rond pour démontrer la nécessité d'un retour à l'essentiel... Impossible de distinguer vraiment les contours du personnage de ceux de son interprète et cela ne rend "La Mule" que plus touchant grâce à cette impression de voir un monument du septième art dans une dernière virée lardée de clins d'oeil à sa filmographie comme pour en essorer un dernier message de retour aux fondamentaux de l'existence humaine. D'ailleurs, si l'on s'en tenait à ce seul discours testimonial, on pourrait considérer "La Mule" comme une incontestable réussite... Mais il ne saurait camoufler à lui seul les facilités d'un long-métrage qui va finalement et bizarrement s'avérer des plus balisés.

On ne saurait se prononcer sur ce qui est vrai ou faux dans "La Mule" par rapport à la véritable histoire de Leo Sharp qui a inspiré Clint Eastwood mais ce qui en ressort à l'écran frise trop souvent l'invraisemblable pour être véritablement crédible. De la manière succincte dont est abordé Earl pour devenir une mule au détour d'une discussion avec un inconnu (il ne s'inquiète même pas d'une telle personne parmi l'entourage de sa petite-fille), en passant par un cartel mexicain parfois aussi bisounours qu'hyper-violent pour se saboter lui-même, jusqu'à des agents de la DEA en planque pour retrouver le pick-up d'Earl dans un motel sans penser à vérifier les plaques des véhicules garés sur le parking de l'établissement, "La Mule" passe par un lot incroyable de raccourcis pour sauvegarder le plus longtemps possible son héros des menaces extérieures avant l'aboutissement de sa quête.
Cette impression de facilité se ressent aussi par un casting qui ne prend absolument aucun risque car la plupart des interprètes du film se retrouvent dans des rôles qui leur collent déjà à la peau. Outre Clint Eastwood et ses tics indéboulonnables, Bradley Cooper devient encore une fois le pendant jeune du cinéaste par l'intermédiaire d'un personnage qui poursuit la même voie que son aîné, Michael Peňa joue une fois de plus le rôle de l'acolyte sympa, Andy Garcia se caricature en chef de cartel, Laurence Fishburne est de nouveau un chef qui approuve tous les actes de ses subordonnés in fine lors de scènes de bureau parfaitement inutiles, Clifton Collins Jr nous refait le coup de la tête brûlée incontrôlable, la redondance de Robert LaSardo et de ses multiples tatouages dans la peau d'un énième gangster mexicain en provoquerait presque l'hilarité et Dianne West en épouse blessée rappelle d'autres compositions bien plus majeures de l'actrice. Tout ce petit monde paraît se répéter dangereusement dans des personnages dont les contours sont autant connus par eux-mêmes que par les spectateurs et, même de ce point de vue, Clint Eastwood en pâtit quelque part.
On ne s'étendra pas sur le caractère polémique du personnage public mais le bonhomme en vient quand même à conforter sa vision raciste en la transformant (sous couvert de dénonciation) en solution pour sortir d'une situation inextricable face à un policier, certains y verront la revendication de sa liberté de ton mais, tel un vieil oncle aux idées bien arrêtées pendant un repas de famille, Clint Eastwood se révèle bien embarrassant sur ce plan tout comme lorsqu'il met en lumière le côté volage de son personnage en filmant des postérieurs de jeunes femmes à une soirée avec l'oeil un brin pervers de cet oncle gênant.
Et puis, surtout, le récit de "La Mule" est téléphoné de A à Z et n'offre aucune surprise dans son déroulement vers la rédemption de son héros. Comme on l'a rappelé, le portrait de Clint Eastwood qui se dessine en creux tout au long du film a beau être une force mais il repose sur un tel nombre de couleuvres à avaler dans une route à sens unique et surlignée au marqueur par ce simpliste "La famille avant tout" déjà évoqué que cela en vient finalement à étouffer toute tentative de faire jaillir une émotion bien réelle lors des derniers instants qui auraient dû être un feu d'artifice sur ce plan.
Une des ultimes phrases prononcées par la fille de Clint/Earl -"Au moins, on saura où tu es comme ça !"- sonnera d'ailleurs comme un aveu d'échec de ce point de vue au niveau l'écriture : alors qu'elle se voudrait penser comme un ultime sourire sur la relation chaotique avec son père, la réplique s'entendra plutôt comme une sorte d'absurdité cruelle et incapable de traduire toute l'ampleur des sentiments désormais apaisés que ce final voudrait nous transmettre...

