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Juwain
9 critiques
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3,5
Publiée le 19 octobre 2019
À l’est d’Eden
Martin Eden est de la trempe de ces jeunes hommes au grand cœur que rien n’effraie. Et pour conquérir le cœur de la jolie bourgeoise Elena, il ne recule devant rien pour s’extraire de sa condition sociale et parfaire sa culture encyclopédique. Au prix d’une détermination sans faille et d’un travail acharné, le beau marin sans éducation parvient au statut d’écrivain de renom. Mais tout ça n’est pas sans conséquence sur l’amour et l’ambition du jeune italien.
« Martin Eden, c’est Jack London », pouvait-on lire chez les critiques américaines qui ont tôt fait de voir dans le grand œuvre de l’auteur de Croc-Blanc un roman autobiographique lors de sa sortie en 1909. Martin Eden, c’est aussi peut-être Pietro Marcello tant il est tentant de voir dans le réalisateur italien un peu du jeune marin autodidacte.
Comme pour dénoncer le capitalisme et l’individualisme galopants, Pietro Marcello revient à une photographie aux tonalités naturalistes, loin des ambitions scopiques des mastodontes du cinéma d’aujourd’hui. Pour mieux épingler les vanités et les dérives de nos temps modernes.
Il fleure bon une certaine atmosphère surannée, parfumée d’influences picturales du XIXe siècle, chères au réalisateur, qui font de Martin Eden un film d’époque, à l’économie, résolument rafraichissant.
La transposition de son Martin Eden dans l’Italie du XXe siècle montre l’universalité et l’intemporalité de la lutte des classes sur fond de montée du socialisme à Naples, car "c’est la référence la plus proche par ses couleurs, le rapport à la mer et les dynamiques sociales et politiques. »
Sous des airs de témoignage historique et documentaire, le propos est d’autant plus prégnant qu’il est accompagné d’images d’archives qui viennent ancrer le récit dans une réalité napolitaine, en écho improbable au San Francisco de l’œuvre originale.
Primé à Venise et Toronto, gageons que ce joli film contribuera à démocratiser davantage le véritable chef d’œuvre de Jack London dont c’est ici l’une des rares adaptations réussies.
Film complètement raté.Je m'y suis ennuyée ferme.c'est long, sans veritable histoire, sans que l'on soit en empathie avec les personnages. On a du mal a comprendre le revirement de classe de Martin Eden. Les rapports sentimentaux sont mal retransmis ,ainsi que les rapports amicaux. C'est assez rare que j'ai eu envie à plusieurs reprises de quitter la salle, ce que en fait je ne fais jamais car ma critique doit s'appuyer sur la totalité du film. Bref, je ne recommande pas.
Un choix vraiment original : la lumière et le charme décati de l'Italie du XXème siècle apportent un relief tout à fait inattendu à l'oeuvre de Jack London. Autre surprise, on ne saurait dire si l'histoire a été transposée dans l'Italie du début du XXème siècle, du milieu ou de la fin. Le réalisateur parsème son récit de nombreuses images d'archives tirées de plusieurs époques. Celles-ci font intelligemment écho aux idées de Martin Eden, qui elles datent de 1909. C'est osé, magnifiquement mis en scène et, au final, plutôt brillant.
Film éblouissant, remarquable Luca Marinelli, et l’actrice Jessica Cressy faisant preuve de beaucoup de sensibilité et certainement une actrice en devenir. A voir absolument !!!
Comment et pourquoi la critique est si bonne avec ce film décevant. Le parti pris de la transposition donnait l'envie d'y aller mais le mélange des époques et surtout surtout un flot de paroles verbeux enlise le film dans une fable sociale. Si les seconds rôles sont bons, les premiers sont à côté. A déconseiller en se demandant pourquoi et comment la critique a pu être aussi bonne.
C'est un peu maniériste, un peu encombré de références, et les personnages féminins auraient gagné à être un peu plus denses, ici réduits à de jolis sourires agréables à regarder, dans le grain soyeux du 16 mm. Mais une fois les réticences mises de côté, le film garde sa belle ambition et son anti-naturalisme réjouissant, construisant les réminiscences intimes grâce à des archives magnifiques, réduisant la reconstitution indatable à sa plus juste nécessité; Et puis Luca Marinelli finit d'emporter le morceau, prolo bravache déambulant dans un Naples d'hier atemporel et fantastique.
Ce film est d'une lenteur désespérante. Je conseille d'amener votre thermos de café fort sauf à vous y endormir d'ennuis. Luca Marinelli est cependant un bon acteur que j'ai trouvé sympathique ainsi que la jeune fille dont il tombe amoureux. Au lieu de présenter un film de 2h08 au cours duquel on s'ennuie le metteur en scène aurait dû faire beaucoup de coupures pour le réduire à 1h15 !
