La Zone d'intérêt
Note moyenne
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822 critiques spectateurs

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Arthus27
Arthus27

126 abonnés 642 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 avril 2024
La Zone d'intérêt est un film radical dans le dispositif qu'il souhaite mettre en place. Relegant l'horreur d'Auschwitz hors champ, cette dernière imprègne pourtant tout le film. Et ce grâce à une bande son incroyable, et a une construction des cadres et mouvements de caméra millimétrés. Jonathan Glazer montre comment la déshumanisation permet de justifier et d'accepter toutes les monstruosités.
La lourdeur du dispositif en rebutera certain·es, notamment certaines séquences en négatif ou la partie finale qui laissent songeur. Mais La Zone d'intérêt n'en demeure pas moins un film majeur et toujours autant d'actualité.
Marie Breton
Marie Breton

83 abonnés 266 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 février 2024
On entre dans ce grand film de la même façon que dans un cauchemar : un long moment d’écran noir, accompagné d’une musique tétanisante à laquelle viennent se mêler des gazouillements d’oiseaux qui ne trompent pas la très mauvaise intuition qui nous gagne lorsque le premier plan apparaît.
Rien dans la première scène ne trompe nos sens en alerte. C’est le jour, mais cette lumière diaphane est trop aveuglante pour être familière, sa façon de briller n’a rien de chaleureux. Il y a bien de la végétation, des êtres humains en famille, une belle rivière, mais rien de tout cela n’a l’air accueillant : on croirait les couleurs empruntées à une morgue. Il manque de la vie. Des fantômes seraient plus rassurants que ces personnages qu’on nous force à observer.
Et la suite confirme le malaise qui ne nous quittera plus avant le réveil.

Sans jamais rien montrer, Jonathan Glazer parvient à glacer. Par sa maîtrise incontestable de la mise en scène (mais quel travail sur l’éclairage, sur le développement de la photographie, et sur le son !).
C’est un film effrayant parce que le monstre est partout sans n’être pourtant jamais défini par le regard.
Serpiko77
Serpiko77

77 abonnés 1 633 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 mai 2024
Film totalement unique, qui surprend, déstabilise, qui met très mal à l'aise, qui à l'intelligence de tout suggérer. Et la musique expérimentale n'aide vraiment pas à rendre le spectateur à l'aise, c'est bien entendu voulu.
Le message, sur la banalisation de l'horreur, la déshumanisation, est finalement assez convenu. Mais Jonathan Glazer l'assène d'une manière tellement trouble, esthétique et pertinente que son œuvre devient directement une des références du genre.
On peut même se questionner sur les intentions réelles de Galzer : inviter son spectateur à réfléchir sur la notion de déshumanisation ou bien esthétiser un sujet ne doit pas être rendu beau à des fins commerciales ?
En tout cas son œuvre à le mérite de poser tout un tas de (bonnes) questions.
ATON2512
ATON2512

76 abonnés 1 317 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 février 2024
De Jonathan Glazer (2024).
Passe t'on à côté de l'essentiel ? Telle est la question de ce film que est censé suggérer l'horreur sans la montrer.
Premier intérêt du film réside en son titre. En effet, cela m'a forcé à un peu de documentation pour apprendre que tous les camps d'extermination étaient 'protégés' des regards par une zone géographique de plusieurs dizaines de km2 autour des camps. Soit ! Avec en plus attenant au camp (dans le film il s'agit du camps d'’Auschwitz), un quartier propret avec des maison aux jardins bien entretenus pour héberger les responsables et commandants du camp. Vous avez le décor complet si en plus en toile de fond on devine (plus qu'on ne voit) la cheminées des crématoires, les fumées ...
Les bruits ensuite sont omniprésents pour sans rien montrer les horreurs qui se déroulent de l'autre côté du mur !
Sur ce point de vue, le film est une réussite car il met en opposition l'horreur de l'enfer et une certaine idée d'un paradis stylisé et idéalisé destiné aux grands pontes de la solution finale.
Pour le reste , le film ne fait que survoler son objectif . Il décrit qu'en surface une famille allemande sans disséquer sa responsabilité et son implication dans ce qui sera l'une des pires tragédies humaines du vingtième siècle.
Il n'ya peut être que la mère du commandant qui semble à un moment du film se rendre compte que l'ascension sociale de son fils chéri repose sur un assassinat de masse. C'est peut être l'une des scènes la plus importante du film avec en toile de fond le bruit assourdissant d'une cheminée qui dans la nuit crache sa fumée !
Si ce n'est une vision idyllique d'une famille allemande des plus coupables , rien n'est détaillé, disséqué et analysé. A en croire le film , on a presque l'impression que la famille vit dans un paradis sans jamais se rendre compte de ce qui se passe de l'autre côté du mur ? Enfin, le film ne pose aucune question sur cette lente dérive qui a pû permettre à une partie de la société , certes alléchée par un espoir de rapide ascension sociale sinon d'accepter , du moins coupable ment d'accompagner cette horreur concentrationnaire !
Avec Christian Friedel, Sandra Hüller, Johann Karthaus
Pierre L.
Pierre L.

