L'Adieu (The Farewell)
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Camille P.
Camille P.

22 abonnés 47 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 janvier 2020
Ce film est inspiré de l’histoire de la grand-mère de sa réalisatrice, Lulu Wang.

Nai Nai, une vieille femme chinoise, est atteinte d’un cancer du poumon et n’a plus que 3 mois à vivre.

Elle ne sait pas qu’elle est malade car les membres de sa famille ont décidé de lui cacher son état pour « lui éviter de porter ce fardeau ».

Sous un faux prétexte, ses enfants et petits-enfants, dispersés à New-York et au Japon, décident de se retrouver en Chine pour passer du temps avec Nai Nai avant sa mort prochaine.

La question centrale du film posée par Billi, la petite fille de Nai Nai, est donc de savoir si l’on peut cacher à quelqu’un qu’il va mourir. Et si on le fait, est-ce pour protéger l’individu en question et ne pas « gâcher sa bonne humeur » ou est-ce parce que, selon la croyance chinoise, ce n’est pas le cancer lui-même qui tue un individu mais la peur du cancer ? De mon point de vue, c’est surtout la lâcheté qui justifie un tel acte.

Et a-t-on le droit de mentir à quelqu’un sur son état de santé ? En Chine, c’est une pratique très courante. Dans la culture occidentale, défendue par Billi, c’est impensable et c’est même interdit.

On se demande d’ailleurs pendant tout le film si Nai Nai est vraiment dupe de l’énorme mensonge familial.

Le film montre également la culture chinoise telle qu’un occidental peut l’imaginer : les chinois qui ne se prennent pas au sérieux, les hommes qui pleurent sans se cacher, les offrandes faites aux morts, le karaoké, le goût de l’ivresse et de la bonne chère.

Cette famille chinoise, portée par d’excellents comédiens (en particulier Zao Shuzhen, la grand-mère, Awkwafina, la petite fille et Tzi Ma, le fils ainé) est drôle, émouvante et décidément très attachante.

La BO du film est également très bien choisie.

C’est donc un bon film qui m’a plu et durant lequel je ne me suis pas ennuyée.

De là à le considérer comme « le film de l’année » ainsi que cela est mentionné sur l’affiche du film qui fait référence au magazine les Rolling Stones … il ne faut quand même pas exagérer. J'ai vu de meilleurs films que celui-ci en 2019 et il y a bien d'autres films très prometteurs à sortir en 2020.
Cinévore24

446 abonnés 940 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 janvier 2020
L'histoire de retrouvailles et d'un mensonger lié au poids des traditions.
Une chronique familiale coincée par moments par les codes du cinéma indépendant américain.
Un film sur les variations occident/orient, déroulant son intrigue simplement et faisant s'installer l'émotion peu-à-peu.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 8 janvier 2020
Un des grands films de cette année ! À voir absolument ! Lulu Wang parle génialement de la famille et de ce que l'on peut dire...
RedArrow

1 871 abonnés 1 676 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 janvier 2020
"D'après un vrai mensonge"... À travers cette brève formule introductive prêtant à sourire, "The Farewell" explicite bien sûr le caractère authentique de l'histoire que l'on s'apprête à découvrir mais on peut déjà y déceler également la manière dont son récit, tout autant intime qu'émotionnellement universel par essence, va déborder de ce cadre pour aller mettre en lumière le mal-être silencieux de toute une communauté.

Ce deuxième long-métrage de Lulu Wang débute donc sur Nai Nai, une petite vieille dame chinoise dont le caractère bien trempé nous la rend instantanément attachante. Nos présentations avec elle se font par l'intermédiaire d'une conversation entre deux continents. Plus précisément, un dialogue entre elle, la grand-mère privée d'une grande partie de sa descendance désormais exilée de la Chine, et Billi, sa petite-fille sino-américaine installée à New York depuis l'enfance. Des milliers de kilomètres ont beau physiquement séparer ces deux femmes, leurs quelques mots échangés suffisent à témoigner d'un lien grand-mère/petite-fille fort et unique.
Alors, quand Billi apprend par la bouche de ses parents que Nai Nai n'a plus que quelques mois à vivre à cause d'un cancer, inutile de préciser l'ampleur du drame que cela représente pour la jeune femme, d'autant plus que la famille a pris la décision de cacher le diagnostic à la grand-mère afin de l'épargner de cette souffrance ! Le mariage avancé d'un cousin va ainsi devenir le prétexte idéal pour que toute la tribu se retrouve en Chine à partager un ultime moment avec Nai Nai après des années de séparation...

