Derniers Avis : La passion de Jeanne d'Arc - Page 5
La passion de Jeanne d'Arc
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5,0
Publiée le 16 décembre 2008
«La Passion de Jeanne d'Arc» (1928) est l'un des films les plus beaux et les plus bouleversants de toute l'histoire du septième art. Et j'abonde dans le sens des commentaires les plus élogieux qui ont été écrits à son sujet. C'est l'un des quelques chefs-d'oeuvre que j'emporte à coup sûr sur mon île déserte. Mais il est hors de question pour moi d'avoir à choisir entre cette merveille et cet autre joyau que constitue «Le procès de Jeanne d'Arc» de Bresson. Les deux films ont un point de vue radicalement différent et sont à ce titre rigoureusement complémentaires. Alors que Bresson choisissait d'exalter le verbe en portant toute son attention sur les paroles de Jeanne, la présentant au passage dans toute sa force face à ses juges retords, Dreyer fait lui le choix de mettre l'accent sur le sacrifice de Jeanne, très explicitement mis en parallèle avec la Passion du Christ. Ce n'est pas un hasard si le titre du film de Bresson mentionne le procès alors que celui de Dreyer désigne la passion. Le film du français s'adresse d'abord à l'intelligence et, s'il émeut, c'est par le détour des paroles elles-mêmes, tandis que le film du danois touche très directement l'affectivité, le sens de l'émotion étant éclairé par les symboles et par les intertitres. Relevant d'une esthétique ouvertement expressionniste, la mise en scène de Dreyer est prodigieuse et donne lieu à une véritable symphonie de gros plans, suggérant la morgue, la colère, la haine, la pitié, la fièvre, l'angoisse ou la douleur par des angles de vue tous plus insolites les uns que les autres. On a tout dit notamment sur l'expression à la fois douloureuse et extatique du visage de Falconetti, qui dit simultanément, et avec la même conviction, la peur de la mort et l'abandon à Dieu dans l'amour. Notons enfin qu'on visionnera si possible le film avec l'oratorio de Richard Einhorn qui met très adéquatement les images en valeur. Mais l'oeuvre de Dreyer est un monument que tout cinéphile doit en tout cas avoir vu!
Contrairement à Bresson, Dreyer dégage à merveille les enjeux capitaux du procès de JdA. L'intensité de Falconnetti dans son interprétation de la pucelle est insurpassable. Montage nerveux, gros plans et angles de caméra inédits, le film fut une bombe cinématographique, et il est l'un des piliers qu'a transcendé Welles dans son Citizen Kane. Un choc.
Une référence. Il faut reconnaître que le talent de Carl Dreyer est incontestable, mais il n'est presque rien comparé à celui de Renée Falconetti ( sa prestation est plus qu'extraordinaire ). Une larme coule, un regard implore, une lèvre tremble : c'est la parfaite incarnation de la souffrance au cinéma, sublimé par un enchaînement de gros plans. Même si le jeu de l'actrice peut sembler outré de prime abord, il n'en est rien, d'autant plus qu'il s'agit d'un film muet. Cela dit, la première partie du film de Dreyer est parfois ennuyante et répétitive, mais cette sensation est nécessaire pour montrer le caractère pesant, pénible du procès de Jeanne D'Arc. La dernière demi-heure tient du prodige, on ressent immanquablement la torture que les ecclésiastiques infligent à la Pucelle d'Orléans. Un film majeur dans l'histoire du cinéma muet, une oeuvre exigeante mais qui s'avère salutaire pour les amoureux du cinéma. Excellent, et ce malgré quelques erreurs de rythme. A voir absolument car c'est un incontournable.
Pour moi, c'est le meilleur film historique de tous les temps. Même s'il est muet, on apprend beaucoup de choses et on s'indigne du calvaire de celle que l'on appelait "La Pucelle d'Orléans", qui fut bien injustement montrée du doigt. La mise en scène est absolument précise et parfaite, quant à la prestation de Renée Falconetti, elle est définitivement inoubliable... Je n'ai pas regardé ce film depuis un certain temps tellement il est émouvant (voire éprouvant) et impressionnant. Pour public averti.
Le Jeanne d'Arc de Bresson fait figure de vidéoclip aux artifices pénibles et navrants. Celui de Carl Dreyer est remarquable de justesse et d'émotions purs.Une lecon de cinéma. Voir ce film en 2007 nous rappelle cruellement qu'a notre époque nous avons perdu le sens de l'image et de la symbolique. Celle qui est universelle. Ce drame aurais pu etre réalisé aujourd'hui tant les acteurs sont convaincues et convaincants. Évitant le jeu et les tics théatrale propre a l'époque. Une restauration irréprochable.Un film a conserver dans sa collection a tout prix...
En déplaise aux puristes, je trouve la jeanne d'Arc de Bresson supérieure à celle de Dreyer. Incomparable, me direz-vous, la première, muette, reposant davantage sur le jeu ostentatoire de Renée Falconetti et une mise en scène très stylisée tandis que la seconde met l'accent sur la Parole de la Pucelle d'Orléans, tout en épure et et en rigueur. Je souscris néanmois aux propos du spectateur lorsqu'il dit que l'on ne peut pas se dire cinéphile sans avoir vu le film de Dreyer. Mais il en va de même des films de Griffith, de Stoheim, de Lang et de tant d'autres, inconnus par l'écrasante majorité des internautes d'Allociné. Il n'est jamais trop tard.
Celui qui n'a pas vu "La passion de "jeanne d'Arc" ne peut pas se prétendre être cinéphile. On assiste à la performance d'actrice la plus bouleversante et extraordinnaire de toute l'histoire du 7ème art. C'est une oeuvre inégalée et miraculée.
Comme le dit le célèbre critique américain Roger Ebert: "You cannot know the history of silent film unless you know the face of Renee Maria Falconetti." Oui on ne peut prétendre connaître l'histoire du cinéma muet si on ne connait pas la face de Renée Maria Falconetti. Son interprétation de Jeanne d'Arc, son premier et dernier film, est au-delà des mots. Comme l'a écrit Pauline Kael: ``It may be the finest performance ever recorded on film''. . De plus, Notre compassion avec Jeanne est engagée de façon si puissante grâce aux méthodes visuelles révolutionnaires de Dreyer, ses angles, ses closeups, ses edits, qui ne sont pas en réalité des choix stylistiques mais des fragements de l'expérience de Jeanne. Epuisée, transie de froid, effrayée, à seulement 19 ans, elle vit un cauchemar entouré de ces juges et bourreaux dont les faces ressemblent au diable. Cette expérience tellement intime, elle nous la fait vivre avec elle. Je vous conseille personnellement d'écouter ce film avec la musique de Richard Einhorn "Voices of Light" que vous trouverez dans l'édition "The Criterion Collection". Cela donne à ce film quelque chose de divin.
Quelle honte qu'il m'ait fallu rapporter ce DVD des USA (on ne le trouve pas en France). Mon dieu que le cinéma me parait futile et faible depuis que j'ai vu "La passion de Jeanne d'Arc". Et c'est bien là le seul défaut de ce film. Il est d'une telle perfection, d'une telle émotion, qu'aucun autre film désormais ne pourra me toucher de la même manière.
Mettre 4 étoiles n'a aucun sens, ce film ne peut pas être classé au même niveau que les autres.