Grâce à Dieu
Note moyenne
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490 critiques spectateurs

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Chris58640
Chris58640

261 abonnés 835 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 février 2019
Le film de François Ozon a été précédé d’une belle polémique, certains mis en cause dans le film considérant que leur présomption d’innocence était mise à mal par le cinéma. Après la séance, on se dit que ces gens, évoqués dans le film, devraient plutôt faire profil bas en attendant que la Justice s’occupe enfin de leur cas, plutôt que d’attirer l’attention sur un film à qui, au bout du compte, ils auront fait une belle publicité. J’ai déjà eu l’occasion d’écrire que je n’étais pas très fan du cinéma de François Ozon d’une manière générale. Sans trop pouvoir dire pourquoi, j’ai toujours finit par m’ennuyer devant ses films, ils sont long, le rythme est lent, ils ne m’ont jamais passionné. Je dirais qu’avec » Grâce à Dieu », Ozon propose un de ses meilleur film malgré tout. Alors bien-sur, il est (trop) long, 2h20 et il a un démarrage terriblement poussif. Les 20 premières minutes, à base de voix off s’échangeant des courriers ou des mails bien polis (un joli dialogue de sourd au passage) sont interminables. Le film ne prenant son envol qu’avec l’arrivée du personnage de François, plus tranché, plus incisif. En fait, François Ozon découpe sagement son film en 3 partie bien égales : d’abord Alexandre, le catho pratiquant bien sous tout rapport, grande bourgeoisie, bien poli, bien respectueux, puis François le type moins bourgeois, plus entier, plus jusqu’au boutiste aussi (au point d’être contre-productif) pour finir par le plus cabossé, Emmanuel, le prolo mal dans sa peau. Il y a dans cette forme bien cadrée une volonté, celle de montrer que les victimes sont très diverses, que leurs histoires sont différentes, mais avait-il besoin de le faire cette façon, façon « petit a », « petit b » et « petit c », de moins en moins riche, de moins en moins croyant, de plus en plus abimé ? Du coup, son film ressemble à une dissertation avec en guise de conclusion, la conférence de presse désastreuse de Barbarin, qui lâche la phrase terrible « Grâce à Dieu, ces faits sont prescrits », comme quoi il n’y a pas que les lapsus qui sont révélateurs, les phrases malheureuses aussi. Même si on ne s’ennui pas vraiment, « Grâce à Dieu » semble sur le point de se perdre en route au bout d’un moment. Accompagné d’une musique un peu transparente, avec un cheminement chronologique (juste agrémenté de flash back chez les scouts, toujours allusifs mais heureusement jamais graveleux), dans sa forme le film de François Ozon est sobre au point d’apparaître austère. Le casting du film est tout à fait pertinent, qu’il s’agisse de Denis Ménochet, Swan Arlaut ou Melvil Poupaud, il n’y a rien à redire à leur performance. Leur personnage sont parfois à la limite de la caricature, mais sans jamais franchir le rubicond. Les seconds rôles sont eux aussi fort bien tenus, que ce soit par Eric Caravaca, Hélène Vincent, Josiane Balasko ou même Bernard Verley en père Preynat. Sa scène de confrontation avec Swan Arlaut, où il persiste à le tutoyer et à lui sourire comme s’ils étaient toujours chez les scouts met terriblement mal à l’aise. Le scénario de « Grâce à Dieu » met l’accent moins sur la pédophilie de Preynat que sur l’attitude de la hiérarchie ecclésiastique, j’imagine que c’est sans doute là que le bas blesse pour les détracteurs du film. La culpabilité du prêtre, le traumatisme des victimes (la scène du boulanger), la difficulté à libérer la parole, tout cela est clairement exposé et sans ambigüité. En revanche, l’attitude de Barbarin, de son prédécesseur à Lyon, de sa collaboratrice sont d’une ambigüité totale, permanente. On leur parle « victime », « crimes », « justice » et ils répondent « compassion », « foi », « pardon », ils sont dans leur logique jusqu’à l’aveuglement, et cela s’apparente, de l’extérieur, à de la lâcheté pure et simple. Ce qui m’a le plus intéressé dans le scénario d’Ozon, c’est l’attitude contrastée des parents des victimes, des frères, des enfants, des conjoints. Dans la famille d’Alexandre ce sont ses parents, très tradis, qui refusent de voir, qui refusent d’entendre, qui ne veulent rien savoir. Dans celle de François, c’est son frère ainé qui vit cette affaire comme une agression (il se sent surement coupable sans trouver les mots pour le dire) alors que ses parents essaient de racheter aujourd’hui leur apathie de l’époque. Dans le cas d’Emmanuel, c’est son père qui ne parvient pas à se sentir concerné. Là encore, Ozon semble tenir à explorer tout le panel des réactions possible (indifférents, gênés, coupables, exaspérés…) chez les proches. Même si certaines scènes en famille sont pertinentes et même fortes, il y a dans cette démarche un côté appliqué et scolaire qui fonctionne mal et qui dessert un petit peu son propos. Reste qu’il est indéniable qu’avec son film, François Ozon s’est attaqué à un sujet difficile, que son propos est mesuré mais somme toute courageux et que malgré ses défauts, « Grâce à Dieu » à le mérite d’exister et d’appuyer là où ça fait mal.
L_huitre
L_huitre

