La passion de Jeanne d'Arc
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ProjecteurTemporel
ProjecteurTemporel

1 abonné 58 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 mars 2026
Expérience de cinéma d’une intensité incroyable, La Passion de Jeanne d'Arc dépouille la mise en scène jusqu’à l’essentiel pour atteindre une forme de vérité mystique. Avec une rigueur ascétique, Carl Theodor Dreyer construit un espace de visages et de regards où chaque gros plan devient une épreuve spirituelle. Au centre de ce dispositif, la performance hallucinante de Renée Falconetti transcende le jeu d’acteur pour toucher à une forme de pure incarnation de la souffrance et de la foi. Les décors épurés et la fragmentation des visages composent un tribunal presque abstrait, où la violence des juges se heurte à la fragilité lumineuse de Jeanne. De cette austérité formelle naît un choc émotionnel d’une puissance rare, comme si le cinéma lui-même devenait un acte de foi.
jppmovie
jppmovie

7 abonnés 76 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 janvier 2026
Une pure merveille, tournée il y a quasiment un siècle. Falconetti est de très loin la meilleure Jeanne du cinéma. Ce film est d'une beauté ravageuse. Luc Besson aurait du le visionner avant son ratage de la fin des années 90.
Paul_hze
Paul_hze

2 abonnés 120 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 décembre 2025
C'est vraiment un film pour les prétentieux mais pour une fois je vais faire genre que je le suis pas.

Olala ce film est surcoté !

☝邏Moi aussi je peux faire 3000 très gros plans débullés en contre-plongée, mal faire les raccord entre les scènes, avec des acteurs en surjeu constant, le tout en crachant sur la religion ! (Surtout le dernier.)

Ceeeertes, c'est innovant et ça s'inscrit dans une époque, mais on est plus à cette époque.
J'vous vois les prouveurs qui lâchent leur meilleur 5 en criant au chef d'œuvre alors que c'est terriblement chiant comme film.

Jenna Ortega ton top 2 me déçoit.
Alex Lanson
Alex Lanson

6 abonnés 36 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 juillet 2025
Je l’ai vu hier, un film incroyable. La version vue sur YouTube en 4K, restorée, semble avoir été tournée récemment alors que le film a été tourné il y a presque d’1 siècle. Belle réalisation et performance de tous les acteurs. Je regrette ne pas avoir vu ce film plus tôt.
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 826 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 18 juin 2025
Apparemment superflu, le carton introductif se révèle doublement trompeur. Car la reconstitution historique en tant que telle n'intéresse pas Carl Dreyer qui ne traite absolument pas des considérations politiques en jeu ni de l'égoïsme de ces hommes indignes de Dieu. En outre, ce n'est pas le portrait d'une jeune paysanne impressionnante de sincérité, de force, de capacité de répartie, qui est esquissé mais celui d'une illuminée, yeux écarquillés, bouche ouverte, air hagard tout du long (comme si une femme ne pouvait être aussi voire plus courageuse que des hommes uniquement quand elle serait guidée par la foi ou par la folie...). Ainsi, on ne ressent aucune empathie face à l'ignominie de ce que subit Jeanne à cause paradoxalement des choix de réalisation et de narration (gros plans appuyés, acteurs en surjeu, musique dramatique pesante...) qui la réduisent à une figure christique au lieu de valoriser ses singularités et éventuellement le contexte historique. Ennuyant et ennuyeux!
Paulus
Paulus

1 critique Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 mai 2025
Il s'agit d'un film muet, ancien (1928), et cela est bon d'en voir un surtout sur l'un des procès les plus ancien connu et documenté de l'histoire. Le style est donc très épuré, froid et prenant, l'enjeu est la mort par le feu d'une jeune femme, Jeanne d'Arc (XVeme siècle) que tout déjà condamne.

J'ai trouvé que le côté noir et blanc, muet, qui marque des temps et la musique sacrée, renforcent bien l'accompagnement à cette mort physique mais aussi spirituelle. La Jeanne et son regard écarquillé joue parfaitement l'innocence face à l'acharnement et l'enjeu pour les accusateurs. La forme de ce film est directe, simple, on pourrait même dire assez fidèle tellement le style est ancien.

De plus, au début du XXème, l'image de Jeanne D'Arc revient sur le devant de la scène publique, béatification et canonisation en 1920, le film est aussi dans la lignée de ce nouvel engouement autour de la Sainte.
Autour de ce film, il a faillit ne jamais être conservé car il a été censuré, puis la petite version restante est partie en fumée dans un incendie. On a miraculeusement retrouvé un vieux négatif dans un hôpital psychiatrique à Oslo qui a permit de retrouver la version originale => Source Wikipédia.

