Trois visages
Note moyenne
3,4
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85 critiques spectateurs

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anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 25 juin 2018
La première scène c'est une vidéo enregistrée avec un portable où une jeune azérie se suicide à cause de l’incompréhension de sa famille, qui l'a forcée à se marier, et en plus, a interdit la fille de s'inscrire à l'école d'arts dramatiques. La destinataire d'une telle confession n'est autre que Behnaz Jafari, star de la télé iranienne, qui, secouée par la situation, décide de s'embarquer avec Panahi pour découvrir si la vidéo est vraie ou fausse.

Three faces démarre au style du road-trip, blindé de longues conversations dans la voiture jusqu'à l'arrivée dans la région azérie. Une route très étroite communique le pays avec cet hameau turcophone, ce qui met en évidence l'isolement de la vie rurale par rapport au pouvoir centralisé. Une fois les protagonistes descendent de la voiture, la recherche de la fille ne sera qu'une excuse pour s'immerger dans la vie locale.

Les échos de Kiarostami résonnent dans le premier film de Panahi après le décès de son maître. Les dialogues dans la voiture, traversant des paysages arides, qui montrent l’inquiétude des protagonistes rappellent la tension et le désenchantement qui nous provoquait le périple du chauffeur dans Le goût de la cerise. En plus, le regard comique sur les moeurs du village semble une mise à jour de Le vent nous emportera. Ce n'est pour rien que dans la même région on retrouve encore une fois des situations surréalistes: les soucis pour capter du réseau qu'on connaissait déjà grâce à Kiarostami, bien sur; mais aussi un code sonore de coups de klaxon pour s'assurer le passage au village; un taureau qui bloque la route de retour; une femme qui habite dans sa tombe ouverte et même un vieil homme qui vient d'être papa et qui veut offrir le prépuce du petit à une star cinéma dans l'exile.

Absorbés par un endroit si particulier, oubliant presque la vidéo de la jeune, d'un coup, le fil narratif principal revient en toute puissance. Il s'agit d'une dénonce de la situation du cinéma iranien actuel. Soit la vidéo vraie ou fausse, la révélation de l’énigme devient secondaire quand les trois visages du titre se rencontrent. Trois générations d'actrices opprimées par le pouvoir: les comédiennes d'avant la révolution du 79, qui ont été punies, isolées et oubliées. Les actrices d'aujourd'hui, qui doivent faire face à des conditions qui attaquent leur créativité et leur expression. Puis, les futures actrices, dans une situation presque impossible pour se faire une carrière, seules, sur une route trop étroite où on risque de devoir faire demi-tour.

///////////////////// Encore plus de fautes et d'erreurs sur hommecinema.blogspot.fr
Agathe R.
Agathe R.

15 abonnés 83 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 22 juin 2018
« Trois visages » s’enlise trop rapidement pour in fine n’aboutir à pas grand-chose et en passant par de longs hors sujets (l’histoire du taureau étalon mourant ; l’importance après la circoncision de faire enterrer le prépuce par un « parrain » dans un endroit particulier…).
Hormis quelques beaux paysages et moments qui m'ont fait découvrir la culture perse, l'histoire est quelconque et ennuyeuse. Un Prix du Scénario à Cannes ?? Pour moi, il n’y a pas de scénario !!! Il s'agit pour moi plus d'un motif politique en rapport avec la condamnation de Jafar Panahi en Iran.
Rachel L.
Rachel L.

4 abonnés 66 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 juin 2018
Dépaysement assuré dans ce film aux accents aussi rocailleux que les chemins de pierres : Une vision de l'Iran qui montre, d'un côté, la rigidité d'une tradition ancestrale visant à rabaisser la condition de la femme, qui, de ce fait, n'a pas le droit à l'éducation; mais aussi des gens de coeur, sincères et si accueillants que notre version un peu " cliché" en est quelque peu bousculée... et basculée. Il y a aussi cette solidarité entre villageois qui cherche des solutions pour mieux cohabiter et veiller à la sécurité de tous, hommes et animaux. Donc trois visages d'un pays plutôt mal connu. Peut-être que l'auteur en voyait d'autres? à travers ces personnages...presque tous...sympathiques et attachants.
Cyrille J
Cyrille J

1 critique Suivre son activité

0,5
Publiée le 20 juin 2018
Un film long et ennuyeux, lumières rallumées des spectateurs qui se regardent ébahis ou comment des professionnels de la critique oublient un film pour son symbole. Palme du meilleur scenario ou du plus mince ? Palme en tout cas du politiquement correct. Je retiens de ce film, la colère passée, ce qu'un documentaire de 15mn sur l'Iran reculé aurait bien plus efficacement mis en lumière.
HZ
HZ

11 abonnés 64 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 juin 2018
Un melange de histoire et personages imaginaires et personages real, ce film est fortement inspire par les realisations de Kiarostami, surtout "ou est la maison de mon ami ?" aussi pour le scenario que pour la realisation. Il veut montrer certains problems sociaux surtout pour les femmes. Mais les discussions et les demonstrations restent superficielles, meme le sujet principal du film sur les obstacles dans les chois d'education et de carriere pour les femmes. Il donne l'impression que le realisateur a essaye d'utiler toutes les petites scenes prises pendant le tournage.
Laurent C.
Laurent C.

