La Rivière rouge
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Kouto
Kouto

29 abonnés 4 749 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 janvier 2026
Dans ce western signé Howard Hanks, l’acteur John Wayne incarne un riche propriétaire terrien du Texas possédant un troupeau de 10 000 têtes qu’il espère de vendre dans le Missouri, organisant pour cela une expédition périlleuse pour leurs transports. Marquant la première incursion du cinéaste pour le genre du western dont il s’empare à merveille des codes pour livrer un long-métrage généreux et surtout très trouble dans sa manière d’appréhender cette époque par le biais du personnage ambigüe que joue John Wayne dont l’obsession de son bétail lui fait oublier une certaine ligne de moralité. La réalisation est ample, quelques séquences impressionnent déjà pour l’époque et la maitrise technique du réalisateur est visible à l’écran. Réunissant le charismatique John Wayne et un jeune et déjà talentueux Montgomery Clift « La Rivière rouge » est un solide et plaisant western.
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 mai 2020
Quand il entame le tournage de « Red river » en juin 1946, Hawks sort d’une décennie de rêve où il a enchaîné les succès, montrant un éclectisme très prisé des studios (Columbia, RKO, Warner). Que ce soit dans le film de gangsters ou de détective (« Scarface » en 1932, « Le Grand sommeil » en 1946), le film de guerre patriotique (« Sergent York » en 1941), le film d’aventures (« Seuls les anges ont des ailes » en 1939, « Le port de l’angoisse » en 1944) ou la screwball comedy (« L’impossible Mr Bébé » en 1938, « La dame du vendredi » en 1940), tout ce qu’il touche se transforme en or. Alors à son apogée, le western sorti de la répétitive série B grâce à John Ford (« la chevauchée fantastique » 1939) n’entrait pas encore dans le champ de compétences du réalisateur dont la caméra n’était jamais réellement sortie des studios. L’expérience avortée (Hawks ne sera pas crédité au générique) sur le « Banni » n’étant pas à comptabiliser valablement, la page restait désespérément blanche. Très ami avec Borden Chase, le romancier-scénariste spécialiste de l’histoire de l’Ouest, il se lance en qualité de producteur associé (avec Charles K. Feldman) dans l’adaptation de son roman historique "The Chilsom Trail" inspiré de la grande migration du sud (Texas) vers le nord (Missouri) du bétail devenu trop nombreux suite à l'embrigadement massif des cowboys texans parmi les confédérés lors de la Guerre de Sécession. L'adaptation du livre par Chase lui-même sera assez vite abandonnée par Hawks en difficulté avec les remarques pointilleuses de l'auteur pour être confiée au jeune Charles Schnee qui écrira par la suite pour William Wellman ("Convoi de femmes"), Nicholas Ray ("les amants de la nuit") ou Vincente Minnelli ("Les ensorcelés"). Chase quant à lui aura une relation fructueuse avec Anthony Mann dont il scénarisera trois de ses chefs d'œuvre ("Winchester 73","Les affameurs", "Je suis un aventurier"). Transposé dans l'univers du western, spoiler: "La rivière rouge" n'est ni plus moins qu'une réplique de la mutinerie du "Bounty", immense succès de la MGM dans les années 1930 avec Clark Gable et Charles Laugthon (Frank Lloyd en 1935). Ted Dunson (John Wayne) cowboy rude, ambitieux et sans compassion pour les faiblesses d'autrui subira le même sort que le capitaine Bligh (Charles Laugthon) jeté à la mer pour avoir mené ses hommes à bout en dépit des avertissements répétés de son second, le lieutenant Fletcher (Clark Gable) ici représenté par Matthew Garth (Montgomery Clift), fils adoptif recueilli quatorze ans plus tôt par Dunson, pris de remord après avoir abandonné un convoi où se trouvait la femme qui l'aimait, jugée encombrante pour le destin qu'il s'était choisi
. Hawks réussit dès son premier essai dans le genre un coup de maîitre, mariant parfaitement tous les ingrédients d'un western réussi : affrontements virils, humour débridé, amour contrarié et grands espaces y ajoutant un aspect quasi documentaire à propos de la conduite d'un immense troupeau sur de longues distances. John Wayne dans le rôle du détestable Ted Dunson y dévoile un cynisme qu'on ne lui connaissait pas et que Ford reprendra à son compte dans "La prisonnière du désert" (1956). Cynisme du personnage qui avait fait renoncer au projet, Gary Cooper, acteur fétiche de Hawks. Avec le recul, on comprend vraiment mal la volonté de certains de dénier à Wayne le statut d'acteur. Montgomery Clift dont c'est le premier rôle à l'écran se sort admirablement de ce rôle imposant pour un jeune acteur devant tenir la dragée haute à un monument comme John Wayne, apportant un flegme de bon aloi lui évitant d'afficher une rivalité ridicule placée sur le domaine de la virilité. On appréciera la présence malicieuse de Walter Brennan dont Hawks utilise à merveille les facéties récurrentes autour de son dentier perdu au poker face à un indien faisant partie du convoi, devenu l'enjeu d'un marchandage drolatique. Enfin, la très jolie Joanne Dru au faux air de Jean Simmons remplit de manière très rafraichissante la courte et unique présence féminine au sein de ce film d'hommes. Avec ce western âpre et sans concessions, Howard Hawks dont le patronyme signifie "aigle" inscrit incontestablement son premier film dans les classiques du genre même s'il ne maitrise pas autant que John Ford les scènes de chevauchée, se permettant au passage une faute de goût assez incompréhensible en montrant Clift et deux de ses hommes en plan moyen visiblement sur des canassons articulés de studio. Seule petite bévue du film. Tout comme "Les révoltés du Bounty", "The red river" est un film à montrer dans toutes les écoles de management pour expliquer le meilleur moyen de se mettre toute une équipe à dos.
ferdinand75

