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P. de Melun
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3,5
Publiée le 5 décembre 2024
« Berlin Alexanderplatz » est une relecture moderne du roman d'Alfred Döblin, adapté au cinéma sous forme d’une chronique un peu (trop) longue, avec une orgie de sons et de couleurs assez époustouflant. Cette épopée de trois heures, traversée d’excès, parfois détonants, parfois plus dispensables ne laissera pas le spectateur indifférent. Ce film aborde la trajectoire d’un jeune immigré guinéen cherchant la rédemption après des années de perdition en tout genre. Il évolue dans les bas-fonds de l’Allemagne et se retrouve pris au piège d'une ville filmée comme un labyrinthe sans issue. Ce film séduit par l’ambition folle de son réalisateur et sa construction narrative ressemble à celle d'une tragédie antique. Cette fresque urbaine, violente et intense, portée par une mise en scène sophistiquée, se veut un réquisitoire contre le racisme et brosse avec élégance un portrait d’une Europe à la fois eldorado et cauchemar pour celui qui n’a plus d’identité. Ce long métrage a quelque chose de fascinant dans son analyse de la fracture sociale comme dans le message qu'il envoie, le tout porté par des acteurs de talent. Bravo !
Itinéraire tourmenté d'un migrant guinéen dans les bas-fonds de la pègre berlinoise, visuellement séduisant, mais terni par une narration redondante et manquant de crédibilité.
Scindé en plusieurs parties on suit donc l'ascension et la chute d'un migrant africain dont le destin nous est martelé incessamment, la voix Off omniprésente étant parsemée du redondant "France voulait être honnête et bon mais la vie en a décidé autrement" ! Ben voyons... On s'agace aussi qu'on insiste sur la question "Comment un homme peut-il survivre à tant de choses ?", alors oui, dur dur un tel destin mais on est très loin de biens d'autres existences misérables, d'autant plus quand on a choisi le chemin du crime ! Mais heureusement on aime l'esthétique, ses couleurs chaudes lorsqu'on est en intérieur, les couleurs moins clinquantes de l'extérieur, la photographie soignée et surtout cette transposition de la pègre berlinoise à l'époque de Weimar à aujourd'hui avec un migrant en personnage principal s'avère aussi probante que pertinente. On retrouve cette quête de rédemption vers un bonheur auquel on a tous droit. Une sorte de "Othello" des bas-fonds dans le Berlin 2020. Un très beau et très bon film. Site : Selenie
Composé de 5 chapitres et d'un épilogue, cette nouvelle adaptation du roman culte déjà mise en scène par Fassbinder se révèle être magistrale. Malgré sa durée, ce film fleuve de trois heures décliné comme une tragédie grecque moderne ponctué par un chœur, ici en voix off, est bouleversant. Doté d'un casting juste parfait, si le personnage initial du prisonnier a laissé place à celui d'un migrant, la modernité comme l'intelligence de la scénographie ne laissent jamais s'installer l'ennui. Le destin a décidé, inexorable dés le début, la tragédie peut dérouler son fil. Passionnant, visuellement admirable, le spectateur en sort K.O.
Seul survivant d'une traversée tragique de la Méditerranée un jeune migrant arrive à Berlin bien décidé à changer le cours de son destin. Mais difficile pour lui de rester dans le cadre de la loi quand papiers et visa lui manquent. Une adaptation dans l'Allemagne contemporaine du roman culte déjà mise en image par Fassbinder pourvue d'un certain souffle mais qui tombe parfois dans l'excès et dont le propos est quelquefois ambiguë.. Et qui est par dessus tout beaucoup trop longue, une mini-série aurait été plus adaptée.
"Il a été empêché d'être honnête" nous susurre la voix off, ce qui résume magistralement les 5 épisodes. N'ayant pas lu le livre ni visionné les 15h de l'oeuvre initiale, je m'attacherai ici à la forme, comme la majorité des spectateurs. 3 heures de pur bonheur cinématographique : flash backs fugaces, musiques obstinées, mouvements de caméra ingénieux, clubs underground survoltés, bas-fonds malsains,... Le souffreteux maléfique complètement taré est toxique à souhait et devient le personnage principal. Notre réfugié est peu charismatique, à part ses tablettes de chocolat couleur ébène, avec un comportement immature souligné. L'épisode 5 est une belle trouvaille, qui donne la possibilité à tous les personnages de tenir des propos moralisateurs sous toutes ses formes. Et pour finir quel bel épilogue!
