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Naram
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3,5
Publiée le 1 septembre 2026
La ley de Herodes s'ouvre brutalement sur le lynchage du maire qui essaie de s'enfuir avec l'argent du village, dans le petit village de San Pedro de los Saguaros. Cela nous met directement dans l'ambiance : ce film sera une comédie satirique de la politique mexicaine rongée par la corruption, abordée à travers un petit village reculé du Mexique où personne ne veut mettre les pieds.
Le gouvernement mexicain choisit un homme simplet, Juan Vargas, qui y voit comme une ascension politique. Il est plein de bonnes intentions au départ, mais n'a pas d'argent. La ville est abandonnée par le gouvernement qui, pour le consoler, lui donne la Constitution et une arme afin de faire régner l'ordre, ce qui est assez symptomatique. spoiler: Cela ne pouvait que empirer la situation : c'est le début de la fin pour Juan Vargas. Il voulait faire le bien, on s'y attache, mais il est pris dans un engrenage. Les taxes, le profit et le pouvoir lui montent à la tête. Il finit totalement corrompu et se retrouve dans la même situation que le maire du début.
Le film se boucle d'ailleurs avec l'arrivée d'un nouveau maire. Cela montre donc la boucle sans fin du pouvoir mexicain, où la corruption est inéluctable. N'importe quel homme, même bien intentionné, finira rongé par le pouvoir et perpétuera cette histoire. La satire est bien dosée : les personnages sont caricaturaux, mais restent crédibles rendant le film assez réaliste.
Un film qui rappelle furieusement les comédies italiennes de la grande époque. Il pourrait quasiment être signé Dino Risi. La peinture de la vie d'un petit village mexicain en 1949 semble parodique et pourtant elle est très proche de la réalité. Trente ans après l'épopée de Villa et Zapata, les politiciens du Parti Révolutionnaire Institutionnel se revendiquent toujours de la révolution tout en pratiquant la corruption de façon éhontée. Les paysans sont toujours aussi pauvres et abandonnés par l'Etat. Le réalisateur Luis Estrada en dit beaucoup sur son pays sous forme de comédie noire. Certaines répliques et séquences sont délectables. On appréciera particulièrement le curé qui vend ses bénédictions et trempe dans toutes les combines. Ce film remarquable semble pas être sorti sur les écrans européens. Dommage.
La ley de Herodes est un de mes films mexicain préfères, il y a del humeur et de la tragédie mais surtout totalement réaliste même si on croirait que c'est plutôt un film surréaliste ou parodié, la vérité de ce qui se passe au Mexique est là dans la ley de Herodes.
J'ai adoré ce petit film plein d'humour qui décrit si bien un Mexique corrompu jusqu'à la moelle. Nous parlons tout de même d'un pays qui a été dirigé pendant 70 ans par le PRI : Parti Révolutionnaire Institutionnel. Ca veut tout dire.