Tiré d'une histoire vraie, un thriller judiciaire engagé et captivant, au scénario dense et minutieux, porté par l'excellente interprétation de Mark Ruffalo.
Ce qui apparait comme une enquête ressemblant à tant d'autres se transforme en thriller social dérangeant et choquant. "Dark Waters" revient sur l'affaire DuPont, grande entreprise américaine qui empoisonnait consciemment ses usagers avec du Téflon. Avec un réalisme déconcertant et un scénario en béton, Todd Haynes excelle dans le film de dénonciation où la noirceur, tant visuelle qu'humaine, fait froid dans le dos. Mark Ruffalo, dans le rôle de l'avocat dévoué à révéler au grand jour ce scandale de santé publique, est habité par son personnage, malade à l'idée d'échouer face à ce géant capitaliste néfaste. A vrai dire, l'idée du film ne me donnait pas vraiment envie mais, à l'instar du personnage principal peu convaincu par l'affaire, on se laisse gagner progressivement par ce capharnaüm épineux et sans fond. On arrive presque à un stade où on refuse de croire qu'il s'agit là d'une histoire vraie, tellement l'horreur humaine est déplorable. Hormis les faits qui sont révoltants, sans doute y a t il aussi une vision quelque peu manichéenne qui édulcore cette injustice. Et niveau jeu, je me suis très vite lassé du rôle larmoyant d'Anne Hathaway. En tout cas, le fait que cette entreprise soit encore en activité, après un tel procès, fait réfléchir sur notre ère et sur le pouvoir de ses dirigeants multi-milliardaires. Mais l'écho sanitaire et environnemental est certain, si bien qu'on a qu'une hâte : rentrer chez soi et bazarder toutes nos poêles !
Dans un genre où on ne l'attendait pas, Todd Haynes réalise un film dossier didactique mais de haut niveau, à peine entaché par la mièvrerie des scènes familiales. Du grand art !
Maître du cinéma indépendant américain, Todd Haynes épate à nouveau par sa capacité à varier les genres. Après "Carol" et "Le Musée des merveilles", il s'intéresse à l'histoire vraie de l'avocat Robert Bilott qui dénonça les pratiques chimiques de l'entreprise DuPont au cours d'une longue procédure judiciaire. Le sujet est parfaitement maîtrisé et l'ensemble s'avère une réussite incontestable. D'un point de vue formel, Haynes illustre sont histoire dans une magnifique photographie brumeuse à souhait qui renforce la gravité du sujet. Le film est construit comme un thriller haletant et inventif, rappelant les meilleures investigations de David Fincher. Voir "Dark Waters" est enfin d'utilité publique ; les conclusions qu'il dégage quant à l'utilisation certains produits quotidiens dépassent largement le cadre du Maine et s'avèrent tour à tour pertinentes et effrayantes. Mark Ruffalo épate une nouvelle fois par sa discrétion et sa justesse.
Voila ce que devrait être l'écologie : attaquer et faire banquer ceux qui portent délibérément atteinte à ce qui fait la survie de l'Homme. Des combats longs, souvent perdants (bien qu'aux États-Unis, les gros groupes industriels se font bien plus souvent alpaguer qu'en Europe). Faire culpabiliser les peuples, pour ensuite leur imposer un terrorisme intellectuel et financier au nom de l'écologie est absolument abject. Toujours est-il que pour ce "Dark Waters", nous suivons donc l'histoire vraie d'un avocat qui attaque un grand groupe pétrochimique après avoir été sollicité par un fermier. C'est déjà là qu'il y a un souci : comment peut-on expliquer le revirement total dudit avocat alors qu'il a passé toute sa carrière à défendre les intérêts des grands groupes pétrochimiques ? Mordre la main qui vous a donné à bouffer, pourquoi pas, mais il faut que la raison soit en béton. Alors que, dans le cas présent, on a quand même du mal à croire à la soudaine prise de conscience sur la simple visite de l'exploitation d'un fermier. Autre problème : sur un sujet aussi explosif, on hérite quand même d'un film qui manque de chair et mis en scène assez platement. Mais, et ça peut paraître étonnant, tout ceci se suit sans trop d'ennui. Le mérite en revient beaucoup à Mark Ruffalo qui porte le film sur ses épaules car, autant le dire, Anne Hathaway et Tim Robbins sont aussi inexistants l'un que l'autre. Cela dit, le constat s'applique à l'ensemble des rôles secondaires.
Un film d'investigation ou dossier si on peux appeler cela signé du cinéaste Todd Haynes !! C'est le deuxième long métrage que je vois de ce réalisateur après l'excellent et le larmoyant "Carol" et cette oeuvre est appliqué coté mise en scène mais malheureusement, "Dark Waters" et son histoire sentent un peu le déjà vu dans le cinéma Américain, il serait sortit 20 ans plus tot en mème temps que "Révélations" de Michael Mann ou "Erin Brokovich" de Steven Soderbergh, j'aurais peut ètre dis Wahou mais en 2020, c'est l'effet de non surprise. C'est dommage parce que le scénario est bien documenté des petits qui attaquent une grosse société contre la pollution de l'eau, l'implication de Mark Ruffalo dans le role principal mais aussi producteur, le reste du casting avec Anne Hathaway dans le role de l'épouse ou Tim Robbins, comédien talentueux qu'on voit très peu au cinéma de nos jours, excellent en patron, la mise en scène avec quelques magnifiques plans de Todd Haynes. Un film bien dans le fond mais un peu daté dans la forme.