723 abonnés 4 462 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 août 2018
Un très gros Howard Hawks, à la fois rand western épopée lyrique sur le transport d'un troupeau de bétail, très réaliste, très cow boy, mais aussi une belle fable humaniste sur l'opposition d'un père et de son fils. Il y a du fonds , de la force , John Wayne est excellent, on y croit .Un film fort .
ManoCornuta

359 abonnés 3 068 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 juin 2023
Un western de Howard Hawks assez surprenant, dans la mesure où John Wayne n'est pas à proprement parler le "héros" de l'histoire en mode preux chevalier sans la moindre part d'ombre. Jouant de cette nuance et avec la révélation Montgomery Clift en contrepoint, cette Rivière Rouge exalte à la fois le mythe américain du Far West et les caractères d'hommes bien trempés, en les égratignant quelque peu au passage. Le film est nourri de quelques brillantes scènes et d'une interprétation globale de qualité qui rendent le spectacle attrayant, même si la fin sonne un peu faux en contraste avec le reste du film.
Nicolas L.
Nicolas L.

117 abonnés 2 060 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 février 2023
Chouette western avec un john Wayne volontairement détestable. Un scénario malin et pleins de rebonds. Une mise en scène élégante et des seconds rôles bien écrits.
fabrice d.
fabrice d.

