Côté thriller, rien à redire. Le film est bien réalisé, l’ambiance est pesante, malsaine, et tient en haleine du début à la fin. Les acteurs sont excellents, la tension monte progressivement. Même si le scénario reste assez prévisible, on peut dire que le film réussit ce qu’il entreprend sur le plan purement cinématographique.
Mais venons-en au fond idéologique, et là, les choses se gâtent.
Le shema est clair et appuyé :
– L’héroïne, citadine, végétarienne, forte, indépendante,
– Son compagnon ? Inutile, passif, complètement dominé, au physique chétif, même face au danger. Aucun salut ne vient de lui, sa femme s’en charge.
– En face, l’antagoniste : homme rural, viril, musclé, chasseur, amateur de viande. Violent, brutal.
– Sa femme à lui ?
Pas vraiment méchante, juste soumise, victime du vilain mâle alpha.
Le message est limpide :
L’homme moderne est faible, incapable, inutile. Il doit se reposer sur la femme.
L’homme viril est forcément dangereux, à éviter.
La femme est forte, courageuse, ou alors victime, jamais responsable.
La ruralité est menaçante, pleine de sauvages à fuir.
Et pour enfoncer le clou, on termine avec les enfants :
– La petite fille sauve la situation,
– Le petit garçon devient un tueur.
La relève est assurée.
Je n’ai rien contre un peu de progressisme dans un film, tant que c’est subtil. Mais là, le message est lourd, unilatéral, presque caricatural. Je voulais regarder un thriller, pas me faire servir une leçon politique de 120 minutes.