54 abonnés 137 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 février 2024
Pas mal mais rien de plus. Pour les ignares, il apprend qu il y avait,bien sûr, côtoyant les camps, des décérébrés qui agissaient mécaniquement dans l indifférence et l abjection.Mais Shoah l avait déjà montré . D autres conflits ont confirmé ces situations ( Ex. yougoslavie, les Tutsis). Ce film n apporte rien. Il ne décrit pas ou très peu les conflits intérieurs. On n y voit pas non plus la montée dans l engagement abject.Pour moi, il ne véhicule aucun message nouveau.Pas enthousiasmé. Pourquoi toutes ces récompenses ?..
Epikouros
Epikouros

53 abonnés 45 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 février 2024
J’ai longtemps hésité à voir « La zone d’intérêt ». Par appréhension de souffrir devant l’écran et de raviver mon incompréhension devant la monstruosité de la solution finale. Pour finir, ce qui m’a convaincu, c’est (a contrario) l’avis d’un éminent critique du Masque et la Plume. Grosso modo, pour lui, l’œuvre de Glazer est indigne car son dispositif, en ne (dé)montrant pas visuellement l’horreur, fait le jeu des Rassigner, Faurisson, Rivarol et Cie. Il devenait donc urgent pour moi d’en avoir le cœur net. Eh bien, cloué dans mon fauteuil, j’ai vu et écouté ce film sidérant. Qui met dans un état de sidération quasi panique. Car, loin d’être occulté, le réel de l’horreur en devient SURRÉEL. Tout dans ce film est suggestion, décalage, contraste, humour macabre, antisémitisme ordinaire et omniprésence d’un crime de masse monstrueusement prégnant, présent, acoustiquement évident. Dans cette oasis bourgeoise, le gazon vert est trop vert, les enfants blonds trop blonds, l’eau de la rivière trop pure … Car rien ni personne ni la belle nature ne peuvent totalement occulter la Barbarie. Bref, La zone d’intérêt est un film immense. (Et je me suis dit, en suivant de près l’actualité du Proche-Orient, que les victimes d’hier ont parfois la mémoire courte…) Telle est la misère de la condition humaine et l’incompréhensible scandale du “Mal ordinaire”. Tel est le génie d’un réalisateur qui montre et fait mal, très mal, mais uniquement par la litote, l’évitement, le hors cadre. C’est donc tout sauf du négationnisme ! Du très subtil 7e Art.
frederic T.
frederic T.

29 abonnés 255 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 février 2024
Dans « La zone d'intérêt » Jonathan GLAZER use d'une impressionnante rigueur formelle pour suggérer la banalité du mal que l’on ne verra jamais frontalement. Il installe un décor et des cadrages dans lesquels tout est cliniquement rangé, ordonné, en permanence nettoyé, à l'image de ce jardin symétriquement composé, parfaitement clos par des murs coiffés de barbelés, séparation sordide entre ce lieu du bonheur pour la famille Höss et l'horreur du camp.
Du camp on ne verra rien d'autres que les toits des pavillons et quelques miradors qui émergent au-dessus de cette enceinte, ou les panaches des fumées qui s'échappent des cheminées. Tenu hors champs donc, le camp est pourtant omniprésent à travers la bande-son (invectives et ordres éructés par les gardiens, aboiements, fusillades, grondement sourd et permanent de la machine exterminatrice,...).
Opposant ainsi un paysage visuel apparemment idyllique à un paysage sonore terrifiant, Jonathan GLAZER développe son récit en regardant les bourreaux sans montrer les victimes. Par l'observation de ce microcosme familial, il nous rappelle bien sûr que les nazis étaient des montres, mais surtout des pions déshumanisés au service d'une organisation génocidaire démoniaque et titanesque.
Le dispositif cinématographique se révèle d'une redoutable efficacité pour entretenir le devoir de mémoire tout en renouvelant son processus narratif. A ce titre, « la zone d'intérêt » restera probablement comme un des films référence pour raconter l'Holocauste.
Benoit V
Benoit V