Pas mal du tout.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

91 abonnés 4 229 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 10 janvier 2025
Cette évocation de Jeanne d'Arc, référence à la passion du Christ, est le récit du procès de la Pucelle, de sa condamnation et de son exécution.
Au-delà du style rigoureux et extrêmement dépouillé de Dreyer, la singularité étonnante de ce film muet et de la mise en scène tient à un récit exclusivement conçu à partir des visages. Dreyer adopte le gros plan pour les seconds rôles et surtout pour Jeanne, laquelle, de la sorte, affiche ostensiblement ses sentiments et ses émotions. Le travail de la comédienne Renée Falconetti, visiblement habitée, consiste à exprimer face à la caméra les étapes émotionnelles de son personnage: incompréhension devant ses juges et bourreaux, confiance, peur, résignation...Le visage s'éclaire ou s'étiole sur un fond rigoureusement blanc.
Son affrontement avec des théologiens déchainés et stupides qui n'ont de cesse de lui faire expier son apostolat produit, en dépit du minimalisme de la mise en scène, une vraie puissance pathétique et touche à une dramatique intensité sur le bûcher. Dreyer ne cache pas sa fascination pour Jeanne d'Arc et son admiration pour sa foi inébranlable.
Dépourvu de toute considération psychologique et de références sociales ou historiques, le cinéaste parvient à évoquer Jeanne, pure et équivoque, d'un point de vue essentiellement spirituel. L'exercice est parfois fastidieux, d'autres fois très inspiré.
Redzing

1 450 abonnés 4 912 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 août 2023
« La Passion de Jeanne d’Arc » n’est aucunement un biopic sur la Pucelle d’Orléans. Il s’agit d’une œuvre exclusivement centrée sur son procès de Rouen, par des ecclésiastiques français à la solde de la perfide Albion. Cependant, on est autant dans le film judiciaire que dans le cinéma religieux.
Car il ne faut pas oublier que Jeanne d’Arc fut canonisée en 1920, soit peu avant la sortie du film. Si le titre n’était pas assez évident, on assistera donc à la fois à une condamnation injuste et à la représentation du martyr d’une sainte.
La douleur physique et psychique est clairement ce qui ressort du film. Après son visionnage, difficile d’oublier l’interprétation hallucinée et tourmentée de Renée Falconetti, en jeune héroïne écrasée par sa foi, et ses tortionnaires hargneux. L’actrice est presque deux fois plus vieille que son personnage (près de 36 ans), probablement pour mieux représenter le lourd vécu de Jeanne d’Arc.
Ce rôle est d’autant plus emblématique qu’il sera le dernier à l’écran pour Falconnetti, qui privilégiait les planches à la caméra. On raconte également que le tournage fut un enfer pour elle…
C’est aussi la grande intensité de la mise en scène de Carl Theodor Drey qui estomaque. Les décors en béton sont très austères, les maquillages presque absents. Mais le réalisateur utilise beaucoup de gros plans, pour faire éclater toute la souffrance de sa protagoniste… et la monstruosité des ecclésiastiques qui la jugent. Ceux-ci sont constamment filmés en contre-plongées cauchemardesques, et avec un éclairage qui souligne leurs défauts physiques (boutons…).
Avec en prime une séquence finale de bûcher au chaos infernal. Et plusieurs détails bien vus. Des références religieuses évidemment, ainsi qu’un clin d’œil amusant : le casque des soldats anglais en gros plan ressemble beaucoup à celui des troupes britanniques des années 1920 !
Quant au scénario, il est apparemment basé sur le vrai procès de Jeanne d’Arc, très documenté. Et apporte là encore des réflexions sur la foi et l’Eglise. Le film sera d’ailleurs allègrement censuré à sa sortie, et pendant longtemps la version complète fut jugée perdue. Jusqu’en 1981, où une copie de la version originale fut retrouvée, en Norvège, dans… un asile psychiatrique !
Alolfer
Alolfer

