The Brutalist
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "The Brutalist" et de son tournage !

Un parallèle entre artiste et immigré

Brady Corbet déclare au sujet de son film : "Le film s’intéresse au parallèle qui existe entre le parcours d’un immigré et celui d’un artiste. Quand un individu ose quelque chose de nouveau, d’audacieux, comme l’institut que László bâtit au cours du film, il est généralement violemment critiqué et discrédité. Jusqu’à ce qu’avec le temps viennent la reconnaissance et même l’adulation".

Un projet de longue date

Il a fallu sept ans à Brady Corbet pour concrétiser The Brutalist. Une durée qu'il a consacrée notamment à faire des recherches, à trouver des financements et à faire des repérages en Hongrie pour trouver des paysages qui seraient capables de passer pour la Pennsylvanie, où se déroule le récit.

Mari et femme

À l'instar de ses précédents longs-métrages, L'Enfance d'un chef et Vox Lux, Brady Corbet a co-écrit le scénario de The Brutalist avec sa femme, la réalisatrice et scénariste norvégienne Mona Fastvold. Il a aussi joué dans un de ses films, The Sleepwalker.

Un plébiscite

The Brutalist a obtenu 3 Golden Globes (meilleur film dramatique, meilleur réalisateur et meilleur acteur dramatique) parmi 7 nominations, et a été nommé dans dix catégories aux Oscars.

Le brutalisme

Le brutalisme est un style architectural issu du mouvement moderne, qui s'est d’abord popularisé en France, au Royaume-Uni et en Europe de l’Est dans les années 50, avec notamment les projets de reconstructions de l’après-guerre. Il se caractérise par des bâtiments épurés, sans ornements, de dimensions souvent imposantes et qui mettent en avant des matériaux bruts, comme le béton ou la brique. Les principaux représentants du brutalisme sont Le Corbusier, Marcel Breuer, William Pereira, Moshe Safdie, Denys Lasdun et Alison & Peter Smithson.

Inspiration

Brady Corbet et Mona Fastvold ont toujours été fascinés par l'architecture, l'oncle du premier et le grand-père de la seconde étant architectes. Pour concevoir leur héros, Corbet est allé chercher conseils auprès de l’historien de l’architecture Jean-Louis Cohen, dont les travaux sur Le Corbusier et Frank Gehry font autorité. Il l’a interrogé sur l’existence possible d’un architecte qui aurait d’abord prospéré en Europe, pour se voir chassé et déporté durant la guerre, et contraint de repartir à zéro aux États-Unis. Selon Cohen, il n'en existe pas. Si le parcours László Tóth est imaginaire, il n'est cependant pas sans rappeler ce que d’autres artistes majeurs du mouvement brutaliste, en particulier Marcel Breuer, ont pu vivre.

Genèse

Brady Corbet a toujours été fasciné par la période du milieu du siècle dernier aux États-Unis et en Europe, durant la décennie d’après-guerre, "pour l’influence majeure que la condition psychologique de l’époque a jouée sur l’architecture". Pour lui et Mona Fastvold, sa femme et co-scénariste, l’architecture brutaliste résonne avec l’état psychologique de la société des années 50. "Nous avons vu de la poésie dans l’utilisation de matériaux développés pour survivre à la guerre, dans les bâtiments d’habitation et d’entreprise des années 50 et 60, par des architectes tels que Marcel Breuer et Le Corbusier."

Le Pianiste

Le personnage qu'incarne Adrien Brody n'est pas sans rappeler celui que l'acteur jouait dans Le Pianiste, le compositeur polonais Wladyslaw Szpilman, rescapé des camps de concentration, pour lequel il a reçu l'Oscar du meilleur acteur. Il raconte : "Je me suis servi de deux expériences majeures de ma vie : le fait d’être le fils d’une réfugiée hongroise et mon interprétation de Wladislav Szpilman. Bien que Szpilman et Tóth soient deux personnages très différents, les mois que j’ai passés à faire des recherches et à me connecter au passé du premier, aux horreurs qu’il a traversées, m’habitent toujours. Ça m’a permis d’appréhender de façon viscérale la douleur et le vide que peut ressentir László quand il émigre aux États-Unis."

Accents

On peut entendre nombre de langues, accents et dialectes dans le film, dont des monologues de plusieurs pages en hongrois, que le duo d’acteurs principaux, Adrien Brody et Felicity Jones, a dû apprendre à maîtriser, pour ensuite le décliner en accent dans leurs échanges en anglais.

L'institut

La cheffe décoratrice Judy Becker était plus qu'enthousiaste à l'idée de collaborer à The Brutalist : "Pour les gens de ma profession, un film sur un architecte, c’est le gros lot. D’autant que j’adore le style brutaliste. Pour ce film, il fallait non seulement recréer les années 50-60, mais aussi concevoir cet institut qui représente le parcours et le combat d’une vie."

Il fallait que la structure de l'édifice rappelle un camp de concentration. Elle a fait des recherches sur les architectes modernes et brutalistes et leurs travaux commissionnés, mais elle s’est également appuyée sur son propre parcours et ses connaissances : "Je me suis souvenue de la synagogue du quartier où j’ai grandi à New York. Il y avait une étoile de David au-dessus de nos têtes qu’il était impossible de voir d’en bas. Ç’a été une révélation pour moi, j’ai compris que l’institut devait avoir la forme d’une croix surplombant la partie basse de l’édifice qui ressemble quant à elle aux baraquements des camps."

Un tournage à Budapest

The Brutalist a été entièrement tourné à Budapest, en Hongrie, ville dont est originaire la mère d'Adrien Brody. La capitale possède deux laboratoires argentiques qui ont permis au réalisateur de développer ses images sur place, lui qui a décidé de filmer en pellicule.

Le film a en effet été tourné avec différents objectifs et caméras, au format VistaVision : "C’est un format large, assez délicat à manipuler et qui demande des techniciens expérimentés. En Hongrie, le 35mm est encore activement utilisé, contrairement à un grand nombre d’autres pays, malheureusement. C’était un atout décisif pour nous."

Dédicace

Le film est dédié à Scott Walker, qui a composé la musique des deux films précédents de Brady Corbet et qui est décédé en 2019.

Polémique au sujet de l'intelligence artificielle

Dans une interview pour Red Shark News, le monteur Dávid Jancsó a révélé que l'équipe a eu recours à l'intelligence artificielle à deux reprises. Partiellement en langue hongroise, le film a utilisé un outil pour perfectionner l'accent des acteurs. L'intelligence artificielle a également été employée dans la fabrication de dessins d'architecture présents dans l'épilogue du film.

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