Pour moi cet excellent Kore Eda, mérite bien sa palme d'or…..Cette famille recomposée autour d'un petit truand, avec une grand mère très observatrice de son entourage et des enfants aussi beaux que touchants nous fait traverser un grand éventail d'émotions….Fait de courtes scènes admirablement cadrées et éclairées, bercé par une musique douce et d'une sensibilité régénératrice, le film finit par emporter le spectateur même indécis dans une sorte de rêve sentimental et dans une quête d'amour familial, ( le petit garçon et la petite fille sont magnifiques) voire fraternelle au sens large….La technique étant souvent parfaite, l'histoire révèle beaucoup d'émotions au sens humain…..Je conseille évidemment cette affaire de famille plutôt douce et poétique….
Contrairement aux précédents films de Kore-Eda(Tel père tel fils, Notre petite sœur..etc) celui ci est confus et très lent. 2h01 pour montrer la vie quotidienne de pickpockets dont le passé est obscur, ce n'est pas assez pour faire un bon film...
Après avoir vu thé Third Murder et ses scènes de parloir interminables du même réalisateur, je ne comptais pas forcément me replonger dans un autre de ces films. C'était non sans compter sur le fait qu'il reçoive la palme d'or, assez méritée il faut le dire. Ce long métrage est très bien écrit, longtemps que je n'avais pas vu une telle qualité de scénario ! C'est un film qui prend le temps d'exposer cette famille qui nous semble alors, au fil des révélations de plus en plus secrète. On passe par des sentiments de sympathie et d'antipathie pour ces personnages, ils nous disent comme ils passent au travers les mailles des filets de la justice, parfois même de la bienséance ou du respect des mœurs. Malgré toute attentes, c'est aussi un film souvent drôle, autant qu'il est tragique. Les personnages sont bavards, mais jamais pour en dire trop, les décors sont en bazard, mais on ne se perd jamais dans l'ennuie. Ce film est très virtuose, très fin par sa mise en scène et son montage. Il me réconcilié avec le cinéma asiatique, qui m'avait un peu perdu en ce moment !
Décevant et surtout ennuyeux. Palme d'or au Festival de Cannes ? Je ne comprends pas. Je comprends encore moins les personnes ou les critiques qui ont qualifié certaines scènes de drôles. Pour moi c'est tragique et glauque du début à la fin, avec beaucoup de cynisme de la part de certains personnages. J'ai fait un gros effort pour rester jusqu'à la fin, qui évidemment ne résout rien et nous laisse un sentiment d'inachevé. Ne parlant pas japonais, je me suis demandée si les sous-titres n'étaient pas la cause de mon désenchantement. Peut-être ne traduisent-ils pas exactement les mots des personnages ? Bref, le film n'était pas pour moi.
Fait on du bon cinema avec de bons sentiments? Non. Oui ce film est sympathique, oui les comediens sont bons, surtout les 2 jeunes enfants, oui les personnages nous ravissent....encore que les pseudo parents soient plus roublards que sinceres. Alors? Alors le scenario est un peu improbable, les ficelles un peu grosses, la fin un peu melo et facile. Etalee sur deux heures cette histoire se traine. On a vu un film plutôt agreable mais pas une palme d'or!
Film d'une poésie rare qui pose avec subtilité la question des liens familiaux, entre consentement et acceptation forcée. Si les spectateurs occidentaux sont avant-tout touchés par la beauté des images et la délicatesse de la mise-en-scène, il faut imaginer à quel point ce film a dû faire l'effet d'une petite bombe dans la société nippone. Il montre une famille qui brise tous les tabous, vit à l'écart du monde, se nourrit de petit larcins, ne respecte pas les règles collectives et ose dénoncer l'hyper-sacralisation des liens familiaux dans le Japon contemporain. C'est une violence douce, un brûlot politique porté par un sourire, d'autant qu'Hirokazu Kore-Eda a une façon de filmer si gracieuse qu'il embellit tous ses personnages. Un petit bijou d'Art et d'humanité.
