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Patjob
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2,0
Publiée le 7 février 2019
Un Rohmer mineur. Les situations et les dialogues de ce film manquent de l'intelligence, la finesse et la subtilité dont l'auteur nous a souvent gratifiés. On frise même parfois le vaudeville. Si le personnage de Pauline reste très attachant, les autres manquent de profondeur et de complexité, comme celui de Marion, joué (assez mal) par une Arielle Dombasle dont il semble que l'intérêt de Rohmer fut de la filmer en diverses postures et tenues affriolantes évoquant souvent la poupée Barbie.
12 ème films de Rohmer, qui est si bon grâce à ses dialogues et à son qua-trio de comédiens. Surtout la jeune Amanda Langlet. Ce film a des dialogues artificiels, mais les acteurs jouent et donnent cœur à cela. "Pauline à la plage" c'est notamment le premier amour d'une jeune fille, plus mature que certains personnages adultes. Le thème principal est pourquoi les méchants mecs plaisent plus que les beaux mecs gentils. Vraiment un film savoureux, où on sent la liberté des vacances, le jeu, l'amour et la liberté des années 80.
Je mets une mauvaise note à ce film parce que ce n'est pas un film. Pauline à la plage est un mix entre une dissertation philosophique et un vaudeville. De cette oeuvre, il ne pourra rester que le texte, le scénario, un scénario qui tient de la pièce de théâtre, quand les images filmées s'effaceront puisqu'elles n'ont aucune valeur. Or on ne fait pas un film sans images.
En 1983, nous fûmes nombreux à considérer qu'avec ce solaire "Pauline à la Plage", Eric Rohmer avait atteint une sorte de sommet formel et thématique de son œuvre. Séduits par les formes d'Arielle Dombasle, ici dans son meilleur rôle, surpris par la franche sensualité de nombreuses scènes (pas vraiment le style habituel de Rohmer !), impressionnés par la présence de Féodor Atkine", mais surtout troublés par le plaisir coupable que nous avions pris devant ces marivaudages dignes d'un roman-photo (comme on disait à l'époque, aujourd'hui on parlerait plutôt de "AB Productions", je crois...), nous défendions notre voyeurisme le plus élémentaire en appelant à la rescousse nos habituels arguments philosophiques : certains dialogues n'étaient-ils pas ici "franchement platoniciens, période socratique" (sic) ? Ne s'agissait-il pas ici d'interroger le lien inextricable entre réflexion et action ? Entre les femmes qui parlent trop et pensent trop, et qui sont forcément déçues et trompées, et les hommes qui suivent leur impulsion première et courent ainsi au désastre, qui sauver ? Bref, nous nous gargarisions de mots, nous aussi, pour expliquer notre fascination pour ce qui n'était finalement qu'une exploration franche - et donc cruelle - des mœurs amoureux et sexuels des adolescents et des adultes de l'époque. Mieux vaut aujourd'hui admettre que "Pauline à la Plage" n'est pas tout-à-fait le chef d’œuvre que nous avions vu, qu'il est avant tout un film incroyablement plaisant, entre beauté des acteurs, corps dénudés et quiproquos à la bonne franquette.
Un Rohmer estival où les sentiments amoureux sont mis à mal, passion tronquée et désir bafoué, le raisonnement relationnel entre hommes et femmes qui conduit à l'amertume, de l'espièglerie naïve de la jeune Pauline à l'assurance frivole de Henri, comme si tout cela ne se résumait qu'à une simple étape de vie en suspens, ici la fin des vacances et le début d'autre chose. Comme souvent chez Rohmer l'histoire est d'une simplicité complexe, en faisant exister ses personnages avant tout, les enjeux suivent puis les langues se délient pour confronter les pensées intimes, relatives à un évènement clé, à savoir ce qui s'est réellement passé dans cette chambre pour Marion et Pauline... Et je dois également dire que j'ai été assez ému de voir que Rohmer ai choisi Jullouville pour placer son conte, endroit où j'ai passé mes plus belles vacances étant enfant, j'ai évidemment reconnu cette plage avec ses maisons accolées au sable, un petit coin plein de charme et gorgé de souvenirs, ce qui a sans doute ajouté un petit plus.
Deuxième des Comédie et Proverbes, Pauline à la Plage se voit auréolé d'un succès international en recevant l'Ours d'argent à Berlin en 1983. Film de plage, chassé-croisé théâtral entre six personnages - 3 filles, 3 garçons, récit d'initiation, réflexion morale et philosophique sur les liaisons amoureuses, Pauline à la Plage est tout cela à la fois, fort d'un scénario très dense et très écrit (pléonasme pour Rohmer?).
