Je découvre la filmographie d'Éric Rohmer et donc par conséquent de sa série de films "Comédies et Proverbes" avec ce film sorti en 1983. Et, pour être tout à fait honnête, c'est un classique qui ne m'avait jamais vraiment attiré car je pensais tout simplement que c'était un film de vacances assez superficiel. Mais j'ai été surpris de me laisser autant porter par le film que j'ai avant tout vécu comme une expérience. D'ailleurs, malgré son apparente simplicité, le film bénéficie de nombreuses analyses à son sujet. Et il est vrai que le scénario est loin d'être si inintéressant ; au-delà de l'aspect amourette d'été se cache une histoire, ou plusieurs histoires d'ailleurs, plus complexes sur les rapports humains. Malgré tout, je n'ai pas envie de me lancer dans une analyse approfondie car, encore une fois, je l'ai vécu comme un "film d'ambiance", celle de vacances en Normandie où les deux héroïnes se laissent porter au gré de leurs rencontres. Plus précisément trois : Henry, qui représente l’hypocrisie, le danger et la "flamme" que recherche Marion, Pierre, la sagesse, la passion et l'amour véritable plus "posé" que fuit la même intéressée et puis Sylvain, le jeune homme entre les deux autres autres qui parvient à séduire Pauline, la cousine de Marion. Se joue alors un chassé-croisé de mensonges, de vérités et autant de manière d'appréhender l'amour : le coup d'un soir, le véritable et l'amourette d'été. Ce souci de l'opposition se retrouve même dans la forme, c'est-à-dire que nous avons un jeu d'acteur volontairement théâtral (dans lequel s'illustre d'ailleurs très bien Arielle Dombasle ainsi que le reste du casting) avec de longues scènes de conversations autant bateau que philosophiques, mais dans une mise en scène naturaliste notamment grâce aux décors, dans la continuité de la Nouvelle Vague. Bref, sous ses faux airs de film de vacances un peu niais, "Pauline à la plage" se veut en réalité bien plus profond !
Ours d'argent et prix de la critique au festival de Berlin 1983, ce troisième volet des " comédies et proverbes " de Rohmer me semble beaucoup plus fin que les commentaires que j' ai pu lire.
La citation tirée de Chrétien de Troyes et de son Yvain , le chevalier au lion ( Rohmer avait adapté quelques années auparavant Perceval du même auteur ) et qui pourrait se traduire par " qui parle trop, se trompe - ne se fait pas du bien " donne un éclairage au scénario.
En fait les adultes de l'histoire qui veulent donner des leçons sur l'amour, en parlent certes beaucoup, mais finalement se racontent des mensonges ( aux autres et à eux-mêmes ).
Pauline c'est l'adolescente qui les observe et elle, met en rapport ce qu'elle dit et ce qu'elle fait. Dans ce scénario à six personnages, il y a un manipulateur ( Henri) le sale type et une manipulée ( Marion ) un peu victime d'elle-même par sa précipitation. Ce sont ses émotions romantiques qui l'a dirigent.
Je n' avais pas revu ce film en salle depuis sa sortie en première exclusivité. Ça a sacrément bien vieilli !
Jai trouvé ce film, lent avec parfois des dialogues interminables. Arielle Dombasle est canon, une vraie sirè belles plages m'ont rafraîchit mais cela reste plat. .
"Pauline à la plage" est un film du début des années 80 qui ressemble plutôt à un téléfilm des mêmes années. Le scénario tient en une page et manque cruellement de profondeur, se limitant à des déboires amoureux assez banals. Les acteurs livrent une performance médiocre, et la mise en scène, plate et monotone, n'apporte aucune dynamique. Une déception. 3/10
Aucune critique ne saurait convaincre les réfractaires au style particulier d'Éric Rohmer. Il faut un peu de patience, s'habituer au débit des comédiens, pour etre pris par l'atmosphere du recit. C'est un conte tout en finesse , littéraire, sur les lois du désir, l'illusion de l'amour ,le besoin de liberté. Quatre personnages, quatres conceptions de l'amour Un conte assez cruel finalement, ,se deroulant certes sous un soleil généreux , tout les personnages sont loin d'atteindre leurs dessein. Les mots s'assemblent comme des notes de musique, donnent un côté littéraire a un film qui se joue dans des décors naturels et réalistes., tout le monde a un jeu masqué,.Comme dit l'adage, l'amour c'est vouloir donner a quelqu'un qui n'en veut pas quelque chose que l'on a pas, mais tout le monde a besoin d'illusions, et telle semble être la morale du film,
Encore de magnifiques dialogues pour ce film ensoleillé de Eric Rohmer et des chassés croisés amoureux savoureux mais souvent cruels. Les premiers émois d’une jeune fille, très bonne prestation de Amanda Langlet , que l’on reverra dans « Conte d’été » mais qui ne fera pas ensuite une grande carrière : toute en délicatesse, en douceur, la vraie jeune fille en train de se transformer en femme, comme la chrysalide en papillon, et qui a sa langue bien pendue, culottée. Il y a la belle Arielle Dombasle qui tient là son meilleur rôle, à la plastique parfaite, à la recherche du grand amour, la vraie romantique, et qui se laisse prendre dans les filets de beaux séducteurs, probablement son meilleur rôle au cinéma. Féodor Atkine , grand acteur de second rôle qui tient là un rôle magnifique, qui lui convient tout à fait bien, de séducteur impénitent, cynique , petit Dom Juan de station balnéaire . Tout ce petit monde passe des vacances à Dinard , flirts, passions, amourettes, jalousies. Les dialogues sont de très haute volée, digne de Marivaux , teintés de beaucoup d’humour. Un joli twist final qui boucle bien la boucle, comme la morale de l’histoire .