"The Farewell" part donc d'un mensonge, une omission volontaire de toute une famille sur leur sort de leur aînée simplement pour se retrouver dans l'allégresse d'un heureux événement présent plutôt que dans la perspective d'un malheur futur. Évidemment, du point de vue de Billi, ce maintien permanent dans un déni illusoire va tourner à la véritable torture émotionnelle car, si ça ne tenait qu'à elle, sa grand-mère serait éclairée sur ses problèmes de santé depuis longtemps ! Pourtant, et intelligemment, le film nous révèle très tôt que la jeune femme est finalement dans une position similiaire à sa famille, prise elle-même dans la toile d'un secret qu'elle cherche à cacher. Il en résulte un premier arrangement d'ordre personnel avec la réalité, où le mensonge et la vérité se lient selon des visions différentes mais toujours dans le but que le premier entrave la nature potentiellement blessante de la seconde. À partir de là, cette espèce de balancier virevoltant entre les contradictions refoulées par chacun va graduellement s'élargir à d'autres sphères et se fondre dans la dynamique du récit...

Comme évoquée, la donne culturelle va jouer un rôle crucial, à commencer par la maladie passée sous silence de Nai Nai. La pratique semble en effet coutumière en Chine mais, bien entendu, pour le regard d'un(e) Occidental(e), ici symbolisé par celui de Billi, ce n'est pas une chose aisée à concevoir même si elle accepte de jouer le jeu de sa famille in fine.
Toujours selon la perspective de Billi, ses réminiscences d'enfance en compagnie de Nai Nai sont devenues une forme de perfection dans son esprit, tranchant radicalement avec sa vie aux États-Unis et, plus particulièrement, sa relation terne avec ses parents (les quelques dialogues en anglais se font essentiellement avec eux, les meurtrissures d'une vérité non édulcorée les gouvernent au milieu des non-dits). Cependant, ses souvenirs ressassés par le prisme naïf de la jeunesse seront souvent mis à mal face à de fugaces images de ce qu'aurait pu devenir Billi si elle avait eu le choix de rester en Chine.
Plus largement, cette vision idéalisée de ce pays est ravivée par cette unité familiale retrouvée où les banquets gargantuesques et alcoolisés sont devenus la traduction chaleureuse de la pudeur asiatique pour évacuer la vérité des sentiments. Mais, si ces belles images de repas de famille sont un agréable mirage momentané, les doutes existentiels de l'ensemble des convives peinent à y être véritablement contenus, principalement ce rapport complexe vis-à-vis de leurs racines chinoises où chacun tente de justifier ses choix migratoires par des arguments qui ne reflètent pas forcément la réalité. Le maintien des apparences prend ainsi constamment le pas sur la franchise dans une Chine qui est elle-même devenue un symbole de ce paradoxe.
Consciente de l'opportunité que lui offre le cadre de son pays d'origine pour exacerber la perte de repères vécue par ses personnages, Lulu Wang laisse en parallèle sa caméra s'attarder sur une société chinoise où la tradition tend à sombrer dans le néant face à une volonté de se calquer sur les "modèles" occidentaux ultramodernes, et ce aussi bien en termes d'architecture que dans les mentalités (le simple de fait de mentionner les États-Unis fait briller les yeux des locaux rencontrés).
Dans son ensemble, "The Farewell" s'évertuera à mettre brillamment en exergue le fait que ses personnages perdent une partie de ce qui les définit si les racines auxquelles ils peuvent se raccrocher ne sont plus présentes. Le côté éphémère de leurs divers mensonges pourra leur maintenir un temps la tête hors de l'eau, toutefois, ce sera bel et bien la vérité et la force de leurs liens familiaux, dernier socle inébranlable de leurs existences respectives, qui pourra soulager leur détresse commune.
Pendant que les teintes de l'image à la lisière du pastel du film témoigneront encore un peu plus d'une ère en train de s'effacer ou que le délicat mélange de tristesse mélancolique sur fond de tableaux frisant parfois l'absurde fera écho à la confusion émotionnelle de ses héros, le coeur de "The Farewell", cet amour profond entre Billi et Nai Nai, lui, demeurera notre bouée jusqu'à nous emporter définitivement dans des derniers instants bouleversants...

On pouvait penser que le gros succès d'un bien plus artificiel "Crazy Rich Asians" ouvrirait grand les portes hollywoodiennes à un film tel que "The Farewell"... Eh bien, non, il n'en est rien, Lulu Wang a dû énormément batailler pour que ce long-métrage ô combien personnel se concrétise enfin (il aura fallu qu'elle raconte son émouvante histoire lors de l'émission radio American Life), preuve que l'industrie cinématographique US a encore bien du mal à miser sur un projet consacré à ce qu'elle juge bêtement être non représentatif de la société américaine dans son ensemble (et ne comprend tout bonnement rien à sa portée universelle). Bon, évidemment, le film produit par A24 aujourd'hui a toutes les qualités pour être le prototype même d'un aimant à récompenses mais, au vu de son parcours dont il résulte, de la sincérité qui en émane, de l'intelligence de son traitement et de sa propension à nous émouvoir avec brio, il serait bien dur de lui reprocher les potentielles statuettes et nominations qu'il va récolter dans son sillage. En ce sens, le Golden Globe de la Meilleure Actrice reçu par Awkwafina pour sa superbe prestation dans le rôle de Billi n'est sûrement qu'un commencement et c'est tant mieux car "The Farewell" le mérite amplement.
FaRem

