Ce chasseur a eu pitié de la Bête Sony qui rampait lamentablement depuis plusieurs années (Morbius, Madame Web, Venom 3) et, voyant l'animal agoniser, lui a tiré une balle dans l'arrière-tête : il sera le dernier film du Spiderverse "sans Spider-Man". Hallelujah, un peu de compassion (pour le public, surtout). Et ce n'est certainement pas ce Kraven aux effets spéciaux numériques dégueulasses (excusez le mot, mais il faut dire ce qui est : les bestioles et les scènes d'action "Kraven grimpe sur les murs" sont des bouillies dignes de films à budget cent fois moins grands) qui nous feraient rregretter la suite, ni ce Aaron Taylor-Johnson mentalement absent (il fait exactement la même gueule tout le film : sourcils alignés sans besoin de niveau à bulle pour vérifier, et moue blasée, jusque dans les scènes de combats. And the Oscar goes to...), aux superpouvoirs un peu nases (il y voit comme dans des jumelles sales, et il marche à quatre pattes en sautant partout : ambiance "gars qui sort de bar à 5h du matin"). Les méchants s'enchaînent sans qu'on y prête attention (le vilain papa masculinité, le frangin à moitié traître, un mec rhinocéros et un mec caméléon), et le combat final est, comme on commence à avoir l'habitude chez Sony Spiderverse, un sommet du ridicule.
Un troupeau de buffles qui court en rond pendant dix minutes pour aucune raison particulière (les poules le font, mais seulement si vous avez du grain dans les poches : vide tes poches, Kraven.), des coups qui projettent ce qu'on devine être du sang (le film se veut "adulte", mais est tellement gamin dans sa gestion des blessures... Une hérésie) et un méchant qui reçoit ses coups importants des buffles, même pas de Kraven. Pas d'humour du tout, pas de rythme, pas de musique, pas de répliques fortes, on s'enquiquine poliment, devant ce film-néant. L'autre méchant
non plus ne meurt pas des mains de Kraven (il
se fait croquer par un ours
), donc on se dit qu'on aurait pu se passer de ce héros pas seulement dans le Spiderverse, mais aussi dans son propre film, si même une vache qui court en rond tape mieux que lui. Avec son conglomérat de mecs aux regards ténébreux (ne cherchez pas Ariana De Bose, elle cumule peut-être un quart d'heure de passages "je suis le quota de femmes, mais on ne m'a rien donné à jouer, alors je fais le faire-valoir de Kraven, on s'occupe comme on peut". Mais ce que l'on retient de pire, cela restera quand même ces effets spéciaux numériques qui crament les rétines plus que le soleil d'Afrique. Un film qui, par l'annulation de son univers, ne sert strictement à rien, nous sert un Aaron Taylor-Johnson en mode "statue Moaï blasée" perdu dans des trucages numériques vraiment très laids. Enfin, c'est terminé, laissons derrière nous cette charogne malade qu'aura été le "No-Spidey Universe" de Sony, inutile d'en faire un tableau de chasse.