Il n’aura fallu que quelques années pour que la greffe du “Biopic musical à l’américaine” prenne en France, et c’est donc à ‘Suprêmes’ d'ouvrir le bal, même si on avait déjà eu droit à ‘Cloclo’ et ‘Gainsbourg’ voici quelques années. ‘Suprêmes’ donc, concentré sur les toutes premières années de NTM, les moins connues, les plus roots et authentiques je suppose, dans une retranscription adoubée par les principaux intéressés. Je ne connais pas grand chose au parcours du plus grand groupe de rap hexagonale des années 90 et toute info semble donc bonne à prendre. Pourtant, le film m’a semblé assez plat. La reconstitution des banlieues de la fin des années 80 est probante, Les acteurs, qui ne cherchent jamais le mimétisme Actor’s Studio, ne sont pas à mettre en cause : celui qui incarne JoeyStarr par exemple n’a pas tenté de reproduire le grondement bestial qui sert de voix à l’original, quoique les deux ré-interprètent les titres du groupe à leur façon. C’est juste que ‘Suprêmes’ reste sur les rails et se retrouve partout où on l’attend : traumatisme fondateur, galères en tous genres, contact avec les contingences du succès, petit pas-de-côté politique sur le malaise des banlieues qui ne date pas d’hier, etc etc…Globalement, une série comme ‘Validé’, qui parle de la même chose avec des personnages inventés, me semblait autrement plus approfondie, rythmée et intéressante. Et puis, je me trompe peut-être mais il me semble que NTM, dans les années 90, était quand même quelque chose d’un peu sulfureux, avec une aura dangereuse et instable, limite infréquentable…et ça, on ne le ressent jamais quand on regarde ‘Suprêmes’, dont la structure très sage pourra sans doute être recyclée pour un prochain biopic consacré à MC Solaar.