Quel bonheur de retrouver Constance ( Diane Rouxel) .. "Volontaire" par exemple, ici dans un magnifique double drame : le premier et j'aurais sans doute du commencer par le second, la très grande difficulté pour ne pas dire plus, du monde agricole et notamment de la la survie des exploitations, particulièrement pour les jeunes qui aimeraient se lancer ..., et par ailleurs de la fameuse ambiguïté des rapports "Femmes / Hommes" dès lors qu'il y a un enjeu ou décision, et que la fameuse "liberté" de dire non, devient toute relative.... Elle est extra dans ce rôle encore, discrète mais ambitieuse, aussi forte qu'elle semble si menue... Associée ici à Jalil Lespert - excellent et que dire d'Olivier Gourmet, un très grand acteur.. ( on les reconnait quand ils n'ont même pas besoin de paroles pour être juste, juste au bon moment !). Tout en délicatesse, en nuances, et parmi d'autres très belles créatures - je parle des vaches et des veaux - c'est une formidable mise en scène, qui va droit au but, une belle surprise de cette rentrée...!!**
Croyant que le film traitait des difficultés du monde agricole, j’ai été un peu surpris d’être finalement plus face un film traitant, très bien, de harcèlement sexuel et de militantisme féministe, mais reléguant la thématique agricole au rang de support et ne reflétant que très peu sa dur réalité.
Bernard (Olivier Gourmet) est un vieil agriculteur bourru dont l’obstination menace de mener sa ferme à la faillite. Mais Constance, sa fille (Diane Rouxel) et Bruno (Finnegan Odfield), son futur gendre, sont prêts à prendre la relève, à relancer l’exploitation, à y appliquer des méthodes nouvelles. Leur avenir est suspendu à la décision de la Safer, la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural qui est sur le point de se prononcer sur leur dossier. Constance et Bruno croient pouvoir compter sur l’appui de Sylvain (Jalil Lespert), l’influent président du marché local qui encourage leur projet et assure Constance de son soutien.
Le titre de "La Terre des hommes" résume avec une élégante efficacité les deux sujets qu’entremêle ce drame rural. D’une part, comme dans "Petit Paysan" ou "Au nom de la terre", l’action se déroule dans ce monde paysan qui décidément revient à la mode après une longue éclipse au cinéma. D’autre part, comme dans Slalom, son héroïne est victime de l’emprise d’un homme et à travers lui de la domination d’une société masculiniste qui lui est spontanément hostile.
Pour son second film, le réalisateur Naël Marandin a réussi à réunir autour de lui une belle brochette de stars. On pourrait lui faire le reproche de les sous-utiliser : Olivier Gourmet, que je considère comme l’un des tout meilleurs acteurs actuels, est réduit à une silhouette, Finnegan Oldfield, que je considère quant à lui comme l’un des plus prometteurs, forme avec Constance un couple solaire qui démontre qu’il ne faut pas désespérer de tous les hommes, Jalil Lespert joue avec l’ambiguïté qui le caractérise le rôle d’un prédateur qui n’a pas conscience d’abuser du pouvoir qu’il possède pour abuser d’une femme.
Le film repose sur les frêles épaules de Diane Rouxel. C’était un pari audacieux : la jeune femme – comme le montre d’ailleurs très bien l’affiche – pouvait sembler trop fine, trop jolie, en un mot trop parisienne, pour assumer à elle seule cette responsabilité-là. Pourtant, elle impose sa présence dès les premières images où on la voit avec une belle assurance prendre la température au cul d’un veau malade. Elle est d’une justesse absolue dans la scène qui la confronte à Jalil Lespert où elle exprime la palette des sentiments qui la traversent : la quête d’une empathie, le trouble, la sidération, la peur, la honte et la colère…. C’est à sa composition toute en nuances que "La Terre des hommes" doit sa belle réussite.
Décevant. Le jeu des acteur n'est pas toujours bon, les scènes d'émotion sont poussives. Il y avait de quoi faire quelque chose meilleur vu le scénario et l'environnement.
