Une Pluie sans fin
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Max
Max

1 critique Suivre son activité

4,5
Publiée le 31 juillet 2018
Pour ceux qui veulent comprendre l'évolution traumatisante de la Chine pour ses habitants à la fin du siècle dernier. Quand le système économique de socialisant est devenu ultra-libéral laissant pour compte des millions de petites gens. L'intrigue policière montre les névroses qu'un tel bouleversement a entraîné. Les acteurs sont excellents et la mise en scène réussie.
De plus le film permet de découvrir "une petite" ville loin des mégalopoles modernes que sont Pékin, Shanghai et Canton.

En complément, il faut lire l'excellent livre "Mémoires chinoises" publié en mars 2017 et écrit par Jean Tuan (C.L.C. Edition).
Bon connaisseur et observateur de la Chine, il évoque le parcours de son père chinois arrivé en France en 1929, son séjour à Pékin en 1967 durant la révolution culturelle et l'évolution de la Chine dont il a été un témoin privilégié dès 1980.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 21 mai 2019
Pourquoi allez-vous au cinéma ? Si c’est pour passer un bon moment, pour rire, pleurer ou se faire peur – n’irez surtout PAS voir ‘Une Pluie sans fin’. Par contre, si vous êtes cinéphile en recherche de films qu’on n’oublie pas, ce film est pour vous. Pire que l’univers nordique et froid d’un Henning Mankell, on voyage ici dans cette Chine profonde des années 90, ou tout est gris, fade, monochrome, triste. Une usine sur un terrain vague, des champs infertiles, un bidonville habité d’ouvriers tristes. Et tout ceci sous la pluie incessante. La dépression règne et les bottes et les vélos s’enfoncent dans la boue – pendant 2 heures. Ce polar rural – car il y a bien des meurtres et un meurtrier qu’on chasse en suivant un détective privé peu sociable – est profondément nihiliste. Bref : un film qui marque.
bfredd9
bfredd9

25 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 août 2018
Comment un employé modèle va de désillusions en désillusions sur les plans professionnels et sentimentaux.
Une belle représentation d'une Chine des industries lourdes et de sa vision encore très collectiviste de l'organisation du travail. On a l'impression de toucher la réalité de la vie dure des chinois avant que leur économie n'aie décollé.
L'histoire sentimentale reste pleine de mystères.
Un film passionnant.
ripolinb
ripolinb

2 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 août 2018
Un polar ? Plutôt une histoire de la Chine, rempli de belles images, de beaucoup de tendresse et de désillusions.
Des femmes un peu trop jolies pour être crédibles.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 11 août 2018
Une plongée hallucinante dans la psychose d'un agent de sécurité d'une usine près de laquelle une série de meurtres ont été commis. Autant le dire tout de suite, l'intrigue n'est pas policière mais bien le cheminement et le ressenti de cette affaire dans ce cerveau malade où il pleut tout le temps. L'imagination ou plutôt l'interprétation du réel qu'il en donne déconcerte. Perturbé par sa psychose il se voit chef de la sécurité, récompensé comme employé modèle, appelé Maestro par ses collègues... Sa souffrance, son rapport aux femmes et à son amie "qu'il ne touche pas" conduiront le héros à une issue fatale.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 4 décembre 2020
« Une pluie sans fin » : Un film aux symboliques « fleuves » !

Parmi les quinze films (treize nouveautés et de ressorties) arrivants, ce mercredi 25 juillet 2018, dans les salles françaises, se distinguent, au milieu de très grosses productions dont la grosseur des budgets est inversement proportionnel à l’intérêt des vrais cinéphiles, quelques films d’auteurs dont le polar chinois « Une pluie sans fin », premier film du réalisateur Dong Yue, « Grand prix du jury » au festival du film policier de Beaune (France) et « Meilleur contribution artistique » au Tokyo Film Festival (japon), où l’acteur principal – le célèbre Duan Yihong – a également reçu le prix du meilleur acteur.

Ayant assisté à l’avant-première de « Une journée sans fin », qui avait lieu au cinéma « L’arvor », de Rennes (France), ce mardi 24 juillet au soir, et étant ressorti convaincu par la réelle qualité du film, nous vous offrons un « focus » sur cette œuvre cinématographique.


« Une pluie sans fin » (très mauvais titre donné uniquement en France – dont le titre original signifie « Une grande tempête se prépare », également traduisible par « Le calme avant la tempête ») se situe dans une petite ville de la province du Henan (Sud de la Chine), dont les très vieilles et immenses usines composent l’essentiel du décor et célèbre pour son climat extrêmement pluvieux. Film « flash-back », celui-ci débute en 2008, le jour où Yu Guowei – le héros -, sort de prison. Mais la seconde scène s’enchaîne avec la troisième pour faire une transition qui nous ramène à l’intrigue de l’histoire, en 1997, juste quelques semaines avant la rétrocession de Hong Kong à la Chine par l’Angleterre.

Dans ce lieu et cette époque oubliés de « la Chine qui s’éveille », Yu, chef de la sécurité d’une usine, doté d’un véritable don d’enquêteur, va se prendre d’un intérêt tout particulier pour une série de crimes commis sur des jeunes femmes, tandis qu’il voit le corps sans vie de la troisième d’entre elles, sur les lieux du crime. Et, contrairement à la police, dont l’enquête piétine, Yu va, quant à lui, avancer très vite dans cette affaire qui, devenue d’abord une obsession pour lui, va carrément s’avérer son unique raison de vivre.

L’histoire utilise tous les ressorts classiques du véritable « polar » façon hollywoodienne et tient en haleine son spectateur par son scénario sans faille. Mais, limiter « Une pluie sans fin » à un « parfait polar » serait extrêmement réducteur ! Il ne faut pas perdre de vue que nous avons affaire, là, à un véritable film d’auteur, un film « d’art et essai », seul cinéma dont le but est de délivrer un message, à faire réfléchir, voire à dénoncer « le système », devant, sans cesse, contourner les comités de censure du monde entier en usant de symbolique que les premiers concernés comprennent. Et c’est ce que son réalisateur, Dong Yue, a encore mieux maîtrisé !

Toute la force et le véritable intérêt de « Une pluie sans fin » – lorsque, comme votre serviteur, l’on est pas du tout porté sur le genre « policier » -, c’est de nous parler, non pas d’un homme nommé Yu, pas plus que de quelques personnes assassinées par un tueur en série, le tout dans une ville où la pluie ne cesse quasiment jamais de tomber ! Car, en fait, au travers de Yu, c’est de la Chine dont parle son réalisateur – d’ailleurs, le film s’ouvre sur cette évidence, par l’éppélation du nom du héros qui, parce que la langue chinoise esst faite d’idéogrammes, celui-ci indique, pour chacune des trois parties qui composent son « identité » complète (Yu GuoWei), le « mot-clé » (l’idéogramme) originel, qui donne « Vertu », « Nation », « Magnifique ». Mais dont le nom de famille « Yu », prononcé autrement, signifie également « Inutile ». Ainsi, le réalisateur annonce bien le véritable sujet, le véritable « héros », de son film, à savoir cette Chine et sa population – plus particulièrement celle qui fut sacrifiée sur l’autel de la course à la puissance économique et qui, ayant tout donné d’elle-même, se retrouva, en 1997 – tournant historico-économique du pays -, sur le point de voir venir cette grande tempête qui l’emporta (d’où le titre original et l’intérêt de conserver celui-ci plutôt que de lui étiqueter un titre purement commercial!).

Cette symbolique s’appliquant pour chaque élément de « Une pluie sans fin », il serait long, fastidieux, et même inapproprié, puisque nous sommes ici pour parler « cinéma », avant tout, d’aller plus loin dans ces détails. De ce fait, portons, quelque peu, notre attention sur le style, l’esthétique, du film. Dong Yue, en véritable cinéphile qu’il est – s’étant nourri du cinéma états-unien par des copies illégales -, avoue être très influencé par des maîtres du genre policier comme Alfred Hitchcock et son célèbre « Sueurs froides », ou encore par « Conversation secrète», de Francis Ford Coppola, qui lui ont donné matière à la construction de la personnalité de ses personnages. Cependant, un autre film célèbre du genre est très présent, non seulement par le visuel de certaines scènes – tout particulièrement de celle où le héros poursuit le tueur en série, sous la pluie -, mais également par sa construction narrative (et même jusqu’au type de lieu servant de théâtre à la scène qui s’y déroule). Ce film, c’est « Seven », film de David Fincher, sorti en 1995, avec Brad Pitt dont l’on peut retransposer le personnage sur celui de Yu à plusieurs niveaux.

En dire beaucoup plus sur « Une pluie sans fin » serait tout à fait possible car le scénario possède plusieurs degrés de lecture, plusieurs messages que, même après trois ou quatre visionnages (personnellement, rien qu’en revoyant la bande-annonce, avant de rédiger cet article, nous avons découvert et compris d’autres choses qui nous étaient passées inaperçues), et des heures de réflexion nous n’aurions pas encore toutes décortiquées. Le mieux est donc d’inviter chacun et chacune à se rendre dans les salles de cinéma qui ont la bonne idée de proposer cet excellent film. Et ce, d’autant plus que les nombreux « non-dits » et « non-explicités » qui composent cette œuvre donneront autant de visions, d’interprétations, de ressentis, qu’il y aura de personnes à le voir.

Christian Estevez

N.B.: critique publiée sur le site de "Salama magazine", le 24 juillet 2017;
Dave A.
Dave A.

14 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 août 2018
Film avec une atmosphère pesante, pluvieuse, qui s'impose sans mal et instille un climat déprimant à souhait. Je trouve quand même dommage que l'intrigue "principale" du film, à savoir l'enquête sur le tueur en série, passe presque au second voir troisième plan. On a par moment plus l'impression de voir un drame social qu'un thriller, avec une fin qui laisse malheureusement un gout d'inachevé.
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 30 novembre 2018
Si vous aimez les films où ils ne se passe pratiquement rien pendant deux heures, foncez !
A part une poursuite à pied et une autre à vélo, (ça nous change des courses poursuites en voitures de police américaines, vous savez, celles qui explosent dès qu'elles heurtent un trottoir), le reste est d'une longueur assomante.
Le jeu des acteurs et comment dire... asiatique, avec toute la singularité propre à leur culture que ça implique, pas de surprise de ce côté-là.
L'histoire comme les paysages sont mornes à souhait, et ce qui aurait pu se révéler être une enquête policière palpitante se résume un gachi de pellicule pour des plans à rallonge d'un ennui mortel.
L'immersion réussie dans un univers issu d'une culture différente ou la précarité de la vie des protagonistes est bien représentée ne justifie en rien le vide sidéral qui torpille ce long métrage.
dansoar
dansoar

7 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 août 2018
Une pluie sans fin dans une ville usine grise et salle. Un univers de fin de monde ou la mort pourrait passer pour une alternative raisonnable.
Yu Guowei, en employé modèle, met pourtant tout son zèle à servir cette société si peu reconnaissante. Naïvement, il lui sacrifiera ceux qui l’aiment.
La fin d’un monde symbolisé par l’absence de discernement d’un homme perdu dans ses illusions.
Ce film vous projette entre espoir et désillusion,
Mais l’humanité fini par naître du chaos.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 7 août 2018
Eric:
Film sur l'engagement, inconditionnel, d'une personne, à un système. Le sens du devoir poussé à son paroxysme, pour le bien et au service du collectif, sans limite et jusqu'à dépasser celles qu'il ne faudrait pas... Un film intéressant, la Chine industrielle , l'acier qui coule, un système qui met en esclavage des hommes qui s'aliennent dans un consentement étrange où se mêlent fierté, sentiment d'appartenance et de participation à quelque chose de si grand qu'il en est incompréhensible et inaccessible et déprimant. La mort est omniprésente, bien au delà des meurtres qui sont le prétexte de ce polar. Tout est d'une pesanteur insoutenable, les tonnes d'acier, les pluies torrentielles permanentes, la boue, l'absence d'horizon. Telle une souris prise dans sa roue infernale, l'homme décoré et exemplaire dévisse, et jusqu'à la dernière seconde ne parviens pas à s'échapper.
Les acteurs jouent vraiment très bien.
Un film qui interpelle, qui questionne au delà des clichés de la chine communiste. Une réflexion sur la liberté et la capacité au bonheur, la résilience.
bendjiii
bendjiii

3 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 21 août 2019
Thriller trop lent, manque d'actions puis une chute très décevante. C'était mon premier thriller chinois et le dernier !
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 6 octobre 2018
Trop lent! Insupportable pour 2h de séance... en plus les acteurs sont mauvais... a éviter absolu!!!
Sophie Stm
Sophie Stm

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 août 2025
Film magnifique et très touchant. C'est un long flashback qui nous ouvre le monde intérieur du personnage principal qui vient de sortir de prison : le récit ne montre pas la réalité mais le récit que se fait le personnage principal sur ce qui s'est passé : un récit réagencé autour de ses obsessions, pour pouvoir faire face et donner sens à la réalité.
A ce titre, le parallèle des deux scènes de discussions seul à seul de l'inspecteur Zhang avec chacun des 2 meurtriers dans la voiture, est bouleversant.

Les personnages et faits sont réagencés par l'esprit du personnage principal et le réalisateur distille les incohérences tout au long du film qui permettent de soupçonner à la fois la vérité des faits et à la fois les aspirations profondes contrariées du personnage principal narrateur, qui s'expriment dans ce réagencement comme dans un long rêve/cauchemard. C'est vraiment poignant et génial. J'ai adoré guetter ces déplacements pour reconstituer l'histoire réelle et le sens de sa vie auquel s'accroche le personnage jusqu'à la folie.

Dans le bonus, le réalisateur parle de la pression du système chinois des années 90 et comment cela détruisait les gens, coincés dans ce système à une place assignée, étouffés, puis detruits par l'impossibilité de s'adapter au changement. En ce sens, le rêve de HongKong qui revient régulièrement fait penser au rêve de Brazil dans Brazil de Terry Giliam.

Un film magistral qui m'a beaucoup touchée par son empathie profonde. Ne le prenez pas au pied de la lettre mais plongez dans le délire que le personnage principal s'est raconté pour survivre à l'effondrement de son monde.
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