On entre dans ce grand film de la même façon que dans un cauchemar : un long moment d’écran noir, accompagné d’une musique tétanisante à laquelle viennent se mêler des gazouillements d’oiseaux qui ne trompent pas la très mauvaise intuition qui nous gagne lorsque le premier plan apparaît. Rien dans la première scène ne trompe nos sens en alerte. C’est le jour, mais cette lumière diaphane est trop aveuglante pour être familière, sa façon de briller n’a rien de chaleureux. Il y a bien de la végétation, des êtres humains en famille, une belle rivière, mais rien de tout cela n’a l’air accueillant : on croirait les couleurs empruntées à une morgue. Il manque de la vie. Des fantômes seraient plus rassurants que ces personnages qu’on nous force à observer. Et la suite confirme le malaise qui ne nous quittera plus avant le réveil.
Sans jamais rien montrer, Jonathan Glazer parvient à glacer. Par sa maîtrise incontestable de la mise en scène (mais quel travail sur l’éclairage, sur le développement de la photographie, et sur le son !). C’est un film effrayant parce que le monstre est partout sans n’être pourtant jamais défini par le regard.
Un film « mémoire ». Qui restera dans l’histoire du cinéma pour avoir su suggérer l’innommable sans le montrer. Il n’existe quasiment plus de témoin vivant de ce qu’a été Auschwitz… ce film nous le rappelle en quelque sorte en ne nous montrant jamais ce qu’aucun de nous ne pourra plus voir. Mais en choisissant de suggérer le mal du point de vue de ceux qui l’ont banalisé et industrialisé, ce film véhicule un message qui va bien au delà que n’importe quelle image.
Excellent. dérangeant a souhait. La banalité de la vie décrite met en relief l'horeur du voisinage caché. La bande son, en arrière plan, et certains dialogues ajoutent de l'intensité.
Alors un film sur l'holocauste, avec mention Prix du jury, je dis ''on fonce''!! Et puis on redescend vite, on attend qu'il se passe quelque chose.. on long écran noir d'entrée de jeu, des scènes tournées en négatif.. un écran rouge survenu de nulle part, à se demander si ce n'est pas une erreur du projectionniste.. certes l'idée de base est bonne, mais la force du sujet ne traverse pas l'écran.. un film plat et ennuyeux
très beau film qui est intéressant à voir nous en n'avons pas l'habitude nous ne voyons jamais l'intérieur du camp, c'est étonnant et surprenant, j'ai adoré on peut voir l’horreur des camps et d'une partie du génocide sans voir l'intérieur des camps on voit quand même des juifs passer dans la maison en tant que servant mais surtout on entend les cris, les ss, les chiens et on voit le camp la devanture c'est une chef d'oeuvre je vous le recommande
Je pense comprendre ce que voulait faire Jonathan Glazer. Mais je me suis rarement autant emmerdé devant un film. Le manque cruel de rythme m'a endormi et m'a franchement empêché de rentrer dans le film tant c'est long. Rien qu'aux premières minutes, avec un écran noir et des cris pendant bien deux minutes, je m'étais demandé si la bande vidéo n'avait pas sauté. C'est audacieux mais c'est surtout un excellent moyen pour me perdre aussitôt. Je ne suis jamais rentré dans le film, les scènes de vie quotidiennes sont elles aussi longues à s'endormir. Et puis l'histoire qui ne raconte pas ce qu'elle était censée racontée. Quand j'ai lu le synopsis, je m'attendais à une satire sociale mais il n'en est rien. Heureusement qu'il y avait des uniformes nazis pour me rappeler qu'on était à Auschwitz. Certains diront que ce film génial parce que justement, on en oublie Auschwitz et tout ce qui se passe en arrière-plan et l'idée est très bonne. Mais la forme est impossible, imbuvable. Entre l'introduction, la conclusion, un flash rouge au milieu du film et ces scènes en couleurs inversées, c'est juste lourd. Seule bonne idée du film, ne jamais filmer l'intérieur du camp et ne laisser que la fumée et les cris. Le reste, dans le fond mais surtout la forme, ça ne marche pas.