101 abonnés 373 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 février 2019
Emouvant au point que les larmes me sont venue aux yeux devant le personnage d'Emmanuel. Une victime en révolte qui tourne comme un fauve en cage. Une des victimes de ce prêtre pédophile lyonnais qui a sévi plusieurs décennies sans susciter de réactions appropriées de l'église. Alors quelques-unes de ses victimes ont fini par se réunir en association pour l'attaquer en justice et dénoncer l'inqualifiable, à savoir le mal incarné chez un prêtre censé apporter le bien et communiquer la parole de l'évangile. François Ozon s'attaque à un sujet douloureux avec "Grâce à Dieu". Mais Dieu Merci, il le fait avec une humanité, une honnêteté et une subtilité qui l'honorent. Point de généralisation hâtive, pas d'envie de casser une institution, de lyncher des curés.... Ozon ne fait que dénoncer. Il raconte juste les souffrances des victimes pour faire éclater la vérité. Même le prêtre pédophile paraît être un homme malade, victime de ses pulsions et pas trop mauvais bougre dans le fond. Cette absence de manichéisme - étonnante dans notre époque noir et blanche qui adore clouer au pilori - rend le propos plus profond. Une approche tout en nuances, à l'image des courriers échangés entre les protagonistes, et lus en voix off en début du film. Certes, cela peut donner l'impression de mettre le film sur un registre "documentaire". Mais, sans ce contexte, la charge contre l'Eglise n'aurait pas la même puissance. Sans ce contexte, la révolte vingt ans après les faits de jeunes garçons devenus adultes serait difficile à comprendre. Ozon a construit son film avec le canevas imposé de la réalité, loin des fantasmes de scénario inventés. Mais il a trouvé le ton juste pour parler de chacun : Alexandre, le toujours croyant, qui veut préserver les générations à venir ; François le révolté qui rejette tout le barda et veut se payer tous ces faux-jetons de curés ; Emmanuel enfin qui retrouve sa dignité et une raison d'exister dans ce combat qu'il n'a dans un premier temps pas voulu. Par ce délicat jeu d'acteurs, "Grâce à Dieu" est bien un film. Un très bon même, de ceux qui vous marquent et qui suscitent le débat plusieurs heures après la sortie de salle. Sans la moindre invective, sans la fureur déchaînée des débats sur les réseaux sociaux. "Grâce à Dieu" est une météorite bienveillante, tout en débusquant le mal où il se cache. Une telle honnêteté mérite 5 étoiles. Pas moins...
SuperJS
SuperJS

50 abonnés 244 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 février 2019
Ce film a le mérite de mettre en lumière toute la difficulté des victimes à se reconstruire et à lutter pour faire reconnaître la culpabilité de ces gens d’Eglise qui savaient mais ont préféré ne rien dire ou faire. Formidable jeu des acteurs. Édifiant. A voir.
patosud26
patosud26

120 abonnés 240 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 février 2019
Grâce à Dieu est un film important, et même indispensable de part son sujet. Il est violent, car il dénonce une réalité tellement répugnante qu'elle en est malheureusement taboue. Il est indispensable, justement parce qu'il lève ce tabou, en mettant des mots sur les actes et des noms sur ceux qui les ont commis et sur ceux qui les ont subits. Dans ce film, on apprend beaucoup de choses, sur les réactions des familles, qui parfois peuvent être aussi violentes que les actes de pédophilie, et même sur le désir du prêtre de vouloir être écarté des enfants, car il connaît son penchant. C'est horrible de ce dire qu'il savait, qu'il a prévenu sa hiérarchie, que tout ça aurait pu être évité, mais que, ses supérieurs ne jugeant sans doute pas les actes pédophiles suffisamment traumatisant pour protéger les enfants, n'ont rien fait. Alors, maintenant, est-ce que c'est un bon film ? Oui, parce qu'il n'est pas larmoyant, parce qu'il est sobre et pudique, tout en mettant de mots sur les actes et parce qu'on apprend des choses. Même si ce n'est pas un documentaire, il en fait presque office. C'est un film à voir pour ouvrir les yeux, car la pédophilie est malheureusement présente ailleurs que dans l'église et que là aussi, elle est totalement taboue. Si le film peut en plus permettre de délier les langues de toutes les victimes que les actes aient eu lieu dans les familles, le sport ou la culture..... Ça serait la meilleure des récompenses.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 24 février 2019
"Grâce à Dieu" n'est pas seulement un film passionnant, permettant d'appréhender le drame de l'Eglise gangrenée par la pédophilie. C'est aussi l'émouvante histoire de la création d'une association de gens de différents milieux, frères humains liés par un même crime envers chacun d'eux.
Très loin de la caricature, François Ozon signe une oeuvre absolument nécessaire, également portée par un casting remarquable.
LeMagduCiné
LeMagduCiné

