Trois visages
Note moyenne
3,4
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85 critiques spectateurs

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riverainpsy
riverainpsy

45 abonnés 433 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 octobre 2024
Ce n'est sans doute pas le premier film à regarder si on ne connaît pas l'oeuvre antérieure et la vie de Jafar Panahi mais il s'agit ici d'une métaphore de la société iranienne incarné par le visage, ou la figure , ce qui n'est pas tout à fait la même chose , de femmes de trois générations différentes . Les hommes sont renvoyés ici au conservatisme le plus stupide , à part peut-être Panahi , personnage qui est ici un simple spectateur sur la touche , jamais agissant , très souvent hors champ , qui au fond revendique sa solidarité et son admiration , sans jamais prendre de décision . Un film féministe, dans la lignée de "Hors Jeu" , sans doute le premier film à voir si l'on veut s'initier à l'oeuvre du rebelle pacifiste de Téhéran . Une sorte de héros tranquille .
chas
chas

38 abonnés 180 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 juin 2018
Comme il y a un cinéma hollywoodien, bollywoodien, italien, le cinéma iranien a des couleurs, des rythmes, des rites bien à lui, quand par exemple les voitures sont des lieux incontournables de tournage.
Une vedette de série télévisée, inquiétée par un message filmé qui lui était adressée, doit se rendre dans un village azéri.
Le réalisateur est au volant. Les deux citadins sont confrontés aux traditions qui mènent le pays . Les récits légendaires étouffent les énergies juvéniles, en particulier celles des femmes. Loin des préoccupations parisiennes où le féminisme joue des terminaisons orthographiques, dans ces collines arides, l’essence même de la vie est mise en jeu par portable interposé. Par des routes défoncées, nous passons de cours fermées en places publiques où les foules se méprennent sur la nature de celui qui pourra les sortir de la misère. Leur mépris envers les saltimbanques entre en contradiction flagrante avec l’aveuglement à l’égard de leur sauveur présumé parce qu’ils l’ont vu « dans le poste » de télévision. Le courage de ce film est souriant, subtil. Les notations variées ne brouillent pas l’essentiel d’un message fort, au contraire. J’aurais bien remis la palme cannoise au plus libre des réalisateurs, histoire de retourner dans ce fascinant pays dont il ne peut sortir.
Pascal
Pascal

256 abonnés 2 476 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 septembre 2025
Prix du scénario ( Cannes 2018 ) attribué par le jury présidé par Cate Blanchett, " Trois visages " fut réalisé alors que Jafar Panahi était assigné à résidence avec interdiction de tourner.

Hommage évident à son mentor Abbas Kiarostami dont il fut l'assistant sur certains de ses films et dont il mit même en scène un scénario (" Sang et or" ), " trois visages " est le portrait en pointillé de trois femmes iraniennes, liées au cinéma, appartenant à trois générations différentes.

Panahi est un orfèvre ( comme le fut Kiarostami) pour réussir à donner des accents de vérité réalistes à ses films.

Le scénario est constitué de vignettes , de rencontres, que Panahi cinéaste ( il est lui-même dans le film ) accompagné d'une de ses actrices, vont croiser dans un village perdu du nord ouest de l'Iran ( on y parle le Turc ).

C'est fin, subtil, charmant et même si le manque de moyens se ressent à l'écran, " Trois visages" garde un côté délicieux, séduisant. C'est surtout très inspiré, inventif.