294 abonnés 1 133 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 juin 2018
Il y a des films dont on ne sait pas si le succès critique est lié aux qualités cinématographiques de l’œuvre où aux enjeux politiques. « Trois visages » est de ceux-là. Force est de constater que le réalisateur dont on connaît le fameux « Taxi Téhéran », a réussi l’exploit de tourner un film dans un contexte où la parole lui est ravie et où la menace d’incarcération est actuelle. L’exploit est d’autant plus grand que Jafar Panahi tourne à même les profondeurs de l’Iran, en pleine campagne, où sévissent les radicalismes, les fermetures culturelles, la pénurie de la pensée et la peur du pouvoir.

Mais l’exploit s’arrête là. En effet, le film s’égare dans les mêmes travers que « Taxi Téhéran ». En effet, si le réalisateur se met en scène, le récit frise parfois l’auto-justification, voire l’orgueil de l’autofiction. Il permet certes à une jeune actrice, Marziveh Rezaei, de trouver sa place dans le cinéma, mais son rôle se cantonne à un creuset de sanglots et de misérabilisme. Seule, Behnaz Jafari brille dans un jeu volontairement hystérique, emphatique, guidée par la culpabilité et le froufrou d’une actrice célèbre. L’ironie est lisible tout au long du récit. Mais malgré l’ampleur d’un road-movie perse, le film ne conviant pas et s’étire dans un ennui funèbre, percé de franches rigolades.
Matching P.
Matching P.

17 abonnés 133 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 juin 2018
Dans ce road movie à travers l'Iran rural, loin de "Taxi Teheran", nous découvrons trois femmes. L'actrice célèbre Behnaz Jafari qui joue son propre rôle, une jeune fille rebelle qui veut devenir comédienne et une troisième dont on ne verra pas le visage, actrice à l'époque du Shah, réfugiée et ostracisée par le village.
On retrouve d'autres "peronnages" des films iraniens : la voiture, le seul endroit où le cinéaste dit, avec ironie, se sentir vraiment en sécurité, l'aridité des paysages et la poussière des films d'Abbas Kiarostami, le maître de Panahi, mort en 2016.
A travers les actrices et le metteur en scène, le cinéma parait être le thème central. Le cinéma qui est le but d'une vie au risque de la perdre, tentative de suicide de la jeune fille, exclusion de l'actrice qui a dansé avant la Révolution, Jafar Panahi lui-même, cinéaste emprisonné puis assigné à résidence en Iran. En fait de cinéma, ce sont surtout les séries télévisées qui pénètrent dans ce village reculé où les paysans ne parlent même pas le persan mais le turc !
Il s'agit aussi bien sûr de montrer la condition de la femme dans la société iranienne. Soumise comme les villageoises ou plus libérée comme Behnaz Jafari, admirée et appréciée de tous grâce à la télévision. Au gré des déambulations dans le village, le regard sur le machisme quasiment institutionnel et les traditions ancestrales est malgré tout bienveillant car souvent teinté d'humour.
Malgré quelques longueurs, une histoire originale qui maintient le suspense sur le sort de l'aspirante actrice, justement récompensée à Cannes où le siège vide de Jafar Panahi a été longuement applaudi. On ne peut qu'admirer la prouesse de réaliser un si beau film en quelques semaines avec une équipe restreinte qui a pris le risque, cette fois-ci, de figurer au générique.
Il nous a manqué une telle œuvre lorsque dans notre jeunesse nous avons eu à disserter sur le sujet : "L'art vit de contrainte et meurt de liberté" !
Jean-Marc P.
Jean-Marc P.