44 abonnés 1 882 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 juillet 2023
C'est un sacré western, des paysages immenses, et des têtes de bétail à perte de vue ou presque, John Wayne, qui fait du John Wayne au passage et Montgomery Clift qui joue son 1er grand rôle. Dommage que le film soit en N&B, autrement on aurait autrement apprécié les paysages. Le film accuse quelques années aussi, je trouve, d'ailleurs les scènes en studio lui donne aussi un coup de vieux. Reste cette histoire d'hommes liés par le troupeau qu'ils doivent transporter sur 2000km. Une aventure bien racontée par Howard Hawkes.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 21 juillet 2014
Avec "Josey Wales" qui est passé jeudi sur France3, je me permets de commencer cette année mon cycle western par "La rivière rouge".
Premier western d'Howard Hawks qui se base sur le roman original de Borden Chase, "The chilsom trail". Non content de la relecture d'Hawks, Borden Chase (le futur écrivain de "Vera Cruz") décida de quitter l'aventure. Le réalisateur, tout juste sorti du "Grand sommeil" (avec le couple Bogart-Bacall), engagea un jeune scénariste pour créditer le nouveau scénario, Charles Schnee (qui faisait partie de l'équipe des "Amants de la nuit" de Nicholas Ray et qui écrira le script des "Furies" d'Anthony Mann et des "Ensorcelées" minelliennes. Rien que ça !).
De plus, Howard Hawks décida de financer son projet tout seul en s'écartant d'Hollywood. C'est ainsi qu'il a fondé la production Monterey en association avec Charles K. Feldman, le futur producteur du sulfureux "Un tramway nommé désir". Cette expérience s'avérera être un échec. Dès lors, il collaborera régulièrement avec une major.
Synopsis de "La rivière rouge" : seul rescapé de l'attaque d'un convoi de pionniers par les indiens, un jeune homme va fonder, avec le soutien de son père adoptif, un cheptel. Mais quand il s'agit de gagner de l'argent, tous les moyens sont bons. Même celui de désobéir à son père, le trouvant trop dur avec ses hommes de main, chargés d'escorter le convoi de plusieurs milliers de bêtes.
Dans le rôle du père adoptif, John Wayne en impose, et grâce à son charisme, arrive à porter le film sur ses épaules. Fort de ces expériences antérieures ("La chevauchée fantastique", et la même année, "Le massacre de Fort Apache", "Le fils du désert"), il prend le contre-pied des idéaux de ses anciens personnages en se revendiquant meilleur rancher des États-Unis : il casse ainsi l'image qu'il véhiculait chez le classicisme fordien. En cela, rien que le côté flingueur de John Wayne ainsi que la manière de porter l'image du vrai-faux héros préfigurait le genre du western spaghetti initié par Anthony Mann en 1955 avec son "Vera Cruz" (dominé par le duo Cooper/Lancaster). John Wayne est non seulement la marque de "La rivière rouge" mais apporte du sang neuf au genre. Merci Howard Hawks !
Tout en restant côté casting, on peut noter la présence de Harry Carey Sr (l'un des grands amis de John qui représentait la figure incontestable du western des années 1920-1930), son fils Harry Carey Jr (il jouera de nombreuses fois sous la houlette de John Ford après la mort de son père : "Le fils du désert", "Rio Grande", "Les deux cavaliers"...). Il s'agit ici de l'unique collaboration entre le père et le fils, bien qu'ils n'aient aucune scène en commun !!! Walter Brennan (le futur Stumpy de "Rio Bravo", c'est lui !!), parfait et parfois désopilant à souhait, et John Ireland (déjà vu dans "La poursuite infernale" (avec Fonda) et au début de sa carrière, il tournera pour John Sturges (Règlements de compte..."), Kubrick ("Spartacus")...), impeccable lui-aussi accompagnent le jeune Montgomery Clift dans son deuxième rôle au cinéma !! (et revu chez Dmytryk et Huston parmi tant d'autres), et Joanne Dru (marquant sa toute première apparition au cinéma, elle jouera ensuite dans "La charge héroïque", "Le convoi des braves") qui porte le style féminin du film. Cette dernière casse avec les conventions pour nous asséner l'image d'une femme déterminée. Encore bravo Hawks !
Sans parler de la musique, vieillotte tout simplement, on peut remarquer qu'il s'agit de Dimitri Tiomkin. Compositeur de "La vie est belle" (de Capra bien sûr !), "Le train sifflera trois fois", Rio bravo" et "Alamo" pour ne citer que ceux-là. Tous mes hommages, Monsieur Tiomkin !
Ajoutons là-dessus la mise en scène d'Howard Hawks, un peu classique au début du film et qui se révèle enlevé en deuxième partie. Pour une première, Hawks casse ainsi les codes pour se les réapproprier. Sens du rythme, parfois languissant, et duel final (qui n'en est pas un d'ailleurs !) vont de pairs avec avancement de l'histoire et montage à l'ancienne. Tourné de manière classique mais révolutionnaire pour le genre (annonciateur des prémices du western crépusculaire avec Wayne dans un contre-emploi), Howard Hawks imprègne tout son savoir-faire dans l'un des meilleurs westerns, en 1949 (mais plus aujourd'hui).
Pas un chef d’œuvre, mais un film culte pour toutes ces raisons. Un incontournable donc, et forcément un classique aujourd'hui.
Cinéphiles, regardez pour la famille Carey et Tiomkin. Spectateurs, pour un enrichissement culturel certain, tout simplement. Avis pour les fans de John Wayne.
chrisbal
chrisbal

18 abonnés 776 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 août 2024
Sacrée transhumance que cette "Rivière Rouge", véritable voyage épique à travers les grandes plaines du Middle West avec un impressionnant troupeau de bétail.
Un vrai film avec des cowboys (au sens propre du terme) et des indiens (même si leur traitement est plutôt décevant), mais avant tout avec 2 acteurs remarquables, John Wayne et Montgomery Cliff (père et fils adoptif), qui se donnent la réplique dans un savant mélange de respect, de rivalité et de complicité.
Il ne pouvait donc en être autrement de ce happy end un peu gentillet et certains regretteront le sort qui était réservé à Tom Dunson dans le roman de Borden Chase (oui mais voilà, en 1948 on est encore loin des fins tragiques à la Corbucci et surtout, on ne tue pas John Wayne...).
Un excellent western donc (pour moi le meilleur d'Howard Hawks), dramatique et léger à la fois et qui se laisse regarder sans ennui...
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 janvier 2018
La Rivière Rouge est le premier western d’Howard Hawks. C’est dans des conditions difficiles de tournage en Arizona et au Mexique liées aux intempéries, que les troupeaux de deux hommes vont devoir s’unir pour former un empire du bétail suite à une attaque indienne. Conflits de générations proches du père-fils, c’est John Wayne la légende des années quarante qui va donner la réplique à Montgomery Clift star montante d’Hollywood. Howard Hawks filme les hommes et les bêtes avec passion, négligeant cependant parfois les arrières plans.
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Walter Mouse
Walter Mouse

