Si on aborde le film en en connaissant le sujet et la nature du point du vue, on se pose forcément la question de savoir si le procédé tiendra la distance. Evoquer Auschwitz à travers la vie de famille de l'officier SS qui commande le camp, dans sa jolie maison qui jouxte les baraquement et les fours, dans la nature verdoyante à proximité, ouvre une perspective horrifiante. Un mur gris surmonté de barbelés nous cache la vue mais la bande-son, composition d'un bruit sourd permanent qui rappelle l'activité mortifère à l'intérieur du camp, scandé par des éclats de voix, des pleurs parfois, des ordres, est l'élément dramatique déterminant. Le cinéaste impose un contraste, entre un côté avenant du mur et l'autre qu'on imagine, qui produit une sensation d'irréalité et de cauchemar à ciel ouvert.
La beauté formelle de la réalisation, ses cadrages et plans fixes, ses couleurs, ajoutent au trouble. L'indifférence de la famille Hoss nous révolte autant que son infamie, lorsque des objets de valeur provenus d'on sait où sont partagés entre les femmes de la maison. La neutralité de ton, la distance morale qu'introduit la mise en scène n'empêche pas le sentiment de haine qu'on éprouve pour ces allemands indignes. Est-ce là l'intention du réalisateur Jonathan Glazer? Sans doute pas, mais sa mise en scène de l'horreur aboutit nécessairement à cette réaction, laquelle surpasse peut-être la réflexion qui s'impose à propos de l'attitude que chacun d'entre nous aurait eue à la place de ces sinistres Hoss et madame. Alors, oui, on peut trouver sur la durée du film des moments redondants dans la démonstration de l'ignominie; mais le scénario, tiré d'un roman anglais, est convaincant et incontestablement le film et son point de vue si singulier ont toute leur place, par l'émotion et les questionnements qu'il suscitent, dans les évocations de l'épouvante des camps d'extermination, dans le travail contre l'oubli ou le négationnisme.
Je n’ai pas trop compris l’engouement autour de ce film.
Oui, je trouve que c’est intéressant de montrer cette période de l’histoire sous un nouveau prisme. L’idée est originale. L’horreur est suggérée avec subtilité surtout grâce aux sons environnants omniprésents. Mais j’ai trouvé que ça manquait vraiment de rythme ! J’imagine que c’est un parti pris mais j’ai frôlé l’ennui.
Nul. Long. Très long. La zone d’intérêt, qui se révèle en fait être inintéressante à souhait. De longs plans, sans intérêt encore une fois.
Un film supplémentaire sur le sujet. Encore un… Je me suis dit qu’il serait peut-être original, puisque pour une fois le sujet de l’Holocauste est vu du côté du grand méchant de l’histoire. Mais non. Vous allez juste passer 1h40 à regarder la vie d’une famille allemande pendant la seconde guerre mondiale (dont l’homme de la maison est un officier SS) Les servantes font à manger et nettoient la maison. Le chien se promène un peu partout. La mère de famille énumère tous les légumes et les fleurs qu’elle a planté dans son jardin. Les enfants jouent. Le père et officier Allemand travaille bien. Voilà c’est très long et très mou.
Quelques très rares plans poignants, comme celui du train qui passe en arrière plan avec une image en noir et blanc comme une radiographie. En fond le bruit quasi constant des chambres à gaz / crématorium.
