Le principe qui consiste à repenser au passé et à refaire en une nuit un point sur l'attitude de cette femme, est superbe et on y adhère facilement. Un très beau film sur la vie de couple et l'usure du temps.
Beaucoup de plaisir dans cette chambre 212, où les émotions se mélangent comme les partenaires. Rire et plaisir restent formidablement mise en scène. Cependant, j’ai comme l’impression qu’il me manque un partenaire. Je ne parle pas de cet homme, qui reste au pied du lit empreint à la légèreté. Non je parle de celui en bas de l’immeuble, alors de la fenêtre il est vrai je regrette sans même le code sur moi que le chagrin ne puisse monter. Sinon Chiara Mastroianni est sublime, une nomination pour un césar est plus que logique. Ce film est pour moi un véritable plaisir avant tout à travers la mise en scène. L’ouverture du film est absolument magnifique, un truc bête, mais j’adore par exemple quand Chiara est de l’autre côté du passage piéton, je trouve le plan tellement beau avec la chanson de Charles Aznavour, bref voilà un moment sublime.
"Maria" (Chiara Mastroianni), 45 ans, bréhaigne, est une universitaire (historienne du droit) fortement "cougarisée", qui consomme à la chaîne ses étudiants (de préférence non-français, avec des prénoms et noms allochtones, les plus originaux possible, friande qu'elle est de bizarrerie sémantique, autant que de curiosa appliquée - le dernier en date s'appelant "Asdrubal Electorat", un vrai bijou du genre), voire en triolisme. Son mari, "Richard", le même âge (Benjamin Biolay, mari un - très bref - temps dans la vraie vie de la fille de Catherine Deneuve) aurait pu faire carrière comme pianiste, mais cela a capoté (sans qu'on nous précise ce qu'il fait quand le récit débute). Autant son épouse est active sexuellement (ailleurs...), autant il est éteint en la matière. Pour autant, confronté à la preuve éclatante de son cocuage, il a le mauvais goût d'en manifester ombrage, incitant l'infidèle à traverser la rue, et à prendre une chambre ("Chambre 212") dans l'hôtel d'en face, afin d'épier l'esseulé.... La scène est en hiver (il va se mettre à neiger), dans un Montparnasse reconfiguré pour l'occasion. Entre observation, puis rêverie, Maria convoque souvenirs (communs avec Richard, personnels - famille, jeunes amants, qui forment une sorte de choeur, fantasmés, sur le premier amour de son mari et initiatrice, sa prof de piano au conservatoire, "Iréne Haffner" alias Camille Cottin), et réflexion (doit-elle revenir chez elle, ou pas ?), accompagnée par sa "Volonté" (figurée par une sorte d'Aznavour en surpoids, au physique). Christophe Honoré s'amuse alors à faire se rencontrer plusieurs versions, jeune et mûre, des trois personnages principaux. Tout se mêlant dans une joyeuse (?) cacophonie - mais la fausse naïveté de la présentation donne quand même au résultat quelque chose d'assez malsain... L'idée de départ est originale, amusante, cependant, et l'affaire est menée plutôt habilement, mais... bien que bref (moins de 1 h 30), le film ennuie rapidement, (re)courant à la redondance, à défaut de quoi alimenter un vrai rebondissement. Chiara Mastroianni, souvent distribuée par Honoré, n'est pas mal... et a l'avantage de ne pas être "dupliquée". Quand Carole Bouquet ne fait pas du tout une Irène sexagénaire crédible (ou alors avec quelle rhinoplastie !....), et à peine Biolay un Richard quadra, quand son rôle de jeune marié est assuré par le sempiternel tête-à-claques Vincent Lacoste ! Exercice de style moyen, au global.
Tout est artificiel et sans grâce, à l'image de la grande poupée du film sensée représenter l'enfant que le couple aurait pu avoir. Des dialogues verbeux, aucune véritable histoire mais des variations prétentieuses sur l'usure des sentiments et les plaisirs de la chair. À oublier et ce sera facile.
Un chef d'œuvre de Honoré, après "Ma mère", "Dans Paris" ... et malgré ses "Chansons d'amour" ... il renoue ici avec un cinéma intimiste et réaliste qui vous transporte et vous chamboule !
N'étant pas particulièrement fan des films de Christophe Honoré (euphémisme !), un réalisateur que je trouve surestimé et chichiteux dans sa manière de filmer, pourquoi suis-je allé voir ce film ? Tout bêtement, parce qu'un ami m'avait dit que ce film était très différent des précédents et se rapprochait plutôt du cinéma de Bertrand Blier. Cet ami a partiellement raison : ce film est différent des précédents, je suis d'accord, il est moins chichiteux MAIS ... est-il meilleur pour autant ? Alors là, surement pas ! J'aurais même tendance à dire qu'il est pire : ennuyeux (je ne cessais de regarder ma montre), prétentieux, ne dégageant aucune émotion. Franchement, je n'aurais pas dû écouter cet ami !
Honoré au top! Drôle, tendre, malin. Mélancolie délicieuse des bonheurs passés, des comédiennes et comédiens géniaux. Le tout avec une direction artistique au top. On en redemande!!
Quelle belle surprise ! Déroutant, inattendu ! Comment parler d'un sujet aussi complexe que le couple et sa durée dans le temps via un prisme si créatif, drôle, cynique et tendre à la fois. Chambre 212 réinvente le drame inéluctable de la vie conjugale et donne la parole à nos pensées les plus tordues, les plus inavouables et les plus humaines finalement. Il est porté par un quatuor sur lequel je n'aurais pas forcément misé mais la direction sous Christophe Honoré semble avoir porté l'alchimie entre ces 4 acteurs à son summum et c'est à savourer (comme une pièce de théâtre jubilatoire) sans attendre !