Derniers Avis : La passion de Jeanne d'Arc - Page 4
La passion de Jeanne d'Arc
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real-disciple
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5,0
Publiée le 29 septembre 2012
J'ai vu la version de 1h22 avec de la musique médiévale, ce fut grandiose. Ce film est un vrai chef d'oeuvre. Tout passe par les expressions des visages et on aurait même pu se dispenser des intertitres pour ceux qui connaissent bien l'histoire. L'actrice Rene Falconetti est juste incroyable (pour cause resta démaquillée alors qu'elle est filmée tout le temps en gros plan). L'histoire est la plus fidèle et elle est d'autant plus appréciable grâce à la force des images imposées par Dreyer. Le travail sur la mise en scène est remarquable (les plans sont beaucoup plus court vers la fin pour montrer le désordre).
Film célébré par les cinéphiles mais dont le culte est un peu surfait. Scénaristiquement, Dreyer procède à un resserrement dramatique en faisant se dérouler le procès puis l’exécution de Jeanne durant la même journée. Si ce choix offre certains avantages, il a l’inconvénient d’offrir du personnage de Jeanne qu’une seule facette, celle de martyre. Il suffit de voir le titre. La grande originalité du film est d’ordre plastique, bien que cette originalité soit essentiellement involontaire. Dreyer envisageait de réaliser un film parlant, ce qui, en France était encore techniquement irréalisable. On obtient du coup un film muet dont bon nombre de codes et de règles de mise en scène tiennent du cinéma parlant, d’où entre autres une grande utilisation du gros plan qui, associé à des choix de décors très basiques, donne au film un style très dépouillé. Le gros point faible du film est en revanche dans l’interprétation des acteurs, impression que renforce cette accumulation de gros plans, Robert Bresson allant même jusqu’à comparer le film à un concours de grimaces. Renée Falconetti, l’actrice principale, dont c’est le seul grand rôle de cinéma, surjoue en effet beaucoup mais les acteurs qui l’entourent ne sont pas beaucoup plus légers. La première partie du film traine aussi pas mal en longueur, toujours en raison du décalage entre cinéma parlant et muet, cette introduction étant surement le passage le plus clairement conçu pour être parlant. Sonorisée, elle aurait certainement été moins ennuyeuse (imaginez un film de procès muet). Heureusement, au bout d’environ 40 minutes, le film sort de ce style et, l’aspect visuel prenant le dessus, La Passion de Jeanne d’arc s’avère ensuite tout à fait passionnante.
Incroyable la manière dont Dreyer exerce une fascination magnétique à travers la façon dont il dépeint Jeanne d'Arc. Mystifié à outrance, sacralisé voire canonisé par le cinéaste, elle transcende totalement le film, qui est par ailleurs d'un bon goût remarquable. On a l'impression que "la Passion de Jeanne d'Arc" est un film définitif dans son discours : barbarie et cruauté humaine, religiosité, rapport des hommes au divin, tout y était traité avec une très grande finesse. La musique qui accompagne le film est magnifique.
Les mots me manquent pour rendre compte de la beauté, de la force, de la perfection de ce long métrage! «La Passion de Jeanne d'Arc» est tout simplement l'un des 4 ou 5 plus grands films muets, si ce n'est le plus grand. Tout, absolument tout y est bouleversant : la virtuosité absolue de Carl Thedor Dreyer, l'interprétation déchirante de Renée Falconetti, le texte du procès de Jeanne d'Arc... Robert Bresson tirera d'ailleurs de ce dernier un film tout autant réussi (un peu plus subtil mais moins fort esthétiquement parlant), s'appuyant exclusivement dessus et épurant son art à l'extrême. Dreyer quant à lui prolonge sa puissance et sa portée phénoménales par une mise en scène qui ridiculise quasiment tous ses successeurs : comment faire du cinéma après lui? Comment créer quelque chose d'aussi inouï? La réponse paraît bien faible au regard de l'intensité de l'oeuvre de Dreyer : les artistes qui ont su l'égaler se comptent sur les doigts de la main. Vraiment, je reste encore sous le choc... Dès 1927 tout était dit (ou presque). Chaque plan est d'une beauté à couper le souffle, chaque mouvement de caméra étonne par son audace, chaque geste s'avère d'une harmonie confondante, chaque regard nous transperce... Et dire que Dreyer réalisera encore 3 ou 4 films de cet acabit par la suite! Je ne peux que vous inviter à vous plonger corps et âme dans ce film, l'un des seuls à être véritablement indispensable! Un chef-d'oeuvre terriblement émouvant, l'un des plus grands du XXe siècle tous arts confondus. [4/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
La passion de Jeanne d'Arc n'est pas un chef d'oeuvre, ni le sommet de l'oeuvre de Carl Théodore Dreyer. Le cinéaste danois a choisi de filmer en gros plans toute la scène du procès de Jeanne d'Arc, ce qui n'est pas le plus courant pour tourner ce type de scène. Ceci peut donner l'impression d'un certain statisme (quand même les deux tiers du film). Mais ceci est pallié par les grandes qualités du rendu expressionniste, avec ces visages caricaturaux aux traits tourmentés et grotesques tel extraits des peintures de Jérôme Boesch ou de Brughel père et fils. Des visages caricaturaux certes mais Dreyer chercher à nous montrer les différents aspects psychologiques des différentes personnes présentes au procès. Le film est dominé par l'interprétation hallucinée, au comble du mysticisme, de Falconnetti dont on ne peut que difficilement oublier le visage qui porte le tragique et quels yeux magnifiques dont perlent des larmes tragiques, visage d'où un crachat est déversé par un prêtre intolérant. Si la première heure peut être vue comme un peu longue, le dernier tiers est sublime, lors de la préparation au bûcher et le revirement de Jeanne (voir l'expression de l'évêque Cochon). Toute la mise en scène virtuose de Dreyer est présente ici et très moderne : des mouvements de foule très bien rendus, d'une violence inouie, des plans osés (personnes vues à l'envers). La scène du bûcher est filmée quasiment en temps réel, l'agonie de Jeanne y est montrée sans détachement ni voyeurisme malsains. Le personnage est sans concession aucune, sa peur, sa résignation, sa délivrance, ses forces et faiblesses fendues avec justesse et précision. Saluons aussi le joli rôle d'Antonin Artaud. Un très bon film parfois difficile mais difficilement oubliable, peut être le meilleur sur Jeanne d'Arc.
Carl Dreyer signe avec ce récit des dernières heures de la célèbre pucelle d’Orléans une œuvre magistrale au style dépouillé qui restera à jamais parmi les références du cinéma muet. L’enchainement des plans serrés tour à tour sur les visages des juges ecclésiastiques et sur celui de Jeanne d’Arc parvient à mettre en valeur tout à la fois une ambiance oppressante et un sentiment de peur sans précédent dans le 7ème art. En plus d’être l’une des premières reconstitutions historiques et une image très dure de la religion chrétienne, il s’agit surtout du tout premier suspense juridique dont les codes narratifs seront le modèle à suivre en la matière. Si ce film est si poignant c’est grâce au jeu littéralement sensationnel de Maria Falconnetti qui nous fait partager, à travers le moindre de ses regards, l’horreur que traverse son héroïne en route vers la mort.
La carrière de Carl Théodor Dreyer fut aussi longue que ses œuvres furent rares : quatorze films en cinquante ans et une place à part dans l'histoire du cinéma. Réalisateur perfectionniste et d'une rare exigeance, il incarne, avec Erich Von Stroheim, l'auteur radical, se singularisant par un refus total de toutes concessions. Il est à ce titre le précurseur des Kubrick et autres Malick, portant haut l'idée d'un cinéma qui est tout sauf futile. Le cinéma comme une religion et l'acte de mettre en scène vécu comme un véritable sacerdoce. Dans le fond même de son cinéma, Dreyer était un mystique obsessionnel, cherchant désesperemment la présence du divin sur la terre des hommes, comme le chercheront de la même manière de nombreuses années plus tard, les deux autres grands mystiques du cinéma que sont Pasollini et Abel Ferrara. Dreyer a réalisé avec "La passion de Jeanne d'arc" un film véritablement unique, choisissant d'aller vers l'épure, les visages de souffrance cadrés en gros plan faisant quasiment offices de seuls décors. Décadreur génial, il construit son film de manière à exprimer une sorte d'effondrement, à la fois physique et mental. Le résultat est réellement impressionnant par la violence qui est ainsi suscitée. Enfin, et ce n'est pas le moindre des atouts, on découvre peut-être pour la première fois ce que peut vouloir dire "le don de soi" pour un acteur. Maria Falconetti est à ce point habitée par le rôle-titre qu'on ne parvient plus à différencier véritablement ce qui relève de la souffrance intérieure feinte et incarnée, du tourment que l'on part puiser trés profondément au fin fond de ses propres traumas. Un film aussi difficile et exigeant que fondamentalement incontournable.
C'est un film exceptionnel !! Je viens de le voir, et sérieusement, il est génial. Il y a beaucoup de gros plans, mais ce n'est pas gênant car le jeu de Falconetti est juste extraordinaire !!
Alors je ne m'y attendais pas, mais ce film reprend exactement le même sujet que celui de Bresson, dans le procès de Jeanne d'arc… Adorant le Bresson et n'ayant pas aimé (par manque d'intérêt) un des Dreyer que j'avais vu, Vampyr en l'occurrence, je me suis demandé comment Dreyer allait s'en sortir.
Ce qui est incroyable c'est à quel point les deux films sont différents… La différence entre deux films c'est bel et bien la mise en scène.
Si les deux films suivent précisément les minutes du procès de Jeanne d'Arc, l'un va jouer la sobriété à l'extrême, pendant que l'autre va faire rouler des yeux ses acteurs tout en regardant le ciel… (deux trucs que j'adore) Et puis qu'est ce que ça me parle comme sujet, savoir si on possédé par le malin ou bien envoyé de dieu, avec tout l'aspect religieux qu'il y a derrière… C'est simplement génial.
Je ne saurai dire lequel des deux films je préfère, (bon en cherchant bien c'est peut-être quand même le Bresson) mais qu'est ce que c'est bien…
La mise en scène de Dreyer est simplement géniale, les contre plongées magnifiques sur Jeanne D'arc entrain de pleurer et puis la musique (bien qu'elle ne soit pas choisi par Dreyer par l'éditeur de DVD criterion) qui vient renforcer cette beauté. Par contre on sent bien que la musique n'a pas été composée pour le film, mais peu importe c'est tellement beau…
C'est vraiment un très grand film, peut-être mon film muet préféré. Sublime de bout en bout, La passion de Jeanne d'Arc est un chef d'oeuvre, émouvant, beau, très beau…
Et grand dieu qu'est ce que j'aime les films sur la passion.
Un véritable chef d'œuvre du cinéma muet, remplis d'émotions et réalisé a la perfection ... Rythmé par une Bande Son absolument exceptionnelle, le film nous envoute complètement et nous laisse bouche-bée, si bien qu'on a pas l'impression d'assister a un film, mais directement au procès de Jeanne d'Arc ! Le film a beau etre tres ancien, filmé en noir et blanc de qualité évidement moins bonne que ce qui a été fait plus tard, et etre un film muet, on y assiste avec passion ! C'est un film tres beau et émouvant, magnifiquement interprété (a retenir tout particulièrement, l'excellent Michel Simon) ! Quand au fait que ce soit un film muet, deja en temps normal je m'en fiche, mais la c'est passé avec une fluidité impressionnante, les intertitres sont courts et espacés, placés stratégiquement de manière a transmettre les émotions essentiellement grâce au visuel, c'est franchement intéressant (notamment le passage génial où l'ont peux lire clairement sur les lèvres de Maria Falconetti un "Oui" bien distinct, qui n'as pas eu besoin de texte pour etre compris...). Sincèrement Magnifique.
La Passion de Jeanne D'Arc est un film muet magnifiquement réalisér par Carl Theodor Dreyer ( Vampyr ). L'histoire raconte les dernières heures de Jeanne D'Arc, qui va de son ignoble procès jusqu'à sa terrible mort au bûcher. La mise en scène du réalisateur de Vampyr, qui est très souvent filmée en gros plans, est extrêmement émouvante, grâce aussi à l'interprétation incroyable de Renée Falconetti qui est inoubliable dans le rôle de la pucelle d'Orléans. De plus, la photographie de Rudolph Maté n'a pas prit une ride et fait de cette version de Jeanne D'Arc, un des meilleurs films français de cette époque. A redécouvrir d'urgence.
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4,5
Publiée le 5 novembre 2019
Classique incontestè du muet, "La passion de Jeanne d'Arc" de Carl Theodor Dreyer fait parti des grands films des annèes 20! Le film fut rèalisè en France à la fin de l'èpoque du muet, c'est à dire au moment où celui-ci atteignait son apogèe! Dreyer nous fait ressentir avec force la sublimation du personnage de Jeanne par sa force religieuse, ce qui donne une vision à la fois artistique et humaine de la souffrance, de l'angoisse d'un être en contradiction avec les moeurs et les idèes de son èpoque! L'oeuvre tend donc à dènoncer les mauvais traitements, physiques et moraux, dont l'être humain a ètè l'objet à travers l'histoire! Dans le film de Dreyer, les gros plans prèdominent et le rôle de Jeanne est interprètè de façon magistrale par Marie Falconetti qui reste de très loin la Jeanne d'Arc par excellence! De plus, Dreyer a su dègager l'essentiel: la foi et la souffrance de Jeanne que Falconetti nous envoie comme un uppercut! Voilà pourquoi, après plus de trois quarts de siècle, en dèpit de sa forme archaïque, "La passion de Jeanne d'Arc" garde pour un public averti toute sa force et toute sa grandeur...
Un peu à reculons, j'y ai été, c'est vrai, voir ce classique du cinéma : Un muet de 1928, aie, je vais me morfondre, mais bon, je pourrais dire, je l'ai vu ! je pourrais frimer devant la galerie à l'occasion (sans doute jamais, vu mon entourage proche, que j'adore, mais qui se fout du cinéma comme de l'an quarante)! Et bien non, On ne s'ennuie aucunement. On est vite captivé par tous ses visages stupéfiants; vite embarqué dans les tourments intérieurs de Jeanne. Un vrai chef d'oeuvre, donc, qui reste, et restera, de portée universelle, malgré le passage du temps : comment juger la folie douce, folie capable de soulever des montagnes et d'emporter les coeurs, mais aussi de ridiculiser les tenants de la soi-disante vérité. Dreyer, tenant sa caméra avec une une retenue remarquable, pose le dilemne en répondant en Artiste, seule manière possible.