Avec Fourmi, Julien Rappeneau signe une comédie dramatique pleine de douceur et de bonnes intentions. Le film raconte l’histoire d’un jeune garçon qui, pour redonner espoir à son père en difficulté, invente un mensonge qui va bouleverser leur quotidien. Ce point de départ touchant donne lieu à un récit sincère, centré sur la relation père-fils, véritable cœur battant du film.
Le duo formé par François Damiens et Maleaume Paquin fonctionne à merveille. Damiens, à la fois maladroit et bouleversant, incarne avec justesse ce père paumé, tandis que le jeune acteur apporte une fraîcheur et une émotion naturelles. Autour d’eux, Ludivine Sagnier, André Dussollier et Laetitia Dosch complètent agréablement la distribution, donnant au film une atmosphère humaine et bienveillante.
La mise en scène, sobre et lumineuse, épouse le ton doux du récit. Julien Rappeneau filme ses personnages avec tendresse, sans excès ni pathos, et parvient à maintenir un équilibre délicat entre émotion et légèreté. Le film se laisse suivre agréablement, porté par une sincérité évidente et un sens du rythme simple mais efficace.
Cependant, Fourmi souffre d’un manque d’audace. L’intrigue, très prévisible, suit un schéma connu d’avance : mensonge, complications, vérité et réconciliation. Le scénario ne réserve aucune véritable surprise, et certains passages manquent d’intensité dramatique. Le traitement, trop sage, reste à la surface de son sujet — notamment lorsqu’il effleure la question sociale ou la solitude du père.
Au final, Fourmi est un film sympathique et attendrissant, qui touche par moments sans jamais bouleverser. On passe un bon moment, mais sans grand frisson ni émotion durable. Une œuvre honnête et bien jouée, qui se regarde avec plaisir, mais qui ne laisse pas une trace profonde.