Vu à l’avant-première de Nice.
Comme l’a expliqué le réalisateur après la séance, le film tente à quérir le public le plus large possible, au-delà des adultes ayants grandis avec la série: un public comprenant des individus incluant des spectateurs pouvant comprendre ce film sans connaître la web-série de base, enfants inclus.
Avec un format de 1h42, on peut craindre une perte de temps dans l’exposé de l’univers aux newbies au détriment du film lui-même, il n’en est rien: Le film gère parfaitement la mise en situation de l’univers tout en étant capable de progresser dans sa propre histoire, les nouveaux (ceux qui ont pris le micro l’ont tous dit), s’en sortent parfaitement, et les anciens n’ont pas de sentiment de redondance/d’ennui.
Pour le reste: la web-série ‘’n’était pas limité par le temps ou l’argent’’ au même degrés que le film et avait un public ciblé, quand on se rappelle des scènes d’action comme celle de l’épisode 15 de la saison 2, on pouvait s’attendre, que dans un film avec plus de moyens, ce genre de scènes réapparaitraient: il n’en est rien:
Faut bien comprendre que contrairement à Noob! ayant fait appel aux fans pour se financer, et le réalisateur l’a dit lui-même: le film disposait d’un budget bien moindre que ce qu’on peut imaginer en le voyant aurait coûté à la production (sans préciser la somme), et a donc dû faire dans l’économie: Là où la série enchainait des plans courts où les acteurs pouvaient être maquillés de l’un à l’autre, ici, avec des plans longs, malgré des maquilleurs talentueux (on peut le remarquer avec les zombies), il n’est pas question de dessiner des hématomes sur les personnages blessés, de mettre des profusions de sang à tout va, que ce soit à l’aide d’effets spéciaux mécaniques ou de CGI: le film n’est pas du tout graphique.
Scènes dans le noir un peu trop claires à mon goûts.
Concernant l’humour: La scène d’ouverture est surchargée, à l’instar de la série: malgré que la séquence suggérait que les choses se passent rapidement (une centrale sur le point d’exploser: une équipe doit savoir sur quel bouton appuyer pour éviter la catastrophe), la scène est ridiculement rallongée et surenchère les gags, pour ensuite enchaîner avec des scènes où le réalisateur a dû être contraint de faire des choix, de s’autocensurer pour éviter d’arriver à un résultat final de 4h, etc… chose dont les connaisseurs de la série ne sont pas habitués avec l’univers: le film ne doit pas dépasser un certain budget/une certaine durée: il doit avancer vite à certaines étapes.
Le réalisateur a également annoncé vouloir se concentrer sur les personnages interprétés par acteurs professionnels nouveaux venus (Arnaud Ducret alias Gilbert et Enya Baroux alias Alice), mais au détriment du temps d’écran d’autres présents dès la web-série: et là-dessus, effectivement, nombreux sont les personnages, de l’univers original à ne faire guise que de présentiel pour les fans originaux:
Castafolte, ayant connaissance qu’il est un robot, n’utilisera jamais ses anciennes capacités (ou de nouvelles) et aurait pu être absent sans que ça change au film, Mattéo aurait très bien pu être remplacé par un autre brigadier lambda lui aussi, Belette, nouvelle arrivante, répond uniquement au quota ethnique, etc…
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Avec leurs casques, les trois brigadiers du temps sont presque indissociables…
Le film se regarde très bien, l’humour est bien dosé, malgré des vans à tiroir infantiles un peu lourdes (le Visiteur et son jus de chaussettes, Louise, dont un bon tiers des répliques se limitent à des réponses non protocolaires données à sa patronne, etc…).
Concernant le scénario en lui-même, des personnages développés disparaissant et plus jamais réutilisés, des éléments importants manquant de finesse face à la façon dont-ils sont exposés (un personnage en arrière-plan faisant un clin d’œil pour annoncer au spectateur que ça aura de l’importance pour plus tard aurait fait le même effet): globalement: très tôt dans le film on a tous les éléments pour savoir où le film va aller et ne jamais être surpris quant-aux décisions prises, filant droit vers la conclusion hypothétique (en mon sens le vrai point dommage par rapport à une série où on ne voyait rien venir).
L’absence de Judith se fait également ressentir.
Maintenant: Par rapport à l’objectif initial: que ce soit pour les anciens comme pour les nouveaux: le film fait vraiment effet:
une comédie française de SF méritant d’être vue par le plus grand nombre, et méritant de déboucher vers des suites, si les résultats au box-office le permettent.
Pari tenu.