Les Apparences
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Yves G.

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1,5
Publiée le 23 septembre 2020
Eve Monlibert (Karin Viard), la quarantaine bien entamée, est une femme heureuse. Elle vit à Vienne, en Autriche, avec son mari, célèbre chef d’orchestre. Le couple a remédié à son manque d’enfant en adoptant un petit Guatémaltèque baptisé Malo. Entre réceptions, cocktails, dîners mondains, Eve et Henri mènent la vie luxueuse d’un couple d’expatriés.
Ce bel ordonnancement est malheureusement rompu par la découverte de la relation adultère qu’entretient Henri avec Tina, la maîtresse d’école du petit Malo.
Eve est prête à tout pour sauver son mariage.

"Les Apparences" va, à n’en pas douter, remporter un grand succès, public et critique, et ramener, espérons-le, sur le chemin des salles un public qui les boude. Il met en scène un duo d’acteurs populaires qui attirera les spectateurs. Il décrit un milieu original et rarement filmé : celui de la communauté des Français expatriés dans une capitale étrangère. Il raconte enfin une histoire à rebondissements qui tiendra en haleine le spectateur jusqu’à son dénouement final.

Pour autant, malgré ses qualités incontestables, "Les Apparences" m’a déplu. Pour quatre raisons.

Premièrement, son actrice principale. Karin Viard, ma presque contemporaine, joue au cinéma depuis trente ans. Il ne se passe guère d’années sans que je la vois dans un de ces films. je l’ai toujours appréciée pour l’étendue de son jeu, pour sa capacité à passer de la comédie au drame. Mais depuis quelques années, je commence à m’en lasser, à la trouver un peu répétitive, dans des rôles interchangeables de grandes bourgeoises au bord de la crise de nerfs qu’elle interprète le regard durci dans une mimique de froide colère. Est-elle en voie d’Isabelle-huppertisation ? ou est-ce moi qui, vieillissant, ai décidément vu trop de films pour avoir conservé la capacité de me laisser étonner ?

Deuxièmement, son cadre. Abandonnant la bourgeoisie provinciale dans laquelle tant de drames ont été filmés, Marc Fitoussi s’expatrie. Il part en Autriche filmer une société qu’il caricature. Les premières scènes sont calamiteuses qui sont censées planter le décor dans lequel Eve et son mari évoluent. Pascale Arbillot y est horripilante. On y voit quelques expatriés dîner ensemble. Leurs seuls sujets de discussion sont les difficultés à se ravitailler en fromage français, le niveau de leur indemnité d’éloignement et l’incompétence de leurs employées de maison polonaises. Que les expatriés puissent avoir, hélas, de telles discussions n’est pas faux, mais que leurs vies s’y réduisent est en revanche loin de la réalité.

Troisièmement, son histoire. Le scénario des "Apparences" suit sans temps mort une mécanique rigoureuse. J’avoue une certaine mauvaise foi à trouver à y redire. Néanmoins, comme chez Chabrol du côté duquel Fitoussi louche ostensiblement, il y a dans les rebondissements successifs de cette histoire, un certain dilettantisme. Le mot peut sembler inapproprié. Je m’explique : il y a dans les rebondissements du film, dans les bifurcations qu’il prend, une telle place laissée au hasard qu’on aurait très bien pu imaginer qu’il s’achève différemment. D’ailleurs le roman suédois dont il est librement adapté prend des chemins totalement différents.

Quatrièmement enfin, son « climat ». Comme dans les films de Chabrol, que je ne porte pas dans mon cœur, tout est vieux dans "Les Apparences". Même Lætitia Dosch dont Marc Fitoussi réussit le triste exploit de la vider de la folle vitalité qu’elle apportait à "Jeune femme". Cette Vienne lugubre, ces dîners crépusculaires, ces personnages mesquins rongés par la jalousie, tout y respire la dépression.

"Les Apparences" carbure au Xanax. Désolé, ce n’est pas (pas encore ?) ma came.
Laurent C.
Laurent C.

297 abonnés 1 133 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 22 septembre 2020
Karin Viard revient sur les écrans. On est habitué à un actrice talentueuse, se prêtant autant à la comédie qu'au drame. Elle endosse le rôle d'une femme aristocrate en plein Vienne, habitué aux fastes, aux mondanités et dans une sorte de facilité sociale. Mais les apparences ne sont pas toujours celles qu'on croit. En réalité, ce bonheur argenté est sans doute la démonstration qu'Eve vit aux crochets d'un mari célèbre sans lequel, sans doute, elle n'aurait jamais accédé à l'univers culturel qui l'entoure.

Le contexte social du récit demeure le plus intéressant. Certes, Mac Fitoussi ne craint pas le risque du stéréotype. Il remplit son histoire de saillies souvent très drôles qui justement lui permettent d'échapper à l
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 21 septembre 2020
Décevant !
De nombreuses incohérences dans le scénario !
Cela gâche tout !
Une bourgeoise qui va prendre un verre dans un bar sans argent sur elle.
Un prétendant qui veille en bas du domicile d'un couple et qui suit... le mari au lieu de se rendre voir l'épouse
Tout cela pour obtenir une information qui ne sera jamais utilisée.
Un mari qui suit sa femme, incognito dans sa voiture à un mètre derrière elle, sur des kilomètres.
Une femme qui espionne le téléphone de son mari une dizaine de fois dans le film...
Vous y ajoutez les stéréotypes, style, je prends en filature une épouse potentiellement infidèle et je montre mon regard noir sur trois plans successifs.
Dommage, le thème de départ aurait pu être bien mieux exploité.
traversay1

4 526 abonnés 5 441 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 2 septembre 2020
Il n'est pas interdit d'essayer d'imaginer ce qu'un Chabrol aurait pu tirer du sujet et surtout des situations de Les apparences. Sans doute aurait-il ajouté de la méchanceté et de la causticité, en particulier pour évoquer la merveilleuse vie des expatriés, avec leurs mondanités, leur existence en vase clos et leurs bonnes œuvres. Il y a de l'ironie dans le film de Marc Fitoussi mais relativement inoffensive et elle ne fâchera strictement personne, pas même ceux qui pourraient s'y reconnaître, à Vienne ou ailleurs. On trouve aussi dans Les apparences la chronique d'un couple qui bat de l'aile mais qui se retrouve uni quand cela est nécessaire. Les petites histoires qu'il traverse sont assez classiques (même si leur résolution ne l'est pas) et on les regarde d'un œil distrait tellement la mise en scène manque de nerf. Le film se termine en outre d'une façon un peu étrange, faute d'avoir pu s'offrir un dénouement original. Karin Viard domine sans forcer l'ensemble de l'interprétation, dans une veine "vacharde" qu'on lui connait bien mais elle a le chic et le talent de savoir se renouveler dans son jeu sans tomber dans la caricature. Malheureusement, à son côté, Benjamin Biolay livre une prestation neutre et c'est plutôt un euphémisme car il a l'air totalement absent et nullement intéressé par son rôle, pas très valorisant, il faut bien l'avouer.
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