Un film agréable mais peut-être un peu long parce que finalement il ne se passe Grand chose. On a presque affaire à huit clos, et l'histoire se met en place petit à petit, tournant autour de cette petite habitation partagée par les personnages dont on se dit bien qu'ils ne sont pas réellement une vraie famille, et la petite fille "perdue" se rajoutant au quintuor nous le rappelle. Les comédiens sont épatants, plusieurs étaient déjà présents dans les autres films du cinéaste. Un bon film mais qui à mon avis ne méritait pas la palme.
Une famille unique, dépeinte en plusieurs couches, avec humour, sensibilité et lucidité. Faire tomber les faux semblants et la morale, pour décrire les liens humains dans leur force et simplicité. Des acteurs magnifiques qui font vivre ce chef d’œuvre.
Film touchant et émouvant. Malgré la noirceur de ce qu'il montre ce film contient aussi énormément d'humanité. Y compris celle qui est symbolisée par cette famille de composition, totalement hors normes. Elle est aussi celle qui s'avère malgré tout plus aimante que le monde faussement bien ordonné du Japon moderne.
La réalisation annuelle d'Hirokazu Kore-Eda sur son sujet de prédilection: la famille, la fratrie. Etrange fratrie, cette fois ci.... étrange famille, mais dont nous ne percevrons vraiment la complexité, avec tout ce qu'elle peut avoir de noir, que dans la dernière partie du film. Est ce parce qu'il est plus trouble, plus dérangeant, moins linéaire que les précédents que ce film a eu un plus grand retentissement international?
C'est une fausse famille habitant dans un taudis incroyablement bordellique, glacial l'hiver et fournaise l'été. On est en fait chez Mamie (Kiki Kirin), chassée de chez elle par l"autre femme" qui lui a piqué son mari, et dont la retraite assure l'essentiel de l'ordinaire; il y a une jeune fille, Aki, qui travaille dans un peep-show et qui semble être liée à Mamie par quelques liens d'affection (Mayu Matsukoa); une sorte de couple dont la femme, Nobuyo, est ouvrière (Sakura Andô); mais en fait tout ce petit monde vit essentiellement de vol à l'étalage -franchement, au Japon ça a l'air trop facile! sous la houlette de Papa, Osamu (Lily Franky), qui s'y entend en particulier pour faire oeuvrer les enfants. A Shota (Kairi Jyo), qu'ils ont recueilli mais qui refuse d'appeler Osamu "papa", vient se joindre l'adorable Juri (Miyu Sasaki). Cette petite fille de quatre ou cinq ans, ils la trouvent dans la rue; enfant non désirée d'un couple plutôt bourgeois mais qui se déchire, elle est pleine de bleus. Même si Shota n'a pas du tout envie d'une petite soeur, ils vont la garder et elle va trouver sa place dans cette tribu hétéroclite où règne toujours une sorte de chaleur et de bonne humeur, et puis voler sans se faire prendre, elle trouve ça vraiment rigolo.... Bien sûr, ça va finir par se gâter, sinon il n'y aurait pas de film.
Qu'a voulu dire Kore-Eda? Qu'il n'y a de vraie famille que celle qu'on se choisit? Non, ce serait trop simple, car on comprend bien à la fin qu'il n'y a aucune réelle affection entre ses membres, sauf peut être (et encore!) celle que le couple stérile, Nobuyo et Osamu pourrait avoir pour les enfants. La signification du film est donc extrêmement ambigüe.... et, si on ajoute le fait que la première partie est vraiment trop longue et finit presque par être ennuyeuse, Une affaire de famille n'est pas, et de loin! mon Kore-Eda préféré!
