La dernière incursion de Supergirl au cinéma datant de 1984, il était grand temps de faire peau neuve sur ce personnage féminin DC. Et, bon, déjà les films de super-héros de manière générale, ça devient de plus en plus compliqué mais les femmes super-héroïnes, c'est encore pire, à mon grand dam d'ailleurs puisque j'aimerai en voir plus !
Mais les projets sont souvent bâclés ou particulièrement kitsch pour les plus anciens ("Elektra", "Catwoman" etc.). Et ici, avec ce film réalisé par Craig Gillepsi, c'était un peu décisif puisque nous sommes dans le tout nouveau DC Universe dessiné par James Gunn et le film arrive après "Superman". Et clairement, le film n'est pas à la hauteur de ce dernier.
Si "Superman" se montrait mature avec une sorte de nouveau regard sur la figure super-héroïque tout en étant très politique (bah oui, Superman, c'est quand même un immigré qui sauve le cul des États-Unis toutes les cinq minutes), "Supergirl" se montre quant à lui beaucoup plus léger, presque comme un moment récréatif entre deux films sérieux (parce-que "Clayface" a l'air d'envoyer du lourd).
Premièrement, nous retrouvons notre protagoniste sur une planète au soleil rouge, ce qui lui permet de se la mettre à l'envers tous les soirs. Jusqu'au soir où elle tombe sur une gamine lui demandant en gros de l'aider dans sa quête de vengeance. Bien-sûr, c'est une anti-héroïne donc elle refuse mais accepte ensuite lorsque ces mêmes antagonistes empoisonnent son chien, Krypto. Oui, la blague a déjà été faite dix fois et effectivement, on dirait le début de "John Wick". Et bon, cette introduction n'est clairement pas prometteuse.
On a déjà tous les archétypes du film qui se veut irrévérencieux à la "Deadpool" avec les héros bourrés, les jurons parce-que c'est cool (et j'avoue que la . est marrante) ; manque plus que le côté pseudo-gore et on est dedans jusqu'au bout. En plus de ça, toute l'intro dévoile un film prévisible au possible ; on sait très bien que, dans un premier temps, Supergirl ne va pas être hyper sociable avec la gamine et ne va poursuivre que sa quête personnelle puis va se prendre d'affection pour elle ainsi que les autres personnages en détresse qu'elle croisera sur sa route pour ainsi trouver son côté justicière représenté par le costume.
Comme c'est très maladroit, on a aussi droit à des scènes de féminisme forcée, comme celle montrant les prisonnière aider Supergirl et la gamine. Tout comme les antagonistes d'ailleurs, c'est juste une bande de gros beaufs masculinistes. C'est cliché, ça ne sert à rien car il y a seulement la forme sans le fond et on voit bien que c'est là pour remplir un cahier des charges.
C'est dommage car il y a avait tellement de choses à faire avec un personnage féminin fort et surtout moins mielleux que Superman car elle a vécu plus de choses traumatisantes et est surtout assez pessimiste. Et malgré le fait de décaler l'intrigue dans l'espace et non sur Terre, le film n'évite malheureusement pas les sentiers battus et les schémas préconçus.
Et pourtant, je n'ai pas passé un mauvais moment pour autant ! Car même si c'est déjà-vu, c'est au moins divertissant, les scènes de baston sont plutôt cool même si assez mal mises en scène et puis c'est drôle par moments.
Alors bien-sûr, la liste des points négatifs est beaucoup plus longue que celle des points positifs car "Supergirl" est certainement oubliable mais n'est pas spécialement mauvais pour autant, il faut simplement être conscient de ce que l'on a sous les yeux et l'accepter ou non.