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Y Leca
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3,5
Publiée le 30 septembre 2020
Conte rural turc sur une jeune paysanne muette qui s'exprime par la langue sifflée et est méprisée par tous de ce fait. Belle photo et grande actrice mais, malgré une fin très féministe, ne fait pas apprécier la mentalité des campagnes turques.
Sibel est une jeune fille qui vit dans un village de montagne turc, avec son père veuf et sa sœur.
Muette depuis l’âge de 5 ans, elle utilise le langage sifflé local pour communiquer avec les autres et, une fois les tâches ménagères accomplies, passe le plus clair de son temps dans la forêt, armée d’un fusil pour chasser le loup.
Outre le langage sifflé pratiqué dans le village de Sibel, ce film parle de liberté dans un petit village où les convenances sociales sont très pesantes.
Celle de Sibel, d’abord, qui entend vivre comme elle le veut, sans s’attacher aux commérages des femmes du village ni s’obliger à respecter les traditions locales de mariages arrangés imposés aux jeunes filles.
Celle de sa sœur aussi, qui essaye d’abord de se conformer à ces traditions et finit par comprendre leur absurdité et leur cruauté.
Celle des hommes enfin, qui se voient qualifiés de terroristes lorsqu’ils refusent d’être enrôlés dans l’armée ou du père de Sibel qui ne veut pas se voir imposer un mariage au prétexte qu’il est veuf depuis trop longtemps.
Un beau film qui comporte des images de nature splendides et des scènes d’une sensualité pudique et émouvante
une ode à la liberté ! une lutte contre l'exclusion de l'handicape.... une actrice qui crève l'écran avec sa force du regard, sa présence entre sensibilité et violence.... le cinéma comme on l'aime : hors des sentiers battus , accompagné de superbes paysages . A conseiller vivement .
Film réalisé par un duo de réalisateurs franco-turc, leur première fiction semble-t-il. Dans un village où la langue sifflée est le mode d’expression ordinaire (mode parlé qui existe en réalité), Sibel est une jeune femme muette. Rejetée par les autres femmes du village, son handicap lui permet de ne pas être soumise aux traditions familiales et de disposer d’une liberté bien plus grande que les autres femmes. Un jour elle rencontre un fugitif dans la forêt… Ce film est servi notamment par deux acteurs remarquables, Dania Sönmez pour Sibel et Emin Gürsoy pour son Père. Des images belles et variées, entre la lumière des paysages, l’ombre de la forêt, le village, les intérieurs d’habitations. Un scénario qui nous tient en haleine, parfois impressionnant, et se rapproche un peu d’une fable… Le film oppose en effet le monde du village, dans lequel la réalité et la société des hommes s’imposent avec leur flot de duretés, et le monde de la forêt, monde de dangers et de liberté, dans lequel la part animale de nos êtres peut se révéler pour le meilleur. Une fable qui est donc là pour nous livrer des messages et nous faire réfléchir. Sur le plan social et politique d’abord, c’est un film engagé sur la Turquie d’aujourd’hui, dans laquelle on trouve à la fois des traditions familiales sclérosantes pour les femmes, des hommes qui ne les respectent pas, l’exclusion des handicapés, un pouvoir politique répressif contre ses opposants… Et glisse l’idée qu’il pourrait en être autrement. Sur un plan philosophique, le film met en lumière la force intérieure que confère la confiance reçue, l’impasse et l’imbroglio auxquels conduit la jalousie et la dénonciation, l’usage de la liberté pour libérer les existences. Le film est habité par une grande délicatesse et une force vitale tout à la fois, et par les « signaux faibles » d’une rédemption possible. Très beau.
Aux fins fonds de la Turquie, une jeune sauvageonne muette se révolte contre la condition féminine. Le scénario est solide, crédible, romantique, les acteurs principaux sont convaincants et la photo très belle.
Un film superbe évoquant les coutumes de ce village turc bien différentes de celles que nous connaissons en France. L'actrice principale réalise un exploit en utilisant la langue sifflée. Un film à voir
Les réalisateurs s'empressent de présenter le contexte : la vie d'un village dans les montagnes turques. Il montre rapidement l'héroïne et tous ceux qui l'entourent. Il passe donc très vite sur son handicap pour mettre en scène l'inconnu. L'handicap ralentit les échanges entre les deux protagonistes ce qui permet au film de prendre (trop?) le temps de montrer les réactions des personnages, voire leurs évolutions. Les réalisateurs filment les regards qui sont des langages qui parlent très fort, comme dans la dernière séquence. La photographie capte non seulement le langage des regards, mais aussi la magie des us et coutumes du village : en un plan unique, elle capture le reflet du feu, fondant la montagne dans le village, où la lumière se mélange à l'obsurité de manière festive. La séquence pourrait même faire référence à l'allégorie de la caverne. Il y a aussi ce plan où Sibel regarde la télé en zappant : en quelques secondes, le film fait référence au contexte politique du pays. Ce n'est pas un film sur la différence ou sur l'étranger (au village) : c'est une oeuvre anti-militariste, anti-conformisme, féministe, bref révolutionnaire.
Sibel raconte l'histoire d'une jeune femme en marge de sa société, rejetée par beaucoup, elle continue d'avancer, digne et courageuse. La performance de l'actrice principale est vraiment incroyable !
Très beau film franco-turc, qui brosse le portrait d’une jeune femme rebelle et muette, courageuse et indomptable, symbole d’une rébellion féministe dans son village perdu au cœur des montagnes.
Très beau , interprétation remarquable - quasi reportage sur le mode de vie des villages reculés du NE de la Turquie et la pratique très étonnante d'une langue sifflée.
Troisième long-métrage du couple franco-turc Çagla Zencirci - Guillaume Giovanetti, Sibel est un film sensible et maîtrisé, qui séduit autant par la performance d’une actrice lumineuse que par la finesse et la justesse avec lesquelles il relate l’affirmation d’une jeune femme muette face aux conventions de la société turque.
Sibel donc, est d’abord un film porté par la performance bluffante d’une actrice éblouissante - Damla Sönmez - qui incarne avec une présence rare une protagoniste authentique et indépendante : Sibel, jeune fille muette qui communique grâce à un langage sifflé traditionnel et semble condamnée au rejet et à la marginalité.
Mais Sibel séduit aussi par son évocation juste et subtile de thèmes universels. Évitant les clichés et la morale outrée, le film nous parle de l’affranchissement du joug de la société et du regard des autres, de fidélité et de différence avec une justesse réelle. Et incite à la réflexion sans jamais l’imposer, contournant les plans creux et attendus et jonglant habilement entre le mysticisme du conte, la poésie de la fable et l’âpreté du documentaire. Et c’est avec cette même justesse que les réalisateurs dressent un portrait sans jugement d’une Turquie rurale pétrie de superstitions qui peine encore à s’engager sur la voie de la modernité, en filmant par exemple les tergiversations d’un père tiraillé entre ses aspirations et les exigences de la tradition. On soulignera aussi l’alchimie réussie entre les plans qui cernent au plus près les regards et les souffles et ceux qui donnent à voir la sacralité de la nature sauvage et mystique qui sert de décor à cet envoûtant récit d’émancipation au féminin.
Finalement, Sibel est un film lumineux et humain, qui préfère l’authenticité aux archétypes et poncifs agaçants. Un conte puissant et sensible, qui évoque avec subtilité des sujets qu’il a su rendre universels et rappelle à plusieurs égards le "Mustang" de Deniz Gamze Ergüven.
Quelque longueur par moment, une ressemblance avec les frères Dardenne (caméra à l'épaule) et quelques clichés mais cela reste un très bon film. Une découverte et un film bouleversant par sa thématique et son jeu d'acteur. Les sujets abordés sont très intéressants : la famille, le poids des traditions, le handicap, la politique turque, la vie des femmes....
Nul. Il n'y a pas d'autres mots... un film qui traine en longueur sans aucun scénario. Il ne se passe rien. On attend désespérément qu'il se passe quelque chose mais il n'arrive jamais rien ... des incohérences flagrantes dans le scénario.