L'émotion véhiculée par le regard d'un Clint Eastwood dans une de ses dernières odyssées cinématographiques est bien présente mais, si on prend le temps de dissiper le brouillard artificiel qu'elle provoque sur le long-métrage, force est de constater qu'il ne reste plus qu'un film aux ressorts bien trop faciles et loin d'être à la hauteur de l'intelligence des oeuvres les plus éminentes du cinéaste. On va maintenant espérer que "La Mule" ne représente pas son seul testament filmique car il est loin d'être à la hauteur de l'immense héritage que le metteur en scène et acteur a sans doute encore à nous transmettre.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 12 février 2019
Mr Clint Eastwood est un grand acteur. C'est aussi un grand réalisateur. Malheureusement il nous prouve avec cette oeuvre, pour rester poli, que parfois il faut savoir s'arrêter!
Il ne se passe rien pendant toute la durée du film. Et le contexte familial rajoute une colère ou une envie de pleurer de rage devant un tel navet. J'ai beau chercher si il y a une morale à cette histoire, je n'en vois pas. Je me demande ce que les spectateurs et les critiques qui encensent le film avaient bu ou fumé avant de le voir. 1h56 d'ennui, fuyez!!!!!
Ykarpathakis157

6 192 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 30 juillet 2020
Une mauvaise écriture, mise en scène et un mauvais montage. Des images de filles en bikini inutiles et gratuites. Un mec de nonante ans avec deux pros. Son maître le déteste devient son meilleur ami après un long chant à distance. S'il vous plaît. À quel point le personnage d'Andy Garcia était-il forcé. Qui lui a fourni le Prozac entre les tournages. Je ne recommande pas ce film aux fans d'Eastwood ou aux non-fans non plus d'ailleurs...
lhomme-grenouille