3 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 11 février 2024
Je me suis ennuyé !
Il n'y a pas d'histoire, on assiste à la vie de famille heureuse du commandant d'Auchwitz qui a construit son nid au pied des murs du camp. Aucune intrigue, aucun suspense, on apprend rien.
alain gru
alain gru

1 critique Suivre son activité

1,0
Publiée le 7 février 2024
Franchement pourquoi dépenser 15€ pour ce film d'intello. Réservé à un public initié qui trouvera un intérêt aux longs passages sans image. Dommage le sujet est intéressant mais rien de nouveau n'est montré.
Adelme D.Otrante
Adelme D.Otrante

228 abonnés 1 484 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 février 2024
La normalité de la vie de famille du Commandant Höss dans l'anormalité d'Auschwitz. Alors que les cheminées du camp n'arrêtent pas de cracher la mort monsieur fait du cheval, madame essaie de nouvelles fourrures, un des enfants joue avec des dents en or et le jardinier utilise des cendres en guise d'engrais. L'horreur de la banalité du mal dont parlait Hannah Arendt nous éclate au visage, nous met mal à l'aise, la barbarie n'est jamais montrée de manière frontale, c'est la bande son, incroyable, qui s'en charge. La Zone d'Intérêt est un film difficile d'accès clinique, glaçant et Jonathan Glazer un réalisateur immense.
Diabloxrt
Diabloxrt

80 abonnés 1 880 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 20 juillet 2024
"La Zone d'intérêt" a forcément attiré ma curiosité. Ayant déjà aimé quelques projets de Jonathan Glazer et voyant l'engouement autour de ce film, j'avais donc hâte de voir ce qu'il valait. Et honnêtement, j'ai été extrêmement déçu ! Pourtant, l'idée me parlait plutôt bien, et dans l'exécution, je comprends tout à fait ce que veut faire le film. En mettant cette famille au quotidien banal et très superficiel, à côté de l'horreur des camps de concentration, il y a un effet très particulier qui se dégage. Le seul problème, c'est que cette idée ne tient absolument pas sur plus d'une heure et trente minutes de film ! Franchement, la première scène où l'on exploite ce concept, je comprends tout de suite où cela veut en venir. C'est dérangeant, assez bien fait et le sous-texte fonctionne. De plus, Jonathan Glazer filme cela avec une froideur glaçante, comme une immersion via des caméras de surveillance au sein de cette petite maison, via des plans fixes et des coupures très légères. Mais une fois que ses premières scènes sont passées, le même schéma se reproduit en boucle, sans aucun changement, pendant plus d'une heure ! Et c'est de là que vient mon souci. Si cela avait été un court-métrage de 10 minutes, j'aurais compris tout de suite. Mais pour un film de cette durée, c'est juste beaucoup trop léger. Par conséquent, on s'ennuie pendant tout le reste du film, sans exception, car il n'a rien de plus à raconter que cela. Certes, comme je l'ai dit, il y a bien une petite intrigue au sein de la famille, mais c'est tellement superficiel que cela ne nous occupe jamais. Je comprends l'idée encore une fois, c'est fait exprès que nous ne soyons pas attachés à eux et que leur histoire soit banale. Mais selon moi, cela n'excuse pas l'ennui que cela procure. C'est bien beau de faire des films d'auteurs de ce niveau, mais si c'est pour fournir un résultat aussi cliché, ce n'était même pas la peine. Il y avait beaucoup à faire avec ce concept, rien ne m'a vraiment convaincu. Pour conclure, une grosse déception.
Nic aa
Nic aa

1 abonné 2 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 7 février 2024
Le film le plus stupide que j'ai vu de ma vie.
Il suffit de 2 minutes pour comprendre le concept du montrer l'horreur du nazisme seulement en hors champ et en mettant en parallèle la "simplicité" de la vie d'une famille nazi avec la violence ignorée par celle ci.
Une fois que c'est compris c'est tout, le film ne donne et fait rien de plus. Il n'y pas d'histoire, on suit simplement la vie d une famille de nazi (dont on se fou)
MaréchalNey
MaréchalNey