Pietro Marcello (Bella e Perduta) adapte le roman de Jack London (1909) en le transposant en Italie à différentes périodes du 20e siècle, débutant son récit dans les années 1970, le concluant au début des années 1940. Il joue avec la temporalité ainsi qu'avec l'esthétique : tournage en 16 mm, insertion d'images d'archives… Liberté et inventivité sont au rendez-vous dans un cadre narratif néanmoins très structuré, très pensé, pour déployer un roman d'apprentissage amoureux et intellectuel sur fond d'histoire des idées au 20e siècle. Ambitieux, Marcello réussit son pari avec maîtrise, s'appuyant sur un excellent acteur, Luca Marinelli (Prix d'interprétation au festival de Venise 2019), qui donne une belle intensité à son personnage d'autodidacte tourmenté. Les dialogues sont intelligents. La matière littéraire et politique, parfois complexe, absorbe peut-être trop l'histoire sentimentale. Mais la passion et l'amertume mêlées laissent au final une impression durable. Quelque chose à la Visconti qui semble déjà placer le film parmi les classiques du cinéma italien.
après Paolo Sorrentino, Luca Guadagnino, voici qu’arrive Pietro Marcello !!! Martin Eden, un grand film romanesque qui brasse tous les thèmes classiques avec une esthétique très sûre…. Quel beau film ! Une adaptation transposée des USA vers Naples au 20ème siècle… - L’accès à la culture, d’un jeune marin, grâce à la grande bourgeoisie napolitaine et à l’amour… - la lente et progressive ascension du jeune homme - prise de conscience politique et de ses origines - l'individu ou le groupe ?
d’où le sentiment de se renier et de trahir les siens……
Tout cela servi par de bons comédiens, un sens du récit, et une photo superbe, avec des images d’archives, des visages expressifs…… L’avènement d’un grand réalisateur ?
Un joli film dans sa forme kaléidoscopique et son inventivité, mais un peu long, avec quelques vides et longueurs qui font qu'on ne retrouve pas le souffle des livres de Jack London.
Pietro Marcello met en scène Martin Eden, le personnage du célèbre roman de Jack London, dans le Naples du XXe siècle. Le film fait le portrait d'un prolétaire individualiste qui lutte contre la montée du socialisme et rencontre une belle aristocrate avec qui il vivra une histoire d'amour impossible. "Martin Eden" est certes enfermé dans une trajectoire scénaristique académique qui empêche certaines scènes d'atteindre la profondeur espérée mais Marcello réussit à donner à voir la conviction d'un homme qui longtemps essuie les refus des éditeurs avant que sa carrière littéraire ne démarre enfin. Mieux encore, il met en scène le rapport entre cinéma et littérature en faisant de ses trouvailles formelles un écho à l'intériorité de son personnage; on ne saurait d'ailleurs pas vraiment statuer sur ces nombreuses images d'archives, qui semblent autant des souvenirs, des fantasmes ou simplement une représentation symbolique des états d'âme du anti-héros. Le film étonne aussi dans sa dernière partie qui voit Eden être le grand écrivain dont lui-même rêvait : ce dernier mouvement retrouve l'excès opératique des films de Visconti et l'interprétation jusqu'alors sensible et nuancée du très bon Luca Marinelli devient furieuse, se met à la hauteur d'un personnage déchiré à l'ego démesuré. "Martin Eden" touche par sa beauté formelle, qui nous transporte dans un passé qu'on ne saurait précisément situer, et par le destin d'un homme seul contre tous : politiquement et artistiquement engagé, sentimentalement broyé.
La première partie est magique , nous sommes emportés par les images, la musique , l'élan vers la réussite de Martin EDEN remarquablement interprété , un marin aux yeux changeants comme l'océan . La fin verse dans ce qui menaçait le film : un peu trop de pathos! C'est dommage car la note de fin nous laisse sur la rive alors que tout le reste est splendide .
Film ennuyeux et trop long. On a du mal a comprendre l'intérêt de l'histoire, d'ailleurs la lecture du résumé ( après avoir vu le film) m'a surprise. Pour moi c'est un jeune homme beau mais pas instruit qui par amour pour une femme de la haute s'instruit et se découvre des ambitions littéraires, mais qui se retrouve entre deux milieux encore trop attaché au sien et pas admis par le nouveau et ne se retrouve nulle part. Cela aurait pu être montré sans prendre l'extrême du souhait de devenir écrivain. J'ai eu envie à plusieurs reprises de quitter la salle qui en plus n'était pas très chaude. Je n'ai pas lu l'oeuvre dont ce film est inspiré. Je le ferai ce qui est quand même un bon point pour le film