37 abonnés 130 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 juin 2018
Avec deux bouts de ficelle, un nouveau petit chef d'œuvre sur la société rurale patriarcale du nord de l'Iran, magnifique, par le prolifique réalisateur de Taxi Téhéran. La légèreté du dispositif est telle qu'on ne peut ressortir que vaguement honteux de la vacuité en miroir de l'essentiel de la production française. Jafar Panahi démontre qu'on peut être au sommet de son art sans être étranger à son propre pays; il en dépeint le tableau saisissant et humaniste à la fois.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 17 juin 2018
Nous avions aimé Taxi Téhéran, qui offrait une belle galerie de portraits. Mais dans son dernier film, Jafar Panahi ne nous émeut plus. Son road movie est lent, bavard, ennuyeux à souhait. Le temps s'étire et les rares moments de grâce du film, pittoresques ou cocasses, sont présents dans la bande annonce. La critique sociale est très appuyée et finalement très convenue. On n'apprend rien sur l'Iran. Les paysages sont très monotones. Et à la fin du film, cette grosse voiture aux sièges en cuir blanc, nous sort par les yeux.
soulman
soulman

140 abonnés 1 401 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 juin 2018
L'avenir de l'Iran dépend du courage et de l'obstination de ses femmes, qui, au quotidien, se battent contre l'étouffant et séculaire patriarcat qui les opprime. Les artistes sont bien souvent celles qui prennent le plus de risques et dont la détermination peut faire évoluer les mentalités. C'est le cas de la jeune provinciale, perdue dans les montagnes, à des heures de transport de Téhéran. Le cinéaste, lui même assigné à résidence à l'intérieur des frontières de son pays, donne à son récit la force de l'urgence et de l'évidence.
PaulGe G
PaulGe G

124 abonnés 607 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 juin 2018
la vie des femmes dans les montagnes iraniennes n'est pas une vie de princesse, c'est ce que veut démontrer ce film . ou le temps passe au rythme des coutumes inviolables, il n'y a rien a faire c'est comme ça et rien ne le changera, même avec l'intervention d'une actrice célèbre et son réalisateur qui lui reste un peu en retrait. mais c'est malheureusement triste et lent et fort ennuyeux, le sujet méritait mieux.
Loïck G.

389 abonnés 1 825 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 juin 2018
C’est un scénario qui a été primé à Cannes, à juste titre, mais la mise en scène bien que discrète et presque souvent effacée mérite elle aussi notre attention. En raison justement de cette retenue dans la révélation d’une histoire et de son décor qui laisse aux personnages le soin d’assumer totalement leurs propos. Ce que le réalisateur concrétise merveilleusement bien dans une symbolique qui le met en scène tout en demeurant témoin. Plus qu’une mise en abîme son film devient le miroir reformant une société qu’il appelle de tous ses vœux . A travers ces trois visages de femmes d’hier et d’ aujourd’hui . Je ne sais si un réalisateur autre que Panahi réussit aussi bien à matérialiser un propos, une situation, un pays, comme il le fait encore dans ce magnifique film. Un manifeste pour la condition féminine, le droit à la création et celui à la liberté. Un manifeste total !
Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Joce2012
Joce2012

262 abonnés 750 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 juin 2018
Superbe film, superbe actrice.... Le poids des coutumes, le poids du qu'en dira t'on , la différence, ne pas rentrer dans le moule et avoir d'autres envies pour son avenir que ce que la famille à décidé pour nous !
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 11 juin 2018
C'est un film remarquable.
Quand je lis des critiques négatives que ce film n'a aucun intérêt, je suis choqué et abasourdi.
Au contraire, ce film a un immense intérêt.
Je recommande ce film tout particulièrement.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 11 juin 2018
Une populaire actrice iranienne en tournage reçoit un jour une vidéo d’une jeune fille mettant en scène son suicide. Celle-ci dénonce son entourage familial qui l’oblige à renoncer à devenir elle aussi comédienne. L’actrice demande à son ami réalisateur de l’aider à élucider ce mystère aux allures de chantage. Tous deux filent vers le Nord-Est de l’Iran et font halte dans des villages de montagne, sur les traces de la disparue… L’intrigue n’est ici qu’un prétexte à dresser un état des lieux d’une société encore très patriarcale.
Premier effet de miroir, Behnaz Jafari et Jafar Panahi jouent quasiment leur propre rôle dans le film et les villages visités sont ceux de la famille du réalisateur. Autre étonnement, celui-ci donne l’impression de filmer un peu à la sauvette, sans s’éterniser sur les scènes et avec de nombreux passages par la pénombre… Cela n’empêche pas de magnifiques plans dans la montagne et quelques jolis portraits persans. Sur l’art de se croiser dans les lacets, aussi bien que sur la symbolique virile du taureau ou de la conservation du prépuce…
Mais la clé de tout, c’est le statut de Jafar Panahi. Cinéaste proscrit chez lui et assigné à résidence depuis 2010. Trois Visages est son quatrième film réalisé dans la clandestinité et l’urgence. Et si Taxi Téhéran en 2015, brossait des portraits de citadins sur la banquette du taxi, son dernier film va à la rencontre de la société rurale. Avec des portraits d’hommes assez rudes, accrochés à des traditions parfois obscurantistes et des femmes dont on devine la lente évolution à travers ces trois visages à regarder comme autant d’avancées générationnelles.
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