178 abonnés 1 736 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 avril 2023
Un des films français les plus cultes ! Ce film est magnifique ! Un grand bravo avec l'actrice qui joue le personnage de Jeanne d'Arc, qui est excellente ! Par ses expressions, on comprend que ce personnage semble perdue et ne s'est plus quoi faire de son destin. Elle est à la fois fascinante et fait aussi très peur ! On ajoute à cela une excellente réalisation, surtout pour l'époque ! Une mise en scène extra ! Et aussi les musiques du films sont magnifiques ! Pour un film sortit en 1928, le long métrage est tout bonnement un film qui n'a pas pris une ride contrairement à certains vieux films ! Un des films qui fait partie de l'histoire du cinéma avec un grand H !
Keorl
Keorl

5 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 mars 2023
C'est un bon film, et on passe un bon moment à le regarder. L'actrice principale est excellente.
Cependant, c'est aussi un film muet, basé entièrement ... sur des dialogues ! À savoir la retranscription du procès de Jeanne d'Arc selon les documents historiques (par ailleurs manipulés sans gants au début du film, mais ce n'est pas le sujet). Donc pas tellement adapté au muet, avec beaucoup de dialogues qui passent à la trappe, les quelques phrases les plus importantes étant affichées à l'écran. Outre ces dialogues muets, trop peu d'effets spécifiques au cinéma muet pour en faire le format idéal.
C'est d'autant plus dommage que le parlant s'est généralisé peu de temps après. N'étant pas historien du cinéma, je peux donner le bénéfice du doute : ils ne pouvaient pas deviner. Ce qu'ils pouvaient deviner par contre, c'est le 500e anniversaire du procès, en 1931. En ayant la patience de viser cette date symbolique pour un tel film, le parlant aurait été disponible ... et plus adapté pour un film retranscrivant des dialogues.
Arthur Guezou
Arthur Guezou

215 abonnés 1 732 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 octobre 2022
Le film est franchement bien, il montre une musique très chouette et qui accompagne une mise en scène vraiment théâtral.
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 405 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 mars 2022
Fim muet de Dreyer, réalisé en France, sa version d'origine qu'on croyait perdue a été redécouverte par hasard. Il décrit le procès de Jeanne d'Arc et son supplice. Austère, filmé en plans rapprochés avec de nombreux gros plans sur les visages, comme pour cerner au plus près les caractères de l'âme humaine,
"la passion..." redonne vie à une icône du patrimoine. Bresson reprochera au film de Dreyer de proposer une Jeanne un peu trop larmoyante. Seul film de l'actrice principale ( Falconetti) qui fût sociétaire de la comédie française et terminera tragiquement son existence à Buenos Aires à la fin de la guerre en se donnant la mort. Le film est formidable, mais s'adresse surtout au spectateur intéressé par le cinéma d'auteur.
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 22 mars 2022
La version de "Jeanne d'Arc" signée Dreyer est unanimement célébrée par la critique : on y loue le jeu expressif de Maria Falconetti, la mise en scène flamboyante suivant les regards avec une acuité sans pareille et en guise de sous-texte une critique acide du monde ecclésiastique. En regardant de près cet objet culte, ce qui frappe avant tout, c'est la quantité de cartons qui illustre bien l'idée que Dreyer voulait faire un film parlant. Comme tout bon film de procès qui se respecte, la parole a une place décisive, elle fait partie prenante de l'action en mettant en évidence les différents rapports de force. Or, ce que l'on voit à l''écran, c'est une suite de visages sidérés, sévères, mais aussi dépourvus de nuances et gardant ces mêmes expressions – plan après plan. Prisonnière de cette mécanique, la caméra ne peut que se soustraire à la fameuse ex-pres-si-vi-té des regards, sans parvenir à creuser le caractère tragique de l'héroïne. C'est un film-système extrêmement rébarbatif, qui en définitive ne fait que suivre le programme attendu sans chercher à briser son homogénéité. Les interminables champs-contrechamps ne disent rien d'autre que le schématique affrontement entre une Jeanne constamment horrifiée et des juges implacables ; il faut attendre le final et un virevoltant exercice de montage pour que l'on éprouve enfin une émotion vis-à-vis de cette destinée. En effet, en même temps que l'on suit la lente mais sûre mise à mort de Jeanne, la caméra reste attentive, dans un montage alterné virtuose, aux préparatifs du pouvoir anticipant la révolte populaire – jusqu'à l'attaque des gardes repoussant avec violence les différents assauts au moment où la mort de la condamnée est effective. Ces dernières minutes sont aussi les plus fortes parce que le dispositif muet est enfin justifié ; ces actes barbares et tragiques se passent de mot, et les seules puissances primitives du cinéma (image, son, montage) peuvent suffire. Que cette puissance visuelle et sonore finisse par s'exprimer est un soulagement, mais il demeure impossible d'oublier à quel point toute la partie réservée au procès ait été aussi redondante et peu intéressante.
Chaîne 42
Chaîne 42