Qu'est-ce que c'est encore que cette déjection ? A sujet totalement différent bien entendu, prenons le cas d'un film comme "Woyzeck". A l'exception des 10 dernières minutes, il ne s'y passe rien. Mais, la mise en scène permet au fur et à mesure de faire monter une violence réprimée, jusqu'à ce qu'elle explose. Et entre temps, le personnage principale a le temps (aussi anormaux soient-ils) de nouer des liens avec les individus qui l'entourent. "La zone d'intérêt" joue la carte du film dans lequel il ne se passe rien. Sauf que là, il ne se passe VRAIMENT rien. Juste un mec qui se croit génial et qui fait mumuse avec sa caméra pendant 1h40. C'est tout. On ne fait jamais rien de cette ambiguïté conférée par la présence du camp d'Auschwitz à quelques pas de ce pavillon présenté comme idyllique. Il n'y a aucun enjeu, sur quelque plan que ce soit. On aurait pu par exemple faire naître le doute quant au positionnement réel de cette famille par rapport à l'idéologie Nazi, mais non. On te dit quasi immédiatement qu'ils y souscrivent tous. Avant de nous dire plus tard que finalement, peut-être pas. Et bien sûr, c'est via le mari que ça se passe. Mari qui, je le rappelle, gère le camp d'Auschwitz en satisfaisant pleinement les exigences de ses supérieurs. Il y a quand même un moment où il faut assumer ses choix d'auteur et de cinéaste. Et les rapports entre les protagonistes ? Y a que dalle. Aussi froids et désincarnés que le décor. Alors qu'il n'est jamais fait état d'une famille qui se disloque. Quant au final flanqué d'une double ellipse complètement foireuse, franchement, on est à la limite de l'insulte à l'intelligence du spectateur. Et je passe sous silence ces quelques passages filmés en noir et blanc négatif, semblant être sortis tout droit d'un logiciel informatique au rabais. Si d'après une chanson de Sardou, le Paraguay n'est plus ce qu'il était, il en va de même pour le Festival de Cannes. Comment pareil Institution a-t-elle pu tomber aussi bas ?
Absence total de scénario. Une arnaque totale. Pas de début, pas de fin, pas d'émotions, pas de dialogue... rien ! On se contente simplement de suivre une famille allemande vivant dans un cadre bucolique à Auschwitz. Le pire film du genre que j'ai pu voir.
Une œuvre très différente, très étrange, sur un thème mille et une fois traité. La pellicule est belle et les effets sonores pertinents. Aucune goutte de sang malgré le sujet extrêmement violent. Heureux de l'avoir découvert. Un bon 3 étoiles. ----Décembre 2024----
Je suis partagé sur le film et son projet. L'angle est original (ne pas voir les camps mais en cerner l'horreur parcellaire par des cris d'effroi) et la banalité du mal est appréhendée dans toute sa splendeur. Je ne suis pas sensible à la critique de Xavier Leherpeur consistant à dénigrer le film parce qu'il ne montre pas l'intérieur du camp. On connaît la difficulté à seulement toucher du doigt l'horreur et le négationnisme de la Shoah à travers le cinéma est très faible (même inconuu pour ma part). Par contre, l'esthétique du film me pose problème car je la trouve très voyante. Les plan sont cadrés, à la Ozu, comme des tableaux avec des compositions soignées. Souvent la caméra est à distance avec une porte pour nous rendre voyeur de cette banalité du mal. Toujours du mal avec l'esthétique du mal, de l'horreur ou de la pauvreté. L'indécence n'est jamais loin.
Film d’une Redoutable efficacité, impressionnant, quelques scènes et dialogues qui donnent froid dans le dos,et dire que tout ça est bien arrivé, des questions se pose malgré tout,à la sortie de la projection certains Humains ont ils retenue quelques choses de tout ça !!! Je n’en ai pas l’impression.
Une petite déception au vu du tapage médiatique et des louanges pour sa sortie, certes le réalisateur a voulu montré entre autres le décalage-l'indifférence de la famille Hoess vivant une vie normale tout en côtoyant le camp d'Auschwitz mais c'est très voire trop lent (pour ceux qui ont déjà vu des documentaires sur ce sujet ça n'apporte rien de nouveau et même pour ceux qui n'en aurait pas vu pareil) peut être qu'en montrant + d'interactions avec le camp voire des scènes + dures ça aurait été différent mais là... Et la fin est bizarre à la place bref déçu par rapport à l'emballement général pour ce film
Film dur et froid techniquement maitrisé sur les camps de concentration jamais montrés car évoqués du coté d'une famille allemande qui vit à coté. On ne passe pas un bon moment et c'est fait pour.
Excellent film, qui n’a pas besoin de montrer l’horreur pour la faire ressentir. Vous êtes profondément marqué par le pathétique des bourreaux, la terreur des victimes, et le son, omniprésent, qui termine de vous faire revivre cet indicible cauchemar.