Un kaléidoscope de sentiments contraires, de brutales et incessantes bascules entre joies et déceptions, entre enfer et paradis. Le spectateur est pris à parti, ne peut se défendre devant cette déferlante émotionnelle, et en ressort rincé, groggy. Une claque, un voyage dans une réalité alternative.
Rarement supporté nanard aussi grotesque. Rien ne tient dans ce film ou la boboitude nous cerne de toute part. A Bissau on parle le Portugais et aussi un peu le Français et un billet d'avion coute 250 euros pour l'Europe.... Alors faire plus de 8000 km (à la nage ?) pour se retrouver en mer du Nord (même pas froid !) pour travailler clandestinement dans un chantier du metro de Berlin avec une vingtaine de compatriotes (!!!!) en parlant anglais avec une dealer spoiler: qui fourgue des billets de 100 euros avec son numéro de tél pour que tu lui fasses la cuisine et que tu sautes ses conquêtes nombreuses mais difficiles à supporter... Presque 3 heures de vacuité pétris d'une imagination molle. La vraie misère des réfugiés méritait autre chose que ce navet injurieux à la sauce bobo.
Francis est originaire de Guinée-Bissao. Il est arrivé en Allemagne au péril de sa vie, perdant dans la traversée sa femme noyée. Sans papiers, malgré son aspiration à une vie honnête, il n’a d’autre solution que de travailler sous les ordres de Reinhold, un petit dealer, infirme et psychopathe, qui manque le tuer après un cambriolage. Devenu manchot, Francis est recueilli par Mieze, une prostituée. Il croit enfin accéder avec elle au bonheur qui le fuyait depuis si longtemps. Mais c’était sans compter avec le machiavélisme de Reinhold.
"Berlin Alexanderplatz" est un monument qui occupe dans la littérature allemande une place envahissante. Quelque part entre "La Montagne magique" et "L’Homme sans qualités". Ce roman touffu, qui entrelace les points de vue et les styles, dont Alfred Döblin a reconnu la dette qu’il doit au "Ulysse" de James Joyce, a longtemps passé pour intransposable au cinéma, même si Piel Jutzi en signait dès 1931 une adaptation. Si Fassbinder s’y est frotté au début des années quatre-vingts, c’est pour en tirer une série TV de quatorze épisodes et de près de quinze heures.
Il fallait donc un sacré culot au réalisateur allemand d’origine afghane Burhan Qurbani pour s’attaquer à ce monstre sacré. Il assume crânement son audace, en transposant l’intrigue – qui se déroulait dans le Berlin de l’entre-deux-guerres – à l’époque contemporaine, en faisant du héros, un repris de justice dans le roman de Döblin, un Africain sans papiers et du racisme un de ses enjeux.
Pas évident pour moi de me faire une opinion éclairée du résultat, faute d’avoir lu le livre (j’ai passé la moitié de l’été à suer sang et eau sur les presque mille pages de "La Montagne magique") ou vu la série de Fassbinder. J’ai compris de son résumé toutefois que Qurbani est resté fidèle au roman – jusqu’à son dénouement dont il s’en écarte en partie. Je ne me suis pas ennuyé, même si le film dure plus de trois heures. Pour autant, je me demande, si l’œuvre n’aurait pas été plus efficace en série de trois ou quatre épisodes.
Je lui reconnais une qualité : m’avoir donné envie d’aller à la source du livre qui l’a inspiré.
Après l'adaptation du fameux roman d'Alfred Doblin ( allemand, naturalisé français)ecrit en 1929 réalisé pour la télévision par Rw Fassbinder en 900 minutes, voici une nouvelle proposition qui est passée presque inaperçue lors de sa sortie en France. Cette dernière réalisée par Burhan Qurani, allemand d'origine afghane, prend quelques libertés avec la version de Doblin. Cette version est excellente et largement au niveau des meilleurs films de l'année. Malheureusement, ce film présenté au festival de Berlin, a rapidement disparu des écrans. C'est vraiment dommage pour un film de cette qualité. Francis arrive en Allemagne de Guinée Bissau comme clandestin. Il essaye de s'en sortir mais il tombe sur Reinhold, un petit trafiquant de drogue, désaxé et manipulateur. Entre le bien et le mal qui est le plus fort ? C'est la question a laquelle Doblin essaiera de répondre. Fassbinder et Qurani ne répondront pas de la même façon à cette adaptation de Berlin alexanderplatz ( sorte de "voyage au bout de la nuit " Allemand. La réalisation, la photo, le casting et la direction d'acteurs sont de premier ordre. Le choix d'un migrant africain ( l'acteur je le répète est excellent) pour interpréter le personnage de Franz , n'est sans doute pas éloigné de préoccupation idéologique. Mais au plan artistique le film est à voir. Il faut noter que malgré ses 2h50, le film ne souffre d'aucun temps mort.