547 abonnés 425 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 août 2017
Première incursion d'Howard Hawks dans le western et probablement un de ses plus grands films. John Wayne trouve là un rôle plus profond que ce qu'il avait joué par le passé pour un personnage sévère mais aimant. Hawks laisse un double point de vue à son spectateur qui assiste à son malheur en introduction comprenant de suite son endurcissement mais présente son assurance de façon à ce qu'on reconnaisse en lui une figure patriarche. Misant son intrigue sur un groupe de vachers lors de l'expansion du Far-West, toutes les relations du film sont basées sur la confiance et l'expertise, les personnages rencontrés sont variés, viennent de tous les milieux et le groupe n'en est que plus intéressant quand il doit affronter les difficultés sur son chemin pour amener le bétail à destination. Braquant sa caméra sur les vastes plaines du Texas, Hawks signe une retranscription bluffante du passage du troupeau sur le territoire américain mais se concentre avant toute chose sur l'amitié conflictuelle de son duo de tête dont fait partie la révélation Montgomery Clift prouvant déjà l'époque son talent indéniable. Tout cela se boucle sur une dernière scène inattendue et changeant la manière traditionnelle de finir les western du genre. Une traversée passionnante.
halou
halou

153 abonnés 1 532 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 janvier 2015
Un classique notamment parce que le début des westerns pour Hawks, le plaisir de voir Clift très jeune face à la légende Wayne, une épopée prenante avec de belles scènes et un travail assez subtil pour le genre sur le caractère, la psychologie des personnages. On regrette l'adoption d'une fin de film trop douce et heureuse contrairement au choix du scénario original plus cohérent.
Tupois Blagueur
Tupois Blagueur