Panahi est un des très rares cinéastes à avoir remporté les trois récompenses suprêmes des trois plus importants festivals internationaux de cinéma ( Cannes, Venise et Berlin ) : ce n'est pas le fait du hasard !
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 088 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 janvier 2023
Réalisé avec les moyens du bord – au moment du tournage en 2017-2018, Jafar Panahi subissait des pressions diverses de la part du pouvoir iranien ; depuis juillet 2022, il est tout simplement emprisonné – Trois visages prend la forme d’un film délicieux aux faux airs de docu-fiction. Tourné dans des petits villages du nord-ouest de l’Iran, le long-métrage raconte le périple d’un réalisateur (Jafar Panahi lui-même) et d’une actrice célèbre (Behnaz Jafari) qui partent à la recherche d’une jeune fille qui se serait suicidée, empêchée par sa famille de poursuivre le métier de ses rêves dans le cinéma. Sur cette base assez tragique, les deux compères qui roulent en 4x4 comme un hommage aux œuvres d’Abbas Kiarostami, vont faire de nombreuses rencontres, toutes plus truculentes les unes que les autres. Ce film intelligent, malicieux et généreux est l’occasion pour Jafar Panahi de s’interroger sur son pays, entre mensonges quotidiens des autorités et coutumes patriarcales qui l’imprègnent. Tout à fait remarquable.
brunocinoche
brunocinoche

137 abonnés 1 239 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 octobre 2018
Nouveau film de Jafar Panahi, pourtant interdit de tourner par les autorités iraniennes, nouveau tour de force. Détournant cette difficulté avec simplicité en complicité avec des proches et en caméra cachée au sein de sa voiture, on retrouve par la force des choses la forme de « Taxi Téhéran » dans ce film qui se passe dans un village iranien.
Sur le plan du scénario (justement récompensé à Cannes), le film réussit de nouveau à nous livrer un état du pays iranien actuel à travers 3 visages d’actrices dont un que l’on apercevra que furtivement. 3 portraits de femmes intergénérationnels pour évoquer le passé, le présent et le futur de l’art en Iran.
C’est subtil, juste, intelligent et plus que respectable. Evidemment, visuellement, ce n’est pas du grand cinéma mais çà n’est pas la faute du cinéaste qui tourne contre vents et marées, cela aussi est plus que respectable.
ANDRÉ T.
ANDRÉ T.

95 abonnés 485 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 juin 2018
Peu enthousiaste pour Taxi Teheran que j'avais trouvé "inégal" selon les sketches, cette fois j'ai apprécié le ton plein de légèreté, de distance, utilisé par Jafar Panahi, même quand il nous raconte une histoire dramatique.....
Il nous montre deux facettes de son pays, totalement décalées:
- Le monde moderne avec le cinéaste, la star locale, le 4X4 à la recherche de cette ado qui rêve....d'Hollywood!
- L'Iran profond et sa ruralité où Panahi "sourit gentiment" des traditions qui peuvent nous sembler d'un autre temps.
Son regard semble toujours bienveillant...
P.  de Melun
P. de Melun

