j'avais trouvé "voyage au Groenland" beaucoup plus abouti et spirituel...Le blanc était accueillant...Ce film ici, est plus complexe, les personnages un aspirant de stand up (solo d'humour en public) et un schizophrène échappé de l'asile, et leur copine d'enfance ...les dialogues sont assez intéressants, et le scénario plutôt poétique...Pas de rires dans la salle, c'est plutôt un mélodrame décalés….Bon il y a des hauts et des bas, (la météorite et le suicide), mais globalement on accroche à l'ambiance de ce trio qui cherche des vérités pour devenir adulte, tout en restant des enfants….J'ai quand même fini par décrocher à cette comédie et le scénario a fini par m'échapper dans les vingt dernières minutes...C'est le seul bémol à ce film qui pêche parfois par son originalité décalée...A vous de voir….
Stan (William Lebghil), Hugo (Bastien Bouillon) et Bérénice (Izïa Higelin) ont grandi ensemble dans un petit village au fond des Alpes. Perdus de vue, ils se retrouvent quinze ans plus tard, la trentaine bientôt entamée à l’occasion de l’enterrement de Pierre (Jérémie Elkaïm), le frère aîné de Hugo. Les trois trentenaires sont couturés d’incertitudes. Schizophrène à tendance paranoïaque, Stan doit être interné en service psychiatrique. Hugo vient de démissionner de l’Education nationale pour se lancer dans la stand-up comedy malgré son manque criant d’humour. Bérénice entretient une relation compliqué avec les hommes.
Sébastien Betbeder creuse un sillon rafraichissant dans le jeune cinéma français. Sans budget mirobolant, sans têtes d’affiche, il trousse des comédies attachantes, légères, fantaisistes, frisant parfois avec l’absurde : "Marie et les naufragés" (2016), "Le Voyage au Groenland" (2016), "Ulysse & Mona" (2018). De film en film, on retrouve quelques têtes familières : Bastien Bouillon jouait déjà dans "2 automnes, 3 hivers" en 2013, André Wilms (qui interprète ici le rôle d’un curé fan de films d’horreur) dans "Marie et les naufragés", François Chattot dans "Le Voyage au Groenland". Il accueille deux nouveaux venus dans sa galerie d’acteurs : William Lebghil, qui sait être tendre sans cesser d’être drôle, et Izïa Higelin dont la confession au prêtre joué par André Wilms est aussi troublante que juste.
"Debout sur la montagne" est sans doute sa réalisation la plus maîtrisée. Les retrouvailles de Stan, Hugo et Bérénice sont le prétexte pour eux de revisiter leur enfance, ses joies et ses traumatismes plus ou moins bien surmontés. Mais c’est surtout pour eux l’occasion de s’interroger sur le « reste de [leur] vie » – pour paraphraser le titre d’un film joliment troussé de Rémi Bezançon.
Il y a quelques mois "Rêves de jeunesse" évoquait le retour dans son village d’une jeune femme en quête d’équilibre. Le thème a manifestement un écho puissant. Rares sont les personnes qui n’ont pas connu l’épreuve du dépaysement, conduits à quitter le lieu de leur enfance pour des études et pour un métier. Le retour est toujours doux-amer. Originaires du Var ou du Bas-Rhin, on a tous en nous un Sanary-sur-mer…
Il y a une vraie continuité dans le cinéma de Sébastien Betbeder qui n'aime pas filmer les villes mais plutôt des endroits isolés, que cela soit au Groenland, en Bretagne ou dans les Alpes. Autour de l'amitié et de l'enfance, le scénario de Debout sur la montagne confronte ses héros à leurs vies de jeunes adultes, insatisfaisantes sur le plan sentimental et professionnel, et demandant à être ressourcées. Comme à son habitude, Betbeder use de fantaisie et d'une certaine douceur pour parler de choses graves : la maladie, la mort, l'amour et toutes ces choses ... Cette fois, il ose même se frotter au fantastique, évolution naturelle si l'on considère que le naturalisme n'est absolument pas sa tasse de thé. L'absurde ou le magique, appelons cela comme on voudra, y tiennent une grande place : dans Debout sur la montagne, on croise un zèbre et un lama ainsi qu'une météorite qui manque de fracasser la tête d'un des trois principaux personnages. Le trio est interprété avec fraîcheur et compétence par Izia Higelin, Bastien Bouillon et William Lebghil. Debout sur la montagne a donc pas mal de qualités et un charme certain que la beauté des paysages ne contredit pas. Il manque peut-être, mais c'est une constante chez le réalisateur, une structure narrative plus étoffée qui lui permettrait de se hisser au-delà du statut de film sympathique qui fait du bien sur le moment mais dont le souvenir se perd quelque peu, une fois la projection achevée.
Vu en avant première. Un très beau film. Poignant et souriant. On à tous envie, un jour, de retrouver cette insouciance et ces moments où nos premières amitiés enchantaient notre jeunesse. Définitivement une réussite !