75 abonnés 1 162 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 novembre 2014
Un classique du western de Howard Hawks, que certains ont l'air de confondre avec un chef d’œuvre. Il serait idiot de nier que le film n'a pas de qualités : rien qu'en ne citant les scènes où les cowboys déplacent les quelques dix mille têtes du cheptel (la plupart sont bien filmées et surtout très bien orchestrées), les paysages magnifiques traversés ou la mise en scène légère de Hawks, on comprend qu'on a affaire à un bon film de genre. Cependant le scénario me gêne un peu. Le happy end étant dans les années 50 un passage obligé pour rentabiliser un film on ne blâmera pas Hawks pour cela. Tout comme on comprendra la mièvrerie (ou la niaiserie au choix) de certaines scènes. Ce qu'on ne peut accepter en revanche, c'est lorsque qu'on voit à quel point le final est stupide au vu de l'histoire en général du film. Heureusement que le charisme et la prestance des acteurs principaux rattrapent le coup sinon il aurait pu tout gâcher.
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 777 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 février 2014
Adapté d’un roman, cette histoire s’étend sur une période de 15 ans. Une caravane de plusieurs dizaines de chariots traverse les plaines désertiques américaines. Dunson dit au revoir à sa fiancée et quitte la caravane avec un accolyte, pas convaincu que la piste suivie par le reste de la troupe soit le meilleur choix. Quel homme ! Il laisse sa douce dans ce qu’il considère comme un mauvais choix. La suite lui donne raison. Une fumée au loin ; mais tiens, toute la caravane est en feu victime d’une attaque indienne. Dur et sans cœur, il décide de regarder la fumée au loin et tant pis pour sa bien aimée. Pragmatique peut être, à quoi bon avec son petit pistolet de partir bille en tête s’attaquer à une troupe d’indiens. En tout cas, il n’a pas l’air affecté. Le décor et surtout le personnage principal, Dunson, est planté. Pas tout à fait, car il prend sous son aile un jeune garçon survivant de l’assaut des indiens. Bienveillance ou tout simplement car il voie en lui son successeur, un mentor, quelqu’un à qui transmettre. Dunson est un personnage complexe, endurci par un Ouest américain rude. Et puis Howard Hawks qui réalise ici un premier western devenu référence du genre, use d’une ellipse hyper talentueuse considérée comme un modèle. Nous voyons Wayne (Dunson) se projeter dans le futur en exposant son rêve. De retour à la réalité, les personnages ont vieilli de 10 ans. Wayne a les cheveux blancs et le jeune garçon est devenu Montgomery Clift. Ce tourbillon spatio-temporel exprime à merveille la folle course du temps. Et puis c’est reparti, Dunson a bati une exploitation de grande taille ; mais devinez comment, en n’hésitant à abattre un homme pour s’approprier ses terres, en supprimant aussi tout les gênants et les personnes n’allant pas dans sons sens. Ce pays s’est bati sur la violence et à défaut d’une justice par encore présente sur tout le territoire, c’est la loi du plus fort qui prime. Paul Thomas Anderson montrera çà aussi dans «There will be blood ». Mais voilà, petit point historique: pendant la guerre de Sécession, la majorité des cow-boys texans s’étant enrôlée, le bétail négligé et livré à lui-même s’était accru plus que d’ordinaire et était estimé à plus de 5 000 000 de têtes à la fin du conflit. Les ‘Sudistes’ n’avaient plus les moyens de se payer de la viande de bœuf. En revanche dans le Nord, où les immigrants s’étaient multipliés, on en manquait cruellement. Vers la fin de 1865, un métis nommé Jesse Chilsom partit avec un chariot du Kansas pour se rendre à Fort Worth au Texas, marquant sa route par des monticules de terre, la fameuse ‘Chilsom trail’. C’est lui qui apporta dans le même temps aux Texans la nouvelle que le bétail atteignait jusqu’à 50 dollars la tête dans le Nord. La solution était toute trouvée et le récit narrait le destin de deux hommes dont l’importance fut immense pour l’économie et l’histoire de leur pays, ayant ouvert officiellement cette piste pour le bétail après avoir fait franchir la Rivière Rouge à 250 000 têtes en 1866. A travers ce long convoyage des bêtes, Dunson va à nouveau montrer sa brutalité ; mais là, il va se heurter à celui qui est devenu depuis près de 15 ans son fils adoptif. La rupture va être consommée lorsque le jeune va prendre un chemin différent de celui tracé par son aîné comme un pied de nez à la génèse de l’histoire où Dunson avait suivi sa route et s’en était sorti grâce à ce choix. Ce film montre bien le conflit de génération ; toute la difficulté à exercer une paternité responsable, ferme mais équilibrée. La folie autoritaire du père contredite par un fils romantique mais avisé abouti à des choix humains radicalement différents. Le jeune montrera même à son père adoptif qu’une autre voie est possible. Ce film est donc considéré par les spécialistes comme un « western adulte ». Pour nous montrer cette odyssée personnelle et cette entreprise démesurée, Hawks tourne pratiquement l’intégralité du film en extérieur : une prouesse. Et puis à la photo, il alterne avec beaucoup d’équilibre les scènes de jour et nuit. Au cadrage, les plans larges mobiles et les scènes intimistes serrées et fixes. Outre la psychologie des personnages, Hawks dresse un film documentaire sur la vie difficile des cow-boys avec le rapatriement des bêtes : une vie monotone mais dangereuse.
Et puis le duo Wayne-Clift marche à merveille entre la dureté d’un Wayne déjà reconnu et un jeune premier à l’autorité plus évidente que présagée et à la finesse de jeu validée par la suite. Wayne-Hawks récidiveront dans deux autres westerns référence du genre : El dorado & Rio bravo.
A voir… car beaucoup moins connu que bien d’autres… Celui-ci rivalise dans le genre western en N&B avec « La chevauchée fantastique » de John Ford.
Shékiinä .
Shékiinä .

66 abonnés 678 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 13 octobre 2012
Mise en scène en carton, décors en carton, dialogues en carton, voix françaises en carton ; bref tout est pourri dans ce film, il n'y a absolument rien à sauver. Si vous chercher un bon western, c'est le film à éviter de toute urgence !
Y Leca
Y Leca

46 abonnés 1 174 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 décembre 2021
Un western long et lent, qui chemine au rythme du troupeau de bovins (dont on a fait peu de cas pour ce tournage) et qui a l'intérêt d'un affrontement psychologique entre John Wayne et son fils adoptif Monty Clift, même si la fin sacrifie au happy end exagéré et féministe comme Hollywood les aimait.
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