79 abonnés 1 224 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 mai 2024
Ce film reprend les ingrédients qui ont fait la réussite de "Taxi Téhéran" pour en faire, cette fois-ci, une version « paysanne ». On retrouve donc le même road-movie un peu factice avec l’omniprésence de la voiture, des rencontres atypiques et le même constat sur la société patriarcale qui enlève tout espoir d’élévation sociale de la femme. C’est toujours aussi courageux de la part du réalisateur, Jafar Panahi, même si le parallèle avec le premier opus, rend moins singulier la démonstration de l’absurdité sociale et le poids des traditions. Ce film a l’allure d’un documentaire qui sent parfois le bricolage, surtout dans sa deuxième partie. Le rythme est plus lent, la quête plus profonde, l’atmosphère plus ténébreuse aussi mais les paradoxes de la société iranienne sont une fois de plus abordées avec intelligence et pugnacité. Bravo !
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 11 juin 2018
Une populaire actrice iranienne en tournage reçoit un jour une vidéo d’une jeune fille mettant en scène son suicide. Celle-ci dénonce son entourage familial qui l’oblige à renoncer à devenir elle aussi comédienne. L’actrice demande à son ami réalisateur de l’aider à élucider ce mystère aux allures de chantage. Tous deux filent vers le Nord-Est de l’Iran et font halte dans des villages de montagne, sur les traces de la disparue… L’intrigue n’est ici qu’un prétexte à dresser un état des lieux d’une société encore très patriarcale.
Premier effet de miroir, Behnaz Jafari et Jafar Panahi jouent quasiment leur propre rôle dans le film et les villages visités sont ceux de la famille du réalisateur. Autre étonnement, celui-ci donne l’impression de filmer un peu à la sauvette, sans s’éterniser sur les scènes et avec de nombreux passages par la pénombre… Cela n’empêche pas de magnifiques plans dans la montagne et quelques jolis portraits persans. Sur l’art de se croiser dans les lacets, aussi bien que sur la symbolique virile du taureau ou de la conservation du prépuce…
Mais la clé de tout, c’est le statut de Jafar Panahi. Cinéaste proscrit chez lui et assigné à résidence depuis 2010. Trois Visages est son quatrième film réalisé dans la clandestinité et l’urgence. Et si Taxi Téhéran en 2015, brossait des portraits de citadins sur la banquette du taxi, son dernier film va à la rencontre de la société rurale. Avec des portraits d’hommes assez rudes, accrochés à des traditions parfois obscurantistes et des femmes dont on devine la lente évolution à travers ces trois visages à regarder comme autant d’avancées générationnelles.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 21 octobre 2019
Une vidéo troublante, ça devient de l’intrigue issu d’un fait divers dérivant vers le politisé, par la nature bridée du travail, nul n’est prophète dans son pays pour les franches opinions du réalisateur.
La mise en scène et les différentes façons de cadrer les caméras sont perturbantes, non naturelles, une forme de restriction, franchement une note moyenne, 4/10 ; 9/20.

L’histoire de l’Iran selon la réalisation est nostalgique, le temps révolu du régime des Shah. Les coutumes locales sont intéressantes, montrant une nation régie par des vielles traditions tribales.
bendelette
bendelette

34 abonnés 282 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 20 mai 2019
Les paysages sont magnifiques,le côté ethnologique du film intéressant,et si les habitants de ces villages se montrent rudes face au métier de "saltimbanques",leur sens de l'hospitalité est délicieuse.Mais le sujet essentiel du film ne m'a absolument pas intéressée.Aucune empathie pour les personnages principaux.
Sébastien T
Sébastien T

19 abonnés 51 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 juin 2018
C'est loin d'être le premier film traitant du sujet brûlant et capital des libertés des femmes dans les pays du moyen et du proche Orient. Il fait écho au combat des femmes libanaises qui veulent enfin faire tomber le voile et la domination masculine. L'histoire est ici bien menée, les acteurs sont vrais et sincères. Certes on découvre un peu vite le fond de l'intrigue, mais l'histoire continue, malgré quelques longueurs (nécessaire pour bien poser les choses) il offre un beau visage des villages iraniens, qu'on retrouve d'ailleurs dans certains coins un peu reculés d'Europe. La cohésion des groupes, de culture orale, est du ressort des anciens, et l'on voit bien dans "Trois visages" que ceux-ci, in fine, sont capables d'une ouverture qui semblent inaccessible aux plus jeunes hommes; qui ont tendance à entrer dans la radicalité.
Ce film de Jafar Panahi est un témoignage simple et sincère, plein de pudeur et de respect pour un peuple traversé de profondes évolutions. Il s'ajoute à d'autres, comme le très récent "Razzia", ou encore "My sweet pepper land" et tant d'autres, qu'ils seraient indispensables à montrer au plus grand nombre afin de lutter contre les obscurantismes religieux qui s'installent avec force un peu partout. Car l'enjeu est bien celui des égalités entre les sexes et du pouvoir de l'intelligence et de la culture, meilleurs outils des libertés de chacun.
Cyrille J
Cyrille J

1 critique Suivre son activité

0,5
Publiée le 20 juin 2018
Un film long et ennuyeux, lumières rallumées des spectateurs qui se regardent ébahis ou comment des professionnels de la critique oublient un film pour son symbole. Palme du meilleur scenario ou du plus mince ? Palme en tout cas du politiquement correct. Je retiens de ce film, la colère passée, ce qu'un documentaire de 15mn sur l'Iran reculé aurait bien plus efficacement mis en lumière.
Daniel C.
Daniel C.

172 abonnés 732 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 juin 2018
Le rythme du film correspond à une temporalité différente de celle de la vie parisienne. Pour ma part, je trépignais parfois d'impatience, mais j'ai savouré ce roadmovie à la dimension anthropologique. Il y a dans ce film un acte politique, un acte d'affirmation qui revendique le droit d'exister en tant que saltimbanque. Je reste toujours perplexe et déconcerté qu'au nom de dieux, on puisse empêcher de penser, de dire, de montrer, de mettre en scène. Ce qui est particulièrement bien montré dans ce film, c'est avec quelle délicatesse, hommes et femmes peuvent communiquer. Il y a un contraste entre la brutalité, la rudesse de l'intolérance et les échanges parfois subtils, qui s'opèrent. Lorsque ce vieil homme discoure avec l'héroïne du film du prépuce de son fils et des croyances, qui l'accompagnent, on mesure l'écart entre ce vieil homme et la grosse brute de frère de la jeune fille, moteur de l'histoire. Ce frère vociférant son intolérance et totalement soumis au qu'en dira-t-on du village donne une coloration nettement pathologique aux fondamentalismes, qui président encore en Iran. C'est aussi l'occasion de voir que le voile n'est pas porté à l'identique en Iran : plus grand, plus enveloppant, il n'enserre néanmoins pas le visage, ni ne masque les cheveux féminins. Que s'est-il donc passé pour que nous imaginions en 1978 le départ de Neauphles Le Château de l'ayatollah Khomeini, comme l'arrivée d'un libérateur en Iran. Le révolutionnaire n'apportait que l'islam réducteur de libertés et de droits.
Dois-Je Le voir ?

411 abonnés 1 862 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 1 avril 2020
J’ai trouvé ce film extrêmement intéressant pour le point de vue qu’il donne sur une partie traditionnelle de ce pays persan. On voit bien ici l’analyse de la situation au travers de trois générations, d’où le titre TROIS VISAGES. Nous voyons les générations plus anciennes qui sont fortement attachées à leurs coutumes. On est plongé dans la vie d’un village reculé dans la pure tradition Iranienne. Il y aura aussi la génération plus présente avec notamment l’actrice Behnaz Jafari. Elle qui a grandi dans le respect de ces traditions tout en les voyant évoluée en étant dans une ville qui s’occidentalise comme Téhéran. Elle comprend le point de vue des plus anciens mais cherche à leur montrer que tout ne doit pas être figé dans le temps. Et enfin, on voit celui des futures générations avec la jeune Marziyeh Rezaei qui veut faire table rase du passé. Recommencer sur de nouvelles bases pour construire un Iran « plus moderne ». Un choc générationnel qui montre le mal-être que peut ressentir une partie de la jeunesse qui ne comprend pas forcément pourquoi les anciens codes sont toujours d’actualité. Par contre, je vous préviens le rythme du film est assez lent. Comme dans un musée, on prend le temps de regarder et de recevoir. Si vous voulez élargir votre horizon culturel, TROIS VISAGES est donc le bon choix.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 13 juillet 2018
Un film tout a fait accessible, d'une grande simplicité et inventivité visuel, et en même temps, d'une grande modernité. Ce n'est pas un chef d’œuvre, mais un film honnête, qui dépayse totalement et offre à voir, un cinéma différent mais profondément cinématographique. Une bonne surprise qui donne envie de voir son précédent "Taxi Téhéran".
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