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Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary
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Kouto
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4,0
Publiée le 4 octobre 2025
Un film d’animation qui retrace une enfance fantasmée d’une des figures marquantes de l’Amérique du 19ème siècle qu’est Calamity Jane. Ce formidable conte initiatique voyant sa jeune héroïne trouver sa place dans une société hostile aux femmes est une ode à la persévérance, au courage dans un univers aux couleurs vives et chatoyantes. Un récit enlevé peuplé de personnages attachants pour ce qui est une belle surprise.
Calamity est un récit d’apprentissage ouvertement féministe. On pourra trouver qu’il force le trait en faisant des pères de famille des êtres aussi défaillants : celui de Martha Jane se blesse dès le début du film et devient un fardeau ; celui de Ethan, le meilleur ennemi de Martha, voit son autorité de chef de convoi contestée par un militaire de passage. Quant au personnage féminin à la tête d’une exploitation de chercheurs d’or, alter ego adulte de la future Calamity qui la prendra sous son aile, celle-ci s’appelle carrément… Mme Moustache ! Mais le reproche serait un peu simple. D’autres personnages jouent un rôle important dans la mue du personnage principal et ils sont bien masculins (Jonas, le militaire cité plus haut). Il ne s’agit donc pas d’écarter tous les hommes du chemin qui mène à l’émancipation. Cependant, le symbole le plus fort de cet ancrage féministe c’est bien entendu le pantalon. Obstacle matériel (c’est plus facile pour monter à cheval) aussi bien que social (ce n’est pas bien vu d’en porter quand on est une fille à cette époque), il n’est ni plus ni moins que la rançon de la liberté de Martha : c’est sans doute d’abord pour cette raison qu’elle sera rejetée par sa communauté. Pour bien comprendre sa force symbolique, rappelons qu’en France la loi qui interdit le port du pantalon n’a été abrogée qu’en… 2013 ! Evidemment, celle-ci était tombée en désuétude depuis longtemps. Il s’agissait pour les femmes de demander une « permission de travestissement » à la préfecture pour être autorisées à porter un pantalon. Et le film reprend intelligemment cette idée de travestissement à travers son personnage principal. En portant un pantalon, en se coupant les cheveux (pour mieux se bagarrer !) et en rêvant d’une vie d’aventures, Martha Jane se déguise, un peu malgré elle, en garçon. Une scène fait d’ailleurs écho au film Tomboy (Céline Sciamma, 2011) dans une situation quasi identique : spoiler: lorsqu’elle rencontre Jonas, un jeune trappeur, celui-ci la prend immédiatement pour un garçon. Martha choisira de lui cacher sa véritable nature . Une autre scène très amusante : spoiler: lorsque Martha, pour pouvoir mener son enquête dans un camp militaire sans éveiller les soupçons doit se déguiser… en fille ! Et le travestissement sera également à l’œuvre spoiler: chez le personnage du militaire comme elle le découvrira plus tard . Nul doute que le cinéma a besoin de ce genre d’héroïne pour inspirer les jeunes filles qui, encore aujourd’hui, sont assignées à certains comportements, certaines tâches, certains métiers. L’indépendance est une conquête, un horizon aux couleurs aussi éclatantes que ce film au graphisme puissamment chamarré. Pour Calamity Jane, la conquête de l’Ouest américain est d’abord une victoire durement acquise sur le sort réservé aux femmes. Un guêpier – et même une guêpière ! – dont on s’extirpe au grand galop sous le ciel étoilé des Rocheuses, le yeux tout droit dirigés vers la liberté.
L'enfance de Calimity Jane vu par Rémi Chayé. En raison de la pauvreté et du manque de fiabilité des sources, le réalisateur invente plus qu'il ne retranscrit l'enfance de cette célèbre femme ayant marqué cette période de la conquête de l'Ouest.
Ma première réaction devant ce film d'animation fut négative. J'ai effectivement trouvé les dessins très moches. Un aspect "Paint" et lisse qui m'a rebuté jusqu'à la toute fin. Un gros bémol heureusement contrebalancé par le reste. Bien apprécié l'histoire de cette gamine qui souhaite s'affranchir des codes sexistes de son temps pour suivre sa propre voie. Une intrigue prenante bien soutenue par une excellente bande son.
Dommage pour le style graphique mais "Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary" reste un bon film d'animation.
L’histoire s’inspire librement de l’enfance de Calamity Jane (1852-1903), personnalité de la conquête de l’Ouest et dont l’aspect romanesque (car mal documenté) se retrouve dans de nombreuses œuvres, d’abord des films, dès 1922, comme personnage secondaire (24 films) ou principal (5 films), des séries télévisées (7) et même des bandes dessinées dont l’album éponyme qui est le 44e (1967) de Lucky Luke, dessiné par Morris (1923-2001) et écrit par René Goscinny (1926-1977). Sa famille, originaire du Missouri, conduite en chariot à cheval par son père, car sa mère est morte, part pour l’Oregon avec d’autres pionniers. Cela reste un film d’animation [avec aplats de couleurs, souvent bariolées et sans contours, et beaucoup d’ombres, Rémy Chayé ayant été influencé par les peintres Nabis [tels Paul Sérusier (1864-1927), Pierre Bonnard (1867-1947) ou Maurice Denis (1870-1943)] et Fauves [tels André Derain (1880-1954), Henri Matisse (1869-1954) ou Maurice de Vlaminck (1876-1958)] et pourquoi pas, le groupe des Sept [peintres canadiens dont Franklin Carmichael (1890-1945) ou J.E.H. MacDonald (1873-1932)] pour enfants, sans vraiment de lecture au second degré pour adultes et dont il serait anachronique de faire de l’héroïne une icône féministe. A noter la musique de Florencia di CONCILIO qui restitue bien l’ambiance western avec son inspiration bluegrass (musique Country qui privilégie les instruments à cordes comme le banjo, le violon et la guitare).
Le film est incroyable, l'histoire et les personnages sont bien. Ce que j'ai aimé le plus dans le film c'est les scènes, à chaque fois j'avais l'impression que c'était des peintures d'artistes qui ont été rassembler pour former un film. Un film à voir.
Plaisant à suivre et bien mené. C'est le type de film d'animation rafraîchissant qui se laisse voir facilement pour petit et grand. La bande son est bonne et les dessins sont particulièrement réussis pour mettre en valeur les grandes étendues
Mon Dieu qu'il est plaisant de voir une rétrospective sur l'une des, sinon LA femme la plus célèbre du Far west.
Le film est réussi, riche en rebondissements et si l'on excepte une faiblesse à un moment (spoiler: Quand Calamity sort de la mine d'or sans lumière ni fil d'Ariane le film est prenant, et on passe un excellent moment devant.
Ce dessin animé est juste génial !! Quel plaisir de revenir au temps des pionniers et de découvrir la jeunesse de la mythique Calamity Jane ! Le seul bémol (et il n'est pas des moindre) c'est que la petite fille qui double Martha Jane est épouvantable et elle gâcche le film à elle toute seule ! Sa voix est désagréable, plate & franchement je ne comprends pas le choix ! Mais hrmis cela, ce long métrage est super plaisant et j'ai passé une superbe soirée ! Immersion total dans le siècle dernier... le paradis !
Un beau western d'animation, coloré, avec une héroïne courageuse et attachante qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. La conquête de l'ouest n'est pas une partie de plaisir mais est toujours source de fantasme.
Genre Rémi Chayé est une future référence. Son premier long en tant que réalisateur était un franc succès et un vrai coup de cœur, c’était Tout en Haut du Monde. Le reste de son CV est presque aussi bon. Quand à ce Calamity, il suit la route déjà tracée. Martha Jane et sa famille font partie d’un convoi de pionniers en route vers l’Oregon. Dans cette troupe, les fonctions sont parfaitement attribués et les rôles codés. La famille de Martha Jane est pauvre et a gagné sa place dans le convoi de justesse, elle doit donc se faire discrète. Sauf que la discrétion, c’est pas son truc à Martha Jane, intrépide et effrontée jeune fille qui ne rêve que de chevaucher les canassons et faire d’autres trucs de garçons. Suite à une affaire de vol dont elle est accusée, elle va devoir se débrouiller seule … et pour ça, elle se fera passer pour un garçon. On remarquera tout d’abord la qualité de l’animation et du design graphique, à la fois simple, fonctionnel et très expressif. Les aplats de couleurs rappellent l’esthétique de Tout en haut du Monde. Vraiment très joli. Ensuite, on aura très vite beaucoup d’affection pour ce personnage involontairement transgressif. L’intrigue est fort bien écrite et on ne s’ennuie pas une seconde, happé par les rebonds, le suspens et le rythme parfaitement maîtrisé du début à la fin. L’humour fait mouche à chaque fois. A la fois visuel et dialogué, il ne tombe jamais dans la facilité et sait être inattendu. En bref, tout en émotions et en rigolades, ce très joli Calamity est une vraie réussite qui plaira probablement à tous les publics. Fortement conseillé donc.
En l’espace de seulement deux long-métrages, Rémi Chayé s’est imposé tranquillement comme une valeur sûre de l’animation française, même s’il doit cette reconnaissance davantage à sa patte visuelle atypique qu’à l’originalité foudroyante de ses projets. Celui-ci joue sur deux tableaux complémentaires : d’un côté, le classicisme un brin désuet du récit d’aventures dans l’Amérique d’autrefois, un peu à la façon de Tom Sawyer, au rythme d’une jolie bande sonore Country. De l’autre, cette jeunesse imaginaire de Calamity Jane se range dans la mouvance beaucoup plus moderne des petites héroïnes volontaires qui luttent à hauteur d’enfant contre le système patriarcal d’hier ou d’aujourd’hui...et évidemment, dans un convoi de pionniers mené par un pasteur, on ne peut que renvoyer ce garçon manqué colérique à son sexe lorsqu’elle semble s’écarter du rôle et de l’attitude que la tradition lui impose...à moins qu’un concours de circonstances fortuit ne lui permette de faire ses preuves ? Si l’histoire demeure prévisible et sans grandes surprises pour un spectateur adulte, le message passe bien et sans lourdeur, grâce à la simplicité et à la clarté des péripéties que vivra la jeune fille. Ce surtout les étendues sauvages de l’Ouest américain qui retiennent alors l’attention, peintes, comme dans le film précédent ‘Tout en haut du monde’, d’aplats de couleurs dont les nuances rappellent cette fois le fauvisme.
Bravo, Graphismes extraordinaires, inventifs et évocateurs Histoire passionnante de Martha Jane Cannary (cf. le petit recueil "Calamity Jane, lettres à sa fille : 1877-1902") bien que trop romancée et scénarisée au goût du jour dans ce dessin animé, mais inspirant pour nos petites filles et fils, pour repenser le monde. Mention spéciale à la compositrice Florencia Di Concilio pour la BO ciselée. Trop content de voir Madame Moustache, personnage mythique et peu courant, bien interprétée par Alex Lamy. MERCI !!!