Un film léger qui a peu d'ambition sur les plans du scénario et de la mise en scène. Même les acteurs ont du mal à convaincre. Mais agréable à voir avant l'été.
La plage où Pauline passe des vacances aux côtés de la belle Marion (Arielle Dombasle) recouvre un sens plus large que le laisse supposer la simplicité du film. La plage est moins un lieu qu'une scène, où Pauline, successivement spectatrice et protagoniste, assiste au spectacle des jeux de l'amour, en fait l'apprentissage. L'innocente bluette de vacances à laquelle s'adonne l'adolescente avec le jeune Sylvain contraste ironiquement avec les moeurs sentimentales et les pratiques des adultes. A travers la liaison de sa cousine Marion avec Henri, Pauline découvre des formes compliquées et viciées de l'amour. L'infidélité et les mensonges, de nature à tirer le marivaudage vers un espiègle vaudeville, l'idéalisme un peu vain de Marion, l'exigeance et la perfidie d'un prétendant éconduit contribuent à donner un reflet désenchanteur et tout autre que romantique au sentiment amoureux. En dépit de l'apparence du raisonnement, les discours, à ce sujet, sont théoriques et spécieux.
Littéraire et ludique, la comédie d'Eric Rohmer est tout autant un divertissement modeste par sa forme qu'une leçon de choses, qu'une étude de moeurs riche et pleine d'acuité, dans laquelle, s'attachant à "démythifier" le sentiment amoureux, elle en extrait simultanément l'essence et la diversité. Les personnages, quoique s'exprimant à la façon de toujours de Rohmer, pas forcément naturelle, sont convaincants et attachants. A l'image des interprètes.
Encore un merveilleux film de Rohmer, un de mes réalisateurs préféré. Le réalisme, le rythme tranquille de la vie des années 80, la douceur, la beauté. Le cinéma de Rohmer est pour moi toujours bienfaisant et passionnant à la fois. Les dialogues sont justes et intelligents. Les acteurs sont bien choisis. Un vrai bijou, tout en sensibilité.
Dialogues et histoire profonds et réfléchis. Mais aucun des acteurs ne donne un souffle suffisant au film, auquel s'ajoute le poids des années qui rendent l'héroïne très éloignée des adolescents actuels et le côté étriqué des vacances sur la cote Atlantique.
1H28 de causette pour philosopher sur la place de l'amour entre personnes du même monde. Sidérant d'ennui et de vide sidéral de par les banalités diffusées.
Le casting de Marion est ce qu'il y a de plus comique dans le film. Il devait y avoir deux caméras lors des candidatures, une pour le visage et une pour les fesses. Dans toute la première moitié du film, ses fesses figuraient d'avantage au premier plan que son visage, ainsi son corps est d'avantage l'objet de l'attention que son âme, et c'est tout le propos de cette tragédie qui a comme thématique : le conflit entre la chair et l'esprit, entre le désir et l'amour.
Une fois de plus chez Rohmer, le spectateur est invité à participer aux réflexions de l'auteur au moyen du réalisme. Le réalisme est cette fois ci utilisé pour dialoguer avec nous, ce qui n'est pas habituel chez Rohmer. Il est dommage à mon goût, que l'esthétisme ne soit pas poussé d'avantage, le scénario s'y prêtait.
Il est intéressant d'utiliser, non pas le protagoniste (Marion) en tant que héros, mais bien le contradicteur raisonnable (Pauline). Cette intention très audacieuse traduit le fait que l'auteur assume pleinement son point de vue et le place en pied d'estale, de sorte qu'on ne puisse regarder ce film sans assimiler ce que l'auteur a à dire.. En quelque sorte il impose sa morale sur le libertinage, ce qui à l'époque à dû être très contesté notamment dans ses propres rangs. Ce film est une autocritique, peut-être pas une critique de Rohmer envers Rohmer, mais peut-être une critique, un affront de Rohmer envers le courant de son siècle. Rohmer semble à cette période revenir dans l'immortalité séculière des valeurs de loyauté et de fidélités (explicitement énoncé par Pauline).
Une réflexion puissante dont la mise en scène n'est malheureusement pas à la hauteur..
Construite et dialoguée comme une pièce théâtrale cette comédie dramatique sur les relations sentimentales mêle différentes visions du sentiment amoureux incarnées par des protagonistes convaincants quoi que désincarnés à cause de l'artificialité induite par la mise en scène et par leur posture. Ce récit grinçant visant davantage la réflexion que l'émotion il induit un détachement lié à une volontaire distanciation ironique. Singulier.
Rohmer utilise encore les vacances estivales pour planter son décor amoureux. C'est sur les côtes normandes que Marion (Arielle Dombasle) et sa cousine Pauline vont connaître des succès et déboires sentimentaux. Rohmer utilise la plage et le bord de mer comme lieu de rencontres et la maison familiale comme lieu d'échange et de séduction. La réalisateur montre à quel point chacun a une vision très différente de l'amour, chacun à sa définition propre même parfois dénuée de tout sens moral. De l'homme follement amoureux mais cafardeur (Pierre) au Don Juan sautant sur tout ce qui bouge (Henri), Marion comme toujours choisira le mauvais, celui qui ne lui convient pas, au grand dam de Pauline. Un long métrage subtil sur l'humain, la diversité amoureuse et sa complexité. Pendant les 1H40 de film on passe nous aussi de très belles vacances d'été.