Kore-Eda fait partie des plus grands metteurs en scènes vivants, son talent de cinéaste est indiscutable et ‘’Notre petite sœur’’ fut mon film préféré vu en 2016. Je n’ai rien ressenti de comparable à la vision de ‘’Une affaire de famille’’, je m’y suis fort ennuyé malgré la parfaite mise en scène et la grande humanité de certains plans. Quelle idée de départ a t-il eut de prendre le tissu familial comme sujet et de nous montrer ce groupe de personnes n’ayant comme but que de survivre et comme liens des délits, mais pas des moindres? Qu’y a t il de plus dangereux pour une société que le vol et de plus grave que le crime ? Le regard porté sur l’enfance est faussé au profit d’un film, c’est pour moi inacceptable sur un tel sujet. J’espérais un peu de poésie débouchant sur l’espoir, je n’ai senti au final qu’un grand vide qui pousse même Shota à prendre un risque insensé. C’est pour moi un film inutile , triste et qui n’apporte aucun plaisir sur l’instant et ne donne aucune solution pour protéger les enfants. Koré Eda ce grand humaniste à choisit un scénario à contre emploi de son grand talent.
Le cinéma de Kore-eda se caractérise par un faux-air de simplicité, mais à force de voir ce grand explorateur des liens familiaux, nous parler de filiation, de parentalité, de vie familiale, le spectateur ne peut que tomber sous le charme et admirer la justesse de ses scénarios et de la puissance de sa mise en scène. Le titre original parle d'une famille de chapardeurs, ce qui n'est pas du tout bien vu au Japon. Demandez à C. Ghosn ce qu'il en pense actuellement! Le titre français souligne différemment l'exploration du "sentiment de famille" qui prédomine dans cette tribu puzzle et lui donne une dose de cohésion dans la misère. Indubitablement, la marginalité de la tribu rappelle les exclus des films de Ken Loach. L'irremplaçable grand-mère est jouée par Kiki Kirin. Osamu Shibita, qui joue le père, trimbale sa nonchalance roublarde et éduque son fils Shato à sa manière:"ce qui se trouve dans les magasins n'appartient à personne "!! La deuxième moitié de l'histoire tourne au sordide, sans montrer directement aucune violence ni excès de voyeurisme. La pluie ne manque pas de tomber à un moment ou un autre, comme chez Kurosawa. Elle n'arrivera pas laver la crasse du quart-monde japonais, invisible au yeux des autorités. La reprise en main finale n'augure pas d'ailleurs que la vie soit redevenue meilleure parce que "normale". A coup sur, chez Kore-eda filmer la famille, c'est son affaire! Dépourvu d' effets faciles, il peut dérouter voire ennuyer par sa banalité, soyez attentif comme lui, au cœur qui bat sous la carapace individuelle que chaque être humain en difficulté enfile pour se protéger. Cinéma 1 - Décembre 2018
Une vraie belle Palme. On peut rapprocher ce film de Capharnaüm et ça n'est pas à l'avantage de Nadine Labaki. Là où Capharnaüm n'est que misérabilisme, lourdeur, clou enfoncé jusqu'à l'overdose, Une affaire de famille est subtil, intelligent, lumineux. Il est surtout totalement universel et intemporel avec ses thèmes si bien traités : qu'est-ce qu'une famille ? comment devient-on mère ? la maltraitance commence et finit où ? Le film se déroule parfaitement avec des révélations qui viennent sans coup de tonnerre, sans effet appuyé. On est en admiration devant le personnage de la mère, une femme plus que modeste, sans éducation, mais qui fait toujours les bons choix, qui aime profondément. On est saisi devant l'universalité du paraître qui fait que la police donne le bon dieu sans confession à un jeune couple tortionnaires mais bien sous tout rapport. La mise en scène est impeccable, efficace, intelligente mais jamais appuyée. Les acteurs sont tous excellents. Vraiment le genre de film qui mérite amplement une Palme.
une vraie pépite ca monte crescendo, au début je me suis dit bon un film sur des enfants pauvres en galère j'ai déja vu ca (knobody knows) mais ce film est beaucoup plus profond sur l'affection, sur "qu'est ce qu'une famille, ou un parent", y'a universalisme sur ce sujet que j'ai pas vu ailleurs c'est beau et triste à la fois, sans être manichéen des scènes ultra banales dans leur réalisation mais pour autant magiques, celle ou la mère brule l'ancienne robe de yuri tout en la serrant dans ses bras, toutes les scènes avec la mamie, la fin avec le père qui court après shota... c'est filmant de manière joyeuse, tout en étant très triste magnifique