3 615 abonnés 3 170 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 30 janvier 2019
C’est peu dire si je ne l’attendais pas ce film… Entre les déclarations du grand Clint qui disait au lendemain de « Gran Torino » qu’il ne réapparaîtrait plus jamais devant une caméra, et de l’autre côté deux derniers films (« American Sniper » et « 15h17 pour Paris ») vraiment pas engageants, je n’étais clairement pas demandeur d’un nouveau Eastwood… Mais bon, peut-on décemment tourner le dos au réalisateur de « Million Dollar Baby », « Mystic River » et « Un monde parfait » ? Je suis donc allé la voir cette « Mule », et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce film s’impose rapidement comme un film clef dans la filmographie de l’auteur. Au-delà de toute considération formelle, on sent l’envie de livrer quelque-chose de très personnel. Difficile de ne pas faire le parallèle entre cette histoire vraie de vieux séducteur bourru qui a passé son temps à s’épanouir dans sa vie au détriment de sa famille et Clint Eastwood lui-même. Ce film est clairement un message laissé aux siens, l’implication de sa fille dans le casting le surlignant d’autant plus. Mais bon, la démarche personnelle a beau être honorable, on parle malgré tout d’un film là. Pour que l’œuvre me parle à moi, spectateur, j’ai besoin que ce mea culpa sache toucher à une certaine forme d’universalité. Sur ce point, l’ami Clint a su user de son savoir-faire légendaire. C’est propre. Efficace. Posé. Une réalisation sobre au service de son personnage central : lui-même. Beaucoup de choses reposent donc sur la qualité d’écriture du personnage d’Earl Stone et fort heureusement, Eastwood évite le trip égotique qui cherche à se justifier. Il ne s’épargne pas. Il montre ses faiblesses sans détour. Mais il sait aussi se rendre suffisamment humain et sympathique pour qu’un bon équilibre s’impose. Bref, rien à redire. Tout fonctionne comme sur des roulettes. Peut-être même trop d’ailleurs… Parce que si j’avais à faire un seul reproche à cette « Mule » ce serait bien celui-là : il est balisé du début jusqu’à la fin. Aucune surprise. On comprend très rapidement de quoi il est question et de comment les choses vont évoluer. Il n’est d’ailleurs pas rare de se retrouver avec des dialogues sans nuance qui exposent de manière explicite les intentions de l’auteur. ( spoiler: « J’ai gagné beaucoup d’argent, mais tout ça ne m’a pas permis d’acheter ce dont j’avais le plus besoin : du temps. » Mouais… Un peu plus de subtilité sur ce coup-là, ça n’aurait pas fait de mal perso…
) Alors après, est-ce vraiment un problème ? En ce qui concerne : pas tant que ça. J’aurais presque envie de dire que ça fait partie du genre. Cette « Mule » est clairement pensée, écrite et réalisée comme un classique, c’est-à-dire un film qui, certes, récite une partition connue, mais qui la récite bien, ce qui n’est jamais désagréable. Rien de transcendant donc, mais je ne vais pas non plus bouder le bon moment que j’ai passé. Après tout, au-delà de la maitrise globale de l’ouvrage il y a quand même dans ce film un testament qui se pose là. Et pas n’importe quel testament. C’est celui d’un grand bonhomme du cinéma américain. Et rien que pour cela, cette « Mule », elle vaut le déplacement… Bon après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
Bernard D.
Bernard D.

129 abonnés 613 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 5 février 2019
Après « La mule », je pense que Clint Eastwood devrait raccrocher !
Le scénario peut se résumer en quelques lignes et le sujet est traité de façon très linéaire sans réel suspens et avec une lenteur pénible. Certes c’est « bien fait » mais on retrouve les grands clichés américains spoiler: (la violence de la perquisition par la police dans un motel ; le jeune inspecteur de la police des stupéfiants pugnace mais dont le chef est coincé entre sa hiérarchie et sa volonté d’obtenir des résultats ; la remise des diplômes d’une simple école de cosmétologie avec les traditionnels coiffes des étudiants ; le chef du cartel évidemment au Mexique et dont le passe-temps est le ball-trap avec un fusil au canon doré ; l’amicale des vétérans…)
et hélas les « marottes » du cinéaste : homophobie spoiler: (« Salut, les guines » dans la scène des motos)
; xénophobie spoiler: (« Les Noirs » lors de la scène du dépannage d’une roue crevée, « Les haricots rouges au milieu d’un champ de maïs » lors d’une scène dans un snack …)
; obsession pour les valeurs de la famille spoiler: (avec après réconciliation du père qui a délaissé sa fille – évidemment prénommée Iris puisqu’il est horticulteur - une invitation pour le fameux thanks giving et une scène assez pathétique l’agonie de la femme délaissée du héros qui bien sûr se prénomme Marie qui dit « Tu as été l’amour de ma vie et ma souffrance » …)
et cette fois ci une attaque contre la technologie (internet et téléphones portables).
Je passe sous silence la fête organisée par le chef du cartel avec pleins de nanas à poil où on comprend mal qu’une simple « mule » soit invitée et également la rencontre entre la « mule » et le jeune inspecteur qui n’a même pas remarqué que sur le parking du snack il y avait un pick-up noir … pour souligner le plus pathétique à savoir que cet homme de 90 ans qui a fait pas mal de choses s’avère d’une très grande naïveté quant à l’origine des grosses sommes d’argent qu’il reçoit … ne comprenant qu’il transporte de la drogue qu’après 5 ou 6 courses ! Néanmoins il poursuit son « travail » spoiler: trouvant même des ruses pour berner la police (scène des popcorns au miel et scène du chien policier) …
tout cela pour finir dans une grande autopunition comme dans « Gran Torino » (2009) quand il se déclare « coupable » lors de son procès qui l’amène dans une prison fédérale … où - ironie du sort - il s’occupe de fleurs dont ses chers « lis d’un jour » !
Bref du Clint Eastwood typique, du bon travail avec des acteurs qui en font souvent trop (y compris la fille du réalisateur Alison qui incarne la fille du héros), du travail hélas déjà vu et revu … On est très loin de la subtilité de « Sur la route de Madison" (1995) ou de « Million dollar baby » (2005).
Dandure
Dandure

