Léa (Bérénice Bejo), milieu de quarantaine, vit en concubinage avec Marc (Vincent Cassel), son aîné de 10 ans. Elle est vendeuse en prêt-à-porter dans une galerie marchande ; lui, cadre subalterne, espère (enfin) une promotion dans sa boîte (aluminium industriel). Ils n'ont pas d'enfant. Elle est discrète (voire effacée), il est macho. Mais voilà... Léa écrit - et "bas-bleu" 2.0, elle attire l'attention sur un "réseau social" d'un auteur de best-sellers, qui l'encourage et va la faire publier. Et c'est un succès quasi immédiat, et fulgurant ! Son livre est une sorte de "Caractères" pour notre temps, portraits (piquants) et moeurs du siècle : une recette éternelle. "Le Bonheur..." de l'une (s'accomplissant en écrivain), on s'en doute (pour le relief du récit), ne va pas faire celui des autres (à défaut de faire carrément leur... malheur), c'est-à-dire des familiers : le conjoint frustré bien sûr, mais aussi la "meilleure amie", Karine (Florence Foresti), et l'époux de cette dernière, Francis (François Damiens) - ces deux-là tourmentés, par effet d'imitation, eux aussi par la création, et plus que vaguement envieux... Il s'agit là d'une pièce ("L'Île flottante") jamais montée, adaptée par son auteur et mise en scène pour le grand écran par lui (Daniel Cohen), et cela se remarque à chaque instant, via l'excellente facture du dialogue. Si on y ajoute 4 interprètes savoureux, s'amusant à jouer les archétypes, on passe aisément sur certains défauts de construction du scénario, les temps morts ou surchargés, et la fin un peu facile - "Le Bonheur des Uns..." fait passer un bon moment !