Comment abandonner les revêtements utilisant du PFOA au profit de l'inox notamment! D'utilité publique, ce récit glaçant à la mise en scène toutefois ronronnante nous fait partager la sidération du héros au fur et à mesure de ses scandaleuses découvertes. Très réaliste dans son portrait du monde de l'entreprise mais aussi du renfermement psychologique et sociétal de ce lanceur d'alerte qui pris par un combat admirable perd ses liens humains, cette sombre réalisation nous renvoie à notre propre pouvoir de consommateur et de terrien ainsi que le comprend, bouleversé, le protagoniste auquel Mark Ruffalo confère une discrète force intérieure. Immanquable. Terrifiant.
Superbe film sur la difficulté de faire éclater au grand jour la pollution consciente d'un grand groupe contre des individus comme bous et moi. Mark Ruffalo, Anne Hathaway, Tim Robbins sont très crédibles dans leurs rôles. Le rytme du film même si il est un peu lent ne nous lâche pas une seconde on avance avec cet avocat spoiler: qui sacrifie tous à cette cause .
Quand la réalité peut dépasser la fiction, "Dark Waters" est la reconstitution d'un scandale sanitaire et environnemental marqueur de son époque. Le spectateur est abasourdi par l'ampleur de la problématique abordée, et se demande comment peut-on en arriver à un tel niveau d'inhumanité. Certainement par la mise en scène sobre, un jeu d'acteurs dans la retenue, et un scénario richement documenté.
Film à tendance documentaire qui éclaire le spectateur/consommateur sur la nuisance d'une grande firme. Aucun temps mort, un acteur vraiment solide, une enquête passionnante et un spectateur qui sort révolté et ayant soif d'en savoir plus. Du cinéma assez engagé qui devrait être encore plus présent.
Un biopic prenant qui s’attache à mettre en lumière le combat juridique de la dangerosité de certains produits et de la façon de les traiter par les grands groupes industriels. C’est bien (presque trop) cinétisé, montant en intensité sur toute la durée du film, avec un casting parfait pour donner cet aspect véridique. Petit bémol néanmoins, c’est tourné à la manière d’un documentaire, mais sans l’etre et c’est très unidirectionnel. Peut etre que ces grands groupes avaient des réponses plus recherchés à fournir (même si les preuves ont l’air d’etre la).
Mark Ruffalo, acteur engagé, déjà habité dans ses roles d'enquêteurs obsessionnels dans "Zodiac" ou "Spotlight" impose ici son charisme et sa sincérité pour offrir le portrait d'un avocat en lutte contre les gros pollueurs de la planète : Une sorte d'Erin Brokovitch" au masculin, l'humour en moins. Todd Haynes, cinéaste auteur de magnifiques mélodrames de "Loin du paradis" à "Carol" semble ici moins à l'aise dans ce style de cinéma engagé même si il s'en tire honnêtement.
Film nécessaire sur le scandale du PFOA, utilisé dans la fabrication du Téflon par Dupont de Nemours jusqu’à un passé récent. On doit le retrait du PFOA du Téflon grâce au combat, magnifiquement rendu dans ce film, par un avocat durant de longues années, en raison de tous les coups rendus par le fabricant, malgré les conséquences avérées sur la santé humaine. On sait néanmoins que les Chinois continuent d’utiliser le PFOA. Difficile d’empêcher de nuire tous ces fossoyeurs de la planète...Le film est néanmoins un peu long.
Un excellent film d'enquête sur un scandale d'entreprise et de santé publique qui documente bien le sujet avec une narration assez classique mais prenante et une émotion légitime sans être dégoulinante.
Todd Haynes nous avait déjà charmé avec « Carol » et « Loin du paradis », de magnifiques études de meurs dans l’Amérique puritaine et hypocrite des années 50. Ici nous sommes dans un contexte de thriller judiciaire et écologique où il rend captivant un scandale de l’industrie chimique américaine grâce à un scénario très documenté, agrémenté de quelques scènes émouvantes. Mark Ruffalo interprète de manière crédible l’avocat Robert Bilott confronté à son cabinet, sa famille et les lieux de son enfance où une pollution des eaux a contaminé des milliers d’habitants. Le film est intéressant, cependant pas aussi prenant que d’autres du genre comme « Erin Brockovich, seule contre tous » ou même « Le nouveau protocole ». Les ressorts dramatiques sont un peu mous et l’histoire linéaire n’accroche pas suffisamment pour passionner le spectateur.