72 abonnés 626 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 février 2019
Grâce à dieu de François Ozon, est une oeuvre passionnante, riche, qui ne cesse de chercher la lumière dans la pénombre du mal. En pleine période MeToo et des agissements de la Ligue du Lol, le film d’Ozon sonne comme un magnifique plaidoyer à la prise de parole des victimes face au silence et à leur unité derrière l’omerta d’une société parfois aveuglée par ses moeurs et sa peur de sortir des rangs. (Lire la critique sur le site

Sébastien Guilhermet
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 24 février 2019
Remarquable film, joué et filmé avec tact et qui porte bien les différentes souffrances des victimes . C’est efficace et servi par des acteurs très justes. Une réalisation parfaite. Et pourtant le sujet est difficile.
maguaguas
maguaguas

9 abonnés 192 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 24 février 2019
Mon Dieu que c'est long, plat et sans émotion ! Pour un sujet terriblement d'actualité, on ne ressent aucune émotion, peu d'empathie pour les victimes. Seuls Swann et Denis tirent leur épingle du jeu. Vraiment dommage d'avoir traité ce sujet si grave avec si peu d'energie !
Gwen R
Gwen R

55 abonnés 583 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 février 2019
C'est quand même gênant de voir un film condamné un homme alors qu'il est présumé innocent comme cela est dit à la fin du film. Certes les preuves sont là mais cela interroge sur la volonté de Ozon: surfer sur l'actu? faire pression sur la justice? Le film a le mérite de montrer comment les victimes peuvent se reconstruire et comment cette reconstruction affecte les proches.
rogerwaters
rogerwaters

170 abonnés 1 089 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 février 2019
François Ozon se livre ici à la réalisation d’un film dossier qui s’attache aux pas de trois cas particuliers que l’on suit tour à tour. On commence par le personnage incarné par Melvil Poupaud, homme qui a réussi à construire une existence équilibrée, et qui demeure au sein de l’Eglise malgré tout ce qui lui est arrivé. Puis, le personnage incarné par Denis Ménochet vient montrer ici une autre approche de la dénonciation, celle de quelqu’un qui tient à médiatiser l’affaire et qui est d’ailleurs soutenu par sa famille (sauf son frère). Enfin, Swann Arlaud endosse le cas le plus lourd et pousse le film vers une émotion encore plus forte. L’ensemble est peut-être un peu trop scolaire dans sa construction, mais cela évite l’ennui de s’installer, le montage permettant de faire passer les deux heures vingt minutes comme une lettre à la poste. Bien entendu, l’horreur du sujet est traité avec tact et sans voyeurisme déplacé, tandis que les responsables de l’Eglise en prennent pour leur grade, mais c’est le moins que l’on puisse faire vis-à-vis de ces gens. Bref, il s’agit surtout d’une œuvre d’utilité publique.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 24 février 2019
Le piège était de tomber dans l'émotion, la caricature, le "tous coupables". François Ozon produit un film tout en finesse et en retenue. Il arrive à maintenir l'histoire dans le diocèse de Lyon tout en dénonçant le silence de l'institution. A aucun moment, on ne tombe dans l'anticléricalisme et il ne cherche pas à "casser du curé". J'ai découvert l'histoire de ces hommes grâce au film. Ce sont des héros parce qu'ils ont parlé. "Grâce à Dieu" est un grand film.
Dilou Papy
Dilou Papy

8 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 février 2019
Superbe, authentique, très émouvant, pudique ; suscite un peu de spoiler: dégoût
face au silence. L'église catholique peut se remettre en question, pourquoi pas, entre autres, par le mariage des prêtres
Revo67
Revo67

17 abonnés 175 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 février 2019
Un film choc qui doit faire trembler certaines institutions. C'est extrêmement bien réalisé ,avec finesse et intelligence. Des acteurs absolument juste dans leur rôle. Ce silence enfin rompu pour certaines victimes, mais des situations bien complexes pour d'autres avec la peur de décevoir face à la religion toute puissante.
Yves 4.
Yves 4.

124 abonnés 642 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 février 2019
Sublime , magistral , comment parler et décrire à l'écran , un sujet Tabou pendant des années , de la pédophilie chez les prêtes.
admirable et malheureusement d'actualité.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 24 février 2019
Tres bon film ! On voit bien les action chronologique menées, touchant et les personnages sont variés ça nous permet de ne pas décrocher du film !! Excellent !!
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