185 abonnés 205 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 janvier 2019
Attention, cet avis contient des spoilers tels que : spoiler: toi aussi, compte le nombre de Eastwood au générique.
La bande-annonce semblait promettre un thriller avec un jeu du chat et de la souris entre Clint Eastwood et Bradley Cooper. Il n'en est rien. Pour ce duel au sommet, il faudra repasser. D'ailleurs les quelques scènes entre agents des stups (Cooper et Fishburne) tournent vite en rond. "Il me faut des écoutes chef! - Ok, allez-y", "Il me faut un hélico, chef - Ok, allons-y", "Il me faut du temps, chef - Ok, faisons ça". Si le film tient dans sa durée, c'est grâce au choc désopilant des cultures entre un vieillard jovial et tête de mule et les membres criminels d'un cartel mexicain. Papy joue à GTA. Lui aussi aime l'argent facile, le luxe, les femmes et le grosse bagnoles. Toutefois, si Gran Torino montrait la révolte d'un homme, la mule, dans son confortable pick-up est un peu plus pépère. Pas de grande démonstration mais le rappel que la vie peut être douce à qui sait en profiter en bonne intelligence doublée d'une histoire de rédemption beaucoup plus intime. Car la mule est inspirée d'une histoire vraie : celle de Clint Eastwood, acteur et réalisateur plus souvent sur les plateaux que parmi les siens. Une belle façon de se faire (un peu) pardonner.
Pasthen
Pasthen

75 abonnés 1 028 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 mars 2019
Suivre la vie d'Earl Stone (basé sur une histoire vraie) sur une courte période nous en apprends beaucoup sur lui, voir ce vieil homme faire la mule pour un cartel de drogue reste surprenant. Ce drame n'est pas le meilleur film de Clint Eastwood en terme d'intensité et d'action mais son jeu proche de la perfection fait de "The Mule", un film agréable à regarder même s'il ne restera pas longtemps dans les mémoires.
Eselce

1 621 abonnés 4 240 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 mai 2019
Traque d'une mule du cartel de drogue. L'histoire est incroyable, la mule ayant 80-90 ans ! Il conduit sans lunettes et ne se fait pas contrôler. Je suis légèrement déçu quant au final dans lequel on ne sait pas vraiment ce que deviennent les autres personnages. Le déroulé est bon, mais le manque de tension est là. Le film est très tranquille, avec un rythme doux. Je passe un bon moment, tout en m'attendant à plus d'action et de suspens. Mais bien ficelé tout de même et le fait divers donnait déjà un bon scénario à la clef.
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 juin 2019
S'acheminant vers ses 90 ans qui lui entrouvrent la porte menant au record de longévité du réalisateur portugais Manuel de Oliveira mort en 2015 et encore actif à 104 ans (il réalisa 14 films après ses 89 ans), Clint Eastwood lui aussi très actif (19 films réalisés depuis l'âge de 70 ans) passe une nouvelle fois derrière la caméra mais aussi devant pour "La mule", film au ton doux-amer inspiré de la vie de Leo Sharp, vétéran de la Seconde Guerre Mondiale qui après une longue carrière d'horticulteur achevée suite à des déboires financiers s'était reconverti en "mule" pour un célèbre trafiquant de drogue mexicain. L'âge certain de Leo Sharp au moment des faits transforma le traditionnel "go fast" en "go slow" ce qui ne manqua pas de berner tous les services de police, permettant à celui devenu "El Tata" de transporter sur tout le territoire américain des quantités record de cocaïne. Ayant exactement l'âge de Leo Sharp au moment des faits, il n'en fallait pas plus pour décider Clint Eastwood à endosser le rôle d'Earl Stone, lui qui avait pourtant annoncé sa retraite d'acteur à la sortie de "Gran Torino" en 2008. C'est Nick Schenk déjà auteur du scénario de "Gran Torino" qui se charge d'adapter cette histoire tout à la fois cocasse et sordide à partir d'un article paru dans le New York Time Magazine. Le résultat plutôt fidèle à la réalité des faits bénéficie bien sûr de l'œil acéré d'Eastwood qui amène à lui le personnage pour mettre en relief l'insatiable envie de vivre qui habite l'ancien G.I malgré les vicissitudes d'une vie l'ayant vu ruiner ses relations familiales et sentimentales pour n'avoir jamais penser qu'à lui et qui le voit désormais convoyer de la drogue afin d'expier son parcours égotique en commettant quelques bonnes actions grâce à de l'argent sale qui contribue à envoyer des flopées de gamins vers l'enfer de la drogue . Ce dernier aspect est largement éludé par le scénario pour laisser place à l'exploitation facile mais aussi très habile de l'amusement né du décalage entre le vieillard inoffensif et les trafiquants bluffés par les exploits d'El Tata qui déjoue le plus naïvement du monde tous les pièges censés lui barrer la route. Plutôt crépusculaire dans les derniers rôles titres qu'il nous à offerts de "La dernière cible" (1986) à "Gran Torino" en passant par "Impitoyable" (1992) et "Million Dollar Baby" (2004), Eastwood se veut ici résolument optimiste et un brin goguenard, n'hésitant pas à s'auto-parodier en surplombant avec un recul certain son imposante filmographie qui le classe désormais dans le clan des réalisateurs mais aussi des acteurs les plus importants de son temps. Nul doute que la décision de Leo Sharp une fois arrêté d'assumer son sort plutôt que de laisser ses avocats plaider la sénilité de leur client a fortement aidé Eastwood à entrer en empathie avec le personnage. Cette symbiose se ressent à l'écran à travers la photographie aux tons chauds d'Yves Bélanger et les dialogues souvent caustiques mis dans la bouche d'Earl Stone. Cela suffit grandement à notre bonheur même si "La Mule" plutôt consensuel et prévisible n'est pas à classer parmi les réussites majeures du réalisateur (Breezy", "Josey Wales hors-la-loi", "Bronco Billy", "Pale Rider", "Impitoyable", "Sur la route de Madison", "Million Dollar Baby") qui compte désormais 39 films à son compteur. Soyons sûrs qu'il a encore d'autres choses à nous dire.
Benito G

760 abonnés 3 167 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 avril 2019
Clint E. Nous offre une nouvelle bonne surprise ou il produit tout en passant devant la caméra dans cette autobiographie teinté sur son petit côté thriller. Mais nous surprend une fois de plus. Un road movie dramatique surprenant par sa justesse et son émotion réalisé sans en faire trop. On avance en même temps que la reconversion de l horticulteur, quelques traits d humour fait à mon avis inconsciemment. Mais rendant le tout plus crédible que les films traitant généralement de ce sujet certains s attendaient à un truc un peu plus punch et d autres attentes... Mais cela reste du Clint E. Et on sent la patte du réal. Pour le reste, on pas dans un film d action mais une autobiographie tirant sur le côté dramatique. Donc à partir de cela, on a ce qui est annoncé. Le rythme linéaire est assez constant et peut être pour certains un peu lent. Mais il pose les bases, le déroulement et mets cela en scène de façon la plus crédible possible. Et pour cela le rouage fonctionne. Quant au dénouement final, plausible en soit. Restant ainsi sur une fin de page réalisé et maîtrisé par un Grand !!
romano31

321 abonnés 1 543 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 janvier 2019
Quel plaisir de retrouver Clint Eastwood devant ET derrière la caméra ! Cela ne lui était plus arrivé depuis Gran Torino en 2009. Avec La Mule, il livre un film passionnant inspiré de la vie de Leo Sharp, ancien militaire américain qui, à la suite de problèmes financiers, devient passeur de drogues pour un cartel mexicain. Clint Eastwood livre une interprétation sans faille, tout en intensité et en retenu. Sa réalisation est au millimètre et il est épaulé par un excellent casting (Bradley Cooper, Michael Pena, Andy Garcia, Taissa Farmiga et Laurence Fishburne). La Mule est un super film, très plaisant à suivre comme seul Clint Eastwood sait les faire.
Fabien D
Fabien D

216 abonnés 1 270 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 janvier 2019
Après des derniers films plus inégaux, La mule se présente comme le retour en grâce d'un cinéaste que l'on avait trop vite enterré. Ce voyage au cœur de l'Amérique utilise le thème de la cavale policière pour parler de la famille, de l'amour et du pouvoir. Des thèmes généraux mais qu'Eastwood transcende grâce à une mise en scène aussi sobre qu'efficace, des interprètes talentueux, lui-même en tête, et un vrai sens du mélodrame. La mule est un film subtil, jamais manichéen, plein d'humour et parfaitement structuré. Itératif mais jamais ennuyeux, ce film se rapproche davantage de Gran torino et d'un monde parfait que d'invictus et d'au-delà. C'est un grand Eastwood, une magnifique ballade, un road movie solaire et incarné. Excellent !
btravis1
btravis1

127 abonnés 529 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 février 2019
Le film démontre une nouvelle fois tout le talent de Clint Eastwood pour mettre en scène des histoires. Celle-ci n'est pas forcément la plus intéressante et pourtant ! Je pense que si Clint ne jouait pas le rôle du personnage principal, le film n'aurait pas aussi bien fonctionné, car sa prestation, son allure, son charisme arrivent à donner au personnage une certaine sympathie que clairement le rôle ne lui donne pas. Après le scénario n'est pas toujours très crédible, les différentes courses sont parfois redondantes mais au final on passe un bon moment.
ogerardin
ogerardin

17 abonnés 176 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 janvier 2019
Est ce que le cinéma serait tout à fait le cinéma sans Clint Eastwood. Ce dernier nous montre encore son immense talent de comédien réalisateur. Il a trouvé un scénario pas banal du tout. Il interprète avec brio et humour ce rôle de papy hors la loi. De beaux paysages, de l'émotion, de l'humour Clint Eastwood a encore du répondant face à ces jeunots aux gros muscles et armés jusqu'aux dents. Quel film!!!!!
Hammerstorm
Hammerstorm

86 abonnés 601 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 juin 2019
Dernier film en date de Clint Eastwood, La Mule marque le retour de l'acteur après plusieurs années d'absence devant la caméra. Autant le dire, la Mule est un chef d'oeuvre. On retrouve un Clint au sommet de son art avec un style proche de ce qu'on a pu avoir dans Gran Torino. La réalisation est parfaite, les acteurs le sont également. On a des moments dramatiques qui sont suivis de moments d'humour comme on a l'habitude d'en voir chez Clint. La mise en scène est excellente, on ne s'ennuie pas 2 secondes. La bande-son est également de très bonne facture. Il n'y a rien à jeter, ce film est juste parfait. Largement un des meilleurs films de l'année.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse