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Un visiteur
2,0
Publiée le 6 novembre 2019
Si vous vous attendez à un film de science fiction, vous allez être déçu. Il s'agit plutôt d'un huis clos subi (relativement passivement d'ailleurs) par des personnages assez peu concernés ou trop fatalistes. Le cadre est l'appui science-fictionel mais la science et le bon sens y sont honteusement bafoués.
L'argument est celui d'un vaisseau spatial accidentellement détourné d'un voyage de routine de la Terre vers Mars et se retrouvant à la dérive en direction de l'espace lointain. Le film se déroule en plusieurs tableaux lents et sans grandes émotions, colères ou révoltes dans un cadre statique et froid. Tout le monde semble accepter les décisions (ou plutôt les absences) d'un capitaine parfaitement inutile, méprisant et autocrate. On pourra peut-être y voir le reflet d'une oeuvre originale décrite comme un poème plutôt qu'un roman.
Maintenant, ce qui ne marche pas:
spoiler: - Voilà une société capable de créer un ascenseur spatial, maitriser la gravité artificielle, créer de gigantesques vaisseaux (qui en passant ressemble a un aéroport international volant avec boutiques et fenêtres partout) capable de faire Terre-Mars en 3 semaines et qui est incapable de monter une opération de sauvetage à proximité de sa planète !!
- Aucune communication d'aucune sorte entre le vaisseau et la Terre ou Mars. Jamais.
- Le dispositif semi-conscient de lecture de la pensée est 300 coudés au-dessus du niveau visible de cette civilisation.
- Après quelques années, le vaisseau intercepte une "lance" (100m de long par 2 mètres de diamètre) lancé dans leur direction. Logiquement, un container de secours. Au passage, super fortiche d'arrêter un machin lancé à 66km/s en quelques secondes. Après avoir découvert que ce n'était pas un moyen de secours, personne ne s'y intéresse plus !! Je rêve !! D'où ? Comment ? Qui ?... Nada. Retour à l'apathie mondaine sans avoir essayé de comprendre.
- Après 10 ans, petite fête de jubilé: Le vaisseau est à peine sorti du système solaire.
- Aucun chiffre ne colle: Le film se termine après 5981407 ans, avec un vaisseau mort volant toujours de manière parfaitement rectiligne et passant devant une planète vraisemblablement située à 1276 années-lumières ce qui ne correspond a rien. On est dans le grand n'importe quoi style Interstellar sans que personne ne tombe de sa chaise.
Bref, pas bon côté psychologie et nul côté vraisemblance scientifique.
Pas désagréable à regarder pour peu d'aimer le genre, mais rien de remarquable. Le film est un peu long relativement à ce qu'on y voit, certains acteurs trop "passifs". Certaines choses sont plutôt prévisibles. Cela dit, on pourra assister à des belles scènes, et on retrouvera des détails soignés. A voir, mais pas en priorité.
C'est loin d'être un chef d'œuvre, mais c'est un film de sf qui se pose des questions sur un microcosme humain qui se créent et la fatalité induite, et c'est de là que tient sa force (on peut faire le lien avec l'expérience de la prison de standford, à grande échelle). Il a plein de défauts de scénario et une mise en scène assez banale (bien que joliment menée par le peu de budget) mais les thématiques qu'il propose restent intéressantes. Je pense du coup que ça reste un film à voir pour contempler avec ce côté voyeuriste des dérives de l'être humain et essayer de s'en détacher, bien qu'il ne soit pas grandiose.
Film de science-fiction scandinave qui a obtenu le Prix du Jury au dernier festival fantastique de Gérardmer, "Aniara" se distingue par une belle photographie, des très beaux effets spéciaux et une mise en scène élégante. Dommage, ceci-dit que les personnages manquent d'épaisseur et que le déroulement du récit possède quelques longueurs car on aurait pu être devant une oeuvre bien plus marquante.
Le début est excellent. L'univers de ce paquebot de l'espace, véritable centre commercial intersidéral, est assez original. Le thème est passionnant et la photo très belle. Malheureusement ça se gâte ensuite car les pistes les plus intéressantes ne sont pas exploitées. On ne nous montre pas par exemple comment on en arrive à ces orgies rituelles, comment évoluent les principaux personnages. La dégénérescence d'une micro société perdue dans l'espace aurait pu donner lieu à toutes sortes de péripéties : luttes de clans et de pouvoir, révoltes, apparition de sectes, notamment parmi les jeunes qui n'ont pas connu un autre monde. Mais rien de cela n'est abordé : le film se concentre sur quelques personnages et certains caractères, par exemple celui du commandant, sont trop peu développés. Dommage, il y avait de quoi faire un très bon film.
Excellent film de SF suédois, captivant, sombre (comme de juste) et visuellement très réussi. Le script, implacable, est excellent. Le rythme pourra rebuter les amateurs d'action, mais ce n'est jamais contemplatif. Les acteurs sont tous très bons. Par certains côtés, c'est l'antithèse parfaite du Passengers de Morten Tyldum, qui lui est Norvégien !
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2,5
Publiée le 31 mai 2019
Un gigantesque vaisseau spatial, qui est l'équivalent d'un grand bateau de croisière, mais pour l'espace puisqu'il offre tout le confort nécessaire ainsi que de nombreux loisirs, quitte la Terre pour un voyage de trois semaines pour rejoindre des colonies sur Mars. Seulement, à la suite d'un problème, le vaisseau est à la dérive, ce qui chamboule totalement les plans. Alors que le voyage devait durer quelques semaines, il va durer plusieurs années, ce qui oblige une refonte totale du système pour pouvoir survivre. L'histoire suit Mimaroben, une employée du navire, mais ce huis clos géant se focalise sur tout le monde et sur la vie commune de toutes ces personnes. "Aniara" commence de manière prometteuse avec la présentation des personnages, de la vie à bord avec tout ce qui fait que cela est possible, et de manière intrigante puisque de nombreux éléments mystérieux sont présentés comme cette salle gérée par une IA qui sert d'exutoire aux personnages qui peuvent en s'endormant aller dans un monde paisible. Toute cette première partie est donc plaisante et intéressante seulement, le reste du film m'a moins convaincu. Lors de la deuxième heure, et alors que la vie à bord devient compliquée pour les gens qui sont ici depuis plusieurs années, le film prend une direction plus étrange et abstraite. Ce qui m'a le plus dérangé dans cette deuxième partie, ce sont les sauts dans le temps puisque l'on ne reste que quelques minutes à chaque période, ce qui empêche le développement de l'histoire alors que c'est ce qui était intéressant au début. "Aniara" est un peu tout, c'est un drame, un film de science-fiction, un film avec de la romance et un film qui dresse le portrait d'une population livrée à elle-même. Il y a de bonnes choses dans ce film comme le concept, cette vision du futur, cette étude des gens et également le cadre, mais l'ensemble ne tient pas la distance. L'histoire est malheureusement sous-développée, au même titre que certains thèmes ou personnages, et comprend quelques incohérences et manque de réponses. Au final, c'est un film qui mérite 6/10 pour sa première partie et 4/10 pour la seconde.
Dans la pléthorique invasion suédoise de ce gerardmer 2019 très tristounet celui ci se démarque. Un vrai propos ( l humanité ne serait elle pas déjà perdue dans l espace dans un centre commercial géant ? Devenant folle a force de n aller nulle part ? ) comme la bonne science-fiction sait le faire. Bien que n explorant pas suffisamment chaque piste celles-ci sont intéressantes et crédibles bien que désespérément pessimistes.