L'Infirmière
Note moyenne
2,6
1478 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

84 critiques spectateurs

5
17 critiques
4
18 critiques
3
19 critiques
2
20 critiques
1
6 critiques
0
4 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Cinememories

584 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 août 2020
Le cinéma de Kôji Fukada trouve à présent plus de cohérence et de consistance, dès lors que le mystère qu’il entretient caresse davantage son ambiguïté. Dans la lignée de son succès cannois « Harmonium », le metteur en scène japonais frappe de nouveau là où on ne l’attend pas, à savoir dans le reflet de ses personnages. Il reste fasciné par deux entités féminines, mais c’est bien l’héroïne qui dominera le récit, au détriment de nous autres spectateurs, qui chassons allègrement chaque indice nous permettant d’identifier les enjeux. Mais ironiquement, le réalisateur se permet de nous laisser quelques coups d’avance, afin de mieux briser les apparences et l’équilibre d’une société. Le hasard peut bien faire les choses mais il ne saura pas libérer les protagonistes de leurs doutes et de leurs désirs.

Un changement de coupe nous introduit d’entrée de jeu deux temporalités complémentaires. De cette décision en découle une narration d’une effroyable précision chirurgicale, bien qu’il faille patiemment attendre la mise en place avant que tout finisse par imploser. Cela nous permet tout de même de nous familiariser avec Ichiko (Mariko Tsutsui), l’aide-soignante à domicile, d’une grande précaution et d’indulgence, si bien qu’on nous donne de la matière à travailler comme des raisins dans un pressoir. Pourtant, elle possède deux faces, deux images ou deux identités. S’agit-il de la considérer pour ses compétences ou pour sa maternité remise en cause ? Tout l’œuvre nous questionne sur ces possibilités, bien que l’on s’accorde à nous raconter le strict minimum, du moins dans les maigres échanges verbaux. Le plus important réside dans un non-dit méticuleux et le thriller psychologique nous apparait plus évident au fur et à mesure.

Comme pour la grand-mère au bout de son existence, le réalisateur ne reste pas sénile mais patiente juste assez pour ajuster son puzzle auquel nous participons inconsciemment. L’exemple du cadrage et de l’inertie des personnages dans le plan justifient toute cette tension qui se relâche peu et qui coïncide avec un malaise certain. En utilisant le décor pour resserrer encore plus le cadre, Ichiko finit par étouffer et ne peut plus accéder à l’horizon qu’elle s’est initialement accordée. Son opposition à Motoko (Mikako Ichikawa), l’une des petites-filles de sa patiente, suggère tout un élan de curiosité, mais également tout un mécanisme qui entraine un tapage médiatique, qui tombe ironiquement à pic, question de crise sanitaire. Un parallélisme prend ainsi forme et qu’on l’anticipe ou non, il fera du bien par là où ça passe.

En somme, l’intrigue s’est contextualisée dans la confusion et soudoie même l’émotion de rester à l’écart, quelque part entre nos yeux attentifs et un écran trop petit pour des personnages aussi complexes. La dualité caractérise ainsi une femme qui tente d’exister au sein d’une famille, mais refuse pourtant de l’épouser jusque dans la folie des passions. Et c’est là que réside toute la pertinence du discours sur les vertus japonaises que l’on éclipse souvent sous des apparences, tantôt trompeuses, tantôt ravageuses pour autrui. C’est pourquoi « L’Infirmière » ou dans son titre original « Yokogao », qui se traduit par « de profil », porte bien son nom, car concorde humblement avec une composition hémisphérique d’une société amputée de sa crédibilité et de sa confiance.
Mehdi Lahlou
Mehdi Lahlou

1 critique Suivre son activité

0,5
Publiée le 6 août 2020
Je n'en reviens pas d'être resté jusqu'au bout de ce navet... je suis sous le choc... à la fois sonné et consterné qu'on puisse produire des films aussi indigents. C'est mal joué, mal écrit, mal filmé... j'ai eu envie de mettre fin à mes jours des les 10 premières minutes... fuyez et ne vous laissez pas attendrir par les bonnes critiques (incompréhensibles) qu'on peut lire!
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 6 août 2020
On aurait pu s'attendre à un drame psychologique... Il n'en est rien. Le film navigue entre le pas grand chose et le rien....Pas de quoi en faire un fromage...
traversay1

4 482 abonnés 5 353 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 août 2020
Tout n'est pas limpide dans L'infirmière, loin de là, et son début peu même désorienter mais le sentiment s'évanouit dès lors que le spectateur comprend (plus ou moins tard) que le film se déroule sur deux temporalités différentes. S'y ajoutent également des séquences oniriques qui contribuent à opacifier l'état mental réel de son personnage principal, la dénommée Ichiko, jouée à la perfection dans l'ambigüité par l'excellente Mariko Tsutsui (née en 1960, ce qui semble hallucinant eu égard à son allure presque juvénile). Kôji Fukada (dé)construit peu à peu le portrait psychologique d'Ichiko sur la durée, ne cherchant en aucun cas la sympathie ou la compréhension mais lui laissant plutôt sa part de mystère dans l'affaire qui provoque sa chute sociale. Certains ne seront sans doute pas sensibles au dispositif arachnéen du dispositif mis en place qui exclut toute forme d'humour et suscite le trouble, voire un certain malaise. La mise en scène est somptueuse, d'une précision diabolique dans le cadre, sans pour autant verser dans l'esthétisme. C'est sans doute plus l'analyse du dérèglement mental de son héroïne qui intéresse le réalisateur, l'aspect sociétal avec la meute affamée des médias restant plutôt classique, ne faisant d'ailleurs pas intervenir le désormais traditionnel tribunal populaire constitué par les réseaux sociaux. Tel quel, L'infirmière peut paraître frustrant par ses ellipses et sa subtile rétention d'informations. Plus que son scénario torturé, c'est son jeu avec les apparences, la psychologie et la chronologie qui suscite l'adhésion pour peu que l'on aime ce type de cinéma ludique et un tantinet pervers.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 5 août 2020
Super film, très troublant ! C'est à la fois complexe, intelligent et l'intrigue se développe petit à petit, en nous laissant percevoir toutes les facettes de la personnalité du personnage. Le petit masque qu'on a eu avec la séance était très joli !
Kurama93
Kurama93

14 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 août 2020
Koji Fukada, brillant réalisateur japonais, nous revient avec un thriller des plus prenants ! On distingue deux franges dans son cinéma, celle plus douce et mélancolique d'un Au revoir l'été ou d'un Sayonara, et celle plus trouble et angoissante de son film emblématique Harmonium. L'Infirmière se place clairement dans la lignée de ce dernier, et sonde les noirceurs de l'âme humaine. La performance de Mariko Tsutsui est remarquable, et nous captive de bout en bout. Le meilleur film que j'ai pu voir depuis la réouverture des salles !!
Henning P
Henning P

82 abonnés 280 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 août 2020
Film vu en avant première.
Remarquablement mis en scène, ce thriller psychologue nous dévoile peu à peu la métamorphose d'une infirmière dévouée spoiler: en une personne détruite qui cherchera à se venger..
Sans en dévoiler l'intrigue, Fukada nous livre un objet filmique d'une grande finesse, d'une grande pureté qui tient toutes ses promesses.
18/20
Vanin0_o
Vanin0_o

21 abonnés 9 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 août 2020
Le brillant jeu sur les strates de temps du film permet de montrer brillamment les différents contours de la personnalité de cette infirmière, d’en saisir la complexité, à la fois complice et victime, dans le crime et dans son châtiment. En trame de fond, un commentaire social passionnant se dessine finement, sans en être le sujet central comme dans un film de Hirokazu Kore-Eda. On y voit combien la société japonaise est empreinte de solitude – mais quelle société moderne ne l’est pas ? – et qu’une destitution sociale a un impact sans retour sur l’équilibre de celui qui la subit. Le harcèlement est une composante de la société féodale japonaise et sa spirale est vertigineuse pour ceux qui, comme les infirmières, sont en lien avec les « impurs ». L’infirmière est ainsi un film plus qu’incontournable de l’été, d’autant qu’il fait écho à la bravoure du personnel soignant qui continue à prodiguer du soin même dans les pires moments. Un thriller psychologique aussi machiavélique qu'intelligent, en en somme !
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 27 juillet 2020
Un bon moment passé. On ne s’ennuie pas, l’actrice principale joue bien et l’intrigue est intéressante. Une idée de ce que les infirmières japonaises et leurs familles peuvent être en train de subir en ce moment. A voir !
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse