Chronique de l'ennui ordinaire, et de l'adultère y prenant racine... Là, c'est d'adultère bourgeois qu'il va être question, et même grand bourgeois. Soit un chef d'orchestre réputé, en résidence depuis quelques années à l'Opéra d'Etat de Vienne, "Henri" (Benjamin Biolay), fin de quarantaine, et son épouse, "Evelyne" (Karin Viard), quelques années (bien conservées) de plus, directrice de la médiathèque de l'Institut français de la capitale autrichienne - de petite extraction (comme nous le montre le début du récit - visite de sa mère, très éclairante à cet égard...), elle se fait appeler "Eve", histoire de gommer ses origines trop populaires. Le couple est stérile, et il a adopté "international", un petit Guatémaltèque baptisé "Malo", prénom chic s'il en est. Le gamin, 6 ans, va bien sûr au lycée français. Son institutrice de CP, "Tina", a une liaison avec le "maestro", qui trompe ainsi son spleen. L'épouse, découvrant fortuitement son infortune, ourdit une vengeance... numérique. La chronique de moeurs (us et coutumes chez les "expats" français haut de gamme de Vienne - plutôt réussie) se compliquera cependant d'un volet "intrigue policière", prometteur (rencontre et suites, avec l'inquiétant "Jonas"), mais finalement assez décevant dans son traitement scénaristique, aussi bien que dans le parti pris de la mise en scène (Marc Fitoussi aux manettes - "Pauline Détective", "La Ritournelle").
KV est parfaite, comme à l'accoutumée - et les seconds rôles (dont ceux endossés par Pascale Arbillot et Evelyne Buyle) bien tenus. "Les Apparences" : en demi-teinte, cinématographique.