4 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 20 septembre 2025
Dans la même veine que Tree of Life : encore un navet qui se prend pour un chef d'œuvre. Il faut définitivement arrêter de se fier aux prix du festival de Cannes...
Arthur Brondy
Arthur Brondy

300 abonnés 1 440 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 février 2024
Jonathan Glazer livre un thriller glaçant. On y découvre la paisible vie de famille d’un commandant à Auschwitz, à côté du camp d’extermination. On y découvre l’horreur, qui côtoie le cynisme. Sans jamais montrer la vie de camp, le spectateur est plongé dans cet enfer par les décors, les sons, qui contrastent avec les dialogues contant une vie de rêve. Un puissant chef d’œuvre.
Pierre Kuzor
Pierre Kuzor

176 abonnés 567 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 février 2024
A vu "La zone d'intérêt" de Jonathan Glazer qui a obtenu le Prix du Jury lors du Festival de Cannes 2023. Scène d'ouverture : un écran noir pendant plusieurs minutes accompagné d'une musique d'ondes électroacoustiques qui fait place petit à petit à des chants d'oiseaux. Jonathan Glazer avant de commencer réellement la narration de son projet veut remettre à zéro les curseurs sensoriels de ses spectateurs. Puis nous est présentée une famille allemande qui à l'air idéale, un couple avec de nombreux enfants, ensuite une maison moderne au jardin luxuriant. La caméra en changeant de cadre nous fait comprendre qu'au fond du jardin estival et familial il y a un mur exagérément haut, au faîte de ce mur des barbelés et derrière ce mur des miradors et des cheminées, dans le ciel azur des nuages de fumées bien sombres.... Nous sommes dans le jardin de la famille Höss, lui Commandant en Chef du camps d'extermination d'Auschwitz et de sa femme Hedwig qui s'enorgueillit de son surnom "La Reine d'Auschwitz". Nous suivons le quotidien le plus banal de cette famille en caméra fixe et en plans séquences. La cadrage (sublime) est géométrique et implacable. La caméra ne franchira jamais le mur. C'est la bande son (travail et rendu hallucinant de vérité) qui nous fait entendre les chiens qui aboient, les trains qui arrivent, des brouhahas de foules, des coups de feu, des ordres hurlés, des vrombissements effroyables et sourds, des silences inquiétants : l'innommable se déroule pendant l'été 44 au fond de ce jardin paradisiaque avec piscine où les jeux d'enfants et les pique-niques s'enchainent. 1h45 où Jonathan Glazer filme les plus petits gestes du quotidien. L'expérience est absolument puissante : Allier la vacuité au cauchemar inimaginable. Parfois des scènes toutes simples provoquent chez le spectateur l'effroi : Un sublime manteau de fourrure que l'on devine être celui d'une déportée arrive dans la cuisine d'Hedwig Höss, femme vulgaire aux allures campagnardes et à l'intellect très bas de plafond qui s'empresse de l'essayer devant son miroir, un des enfants du couple qui joue avec des dents en or, mais aussi une petite fille mutique qui ne peut s'empêcher de rester paralysée et sous le choc devant la fenêtre de sa chambre à regarder les cheminées ronflantes et rougeoyantes, la nuit. C'est au spectateur de faire le récit de cette famille, de construire la narration. Car il n'y en a aucune. Le temps peut paraitre parfois un peu long, les plans un peu vains et répétitifs mais là est la proposition de ce long métrage, la banalité du quotidien pendant la plus grande tragédie du XXème siècle. Cinématographiquement c'est d'une très belle maitrise à tous les niveaux. L'interprétation de Sandra Hüller (comédienne principale de "L'anatomie d'une chute", "Toni Erdmann") est superlative une fois de plus, elle campe avec maestria cette fille mal dégrossie à la démarche de paysanne et qui sous ses airs de mère de famille idéale à du mal à cacher un tempérament volcanique, irascible, imprévisible, dictatorial... Christian Friedel joue un homme presque soumis à sa femme et qui dans ses moments de détente fomente des plans machiavéliques pour "augmenter la production" de son camp. Jonathan Glazer propose une zone de décompression avant que le spectateur ne se retrouve seul dans la rue. Le film se distille dans l'esprit, dans le corps longtemps après sa vision... et amène à la conclusion : et si nous étions tous au quotidien une famille Höss protégée dans notre petit jardin alors qu'à quelques frontières se déroule toujours et encore l'innommable...
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