La trouvaille la plus astucieuse du film est peut-être de jouer habilement sur l'aspect comédie qui vire à la tragédie, un jeu qui devient sérieux à la manière du Musset d'Il ne faut jurer de rien ou des Caprices de Marianne où une simple blague, un pari s'avère avoir des conséquences graves sur ceux qui l'exécutent. Ici, justement, la marchande de bonbons toute nue aperçue par Pierre dans la chambre d'Henri et le quiproquo qui s'ensuit a des effets comiques (notamment en raison de la figure grotesque de la marchande de bonbons, interprétée par Rosette) tout en laissant apparaître en filigrane des séquelles plus sérieuses: Pauline et Sylvain risquent de se brouiller, puisque Henri, cet ethnologue volage lié à Marion, a fait croire à tout le monde que c'était Sylvain qui était avec Rosette. Certes, ce qui se passe entre Pauline et Sylvain peut être considéré comme une simple amourette sans conséquences... Oui, mais... Et si Pauline était traumatisée à vie par cette première expérience sentimentale ratée (elle n'était qu'une fois amoureuse d'un garçon auparavant: "un vieux... il avait 12 ans, j'en avais 6: c'était très vieux pour moi!"), et si l'inconséquent se muait en conséquent?
Après un prologue quelque peu longuet et des tergiversations sur l'amour et ses mille petits désagréments tout à fait rohmériennes, Pauline à la Plage se concentre sur son vrai sujet: la frontière vacillante entre la gaudriole sans conséquences et l'histoire d'amour tragique. Et puis sinon? Eh bien tant par la sobriété imparable de la photo de Nestor Almendros, que par les dialogues ciselés et que ces acteurs "rohmériens" semblent se mettre en bouche avec un plaisir communicatif, le film convainc. Cependant il trouve également ses limites dans son aspect trop conceptuel et trop rigide (puisque basé sur un concept: la frontière brouillée entre le léger et le sérieux).
Entre Dombasle la rêveuse, celle qui veut brûler d'amour et Pauline qui croit au vrai amour, les hommes font du chassé-croisé amoureux. Un film tout en finesse et dans des dialogues toujours passionnants. Presque un vaudeville sur le désir et la force des sentiments.
Pauline à la plage est un film sensible, charmant, un peu lent et sûrement un poil démonstratif quand même, mais qui reste un bon moment de cinéma, doux et raffiné. Il doit beaucoup à ses acteurs bien sûr. Arielle Dombasle est lumineuse, et prouve qu’elle sait être une excellente actrice bien que son personnage ne soit pas forcément le plus consistant du lot. En la matière c’est Amanda Langlet qui hérite du personnage le plus travaillé, et l’actrice n’est pas en reste, parvenant à s’imposer sans difficulté particulière. Côté casting masculin on retiendra bien sûr le toujours excellent Féodor Atkine, avec pour ma part un loupé quand même ici : Simon de la Brosse, qui peine à vraiment se démarquer et à sortir du lot. Le scénario est certes un peu lent et surtout un peu redondant. Au bout d’un moment on commence à se dire qu’il faudrait avancer quand même, et que le cercle amoureux interminable est un peu trop longuet. Après il y a de la finesse, du charme, c’est propre et raffiné, parfois drôle, souvent sensuel, et en tous les cas Pauline à la plage distille une élégante ambiance, prenante, et que l’âge renforce bien. L’amour est au cœur de ce film, et il est bien capté. Formellement le film est très propre : belle photographie, beaux décors de bord de mer, le film respire le naturel et à la fraicheur des vacances. Un peu moins convaincu par l’absence presque totale de bande son, et la mise en scène de Rohmer est quand même très appliquée, elle a un côté roide qui s’harmonise mal avec la fraicheur de l’atmosphère et des personnages. Le premier plan très raide pose le film, et plus de légèreté n’aurait pas été de refus. Pauline à la plage est un film qui a du charme, et qui fait plaisir à voir. Le regard sur l’amour est intéressant, les acteurs sont bons dans l’ensemble, c’est un joli métrage qui aurait pu cependant être perfectible. 3.5
Ce film est surtout l'histoire de ce genre de vieux monsieur qu'était Rohmer; ceux avec qui tout le monde est gentil (forcément, puisqu'ils payent.) La ravissante oie qu'est Pauline ne reçoit aucune critique de sa part tout le long, comme prévu, alors que le salop de service semble recevoir toutes ses grâces: il semble de fait que le réalisateur se venge de la jeunesse de cet amoureux éperdu qu'est Pierre, qui lui est en fait la nemesis du film. Esthétisant, faux, ce long-métrage aux dialogues d'abord trop longs ne touche pas et peine extrêmement de son calme plat.
Marion n'étant elle-même qu'une sorte de statue immuable sans personnalité - de plus roulant en Mini Austin - un peu bête et cocue à la fin. Ce film enfin, contrairement à son aspect lisse et à ses causeries peaufinés, navigue vers les pires banalités sans que rien n'advienne pour contrarier le synopsis. De même, le semblant de vraie vie que suscite la marchande de bonbons est réduit au rôle qu'apporterait une ignorante béotienne - une bonne de chambre de l'ancien temps, je dirais d'ailleurs...
L'intérêt de l'ensemble demeure donc plutôt limité, à part, de manière évidente, la séquence du bal qui cloture l'achèvement du Ier acte. Dommage car cet épisode est encore le plus mature des événements de "Pauline à la plage."
Avec Pauline à la plage Eric Rohmer capte d'une façon incroyable le langage de l'amour adulte, de l'amour adolescent avec ses tourments. Rohmer sait faire jouer les acteurs de façon-naturel et juste, Amanda Langlet (Pauline) alors toute jeune dans ce film y est incroyable tout comme Féodor Atkine (Henry) qui interprète un prédateur romantique, charmeur, faux, menteur troublant de vérité. Avec ces plages de Normandie des années 80 et ces couleurs simples et pétantes qui se cache dans les vêtements, les décors, sur les murs ou sur les voitures Rohmer impose son ambiance très agréable à regarder. Ours d'Argent du Meilleur réalisateur 1983 amplement mérité car un tel jeux d'acteurs sans direction d'acteur (selon la légende) c'est simplement époustouflant. Rohmer fait des choses simples qui deviennent terriblement fortes. Martin, Le Frisson de la Pellicule.
"Pauline à la plage" prend pour thème principal l'amour de vacances. Et si l'idée laisse présager un ton relativement léger, il n'en est rien. Car Rohmer s'intéresse au coup de foudre, aux illusions, celles de rencontrer le prince charmant ou encore de conquérir la femme qu'on aime depuis toujours. L'espérance donc, avant la désillusion, le choc avec le réel. Pessimiste, le film n'est jamais plombant, grâce notamment au décalage dans le jeu des comédiens ou encore dans l'admiration que porte Rohmer au personnage de Pauline (interprété par la formidable Amanda Langlet). Sincère, lucide, elle est celle qui est la plus proche de transformer ses illusions en quelque chose de réel. Un film dont les relations entre les personnages sont d'une complexité admirable et à l'intensité dramatique forte et sans cesse évolutive.
"Pauline à la plage" est un film léger et pourtant un peu empathique, mais qui doit sa réussite à ce paradoxe. Cela produit en effet une ambiance estivale très détendue, atmosphère propice à la badinerie amoureuse qui est ici magnifiquement retranscrite. Les dialogues sont bien écrits, les acteurs parfois maladroits, ce qui est ici une qualité tant ils apportent du charme à l’œuvre, et surtout l’histoire parvient à être toujours intéressante malgré un sujet rebutant de prime abord. Des choses très justes sont ainsi dites et c’est avec admiration qu’on regarde Amanda Langlet faire découvrir à son personnage la passion durant ces vacances initiatiques et sensuelles.
Rohmer est certainement l'un des cinéastes de la Nouvelle Vague les plus discrets, mais aussi celui qui divise le plus. A vrai dire, concernant le cinéma de Rohmer, on aime ou on aime pas, il n'y a pas de juste milieu. Disons que si l'on apprécie pas les longs dialogues, le rythme lent de l'histoire et l'ambiance "rohmérienne" (mise en scène proche de la vie de tous les jours) vous pouvez passer votre chemin. Concernant "Pauline à la plage", ce long-métrage fleure bon la carte postale des vacances et représente bien les amours de vacances, en particulier par rapport au personnage de Pauline, jeune adolescente de 14 ans, qui justement va découvrir les émois amoureux. Alors, il faut le préciser d'emblée, ce film a un rythme lent, et s'écoule comme les secondes, les minutes, les heures de manière à ce que le spectateur puisse s'investir de fond en comble dans l'histoire, notamment durant la première demi-heure. Cette première partie, dans laquelle on découvre les personnages principaux qui influeront dans les futurs marivaudages à venir, agit comme un rite de passage en quelque sorte. Soit on adhère au style de Rohmer, soit c'est l'inverse et on arrête le film. Pour ceux qui adhèrent, le reste de "Pauline à la plage" met en avant une sorte de chassé croisé amoureux entre mensonges et désirs, reflétant bien la citation de Chrétien de Troye apparaissant en ouverture ("Qui trop parole, il se mesfait"). Évoluant dans un espace limité, à savoir une petite station balnéaire de Normandie, les personnages vont et viennent, leurs sentiments s’entrechoquant au fur et à mesure que le film avance. Si l'on pourrait critiquer à "Pauline à la plage" le fait de ne rien "dire", au contraire, Rohmer effectue ici un développement complexe sur les mystères de l'amour et sur l'hypocrisie humaine. Sous des apparences de petit film simple et naïf, "Pauline à la plage" est en réalité une étonnante réflexion sur l'amour et sur ses affres qui peuvent survenir.