Félicitations pour ce magnifique film ! C’est un peu moins ridicule de le dire maintenant que je l’ai vu, mais le visionnage n’a guère altéré mon opinion ; le débat reste le même, on ne fait ici qu’apporter de la substance. Pas facile de faire un film qui soit à la fois convaincant et compréhensible par le public !
C’est une belle démonstration du fait que le pouvoir nécessite un contrôle important. À leur niveau, ces gens ne pouvaient pas refuser sans conséquence la sollicitation d’une documentariste. Ils sont si bien installés que certains commentateurs ici sont encore prêts à soutenir qu’ils peuvent tenir leurs propos abjects face au public, et qu’on devrait les respecter pour cela ! Il n’est même pas nécessaire d’avoir été victime pour souffrir d’un tel discours : dès lors que l’on est inquiet pour vous parce que vous êtes socialement mal à l’aise, en particulier sur la question du sexe, et que l’on juge nécessaire que vous alliez voir ces personnes, votre empathie naturelle sera suffisante pour vous faire connaitre le stress post-traumatique.
On voit cette bourgeoisie exaltée, nourrie d’un imaginaire dément, qui n’a pas peur d’en parler ouvertement.
Il faut savoir circonscrire la psychanalyse : il ne s’agit pas tant de la pratique de faire assoir les gens et les écouter nous parler d’eux, que de
théories produites par des auteurs étiquetés
. Ce film fait suite à des années de recherche par la réalisatrice sur le sujet. Certains psychiatres filmés ont porté plainte et Sophie Robert a gagné en appel. Il est impossible de contredire ces gens, ils ne tolèrent pas le moindre débat, ils veulent qu’on les prenne au pied de la lettre. Ou alors ils font des « métaphores » ? Qu’ils les gardent pour eux ! On attend de professionnels qu’ils travaillent sur des choses concrètes, on veut que les médecins et les psychologues regardent la réalité, et non qu’
ils exhibent et développent leurs fantasmes, et traitent notre corps et notre pensée comme s’ils les avaient eux-mêmes inventés
. Cela ne me fait plus tant d’effet aujourd’hui : il est désormais clair que l’on fait là face à
des fous furieux qui veulent banaliser l’inceste, soumettre les femmes, et tant d’autres choses bizarres
; et ces gens ne passeront que pour des cas sociaux s’ils continuent à tenir un tel discours. Ce film atteint son objectif : après l’avoir vu, seul un imbécile pourrait s’empêcher d’être gêné à l’idée d’avoir le moindre échange avec une émanation psychanalyste. Sans oser dire qu’elle a jamais été utile, cette pseudo-science est désormais obsolète. La psychanalyse disparaitra, sauf si c’est pour nous permettre de mieux dominer les crétins comme vous.
Mais est-ce bien spécifique à la psychanalyse, tout ça ?
Est-ce qu’on n’est pas tous à dire tantôt une chose et tantôt son contraire sans que le contexte ait changé d’un poil, et dans le cadre de notre travail tant qu’à faire ? Dans quel monde vivez-vous, voyons ! Est-ce qu’on ne veut pas tous que les femmes soient mises au second plan, est-ce qu’on n’est pas tous dérangés par les pulsions sexuelles de nos enfants, est-ce qu’on ne demande pas tous aux hommes de bander autant qu’ils peuvent et de sauter sur tout ce qui bouge ? Qui respecte les homosexuels, ici ? Et puis la pédophilie, l’inceste, c’est pas grave !