Un sujet bien délicat pour en faire un film de fiction. Fallait-il le faire ? Heureusement Ozon est un grand cinéaste , donc la réalisation est soignée et la direction d'acteur est impeccable. Mais le scénario est poussif, souvent répétitif, les cas sont parallèles , on a vite compris la perversion du prêtre. Tentative de créer un suspens là où il n'y en a pas, et même les flash backs ne viennent pas naturellement . Une certaine dérive aussi à essayer de faire une analyse psycho de chaque héros successif. Une impression très mitigée , malgré plein de bonnes intentions.
François Ozon reconstitue le combat de 4 hommes pour mettre en lumière le scandale de la pédophilie au sein de l'église catholique. Employer un ton informatif oblige le film a emprunter des chemins balisés et à rester scolaire. Le film est bien écrit mais pas très bien écrit, certains dialogues sonnent un peu faux Pourtant, Ozon réussit quand même à montrer l'impact du combat sur la vie personnelle de ses personnages. En fait, Ozon rend surtout hommage aux hommes et femmes qui ont su prendre la parole pour dénoncer un système opaque et protectionniste. Pour preuve, les faibles ou pas de condamnation du tout, dont ont pu bénéficier les membres du clergé. Pour autant, le film n'est pas antireligieux, le cinéma est un art qui touche les masses populaires, ce qui est à son honneur, et le film fait preuve d'utilité à défaut d'emporter complètement le spectateur
Grâce à Dieu réussit avec brio à parler de ce sujet tabou qu'est la pédophilie dans l'Eglise. On ressent parfaitement l'inaction des responsables, et même si le ton du film est très froid, on finit par vraiment avoir de l'empathie avec les victimes. Notamment avec l'arrivée du personnage de Denis Menochet au bout d'une heure de film, qui est beaucoup plus dynamique que Alexandre et qui accélère vraiment le rythme du film car jusque là, l'effet "lecture de mail" tout au début du film était très rébarbatif. Il en ressort un film assez dur à diriger et avec pas mal de temps morts, mais qui ouvre parfaitement les yeux sur cette situation et qui représente bien la diversité des réactions pour les victimes et la difficulté de vivre avec ce traumatisme. Un film imparfait mais important à mon sens.
Ce film vu sur le tard est remarquable et traité avec une grande intelligence : on sent le travail d enquête préparatoire au film. Les acteurs sont tous très justes, impliqués, très bien dirigés.
Certainement le plus mauvais film de Ozon, réalisateur moyen qui a tout de même commis quelques films corrects. Ce qui n’est pas le cas ici. Ce n’est pas un film. Le réalisateur ne s’est pas décidé à faire un film, il a en quelque sorte mis en scène avec des moyens de cinéma un docu-fiction. Ne manque que la musique qui fait peur. Les moyens de cinéma font que c’est mieux filmé mais que ça demeure un docu-fiction, genre qui n’est pas artistique pour deux sous. Ce n’est pas du cinéma. À éviter à tout prix.
Il s’agit d’un contexte difficile, celui de la pédophilie au cœur de l’Église. Sujet fort qui a fait la Une des journaux (y voir une corrélation avec la sortie du film début 2019), qui fait scandale à l’international.
François Ozon nous rapporte des faits réels au travers de personnages ayant subit des attouchements de la part d’un prêtre, durant leur jeunesse. Nous suivons tout d’abord Alexandre, fervent croyant, qui va mener un rude combat contre son agresseur de l’époque, alors même qu’il y a prescription. Afin de condamner le prêtre, la bataille est rude. Alexandre doit trouver et faire témoigner d’autres victimes de ces attouchements. Certaines nient pour ne plus souffrir, d’autres libèrent leur parole, certaines s’investissent encore davantage dans cette lutte face aux responsabilités de l’Église. C’est notamment le cas de François et Emmanuel qui sont visibles dans ce scénario.
L’histoire telle qu’elle nous est rapportée ici est très pertinente. En effet, j’ai beaucoup aimé apprendre à connaître les trois personnages qui mènent un combat commun, ainsi que découvrir leur passé. Nous suivons dans un premier temps Alexandre qui souhaite protéger ses enfants comme tous ceux risquant d’être en contact avec ce prêtre coupable. Ce premier personnage semble par ailleurs ne pas avoir de séquelles lourdes malgré le traumatisme que cela a pu lui créer. En second temps, nous rencontrons François, qui de prime abord ne souhaite pas revenir sur son passé. Lui-même ne fait plus fit de son histoire, encore moins de l’Église. Pourtant, on découvre vite que les attouchements ont eu beaucoup de conséquences sur sa vie actuelle – notamment vis à vis de sa famille, qui se croit soit responsable, soit dans l’incompréhension voir le déni de ce qui a pu se passer. Enfin, nous passons le flambeau – et la parole – à Emmanuel, qui lui a non seulement été atteint psychologiquement, mais aussi physiquement par ces violences. Les séquelles vont crescendo à mesure que l’on découvre les différentes victimes et leurs histoires respectives.
À côté de cela, nous voyons le personnage du prêtre, dans son passé, comme face aux victimes au jour d’aujourd’hui. Bien loin d’avoir conscience des traumatismes qu’il a pu causer, alors même qu’il s’avoue coupable.
C’est un film bien construit que Grâce à Dieu, ni du côté de l’Église, ni de celui des athées. Pas de blâme, seulement des faits et un combat contre un crime contre-nature.
Bon film sur cette affaire. Nous y sommes plongés avec les différents protagonistes, Melvil Poupaud étant excellent. Mais dans cette affaire on sent une volonté d'en découdre avec l'Eglise, un acharnement à faire condamner ce prêtre pour des faits anciens et prescrits. C'est bien le reflet de notre société : il manque, à mon avis, le sens des nuances. Pour certains Inquisiteurs, on désigne d'un seul mot, violent "pédophile" aussi bien l'adulte qui aura caressé un mineur qu'un criminel qui aura enlevé, violé et tué un enfant ! Donc un criminel sera libéré au bout de quelques années et aura sa place dans la société. Un pédophile sera marqué à jamais du sceau de l'infamie. Par ailleurs Alexandre récite souvent le "Notre Pere" : or il est incompatible de se dire chrétien et de refuser de pardonner. Il est censé etre cadre dans une banque, mais on ne le voit pas au travail. Il est finalement un homme tranquille, catholique pratiquant, avec une épouse et beaucoup d'enfants qui tout d'un coup se lance dans une chasse aux sorcieres y consacrant toute son énergie.
Francois Ozon se tourne avec ce film ( 2019) du côté politique en mettant en scène le combat mené par des victimes de la pédophilie au sein de l'église ( ici de la région lyonnaise).
Très intéressant et indispensable, à l'instar de certains opus de Costa Gavras, le casting est à la hauteur, même s'il est dominé par D. Menochet.
La realisation est lisse, mais "grâce à Dieu" ne comporte pas de manque de rythme et s'adresse à tous types de public. A voir.
Une cause touchante et importante tiré d'un fait réel, mais ce film aurait très bien pu durer 1h40 et pas 2h20. Il y a de plus quelque chose de gênant dans le jeu des acteurs, qui pour moi n'est pas très bon en globalité et m'a quelque peu sorti du film tout du long.
très très très très perturbant surtout quand on a été victime d'abus dans son enfance vers la fin du film je regardai plus, ça fait du mal. bien ficelé, percer à jour ce genre de vérité, c'est culotté mais nécessaire.
Avec "Grâce à Dieu", François Ozon s'attaque à l'affaire Bernard Preynat : prêtre ayant profiter de son influence pour agresser sexuellement de nombreux scouts dont il avait la responsabilité. Sujet sensible et intéressant donc, d'autant que la pédophilie est peu traitée au cinéma. Pourtant, je regrette que ce long métrage soit un objet si peu cinématographique. La manière dont on suit les victimes et leur combat pour la vérité se fait de manière un peu trop didactique, trop froide aussi. Une approche parfois presque documentaire sans l'être vraiment. Du coup, le choix de la fiction ne m'a pas paru si judicieux. On ressent quelques longueurs mais, dans l'ensemble, le film reste intéressant et à le mérite de mettre un coup de projecteur sur cette affaire qui traîne maintenant.
François Ozon traite ici le sujet très sensible de la pédophilie dans l’Église avec une approche d’abord délicate et qui se mue ensuite en force redoutable. L’approche fluide de l’histoire via des voix off sur les échanges épistolaires plonge le spectateur au cœur des ressentis de ces personnages fragiles et déchirés. Pas de violence physique ni de colère, juste une envie irrépressible de comprendre. Du coup, le ton de type documentaire manque de vigueur et la durée du film casse le rythme. Et puis quelques invraisemblances ternissent un peu le scénario : un épileptique ne peut pas conduire une moto ou les avocats et les clients ne se rencontrent pas dans les cafés.
Un jour pourtant... Quand il devient évident que personne n'a bougé et qu'un pervers continue de sévir au milieu des enfants au moins trente ans après les premiers faits. C'est l'histoire d'un impossible pardon, même pour ceux qui ont été biberonnés à la miséricorde et à la résurrection, à tous ces préceptes derrière lesquels l'Église camoufle sa lâcheté. C'est le corps qui se souvient. Le premier parle de « douleur émotionnelle intense », celle qui revient en boomerang, qui fait couler des larmes sur les joues d'un deuxième, cloue au sol un troisième. Les mots font enfin surface et relient les hommes entre eux. Ce film montre la force collective de leur association, dans son combat contre un système, celui de l'Église lyonnaise et son archevêque, celui d'un monde catholique face aux nombreux scandales de pédophilie qui remplissent les journaux. Aux témoignages similaires d'abus sexuels dans un bureau, un labo photo, une chambre ou une tente d'un camp scout, répondent les aveux minables du Père Preynat. C'est le déni de l'institution qui est insupportable, face aux enfants qu'ils étaient hier, face aux enfants qu'ils ont aujourd'hui.
Ce film, basé sur des faits réels en cours d'instruction par la justice, est une vraie performance artistique. Par la délicatesse du regard porté sur ces hommes par le réalisateur. Par la beauté des acteurs qui rendent la vraie grâce à ces hommes et des seconds rôles féminins, les mères, en premier, qui n'ont pas su voir, les compagnes, ensuite, qui composent comme elles peuvent.
Un film bouleversant et fort. Tout y est limpide et la parole totalement laissée aux victimes. Le clergé ne peut rien dire. Juste rester humble et repentant devant les actes. La fin est simple et superbe :« Crois-tu en Dieu? » demande le fils. La parole est sans réponse car celle-ci est dans le cœur de l’homme. Mais il me vient une réponse à cette question cruciale. Dans l’expression « hommes de Dieu », il y a aussi le mot homme, qui se distingue bien évidemment de la divinité qu’il représente. Ce sont ces hommes qui ont cette culpabilité en eux. Il sont pêcheurs, et ici gravement.