"Emprise !"
Si “Speak No Evil” nous apprend bien une chose, c’est qu’il ne faut jamais au grand jamais se lier d’amitié avec une mec portant un maillot de bain bariolé sous une chemise hawaïenne ! Cette mésaventure est pourtant arrivée au trio formé par Louise, la maman (Mackenzie Davis), Ben, le papa (Scoot McNairy) et Agnès Dalton, la fifille (Alix West Lefler). Cette gentille famille américaine exilée à Londres - de passage en Italie en villégiature - s’était donnée comme mission, de passer des vacances paisibles - en mode misanthropie - dans des paysages toscans idylliques. Mais c’était sans compter sur le truculent, envahissant et non moins brut de décoffrage Paddy (James McAvoy). Celui-ci, accompagné de sa chérie Ciara (Aisling Franciosi) et de leur fils Ant (Dan Hough) vont sympathiser avec les Dalton, jusqu’à les inviter dans leur demeure irlandaise. Tout irait pour le mieux, si nous n'étions pas dans une production Blumhouse. Oui, mais voilà, le studio américain dont la marque de fabrique et l’horreur et le fantastique pour teenagers (mais pas toujours, la preuve en est ici), a décidé de remaker une petite production danoise - que pas grand monde n’a vue - datant de 2022 intitulée “Speak No Evil”. Les esprits chafouins se diront avec la prudence qui est de mise : “Encore un remake à la sauce étasunienne !”. Factuellement, c’est vrai, mais l’expérience US est plutôt réussie (avis perso), en partie grâce au jeu azimuté, à la fois doux et bestial d’un James McAvoy (“Split”, “Glass”), en roue libre qui, au fil de ses rôles, a fait de la schizophrénie, un art ! “Speak No Evil” n'apporte pourtant aucune folie nouvelle que les cinéphiles avertis n’ont pas déjà vu, mais reste que le long-métrage sait délayer sa dose de malaise avec la régularité d’un métronome. Dans la forme, cela change de toutes ces productions énervées aux prologues prometteurs, mais qui, au final, retombent comme des soufflets. Pour l’heure, on sait pertinemment où le réalisateur James Watkins (“Eden Lake”) veut nous mener et pour autant, le piège se referme implacablement…
Dans sa chanson “C’est dit”, Calogero nous enjoint à penser que l’on est riche que de ses amis ! OK, mais après le visionnage de “Speak No Evil”, on se dit que la pauvreté, ça a du bon aussi !