Cette réalisation de Naël Marandin nous plonge dans un drame rural aux notes sulfureuses du mouvement #MeToo et aux saveurs piquantes de la rudesse du métier d'éleveur aujourd'hui en France. Constance, 26 ans, travaille avec son père à la ferme mais désire s'installer à son compte avec son fiancé. Son projet tient la route, mais pour être soutenue totalement, elle va se retrouver confrontée à un homme mûr influent qui va rapidement abuser de son emprise sur sa fragile situation... Le casting tient la route (Diane Rouxel, Finnegan Oldfield, Jalil Lespert, Olivier Gourmet), il est dommage d'avoir traité ce sujet avec finalement autant de pudeur, sans véritable punch. Cette histoire manque donc un peu d'émotion et d'intensité, la réalisation est quant à elle correcte mais sans éclat. Un film honnête mais presque trop sage. Site CINEMADOURG.free.fr
Quand une jeune femme se retrouve sur la terre des hommes, elle encaisse et lutte. Tout sonne juste dans ce monde paysan passablement masculin. Tous les acteurs sont bons dans un jeu maitrisé avec une délicate Diane Rouxel, sensible, sincère et déterminée et un Olivier Gourmet toujours aussi excellent, même dans un rôle de second plan. A voir !
Le récit est bien mené et singulier, Diane Rouxel excellente, le propos important et le regard intelligent mais la fin laisse à réfléchir, le traitement de la reconstruction après un viol est totalement éludé, c'est très problématique.
Sur un thème particulièrement intéressant et peu traité au cinéma, Naël Marandin a fait un film qui manque un peu de souffle. Il est trop sage. C'est bien dommage car l'interprétation est parfaite.
C'est gentil, je pense que c'est honnête, mais inoffensif, manquant de véritable regard. Le réalisateur engage une équipe technique presque exclusivement masculine pour traiter un sujet féministe, il prend une des plus jolies actrices du moment pour jouer une paysanne, qu'il met face à cet acteur people qui se montre dans les magazines avec une top modèle, puis avec la veuve de Johnny sur la plage. Pourquoi pas, si ça ne se sentait pas à l'écran, mais pour le coup, pour ce nouveau film du sous-genre rural-français, le manque de rugosité rend fade le propos.
Un énième film sur la détresse paysanne, politiquement correct, sage, avec une petite touche de féminisme, d'humanisme, une jolie fille, un acteur connu, une mise en scène correcte et convenue... Il n'a pas le courage d'être mauvais, il est juste ce qu'on lui demande d'être pour ne pas déborder
Agé de 40 ans, Naël Marandin a commencé par être acteur, au théâtre dès l’âge de 13 ans, puis au cinéma et à la télévision, avant de se tourner vers la réalisation. Son premier long métrage, "La marcheuse", date de 2015. "La Terre des hommes" est son deuxième long métrage. Un point commun entre les deux films : ils relatent l’histoire de femmes qui se battent dans un univers masculin. Une différence importante entre les deux films : "La marcheuse" est un film qui se déroule dans un environnement très urbain alors que "La Terre des hommes" est un film sur le monde de la campagne. Un film qui a obtenu le label de la Semaine de la critique de Cannes 2020. Même si on peut trouver quelques maladresses dans le traitement de la relation entre les 3 thèmes que Naël Marandin a choisi d’aborder dans "La Terre des hommes", ce film fait preuve d’une force indéniable, surtout s’agissant du thème du viol. Quant à la distribution, elle est absolument parfaite, avec, en particulier, une impressionnante Diane Rouxel.
Film très juste et très puissant sur un sujet toujours difficile à traiter (le viol, l'emprise). Les acteurs sont également excellents avec en particulier l'incarnation particulièrement intense de Diane Rouxel. A voir !
Belle découverte de la sélection Télérama. Un sujet dans l'air du temps traité avec subtilité, une actrice qui prend magnifiquement bien la lumière malgré une histoire plutôt sombre. De l'émotion, assurément.