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4,0
Publiée le 27 février 2024
« C'est paradisiaque ! » C'est bien l'expression utilisée par la mère de Hedwig pour qualifier la maison de sa fille. Il est vrai qu'elle en a fait un petit nid douillet sauf que la particularité de la propriété est qu'elle se situe à côté du camp d’Auschwitz... Avec "The Zone of Interest" propose une approche probablement inédite de cette période avec cette cohabitation avec l'horreur. Il y a des films qui montrent l'horreur du quotidien et il y a celui-ci qui montre comment les personnages s'en accommodent. C'est cette banalité du quotidien qui fait froid dans le dos. Pendant que les femmes parlent chiffons et ironisent même sur certaines choses comme la provenance de vêtements de l'entrepôt du Kanada qui est confondu avec le pays, les hommes planifient l'extermination d'une centaine de personnes à la fois. Des échanges désinvoltes à quelques mètres à peine des atrocités que l'on connaît tous. Jonathan Glazer ne montre rien, mais beaucoup de choses sont suggérées ou entendues. D'ailleurs, la conception du fond sonore du film est remarquable tout comme cette mise en scène très clinique. Si l'histoire s'essouffle un peu lorsqu'on quitte les lieux, "The Zone of Interest" reste un très bon film à la fois très original, glaçant et captivant.
Jonathan Glazer nous montre, au travers de "La Zone d'intérêt", la vie de famille douce et calme de Rudolf Höss, commandant de Auschwitz. Toute la puissance du film repose sur l’hors-champ, car le spectateur sait que derrière les murs de la maison se produit les atrocités de la Solution finale nazie. Mais le film repose uniquement sur ce dispositif, si bien qu'une fois que le spectateur a compris le message, le film n'a plus grand chose à lui montrer de nouveau. "La Zone d'intérêt" soulève des questions intéressantes sur l'acceptation de l'atrocité et la condition humaine en général, mais on regrette que le film n'aille pas beaucoup plus loin que cette figure de style s'étendant sur presque deux heures.
excellente démonstration de la perfection germanique poussée à l’extrême dans sa froideur et son horreur tranquille. Redoutablement efficace et très impressionnant. La présence du hors champ est … terrifiante
Glaçant. Je crois que c'est le mot qui convient à ce film, excellemment filmé et interprété. Tout est suggéré, presqu'un long fleuve tranquille. C'est donc en chaque spectateur que viendra (ou pas) l'émotion légitime qui devrait ressortir d'une telle histoire, archi-connue sur le plan historique. L'horreur ordinaire.
Un film intéressant, il offre un nouvel angle de la seconde guerre mondiale. L'action est lente, les plans sont figés, on laisse la caméra et on ne la bouge plus. Cela ressemble à un documentaire sur la vie quotidienne d'une famille nazie, banale, horrible et subtile...
Idée de scénario originale car c’est un point de vue peu connu de la guerre mais on reste sur sa faim car on ne sait pas comment ça finit pour ces familles qui habitaient prêt des camps
Bon film, pas au point de le recommander non plus Le film met vraiment en lumière la banalité de l'horreur durant la seconde guerre mondiale, et notamment le nazisme qui faisait partie de leurs quotidiens. spoiler: Du mari qui va au travail dans les camps le matin, à la femme qui cultive son jardin toute la journée, tout est plus que normal pour eux.
Ce qui est particulièrement intéressant, c'est qu'on ne voit aucune images des camps. Mais on entend les cris et voyons la fumée s'échapper des camps. Sans images, le drame est encore plus puissants, nous devons imaginer les atrocités pour imager les cris et l'horreur derrière le mur.
L'histoire est malheureusement très connus et vue de différentes façon au cinéma, c'est une histoire intéressante que le réalisateur nous propose, en suivant une famille qui vit derrière le camp d'Auswitch.
c'est un film à voir car il questionne, il dérange et le point de vue qu'il aborde est très bien filmé et écrit. La seule interrogation porte sur l'absence d'images fortes de la réalité qu'il suggère pour renforcer le contraste. En tout cas il fait être averti avant d'aller le voir.