221 abonnés 3 552 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 novembre 2020
Ce film a un destin particulier, il devait être parlant mais cela ne s'est pas fait, il a été redécouvert en 1981 alors qu'il risquait d'être perdu et finalement est considéré par beaucoup comme un chef d'oeuvre et par certains un des plus grands films. A la vérité, oui c'est un grand film mais je suis plutôt d'accord avec certaines réserves tels le caractère grimaçant de l'ensemble, théâtral et dramatisant au possible avec les gros plans et l'aspect un peu figé de Renée Falconetti, en réalité âgée de 30 ans et ça se voit un peu tout de même, entre roulement des yeux, contrition et pleurs. De plus il ne se passe pas grand chose et je ne m'extasie pas devant une foule plus ou moins compacte qui subit la violence de la soldatesque. Par contre le fait que Dreyer ait étudié le sujet au point de nous restituer de façon relativement fidèle ce procès et certaines dimensions qu'il réussit à y instiller est plutôt appréciable. C'est un défilé parmi les juges de niveau d'hypocrisie et d'attitudes révélatrices variées à tel point que l'on peut voir qu'ils sont plus ou moins démonisés (sous l'influence plus ou moins directe de démons) bien que ce soient bien sûr des acteurs. Mais la réalité est là et cela fait un parallèle avec l'attitude de Jeanne où le doute ne va s'insinuer que par lassitude du harcèlement qui facilite une peur incontrôlée de la mort. Certaines des questions posées par les "inquisiteurs" renvoient à une attitude du diable qui chercherait à puiser des secrets de Dieu sachant qu'il a vraiment devant lui une "sainte". Il y a aussi peut être non intentionnellement une forte critique du légalisme catholique qui sert à chercher à piéger Jeanne dans ces quelques réponses (un peu à la façon de la torture dans 1984, utiliser ses plus grandes peurs). Il n'y a pas de vrai parallèle avec la passion du Christ (le titre est un peu trompeur) hormis l'intention du diable indiqué ci-dessus mais avec un procès et un martyre et c'est cela qui est filmé par le détail dans ce film. En fait le tout est un peu édulcoré car on ne voit principalement que des expressions de visage, privilégiant certains effets d'intention. Et au final le film s'il est un bon reflet du procès réel ne s'en approche pas tant que cela par manque de réalisme car usant trop d'effets "artistiques" ce pour lequel il est plébiscité.
ronny1
ronny1

55 abonnés 913 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 mai 2020
A l’opposé des boursouflures baroques d’un Cecil B. de Mille, Carl Th. Dreyer adopte un style entre le réalisme allemand et la blancheur immaculée d’Eisenstein. Concentré sur le visage douloureux de Jeanne, la mise en scène semble minimaliste. En fait, à chaque vision de « La Passion de Jeanne d’Arc », il apparaît que la réalisation est hissée techniquement au niveau de celle des plus grands par la précision du travail de mise en place, de la sophistication des plans et mouvements de caméra. En repartant des minutes du procès le maître danois présente une œuvre centrée sur une frêle jeune femme d’à peine dix neuf ans, fragile et apeurée, mais volontaire et courageuse. Fille de Dieu, elle désarme les perfides questions pièges d’un clergé vendu aux anglais, par des réponses désarmantes de simplicité et de sincérité. Pour incarner ce choix exalté de la foi, à l’opposé d’une reconstitution juridique précise et glaciale, après avoir pensé un moment à Lillian Gish, Dreyer choisit une actrice du théâtre de boulevard : Renée Falconetti dont ce sera le seul grand rôle parmi ses trois apparitions au cinéma. Certes, elle est trop âgée pour le rôle, mais l’intensité de son jeu est telle, qu’elle embarque tout dans un torrent émotionnel dont la puissance fut rarement égalée au cinéma, des premières minutes, jusqu’à la fin horrifique sur le bûcher. Cette direction d’acteur superlative, fut obtenue au prix de maltraitances, fruits de l’exigence tyrannique du cinéaste. Elle éloignera Mlle Falconetti du septième art à tout jamais. Considéré à juste titre comme un chef d’œuvre du cinéma muet, « La Passion de Jeanne d’Arc » se place aux côtés des œuvre majeures d’Eisenstein et Lang. La version Criterion, entre autres, bénéficie de l’oratorio de Richard Einhorn, accompagnement musical idéal de ce joyau.
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