10 571 abonnés 11 456 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 novembre 2019
Lulu Wang dresse le portrait d'une famille qui a une manière bien particulière de gérer la maladie de l'un des membres de la famille. Nai Nai n'a plus que quelque mois à vivre, mais elle ne le sait pas, car sa famille le lui cache. Billi, la petite-fille, est choquée par ce mensonge et à son retour en Chine pour passer du temps avec sa grand-mère, elle vit une sorte de choc culturel, comme nous d'ailleurs. Comme indiqué dans le film, la loi chinoise permet à la famille de mentir, ce qui est illégal aux États-Unis et chez nous. Une vraie différence de cultures, car les Chinois pensent que la santé mentale et émotionnelle est directement liée à la santé physique. C'est ce que dit l'un des personnages en disant que c'est la peur du cancer qui fait mourir et pas la maladie elle-même. Il faut savoir que ce film est basé sur l'histoire de la famille de Lulu Wang, la réalisatrice. Ce n'est pas la seule particularité de ce film, mais pour le reste, il faut le découvrir par vous-même et pas seulement en regardant le film... L'histoire derrière le film m'a peut-être même plus touché que le film lui-même. "The Farewell" est plus intéressant que réellement bouleversant. Tout simplement parce que l'on découvre quelque chose de nouveau, une nouvelle façon d'aborder la maladie et comme cela devient un sujet tabou, il n'y a pas vraiment de moments d'émotion. J'ai bien aimé découvrir cette façon de procéder face à un terrible drame et le film est pas mal, mais je m'attendais quand même à mieux et surtout à quelque chose de vraiment touchant.
Jorik V

1 363 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 août 2019
« The Farewell » soulève plein de questionnements intéressants et le fait sur le ton de la comédie dramatique plutôt légère en dépit d’un sujet assez triste. En l’occurrence, doit-on mentir à quelqu’un qui va mourir pour lui assurer des derniers temps heureux? Vaste question à laquelle le film a la bonne idée de ne pas apporter de réponse définitive et finalement stérile car laissée à l’appréciation de la sensibilité de chacun. Le scénario et les situations qu’il présente permettent au spectateur de se faire ses propres avis et jugement en donnant juste des clés de réflexion. Mais ici, on parle aussi de déracinement, du poids des traditions ou encore du choc des cultures entre la Chine et les Etats-Unis. Des thématiques variées et intéressantes assez bien traitées mais pas toujours bien approfondies, juste écornées pourra-t-on dire pour certaines.



La force première de Lulu Wang est donc de ne porter aucun jugement et de toujours rester dans la finesse et la subjectivité. En somme, de présenter les sujets qu’elle aborde avec finesse, sans jamais forcer le trait. « The Farewell » est en grande partie autobiographique comme on peut le discerner grâce à un encart précédant le film nous informant que l’histoire est tirée d’un mensonge réel et confirmé à l’apparition du générique de fin par un bonus dont on taira la teneur (attention on n’est pas non plus dans un Marvel!). Et cela se sent dans les rapports entre les personnages et de nombreux petits détails qui respirent le vrai. On apprécie également la nostalgie qui se dégage de certains plans, sur une Chine en pleine transformation (dans le mauvais sens), sur un passé révolu ou encore sur l’éloignement entre les membres d’une famille. La musique, qui est à la fois singulière et en même temps du genre à déjà avoir été entendue ailleurs sans savoir où, aide beaucoup à cela.



En revanche, si tout semble plein de perspicacité et de justesse, il faut avouer que la mise en scène est un peu tristounette à quelques saillies d’originalité parsemées de-ci de-là. Mais, surtout, il y a un manque flagrant de rires en dépit de dialogues plutôt bien ciselés même si l’humour n’est pas la vocation première du long-métrage. Quant à l’émotion, si elle affleure par instants, elle ne nous étreint pas véritablement malgré le renfort parfois un peu lourdingue de la musique par derrière. Et l’interprétation de Awkwafina dans le rôle principal manque clairement de nuances. « The Farewell » reste cependant un sympathique petit moment, une gentille chronique qui aurait gagné à être à la fois plus drôle, plus émouvante et plus creusée sur les sujets qu’elle aborde. Mais elle n’en demeure pas moins sincère, rythmée et plaisante.


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anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 8 août 2019
Magnifique...
Drôle. Profond. Léger. Intense. Juste.
III vous donne une nouvelle perspective, une nouvelle vision sur la vie
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