Avec son découpage en cinq actes plus épilogue, sa voix off d’outre-tombe provenant d’une ombre protatique – avant de devenir personnage à part entière deux heures plus tard – et le choix d’un héros tourmenté, écartelé entre une aspiration au bien et la tentation du mal, écrasé sous un Ciel trop lourd, Berlin Alexanderplatz affirme d’entrée de jeu son appartenance à la tragédie classique, modèle qu’il suit jusqu’au bout et auquel il offre un nouveau souffle. Son intelligence consiste surtout à composer un antagoniste principal, Reinhold, qui s’affirme tel le double négatif de Francis aka Franz, selon la théorie du Doppelgänger ; il est l’incarnation du Mal qui n’a de cesse de tenter, de séduire, d’intriguer ; il prend forme dans un corps fragile et maladif qui s’oppose à celui, musclé et vigoureux, du héros. C’est dire que le théorique, pris en charge par la voix off de Miete, qui veut que Francis soit deux personnes à la fois, quitte le champ de la théorie pour s’incarner à l’écran ; il devient cinématographique. La mise en scène Burhan Qurbani, à l’esthétique très travaillée avec néons et ralentis, participe de la création d’une icône religieuse puisqu’explicitement associée au Christ, une icône dont le chemin de croix donne lieu à une vaste parabole de la condition d’immigré aujourd’hui dans une société allemande qui court-circuite ses ambitions et sa volonté d’intégration. Après Styx, film de Wolfgang Fischer sorti en 2018, Berlin Alexanderplatz prolonge et renouvelle la réflexion sur la crise migratoire avec talent et audace. Une œuvre coup-de-poing à découvrir sans plus tarder.
Montée en puissance d'un immigré dans la mafia berlinoise en forme de 5 épisodes style Crimes et Châtiment Film noir, âpre, violent, rédemption par l'amour
Libre interprétation du roman éponyme, le réalisateur nous montre à nouveau sa capacité à entremêler les cultures dans ses propos. Ils nous montre ainsi que malheureusement, en terme de violence sociale, les époques passent et se ressemblent. Le film est quand même un tantinet trop long et tous les acteurs ne sont pas à la hauteur du message. Qui d'ailleurs n'est pas très clair vu les nombreuses libertés prisent par rapport au roman original. Dîtes vous davantage que ces 3h vous ferons échapper à la pluie ou la canicule et non qu'elles feront passer un moment inoubliable. Le choix de la musique est vraiment très adapté et avec de belles trouvailles germaniques. Je vous conseille de vous tenir prêt à Shazamer ces beaux morceaux ou de patienter pour la fin du générique pour voir la liste des musiques. En effet, je ne serais pas surpris qu'il obtienne l'Oscar de la meilleure musique, et je pense qu'il y sera nommé (voir récompensé) en tant que meilleur film étranger.
Un film fort avec ce personnage central de Francis ou Franz qui doit recommencer une nouvelle vie dans cette ville aux cotés underground dont chacun veut vivre libre . Le hero en redemprion de son passé se laisse manipuler ou hypnotiser par un individu toxic . Tout est amené vers un destin ineluctable en entrainant dans leur sillage mortel bons ou crapuleux . C est un genre de purgatoire entre dealer, prostituées , truands , un berlin de nos jours tiré d un livre datant de 1920 . On sent un peu cette ambiance dans les cabarets ou nihgt club aux ambiances freak show ou chacun est impersonnel et reste une simple chose deshumanisée. Dans cet enfer de manipulations et de faux semblants , cette romance , où nait un amour sincère. On sait que le drame est inéluctable car tout est mis en oeuvre dès les premières images nous y sommes plongés. Le réalisateur nous emmène dans cette danse attirance refus repulsion retour attirance . Tout s entremêle tranquillement en 5 acte jusqu a l acceptation des faits longtemps ignorés. Les personnages sont attachants meme les salauds et me font penser à certains cotés desfilms expresionnistes allemand des années 20-30 dans leur fond restent humains malgré leur monstruosité. C est un film surprenant que j ai bien aimé.